Le wiphala : un symbole d’identité…

Wiphala vient d’un mot aymara signifiant « drapeau ». Il est un emblème carré qui représente les nations andines et qui est constitué des 7 couleurs de l’arc-en-ciel représentées soit en bandes simples, soit en 49 petits carrés. Leur combinaison détermine les diverses régions de l’empire inca (dont la principale diagonale détermine la couleur de référence). L’une de ces combinaisons (Wiphala du Collasuyo) est représentative du peuple aymara. Il est utilisé aujourd’hui comme un drapeau de revendication par divers mouvements sociaux. Les couleurs sont toutes attachées à des valeurs essentielles : le rouge rappelant la planète terre (dite Pachamama dans la cosmogonie andine) ainsi que l’être humain, le orange désigne la société et culture, le jaune l’énergie, le blanc le temps, le vert les ressources naturelles, le bleu l’espace céleste et le violet la politique et l’idéologie andine.


Boadicée, Reine des Icéniens…

C’était le temps où Londres brûlait. Non pas à cause du Blitz et de la campagne de bombardement entreprise par l’aviation allemande entre 1940 et 1941, mais en raison d’une vengeance terrible perpétrée par Boadicée (en gallois Buddug) et les siens au nom de la liberté et de la dignité de son peuple celte. C’était le temps où les Romains avaient souillé la Terre de ses ancêtres, le corps de ses deux filles, Isolda et Sorya, et le sien même par une série de coups de fouets, le tout visant à humilier la reine des Icéniens et à prouver l’autorité que tout dominateur – aussi provisoire soit-il – croit pouvoir exercer impunément. C’était en 61 ap. J.-C. et Boadicée prit la tête de la révolte. On disait qu’elle était rousse flamboyante, vêtue d’une tunique multicolore, et portant lance, et qu’elle inspirait la terreur sur son passage. Unissant les siens dans le Norfolk et ceux du Suffolk, les Trinobantes (ou Trinovantes), elle profita de l’orgueil de ses ennemis, qui se croyaient à l’abri et avaient mal jugé la fierté de ceux qu’ils avaient dépouillés et spoliés. Tardivement associé au cri de « Y gwir erbyn y Byd ! » (La Vérité contre le Monde), la colère des prétendus vaincus s’abattit sans distinction. Ainsi furent massacrés les habitants de Camulodunum (Colchester ?) tandis que la ville fut brûlée. Puis vint le tour de Londinium (Londres) qui connut le même sort. Pris à la gorge, le loup romain sentit combien il avait méjugé son adversaire. C’est alors que Paulinius à la tête de la Légion, et pourtant face au surnombre de l’armée bretonne, porta un coup décisif dans les Midlands. On assure que refusant de se laisser prendre, Boadicée se serait suicidée. Et d’aucuns disent que ses deux filles, qui avaient combattu à ses côtés sur son char même, l’accompagnèrent dans ce destin. Mais d’autres racontent plutôt que l’une des deux filles, changeant de nom se serait mariée des années plus tard… La légende n’en demandait pas tant pour se colporter !


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Un groupe, une salle d’attente, un bip…

SCENE 1 :

Avez-vous visionné cette vidéo qui montre une personne assise dans une salle d’attente ? Autour d’elle, des comédien/nes – ce qu’elle est censée ignorer bien entendu. Alors un bip se fait entendre, et tous se lèvent au diapason – sauf elle, quelque peu intriguée. Puis le bip de nouveau. Et les voici une fois encore, comme à chaque sonnerie, au garde-à-vous. Elle finit par s’y associer, sans savoir pourquoi. Et voici qu’à chaque nouveau bip, elle se lève en leur compagnie.

SCENE 2 :

Puis un à un, ses acolytes (comédien/nes) vont sortir, appelés tour à tour à consulter. Bien entendu, entre-temps la même situation se poursuit à laquelle elle s’associe désormais sans même y penser. La voici seule à présent. Plus personne pour l’observer. Un bip. Elle se lève comme à l’accoutumée. Et se relève – seule, sans savoir pourquoi.

SCENE 3 :

Un nouvel arrivant, ignorant le montage comme elle, entre dans la salle d’attente. Le bip se fait entendre. Elle se lève. Il est intrigué et sourit, sans se lever. Un second bip. Un troisième. Il finit par se lever après l’avoir interrogée sur la justification d’un tel geste. Ce à quoi, elle répond que c’était la règle qu’elle a découverte dans la salle d’attente. Bientôt d’autres nouveaux venus se joignent au groupe. Et s’y mettent à leur tour. Notre première recrue a donc réussi à partager la règle du groupe qui continuera de s’appliquer à son départ… : apprentissage social garanti !

Nous avons dit « groupe »…

Une tentative d’indéfinition :

« Un groupe est un ensemble de personnes ouvert ou fermé, réunies dans l’espace et le temps dans un but donné ou non, souvent placées sous la conduite de l’une ou plusieurs d’entre elles (formelle ou informelle). Le comportement d’un groupe et les interactions qui s’y produisent, peuvent considérablement varier selon les situations et les pressions éventuellement exercées tant en termes d’évolution, de décision, d’objectifs, d’ajustements réciproques… impliquant toutes sortes de facteurs : rationalité, respect, assistance, compassion, engagement mutuel… ou au contraire leur déni plus ou moins important. »


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Les anciennes chroniques du Japon… Kojiki 古事記 & Nihon Shoki 日本書紀

Le Kojiki 古事記 est considéré comme le plus vieux texte japonais, contant les origines mythiques du pays. L’empereur Tenmu 天武天皇 (7e siècle) aurait initialement ordonné à Hieda no Are de le compiler, tandis qu’à la demande de l’Impératrice Genmei, Ô no Yasumaro en aurait poursuivi la rédaction sans que l’on sache précisément ce qui fut alors ajouté. L’objectif du Kojiki était de régler les contradictions qui existaient en son temps sur les origines du pays. Il fut achevé en 712. Son nom désigne une « chronique記 des temps anciens 古事 »… Le Nihon Shoki 日本書紀 est un autre texte qui fait suite au Kojiki, qu’il complète et précise notamment en traitant de faits plus contemporains de sa rédaction. Il serait l’œuvre du prince Toneri et également de Ô no Yasumaro. Il évoque les relations du Japon avec la Chine et la Corée. Il fut achevé en 720… Observons que si le Kojiki fut écrit en japonais (et caractères chinois), le Nihon Shoki pour sa part le fut en langue chinoise. Ces deux textes sont une source incomparable sur la connaissance du Japon ancien, de ses légendes et mythes, ainsi que de ses débuts historiques.

 

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Sur un T-shirt de coton à Ginza…

Nous voici à Ginza, l’un des quartiers marchands les plus réputés de Tôkyô où les publicités animées et chatoyantes mettent à l’honneur l’extrême beauté de l’écriture japonaise. Pourtant, tandis que nous marchons, un T-shirt peu banal attire notre attention. Un graphisme y figure, dont on se doutera aisément qu’il n’a pas vraiment de rapport avec les enseignes environnantes.  S’agirait-il donc d’une calligraphie arabe ? D’un signe maya ?  D’un alphabet ouest-africain ? Pas vraiment. En fait ce signe appartient plutôt à une écriture dite siddham, un antique système indien issu de la brahmi* et tombé en désuétude il y a plus de 800 ans. Mais alors, que peut bien faire ce signe, imprimé sur un T-shirt en coton, se baladant dans les rues tokyoïtes ?  La réponse tient aux incroyables chemins d’écriture. Pour en découvrir le truchement, il nous faudra nous rendre en Chine lors de la visite d’un illustre moine japonais, un certain Kūkai (774 – 835) dont le nom空海 signifie « Océan de vacuité », également connu sous le nom de Kōbō-Daishi. S’y rendant pour y recevoir l’enseignement des maîtres bouddhistes, Kūkai fut mis au contact d’un moine indien. Or celui-ci pratiquait une ancienne écriture. Vous l’aurez deviné, il s’agissait de l’écriture siddham qui pourtant allait bientôt disparaître en Inde même. Kūkai la colporta dans son retour au Japon et c’est ainsi que plusieurs écoles bouddhistes en firent usage et en préservèrent la tradition. Ici on appelle ces caractères bonji 梵字 (ou shittan 悉曇). Leur fortune voulut que les designers modernes lui reconnaissent un réel et indéniable intérêt graphique !


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