• Indéfinition principale :

    justice 

    La justice échappe le plus souvent à qui veut la cerner car elle se dérobe devant l’essai d’en fixer les limites, et tout aussi aisément devant celui de les repousser □ Moyennant cette incommodité, est peut-être juste ce qui ne souffre d’aucune forme de blessure morale et/ou physique, prêtant à autrui un droit et une disposition d’être au moins égaux à ceux que l’on s’accorde à soi-même.

  • justice 

    « La justice consiste à ne détenir que les biens qui nous appartiennent en propre et à n’exercer que notre propre fonction » – Platon (428 – 347 av.J.C.)


    Citation


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  • justice 

    « La justice coûte cher, c’est pour ça qu’on l’économise. » – Marcel Achard (1899 – 1974).


    Citation


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  • justice 

    « Si l’homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout. » – Albert Camus (1913-1960)


  • justice

    20 / février

    Journée mondiale de la justice sociale (A/RES/62/10)


    Calendrier


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  • #justice

    #Justice / Qui ne souffre d’aucune forme de blessure morale, physique / Prêter à autrui droit d’être au – = à celui qu’on s’accorde à soi-même.


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  • Le Kankurang, rite d’initiation mandingue

    « Le Kankurang est un rite initiatique pratiqué dans les provinces mandingues du Sénégal et de la Gambie, correspondant à la Casamance, et dans la ville de Mbour. Selon la tradition, le Kankurang serait issu du Komo, une société secrète de chasseurs dont l’organisation et les pratiques ésotériques ont contribué à l’émergence des Mandingues. Le personnage central du Kankurang est un initié qui porte un masque fait d’écorce et de fibres rouges d’un arbre appelé faara ; il est vêtu de feuilles et son corps est peint de teintures végétales. Il est associé aux cérémonies de circoncision et aux rites initiatiques. Son apparition est marquée par une série d’étapes rituelles : la désignation de l’initié qui portera le masque et son investiture par les anciens, sa retraite dans la forêt avec les initiés, les veillées et processions dans le hameau des nouveaux initiés. Ces rites ont généralement lieu entre les mois d’août et de septembre. Le Kankurang parade toujours entouré d’anciens initiés et des villageois qui suivent avec respect ses faits et gestes, et l’accompagnent de leurs chants et danses. Ses apparitions sont ponctuées d’une danse saccadée qu’il exécute en maniant deux coupe-coupe et en poussant des cris stridents. Ses suivants, armés de bâtons et de feuilles de rônier, marquent la cadence de leurs refrains et tambours. Le Kankurang est à la fois le garant de l’ordre et de la justice, et l’exorciste des mauvais esprits. En tant que tel, il assure la transmission et l’enseignement d’un ensemble complexe de savoir-faire et de pratiques qui constituent le fondement de l’identité culturelle mandingue. Ce rituel, qui s’est étendu à d’autres communautés et groupes de la région, est l’occasion pour les jeunes circoncis d’apprendre les règles de comportement qui garantissent la cohésion du groupe, les secrets des plantes et de leurs vertus médicinales ou des techniques de chasse. La tradition connaît un recul en raison de la rapide urbanisation de la plupart des régions du Sénégal et de la Gambie, et de la réduction des surfaces des forêts sacrées, transformées en terres agricoles. Le rituel s’en trouve banalisé, minant l’autorité du Kankurang. » (source UNESCO : ich.unesco.org)


  • mushingantahe

    « Toutefois, l’institution des Bashingantahe avait atteint au Burundi un degré de perfection qui mérite d’être présenté à l’Afrique et au monde comme un modèle, pour ce qui est de l’animation des milieux naturels de vie. Le Mushingantahe, en effet, était un homme qui avait pour rôle de trancher des litiges autour de lui, réconcilier des personnes ou des familles en conflit, authentifier des contrats de tout genre (mariages, successions, ventes, dons…), assurer la sécurité et la justice autour de lui, représenter la population dans des négociations, conseiller et équilibrer le pouvoir politique, parler au nom de son peuple chaque fois que de besoin. Comme on peut le voir, il s’agit d’un leader naturel dont les responsabilités n’avaient guère de limites. C’était une personnalité sur laquelle et avec laquelle l’on devait compter en temps de paix comme en temps de guerre, dans la joie comme dans la peine, à propos de la vie privée comme à propos de la vie publique. Et il était tenu de rendre ce genre de service, qu’il vente ou qu’il pleuve. C’était son être, du moment qu’il avait obtenu l’investiture. Pour lui, renoncer à ce type de responsabilité, c’était renoncer à son devoir d’être un homme. Il s’agissait du reste d’un état permanent de vie plutôt qu’une fonction passagère, nominative ou élective. Chaque homme ou chaque femme avait le droit de déranger un Mushingantahe comme l’on dérange un membre de la famille : il était père de son milieu, avec tout ce que cela comporte de responsabilité et d’abnégation. C’est pourquoi avant son investiture, il lui était nécessaire de passer par plusieurs étapes de formation et d’épreuves.

    Au cours de ce temps de formation, le Mushingantahe devait acquérir un sens aigu de la vérité et de la justice, une responsabilité sociale poussée, un amour du travail en vue d’un minimum d’aisance économique, une intelligence aiguë, beaucoup de courage, une maturité humaine attendue d’un père, bref, une conduite exemplaire qui, du reste, était conçue comme un modèle culturel, une personnalité de statut pour toute la population. Toutes ces vertus et bien d’autres étaient progressivement acquises avant l’investiture. Il ne s’agissait pas du reste d’une simple charge, mais d’un devenir progressif consacré et rendu irréversible par l’investiture. Celle-ci consistait en un pacte entre le candidat Mushingantahe et la population qui devait exprimer son adhésion. A partir de ce jour, l’individu changeait de statut social et d’engagement intérieur. Il devenait du dedans (ibanga) un responsable volontaire de la paix et de l’harmonie autour de lui. Son investiture constituait le serment des serments qui engendrait un devoir investissant tout l’être de la personne. » – Adrien Ntabona, Institution des Bashingantahe à l’heure du pluralisme politique africain, Au Cœur de l’Afrique, 59, 2-3, 1991, 263-284 (s. : uantwerpen.be)


  • paix 

    « Il n’y a pas de paix véritable si elle ne s’accompagne pas d’équité, de vérité, de justice et de solidarité. Est voué à l’échec tout projet qui tend à séparer deux droits indivisibles et interdépendants : le droit à la paix et le droit à un développement intégral et solidaire. » Jean-Paul II


  • paix 

    « La paix et la durabilité sont des concepts qui sont interdépendants. Les communautés nécessitent paix, justice et sécurité afin de pouvoir être durables… (or) quatre-vingt pour cent des pays les plus pauvres au monde ont souffert d’une guerre civile majeure durant les 15 dernières années. Plusieurs de ces pays sont pris dans un cercle vicieux de pauvreté et de conflits. » www.idrc.ca


    Citation


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  • exclusion 

    « Toute vie sociale est fondée sur des appartenances déterminant légitimement des inclusions, et a contrario des exclusions. Religion, nation, famille, propriété, entreprise, association : autant de communautés dont sont exclus ceux qui n’en sont pas membres, sans que cela comporte injustice ou violence à leur égard. » Jean Sévillia – Le terrorisme intellectuel, 2004


  • commerce équitable

    « Rencontre avec des membres d’IKURU, coopérative de producteurs de cacahuètes et de noix de cajou, près de Nampula dans le Nord du pays. Des gens très très pauvres (30 à 500 Euros de revenus annuels). Je n’arrive pas à m’habituer au choc entre les deux mondes. Tant de décalage et d’injustice ! Des situations incroyablement difficiles pour des producteurs complètement isolés, sans débouchés, sans ressources. Le commerce se doit d’être un lien sinon le monde ne tourne pas rond… » tristanlecomte.altereco.com


  • Liste 2018 mots

    348 – route

    347 – téléphone

    346 – Kankurang

    345 – espace

    344 – Olonkho

    343 – chiffre

    342 – mort

    341 – /ui-//aes (Twyfelfontein)

    340 – ncegele

    339 – solstice

    338 – appartenir

    337 – coopérative

    336 – année

    335 – Bamiyan

    334 –recherche

    333 – céréale

    332 – Ribeira Grande

    331 – vieillesse

    330 – continent

    329 – Garifuna

    328 – sang

    327 – mouvement

    326 – bajan

    325 – bateau

    324 – Iran

    323 – économie

    322 – vent

    321 – outil

    320 – Cyrène

    319 – fruit

    318 – Comores

    317 – nom

    316 – univers

    315 – printemps

    314 – penser

    313 – Levuka

    312 – signe

    311 – mesure

    310 – religion

    309 – kinyarwanda

    308 – agriculture

    307 – Salvador

    306 – Sanganeb – Dungonab

    305 – art

    304 – tuvaluan

    303 – objet

    302 – couleur

    301 – T’heydinne

    300 – tel

    299 – ville

    298 – train

    297 – Petrykivka

    296 – Nasreddin Hodja

    295 – nudité

    294 – aimer

    293 – Guanacaste

    292 – Al-Bar’ah

    291 – Vatican

    290 – attendre

    289 – fleur

    288 – Slava

    287 – mendé écr (kikaku)

    286 – Liechtenstein

    285 – juche

    284 – montagne

    283 – famille

    282 – colindat

    281 – Damas

    280 – Lopé-Okanda

    279 – nous

    278 – Bouddhisme

    277 – Uluru-kata tjuta

    276 – Navajos

    275 – question

    274 – communication

    273 – Mashramani

    272 – Triglav

    271 – histoire

    270 – donner

    269 – batana

    268 – samoan

    267 – Ennedi

    266 – Paramaribo

    265 – asseoir (s’)

    264 – nüshu

    263 – Internet

    262 – jeunesse

    261 – maramureş 

    260 – griot

    259 – entreprise

    258 – nan pa’ch

    257 – métal (45-14)

    256 – pierre (45-13)

    255 – force (45-12)

    254 – Antigua

    253 – kartuli ena (géorgien lg)

    252 – sport

    251 – solitude

    250 – marshallais

    249 – ardha

    248 – toilettes

    247 – mushingantahe

    246 – Djibouti

    245 – dormir

    244 – araignée

    243 – Martin Luther

    242 – Porto Rico

    241 – bonjour

    240 – travail

    239 – temps

    238 – pluie

    237 – lune

    236 – distance

    235 – mariage

    234 – Tassili n’Ajjer

    233 – Brunei

    232 – révolution

    231 – handicap

    230 – ordinateur

    229 – tongien

    228 – femme

    227 – justice

    226 – Luxembourg

    225 – Monténégro

    224 – matière

    223 – maïs

    222 – pierre

    221 – autisme

    220 – vallée de mai

    219 – théâtre

    218 – crise

    217 – Uruguay

    216 – Kitabi Dədə Qorqud 

    215 – tigrigna

    214 – âge

    213 – e-estonia

    212  – séga

    211 – singapour 

    210 – sesotho

    209 – slovaque

    208 – Atomium

    207 – Comenius

    206 – océan

    205 –  مكة  (makka / La Mecque)

    204 – Cachoubes

    203 – n’ko alphabet

    202 – Grégoire Ahongbonon

    201 –  蔡伦 (Cai Lun)

    200 – rencontre

    199 – éducation

    198 – fleuve

    197 – atome

    196 – avion

    195 – informer

    194 – Vilnius

    193 – Martenitsa

    192 – ubérisation

    191 – jardin

    190 – numérique

    189 – sel

    188 – dzongkha

    187 – Carthage

    186 – nombre

    185 – santé

    184 – Spaarndam

    183 – wiki

    182 – Al-Zajal

    181 – Bialowieża

    180 – selfie

    179 – lumière

    178 – sarazm

    177 – bamoun

    176 – basque

    175 – intelligence

    174 – soleil

    173 – tupi-guarani

    172 – letton

    171 – gilbertin

    170 – commerce

    169 – Roma

    168 – innovation

    167 – sexe

    166 – eau (45-11)

    165 – sécurité

    164 – frère 

    163 – தமிழ்  (tamoul)

    162 – Sri Lanka

    161 – gouverner

    160 – énergie

    159 – automne

    158 – vérité

    157 – Keïta Salif

    156 – Rabat

    155 – Sapitwa

    154 – ngola

    153 – Copán

    152 – Phiona Mutesi

    151 – Rastafarisme

    150 – Manaschi

    149 – Haïti

    148 – kava

    147 – Pakistan

    146 – fjord

    145 – mano

    144 – jedek

    143 – vitesse

    142 – khoisan

    141 – fête

    140 – algorithme

    139 – 万里长城 (Grande Muraille)

    138 – fado

    137 – shabono

    136 – complexité

    135 – heure

    134 – Nazca

    133 – réussir

    132 – Inuit

    131 – symbole

    130 – paix

    129 – voyage

    128 – Pétra

    127 – Cú Chulainn

    126 – somali

    125 – hiri motu

    124 – Stari Most

    123 – fihavanana

    122 – Κύπρος / Kıbrıs 

    121 – alcool

    120 – nous

    119 – déchet

    118 – vaï (écriture)

    117 – famine

    116 – al-kuwait

    115 – animisme

    114 – Costa do Marfim (Côte d’Ivoire)

    113 – ennui

    112 – abebuu adekai (Cercueils (Ga)

    111 – Equateur

    110 – Grütli 

    109 – Kuomboka

    108 – feu (45-10)

    107 – Zanzibar

    106 – apprendre

    105 – Monomotapa

    104 – Brasilia

    103 – éléphant

    102 – organopónicos

    101 – goût

    100 – brezhoneg (breton)

    99 – Abya Yala

    98 – culture

    97 – encyclopédisme

    96 – indalo

    95 – matière (45-09)

    94 – main (45-08)

    93 – son (45-07)

    92 – Shqipëria

    91 – Salzburg

    90 – sisu

    89 – papillon

    88 – Samarkand

    87 – মুহাম্মদ ইউনূস (Muhammad Yunus)

    86 – Héreros

    85 – अवतार (avatāra)

    84 – Internet of trees (IoT)

    83 – Қазақ тілі

    82 – ລ້ານຊ້າງ (Lan Xang)

    81 – ᏍᏏᏉᏯ (Sequoyah)

    80 – Ruth & Seretse

    79 – nogar

    78 – argent

    77 – Yezidis

    76 –  alphabétisation

    75 – Ibeji

    74 – ⵉⵎⴰⵣⵉⵖⴻⵏ  (Imazighen)

    73 – རྒྱལ་ཡོངས་དགའ་སྐྱིད་དཔལ་འཛོམས་ (Bonheur National Brut) / BNB

    72 – baleine

    71 – université

    70 – encens

    69 – Rapa Nui

    68 – El Güegüense

    67 – zealandia

    66 – frontière

    65 – chamorro

    64 – Ακρόπολη Αθηνών (Acropole d’Athènes)

    63 – mémoire

    62 – partage

    61 – rugby

    60 – ลอยกระทง (Loy Krathong)

    59 – voir (45-06)

    58 – manger (45-05)

    57 – corps (45-04)

    56 – bài chòi

    55 – гэр (ger)

    54 – Quetzalcoatl

    53 – Serpent arc-en-ciel

    52 – Asubakatchin

    51 – ދިވެހިބަސް  (divehi)

    50 – ˁnḫ (ankh)

    49 – atoll

    48 – guerewol

    47 – Eldorado

    46 – animal (45-03)

    45 – plantes (45-02)

    44 – vie (45-01)

    43 – téranga

    42 – ꦕꦤ꧀ꦣꦶꦧꦫꦧꦸꦣꦸꦂ (Borobudur)

    41 –  بزکشی (bouzkachi)

    40 – binge watching

    39 – Cueva de las manos

    38 – Janteloven (Loi de Jante)

    37 – חג החנוכה (Hanoucca)

    36 – 勿体無い (mottainai)

    35 – plastique

    34 – Jadev Payeng

    33 – sango (–> zo kwe zo)

    32 – naissance

    31 – Çatal Höyük

    30 – Alþingi (Althing)

    29 – Yosemite

    28 – oignon

    27 – Ekeko

    26 – ရိုဟင်ဂျာ / রোহিঙ্গা  (Rohingya)

    25 – pantoun

    24 – Porajmos

    23 – ᐊᔭᒐᖅ (ajagaq)

    22 – مجلس (majlis)

    21 – Μεσοποταμία (Mésopotamie)

    20 – Kibera

    19 – ornithorynque

    18 – bidonville

    17 – អង្គរ (Angkor)

    16 – mot-coeur

    15 – sapeur

    14 – матрёшка (matriochka)

    13 – burkinabè

    12 – bienveillance

    11 –온돌 (ondol)

    10 – braille

    9 – čebela

    8 – ላሊበላ  (Lalibela)

    7 – 共享 (gòngxiǎng)

    6 – Արևախաչ (arevakhach)

    5 – ka’el

    4 – अहिंसा (ahimsa)

    3 – 愚公  (Yu Gong)

    2 – lagom

    1 – ubuntu


  • Les cinq voies pantopiques…

    La diversité de l’espèce humaine est des plus fascinantes. Tout autant que l’est son unité. Leur considération croisée permet de construire la paix sur des bases solides, celle du respect de nos différences comme de nos similitudes. Elle bâtit les ponts qui nous mènent vers un monde apaisé, favorisant le dialogue, la découverte de l’autre et de soi-même. Pourtant il semblerait que nous ayons parfois quelque difficulté à établir ce rapport de connaissance et reconnaissance mutuelles. Affrontement des vérités, volonté de conflit et de nuisance, faiblesse du partage, manque d’empathie… les raisons ne manquent pas. Et le prix en est élevé car, pendant ce temps, des questions essentielles restent posées, relatives à l’environnement, à l’économie, au pouvoir, à l’éducation, au numérique, parmi d’autres, toutes reliées à cette diversité dans l’unité du genre humain.

    La Pantopie a été voulue afin de promouvoir leur rapprochement, notre rapprochement, et propose de le faire au fil de cinq voies complémentaires. On y trouvera celles des langages (langues, écritures, autres), de l’espace-temps (histoire, patrimoine, veillée, environnement…), des rencontres (interviews, citations…), de la signification (indéfinitions, représentations…) et de la créativité (nouveaux moyens de communication et de savoir, monde numérique…). Y convoquant une langue, une actualité, un portrait, un mot ou encore une innovation, y valorisant les interactions qui tissent la toile de l’humanité et de son rapport plus harmonieux aux autres espèces, nous affirmons ici que « le centre du monde est partout et la périphérie nulle part » (Nicolas de Cues). Nous nous fixons ainsi le cap de ce 21e siècle afin de partager quelques récits prenant formes d’un conte, d’un entretien, d’une chronique, d’une indéfinition… Nous y croyons en une forme de Renaissance contemporaine, un mouvement de « tous les lieux » (grec pan-, pantos : « tout », topos : « lieu ») pour un progrès plus responsable de l’humanité.

    La voie des langages

    Les langues et langages sont inséparables de l’idée même de diversité. Ils en sont l’un des piliers les plus représentatifs. Avec 5000 à 7000 langues pratiquées aujourd’hui dans le monde, avec des dizaines d’écritures contemporaines, avec d’innombrables codes et symboles, ce matériau exceptionnel appelle à une découverte illimitée. La Pantopie souhaite y contribuer directement en y donnant accès par une forme d’invitation au voyage. Une invitation constamment renouvelée, rebondissant de système en système, de lieu en lieu, d’invention en invention.

    Toutefois nous aimerions aller un plus loin encore. Nous voudrions en effet saisir cette invitation afin de favoriser des formes multiples d’initiation à ces systèmes et pratiques. Comment faire nôtre la compréhension des écritures qui s’affichent dans les gares, les menus des restaurants et les écrans du monde ? En quoi par exemple l’écriture chinoise offre-t-elle une occasion rare de penser le signe ? En quoi tel ou tel alphabet ou syllabaire ouvre-t-il la porte d’un monde singulier ? Comment prêter oreille à cette voix captée au hasard d’une rencontre ou d’une vidéo, et à la langue qu’elle véhicule ? Comment déchiffrer ce symbole pour éviter un malentendu ? En vérité, ce ne sont pas les occasions qui manquent en matière de langages pour confirmer l’extraordinaire diversité de l’espèce humaine, et en clamer l’universalité. Alors prenons le plaisir de la partager, la défendre et l’étendre…

    La voie de l’espace et du temps

    Nous sommes toutes et tous liés à des lieux et à des époques qui nous caractérisent. Ainsi en va-t-il de notre espèce depuis la nuit des temps. Des sociétés, des pays, des histoires collectives, s’y sont fixés et constituent un patrimoine dont nous sommes les héritiers. Or nous voici à un moment de ce cheminement où de grandes questions se posent. Questions relatives à notre faculté de concorde, ou de discorde, à notre aptitude à dépasser les contentieux au lieu de nous y asservir et à forger des équilibres durables. Questions également relatives à l’environnement naturel, culturel, urbain, que nous voulons défendre et transmettre, à la mesure d’un défi planétaire.

    La Pantopie en ce sens qu’elle se veut de chaque lieu comme de chaque temps, souhaite prêter écoute à l’ensemble de ces questions et aux problématiques qu’elles nous adressent. Dès lors, une histoire plurielle pourrait-elle par exemple y émerger, tenant compte de l’honnêteté des parties engagées et de leur vision différenciée ? Une veillée collectant contes, mythes et légendes, y serait-elle envisageable donnant écho à la sagesse des humanités ? Un calendrier universel n’y aurait-il pas lui aussi toute sa place nous informant de nos fêtes, commémorations et rites ? Une prise de conscience de notre patrimoine universel ne mériterait-elle pas quant à elle un plus grand engagement de notre part ? Et que dire dans ce patrimoine, de l’aspect déterminant de nos espaces naturels dont nous savons aujourd’hui la mise en danger ?… Autant de pistes, autant de fragments d’une vaste mosaïque de l’espace-temps dont nous voulons ici clamer l’unité fondamentale, dans toute sa diversité de pensées et d’actes.

    La voie du sens

    Au regard de la diversité de nos pratiques, cultures, savoirs, opinions, il est peu de dire que nous n’avons pas toujours la même idée quant à la marche du monde. Et pas davantage du reste, quant aux petites choses de la vie. Il suffira de nous demander quel sens nous attribuons à des termes comme « famille », « santé », « justice », « amour » pour nous apercevoir de la fréquente sinon constante différenciation de nos approches. Ainsi va la vie qu’elle nous autorise à conduire notre chemin, à nous y forger un sens personnel de tout ce qui s’y déploie même si celui-ci est souvent conditionné par l’espace-temps qui l’enveloppe. Nous serions alors bien inspirés de nous en féliciter ! Car la force et la beauté du dialogue, le rejet d’une pensée unique, la défense du libre-arbitre, sont sans nul doute à ce prix-là.

    Oui, nos significations varient en bien des points, dirons-nous presque tous. Mais alors, comment en prendre mieux conscience ? Comment suivre cette fabrique du sens au cours des âges de la vie ? Et surtout comment nous en enrichir mutuellement ? La Pantopie suggère ici la voie de l’indéfinition. Une manière d’en appeler à nos propres définitions au gré de 100 thèmes qui vont de la vie aux arts, de la table aux sentiments. Alors, n’hésitons pas. Prenons la plume et le clavier et œuvrons ensemble à un dictionnaire inachevé de nos indéfinitions, source inépuisable de plaisir et de compréhension mutuelle…

    La voie de la rencontre

    Nous sommes en grande partie le fruit de nos rencontres. Celles-ci accompagnent notre existence et en déterminent souvent ce que nous appelons le « succès » ou « l’échec ». Elles sont faites de cette matière quotidienne qui tisse la vie, dans leur préparation ou leur spontanéité, dans leur ouverture ou leur secret. Ces rencontres permettent d’accéder à l’autre tout en nous aidant à mieux comprendre qui nous sommes. C’est pourquoi la Pantopie a souhaité faire relais de rencontres diverses telles que nous pourrions les glaner au détour de la vie.

    Allant au devant de personnes susceptibles de témoigner de leur parcours de manière sincère et vivante, ou bien captant l’écho de certaines existences dans les traces qu’elles en ont laissées, nous tentons ici de verser une pièce essentielle dans ce rapport tout autant à la diversité qu’à l’unité de notre espèce. Une charte, intitulée « les êtres humains », en dessine les contours génériques tandis que chaque portrait, chaque témoignage, chaque partage, lui donne corps et âme. Le tout, en constant prolongement, est une ode à la rencontre, ferment de tout, y compris le meilleur…

    La voie de la créativité

    Oui notre monde est divers. Nos langages, nos espaces, nos histoires, nos significations, et tous ces profils appelant à de possibles rencontres, en attestent aisément. Oui, ce que notre monde nous lègue et dont il nous confie la charge est marqué en tout point par cette diversité. Oui, une forme d’unité relie tout cela dont nous aurons tenté d’esquisser la présence, au nom d’une espèce dont les devoirs l’enjoignent à plus de respect, tant à l’égard d’elle-même que des autres espèces.

    Pourtant une chose vient à présent s’immiscer dans ce mouvement, et en quelque sorte l’amplifier. En fait, nous l’avons déjà croisée çà et là, dans les couloirs du sens, ou ceux de l’espace, tout comme dans la forêt des signes. Celle-ci tient à la créativité inhérente à l’humanité. Et c’est bien cette cinquième voie qui vient faire écho à toutes les autres, scrutant leur constant renouvellement. Chaque génération reçoit ainsi ce contrat d’avenir par lequel elle n’est pas seulement appelée à préserver ce qui fut établi avant elle, mais à le prolonger, le transformer. Qu’il s’agisse de l’innovation au service d’un progrès responsable, qu’il s’agisse d’une vision numérique forte d’un humanisme capable d’écoute et d’empathie, qu’il s’agisse également de réinventer les outils de notre communication planétaire, partageons ici ces actes et intentions qui font le futur et disent la confiance que nous y plaçons. La Pantopie se veut ouverte à ces initiatives et, d’une écriture idéographique contemporaine à l’esquisse d’une encyclopédie tweetée, d’une démarche innovante en matière de dépense d’énergie ou de sauvegarde de la forêt à une activité numérique susceptible de mieux relier les individus, prêtons ici écho à cette fabrique d’un monde de paix, plus digne et plus juste. Il y a tant et tant à faire et presqu’autant de générosité qui partout s’y emploie. Que les esprits bouillonnent donc et que les corps s’agitent, le monde est non seulement à espérer mais à entreprendre au quotidien.


  • Bienveillance : un état d’esprit, un savoir être au monde…

    “La paix n’est pas l’absence de guerre,
    C’est une vertu, un état d’esprit,
    Une volonté de bienveillance, de confiance, de justice.”
    Spinoza

     

    Comment donc faire preuve de bienveillance ?
    Comment déterminer que ce que l’on dit, ce que l’on fait,
    Et peut-être ce que l’on pense,
    Peut être réellement mesuré à sa bonté ?
    Quelle est la mesure de la bonté ?

    Dans un monde si facilement enclin au déni, à la méfiance, à l’injustice,
    Où tant de relations humaines semblent promptes à l’invective, à la mesquinerie ou à la querelle,
    Comment adopter une attitude qui puisse ne pas les alimenter
    Ni sur le fait, ni après coup ?

    Bene volens, « vouloir du bien », « être favorable »…

    Oui, un « état d’esprit » assurément
    Mais aussi une discipline à acquérir, un savoir être au monde…

     

    « Un mot prononcé avec bienveillance engendre la confiance
    Une pensée exprimée avec bienveillance engendre la profondeur
    Un bienfait accordé avec bienveillance engendre l’amour… »
    Laozi


  • 2018 mots …

    2018
    2018 mots
    2018 mots pour une invitation à la rencontre
    Au partage du sens
    À la découverte de notre pluralité d’être, de penser, de communiquer

    2018 mots ordinaires
    Et extraordinaires

    ubuntu, lagom, cafuné, nogar, samsara…
    arevakach, matriochka, djugurba, enkai, chunjie…

    2018 mots comme une promesse et une espérance
    L’anticipation d’une table ronde autour de laquelle vont s’assembler les humanités
    L’idée d’une alliance faisant taire les raisons de toute discorde

    2018 mots parmi une myriade d’autres
    Choisis pour leur pouvoir d’évocation, la magie de leur présence
    Des mots pour un monde riche de ses différences
    Sachant revendiquer son unité…

    Générosité, sourire, vérité, mélange, voyage…
    Justice, savoir, enfant, curiosité, amour…

    2018 mots pour ne pas oublier ce que nous devons à toutes les espèces vivantes
    Et à l’environnement qui nous accueille pour un temps donné
    Pour tous les lointains et les proches,
    Pour tous les visibles et les invisibles qui ont permis notre présence sur cette Terre à laquelle nous appartenons…

    Rhinocéros, abeille, olivier, vent, désert, cercle polaire…

    2018 mots pour nous rappeler à la force de notre patrimoine
    Pour rappeler à chacun, chacune de nous
    Que nous en sommes ensemble et non séparément les héritiers, les héritières,
    Dans le devoir de le défendre, l’étendre et le transmettre à notre tour

    Borobudur, Achuars, Tangun, Ifa, Martenitsa…
    Stonehenge, Pétra, Nivkhs, Amungme…

    2018 mots pour clamer l’urgence d’un projet humaniste, inventif, créatif, contemporain,
    Soucieux d’une numérisation du monde respectueuse des droits et des devoirs,
    Propre à favoriser le partage, la reconnaissance, l’ouverture,
    Un projet choisissant la voie d’un progrès humaniste vers un futur commun

    énergie, transport, éducation, pouvoir, intergénérationnel, innovation…

    2018 mots pour une année 2018 à la hauteur d’un défi toujours renouvelé :
    Défi de notre compréhension mutuelle,
    Défi de la confiance et de la dignité que l’humanité se doit à elle-même
    Défi d’une paix forte et durable

    D’un mot, d’une idée, d’un acte à l’autre…
    Belle année pantopique 2018 à vous et aux vôtres,

    Pour suivre les 2018 mots : https://www.facebook.com/pantopie/ ou pour en proposer  http://pantopie.org/envoyer-une-contribution/


  • Effet Discrimination

    Avec une histoire et des références qui ne manquent pas de l’alimenter, la litanie de la discrimination sait qu’elle peut puiser dans un registre des plus anciens et des plus variés. Convoquant les différences d’idées, de genre, de croyances, d’ethnies, de classes sociales… elle dispose d’un effet discrimination psychique ou/et physique tout à son service, prêt à s’enclencher avec la facilité que lui ont léguée les abandons de dignité, de respect, de justice, d’humanité incluant les réflexes les plus archaïques que les identités exclusives ont pu susciter çà et là.  Il se peut toutefois en certaines circonstances qu’un tel effet donne lieu à une prise de conscience sur ce déferlement de blessures et d’hostilités qui n’est pas sans conséquence sur l’équilibre du monde. On se surprend alors à imaginer ce que serait, ce que pourrait être une humanité qui aurait pris la mesure de son dépassement.


  • Effet Silence

    Si l’heure semble être à la multiplication des sources et des bruits, des dépêches qui fusent et des scoops* banalisés, si l’heure est à la logorrhée* et au Big data*, elle semblerait aussi parfois opter pour le silence. Non pas de ces silences dont on pourrait se féliciter, qui nous donnent un micro-espace de respiration et de relative quiétude, ni encore moins de ceux que l’on savoure à la rencontre des grandes étendues à l’horizon infini, mais de silences imposés, voulus, décrétés… De silences qui illustrent notre faculté idéologique, politique, marchande, à taire une réalité, une injustice, à ne pas lui donner l’écho qu’elle réclame naturellement. L’effet silence n’est certes pas très glorieux mais il semblerait qu’il ait encore de beaux jours devant lui…


  • Les êtres humains

    Introduction à la Pantopie :

    Nous vivons une époque de grands défis écologiques, socio-politiques, économiques, religieux, éducatifs, numériques… De la manière dont nous envisagerons leur résolution, dépend bien davantage que le confort de certain/es. Il en va de chacun/e, dans nos forces comme nos fragilités. Il en va tout autant de la projection non seulement de notre espèce, mais de la Vie face aux contradictions de notre temps. Le texte qui suit tente d’en poser l’interaction entre l’ensemble des variables qui s’y enchevêtrent… Introduction à cet espace, il énonce les 100 variables que nous nous proposons d’y enquêter au fil des outils pantopiques.

    1. Les êtres humains naissent, vivent [1], grandissent, parfois vieillissent [2] et meurent [3].
    2. Les êtres humains mangent, boivent, cuisinent [4] diverses sortes d’aliments [5] qu’il leur appartient de se procurer plus ou moins aisément en nombre et qualité variables, entre pénurie et excès.
    3. Les êtres humains jouent [6] et pratiquent des sports [7] selon des motifs et des règles qui peuvent différer d’un âge et d’une société à l’autre.
    4. Les êtres humains échangent, commercent [8], font usage de moyens de paiement [9], contribuent à des formes d’économie [10], créent des entreprises [11], gèrent des biens qu’ils possèdent ou non en quantité plus ou moins importante [12].
    5. Les êtres humains communiquent [13], parlent [14], écrivent [15], informent [16], animent des instances médiatiques [17] et s’appuient sur des développements numériques qui viennent en bouleverser et en amplifier de nombreux aspects [18]. Ils nomment en outre les choses, les phénomènes et les êtres [19].
    6. Les êtres humains sont en mouvement [20], se déplacent [21] et transportent [22] au gré d’aptitudes et de moyens de locomotion variés : bateau [23], automobile [24], train [25], avion [26], deux-roues [27]…
    7. Les êtres humains ont un corps [28] constitué d’un certain nombre d’organes [29], reflétant un état de santé [30] et d’hygiène [31]. Le maintien de leur équilibre requiert un certain repos [32], renvoyant à des positions diverses [33]. Ils disposent en outre d’une forme de sexualité [34] qui occupe une place plus ou moins importante selon les sociétés et les individus.
    8. Les êtres humains développent des sciences et techniques [35] au fil du temps, parmi lesquelles les instruments [36] de toutes sortes ont constamment joué un rôle décisif, et tout particulièrement l’ordinateur [37].
    9. Les êtres humains cohabitent sur Terre avec d’autres espèces animales [38], invertébrés [39] et vertébrés [40], ainsi que végétales [41], dont ils exploitent largement les ressources avec ou sans dignité.
    10. Les êtres humains établissent une relation au pouvoir [42], aux formes d’administration et de gouvernement [43], à travers la grande variété des pays et entités géographiques, historiques, idéologiques [44]. Ils y défendent ou non une certaine idée de la justice [45], de la sécurité [46], intérieure et extérieure, et y ont diversement recours à des forces armées [47].
    11. Les êtres humains évoluent généralement en relation à une ou plusieurs familles [48], au sein desquelles ils peuvent contracter mariage [49].
    12. Les êtres humains exploitent toutes sortes de matière [50], au regard de leur variété et propriétés atomiques [51]. Ils y produisent quantité de déchets [52]. Ils y ont une relation forte et dépendante au feu [53], à l’eau [54], ainsi qu’aux formes diverses d’énergie [55].
    13. Les êtres humains habitent en un ou plusieurs lieux donnés [56], objet d’attentions plus ou moins soignées, tant sur le plan de leur construction, des moyens d’accès que de leurs usages. Des agglomérations s’y déploient [57], mettant en lumière l’importance des voies de communication [58].
    14. Les êtres humains occupent un certain espace [59], pouvant être appréhendé par rapport à son orientation [60] ou encore à certaines distances [61]. Cet espace se situe au sein d’un plus vaste ensemble, l’univers [62], dont la Terre [63] est l’une des composantes, elle-même couverte pour grande part d’eau [64] séparant les continents [65]. Les êtres humains y vivent une certaine relation aux phénomènes météorologiques [66] ainsi qu’aux saisons [67].
    15. Les êtres humains entretiennent une forte relation au temps [68], à son comptage [69], ainsi qu’aux événements qui s’y produisent [70].
    16. Les êtres humains disposent d’un intellect [71] à travers lequel ils pensent et exploitent diversement leur réalité, leurs savoirs [72], objets d’éducation, d’apprentissage, d’enseignement [73]. D’innombrables signes s’y colportent [74], formant ou non systèmes. Ils y affirment et nient [75], tandis qu’ils se font une certaine idée de la vérité [76].
    17. Les êtres humains vivent et entreprennent le plus souvent en société [77], parfois s’en écartent. Ils y organisent toutes sortes de festivités [78].
    18. Les êtres humains développent des formes de spiritualité, de relation aux croyances [79]. Des religions [80] s’y manifestent proposant d’organiser en tout ou partie la manière de les vivre.
    19. Les êtres humains ont un usage des nombres [81], de la mesure [82], des dimensions géométriques [83].
    20. Les êtres humains peuvent recourir à une très large gamme de sentiments [84] qu’ils partagent plus ou moins avec autrui selon les sociétés, les époques, les tempéraments. Ils font usage de salutations souvent codifiées [85].
    21. Les êtres humains agissent, font, fabriquent [86], selon des finalités [87] variables. Parmi ces activités, certaines sont perçues comme un travail [88] donnant lieu ou non à encadrement et rémunération. De grands secteurs s’y déploient comme ceux des services renvoyant à nombre des champs évoqués, de l’agriculture [89] ou encore de l’industrie [90].
    22. Les êtres humains mobilisent leurs sens [91], parfois différemment en raison d’un handicap, façonnant  une perception du monde qui les environne que ce soit sur un plan olfactif, gustatif, visuel [92], auditif [93], tactile [94].
    23. Les êtres humains [95] se définissent en tant que ce qu’ils sont par rapport aux autres espèces ou à la conscience qu’ils ont d’eux-mêmes. L’idée du soi [96] et de l’autre y joue un rôle central.
    24. Les êtres humains sont entourés d’objets [97], aux fonctions diverses. Ils produisent des textiles [98], dont ils se revêtent notamment.
    25. Les êtres humains produisent des œuvres d’art [99], selon des techniques, des formes d’expression et des intentions extrêmement variées qui franchissent ou non la barrière du temps…

  • Une union, une unité : Ruth et Seretse…

    Un regard a suffi
    Et la flamme a fait le reste
    Seretse Khama
    Et Ruth Williams
    Se sont promis fidélité, amour et justice
    Et leur vie en témoigne

    Témoignage contre l’adversité
    Témoignage contre la ségrégation raciale
    Témoignage contre la tentative de le déstabiliser
    Ainsi que son pays

    Au fait, Seretse Khama
    Est Roi de Bangwato
    Et son nom, Seretse,
    Signifie : « l’argile qui lie »

    Malgré les oppositions de toutes sortes
    Malgré les dénis de justice
    Malgré l’exil,
    Ces deux-là tiendront bon
    Et en 1966
    Seretse Khama deviendra
    Après l’indépendance
    Le premier président
    du Botswana…

    Leur fils
    Seretse Khama Ian Khama
    Devient à son tour président en 2008
    Réélu en 2014…

    We are convinced that there is justification for all the races that have been brought together in this part of Africa, by the circumstances of history, to live together in peace and harmony, for they have no other home but Southern Africa. Here we will have to learn how to share aspirations and hopes as one people, united by a common belief in the unity of the human race. Here rests our past, our present, and, most importantly of all, our future. » – Seretse Khama – speech at the national stadium on the 10th anniversary of independence in 1976. As quoted in Thomas Tlou, Neil Parsons and Willie Henderson’s Seretse Khama 1921-80, Macmillan 1995. (thoughtco.com)

     

    Un film « A United kingdom » paru en 2017 rend hommage à leur couple et à leur combat…


  • 8 septembre : Fardowsa accède à la lettre…

    La lettre, le signe
    Puissance d’une transmission
    Accès au sens, à l’idée, à l’émotion

    8 septembre
    Journée internationale de l’alphabétisation
    Pour lutter contre l’ignorance du signe
    Contre l’obscurité de la lettre
    Contre les interdits qui y sont attachés

    Une journée pour rappeler
    Qu’environ une personne sur 8 dans le monde
    Demeure illettrée
    Dont une majorité de femmes

    Histoire ordinaire de Fardowsa
    Jeune fille somalienne
    Nous rappelant au devoir de justice
    D’équité, d’éducation

    « Je suis très différente
    Depuis que je sais lire et écrire »
    « Malgré plusieurs attaques et attentats
    Perpétrés cette année à proximité de notre centre d’apprentissage communautaire,
    Je continuerai de suivre mon rêve… »


  • 39 – militaire – military – 军事 – militärish – militare – militar – 軍事的 – во́инский

    Les affaires militaires
    military
    militaire
    Afin de protéger les populations, ou de les menacer
    Les affaires militaires entre guerre
    war
    guerre
    Et paix, supposant que nous la définissions…
    La paix, comme seule absence de guerre ?
    peace
    paix
    Ou bien la paix, avant tout comme un état d’équilibre et de justice ?
    peace2
    paix

    Les affaires militaires qui s’appuient sur les armées
    army
    armée
    Armée de terre
    landforces
    armée de terre
    Navale
    navy
    navale
    Armée de l’air
    airforce
    armée de l’air
    Et la mobilisation des soldats
    soldier
    soldat

    Les affaires militaires qui ont recours à des armes
    weapon
    arme
    Comme l’épée
    sword
    épée
    L’arc
    bow
    arc
    Ou plus modernes, dites à feu
    gun
    arme à feu



  • 38 – pouvoir – power – 权力 – Macht – potere – poder – 権力 – мочь

    Le pouvoir
    power
    pouvoir
    Le pouvoir conférant l’autorité, ou le contraire,
    authority
    autorité
    Le pouvoir hiérarchique, définissant ce qui est inférieur
    inferior
    inférieur/e
    Et ce qui est supérieur
    superior
    supérieur/e
    Décidant qui est le chef
    chief
    chef
    Le pouvoir qui accorde la liberté
    freedom
    liberté
    Ou qui l’interdit
    forbid
    interdire
    Le pouvoir qui donne des ordres
    order
    ordre
    Le pouvoir qui donne les titres
    title
    titre
    Et la gloire
    glory
    gloire

    Le pouvoir politique
    politics
    politique
    Cherchant à gouverner
    govern
    gouverner
    S’appuyant sur la force des états
    state2
    état
    Et des nations
    nation
    nation
    Renvoyant aux frontières et à leur contrôle
    frontier2
    frontière
    Renvoyant également à la diplomatie
    diplomacy
    diplomatie

    Le pouvoir de la royauté
    kingdom
    royauté
    Ou de l’empire
    empire
    empire

    Le pouvoir au regard de la justice
    justice
    justice
    Au regard du droit
    right
    droit
    Au regard de la loi
    right
    loi
    Qui amène à accuser, à défendre et à juger
    accuse
    accuser
    Distinguant ce qui est légal de ce qui ne l’est pas
    legal
    légal/e
    Confiant à la police la mission de le faire respecter…
    police
    police



  • Effet Miroir des vérités

    Le grand-père d’Abd-el Kader lui enseigna dans son enfance des principes soufis qui ne devaient jamais le quitter. C’est incontestablement et pour grande part dans cette sagesse que ce personnage, opposant à l’occupation française de l’Algérie, brilla tout au long de sa vie par l’ampleur de sa vision de tolérance et de justice pour chacun, chacune. Parmi ces histoires de l’enfance qui nous construisent tous, son aïeul lui raconta qu’il y avait jadis un miroir de la vérité dans le ciel. Mais un jour celui-ci tomba sur Terre et se brisa en d’innombrables morceaux. Ce fut à partir de ce moment que les humains commencèrent à en récupérer les fragments. Or se miroitant dans l’un ou l’autre d’entre eux, ils prétendirent y voir TOUTE la vérité. Combien serait différente une espèce humaine qui se souviendrait que ces morceaux sont les témoins d’une unité passée… ou qui sait à venir ! L’effet miroir des vérités est une invitation à repenser toute vérité dans un plus large contexte, sans l’amoindrir pour autant, car elle renvoie tout à la fois à l’ensemble de la Vérité et à la nécessité de respecter les autres…


  • Effet Indéfinition

    S’il est bien un concours permanent à notre relation aux actualités, c’est celui de la signification des mots, objets et idées qu’elle véhicule. Le chancelier Francis Bacon, parmi beaucoup d’autres, avait eu beau prévenir : « Tandis qu’il vaudrait mieux, suivant la prudente habitude des mathématiciens, commencer par couper court à toute discussion en définissant rigoureusement les termes », il semblerait que nous ayons fait l’école buissonnière ce jour-là… Le résultat est aussi patent que parfois affligeant débouchant sur une cohorte de disputes, de malentendus, de débats mal aiguillés, de querelles*, comme si la précaution précitée avait échappé aux protagonistes ! La réintroduire tout en admettant que nous puissions ne pas avoir la même idée de la « santé », de la « justice », de « l’amour »… ne serait sans doute pas inutile au grand Débat contemporain. Ainsi en va-t-il de l’effet indéfinition, assuré de la différence de nos pratiques, cultures, savoirs, opinions ainsi que de notre histoire. Bien entendu, la prudence élémentaire voudra qu’aucune indéfinition ne soit close ni universelle, de quoi inquiéter quelques-uns et encourager tous les autres…


  • Effet Pouvoir

    Qui peut échapper à la prédominance du pouvoir et à la place de choix qu’il occupe dans le fil des actualités ? Inspirant une bonne partie d’entre elles, en embuscade dans de nombreuses autres, il détient les clés des systèmes et si certains s’en félicitent, ou s’en contentent, beaucoup s’en désolent plus ou moins bruyamment et ouvertement. L’effet pouvoir suscite alors suspicion, doute, mise en cause quant à sa manière de s’acquérir et/ou s’exercer. Fraudes, abus, escroqueries, délits de corruptions en tous genres, remises en cause des droits, etc., sont alors de la partie, dans une échelle de gravité variable. Quant au pouvoir qui ne s’y prête pas, au pouvoir qui prend cap de de la défense de l’intérêt général, qui combat les prévarications et les dénis de justice, étrangement il ne figure guère à la une des actualités. Serait-il donc une autre voire la principale victime de cet effet ?


  • Dans la mémoire des Héréros et des Nama : un crime oublié ?

    Namibie
    Sublimes terres d’Afrique australe
    Héritières de traditions plurielles
    Enrichies de ses cultures, de ses savoirs

    Pourtant se souvient-on
    Du sort qu’y connurent
    Au début du 20e siècle
    Les tribus Hereros et Nama

    Se souvient-on de leur massacre à partir de 1904
    Suite au partage de l’Afrique
    Acté à la Conférence de Berlin (1884-1885)
    Au nom du pouvoir de taire toute opposition
    Et de réprimer les rébellions

    Se souvient-on de leur déportation
    Sur Shark Island ?

    À leur mémoire
    Pour que justice leur soit rendue…

    Photo by Panoramas


  • usines de salpêtre de humberstone et de santa laura

    « Les usines de Humberstone et de Santa Laura représentent plus de 200 anciens sites d’extraction du salpêtre, où des ouvriers, venus du Chili, du Pérou et de Bolivie, vécurent dans des cités minières et forgèrent une culture pampina commune. Cette culture se manifeste dans la richesse de la langue, la créativité et les liens de solidarité, et surtout dans les luttes pionnières menées par les pampinos pour la justice sociale, luttes dont l’impact fut profond sur l’histoire sociale. Installés dans la Pampa désertique et reculée, l’un des déserts les plus arides du globe, des milliers de pampinos ont vécu et travaillé, à partir de 1880 et pendant plus de soixante ans, dans un environnement hostile pour exploiter le plus grand gisement de salpêtre du monde et produire le nitrate de soude, un engrais qui allait transformer le paysage agricole de l’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que celui de l’Europe, tout en procurant de grandes richesses au Chili. » (source : whc.unesco.org)


    Patrimoine Mondial


    Pays :

    Chili

    Date :

    2005

    Catégorie :

    Culturel
  • sites de bagnes australiens

    « Le bien comprend une sélection de onze sites pénitentiaires, parmi les milliers établis par l’Empire britannique sur le sol australien aux XVIIIe et XIXe siècles. Les sites sont disséminés à travers le pays, de Fremantle en Australie occidentale, à Kingston et Arthur’s Vale sur l’île de Norfolk, à l’est ; et des environs de Sidney, en Nouvelle-Galles du Sud, au nord, jusqu’aux sites de Tasmanie, au sud. Près de 166 000 hommes, femmes et enfants furent envoyés en Australie pendant plus de 80 ans, entre 1787 et 1868, condamnés par la justice britannique à la déportation dans les colonies pénitentiaires. Chacun des sites avait une vocation propre, qu’il s’agisse d’enfermement punitif ou de rééducation par le travail forcé au service du projet colonial. Le bien présente les meilleurs exemples survivants de la déportation à grande échelle de condamnés et de l’expansion colonisatrice des puissances européennes par la présence et le travail des bagnards. » (source : whc.unesco.org)


    Patrimoine Mondial


    Pays :

    Australie

    Date :

    2010

    Catégorie :

    Culturel
  • Petit voyage dans les langues…

    (Ce texte reprend une conférence donnée à l’UNESCO le 21 février 2013 – Journée internationale de la langue maternelle…)

    By: Harald Deischinger

    1 – Les langues turciques…

    Nous commencerons notre périple dans les langues turciques au sein de l’ancienne famille altaïque, glissant dans les étendues kazakh, turkmène, ouzbek, pour plonger sur le lac Son- Koul au Kirghizistan. Là, nous nous approcherons d’un conteur manaschi, pour l’entendre réciter l’une des plus longues épopées humaines, celle de Manas, en sa modernité retrouvée :

    Dans mon rêve de la nuit dernière,
    Je me suis installé au sommet d’Ala-Too
    Et j’y ai attrapé un jeune aigle baarchin.
    Quand je l’ai emmené à la chasse,
    Le bruit de ses ailes battantes s’est aussitôt fait entendre,
    Impossible de résister à sa colère…

    By: François Philipp

    2 – Les langues mongoles…

    Puis nous partirons vers les steppes mongoles, et leurs langues khalka, bouriate, kalmouk… On nous invitera à y découvrir l’extraordinaire diversité scripturale dont le peuple mongol fut doté. Parmi les créations successives, nous y découvrirons les travaux du scribe Tatar-Tonga à la cour de Gengis Khan, puis ceux du lama Phagspa à celle de Kubilaï, petit-fils du conquérant. Nous nous arrêterons quelques siècles plus tard, sur le symbole de la nation mongole, provenant d’une écriture dite soyombo créée à la fin du XVIIe siècle.

    By: Kitty Terwolbeck

    3 – Les langues toungouses et paléo-sibériennes…

    Après avoir fréquenté les langues toungouses, mandchou, evenki, nanai… nous remonterons vers l’espace sibérien au sein de langues diverses qu’elles soient ienisseïennes, tchoukotko-kamtchatkiennes, ou encore youkaguir. Dans le foisonnement des peuples, nous parviendront les voix itelmène, koriak, ket, chukchi … Parmi tous ceux-là, dans une hutte proche de celle du chamane, une vieille dame nous racontera en langue nivkh les histoires du brave Tchoril et de la belle Tcholtchinaï … de leur promesse d’engagement à la déchirure de leur séparation, puis à leurs retrouvailles jusqu’à ce qu’elle tresse ses nattes, d’amour.

    By: Ludovic Tristan

    4 – La langue coréenne…

    Bientôt nous ferons halte en – 2333 dans l’espace coréen (autrefois rattaché par certains à l’ensemble altaïque) où nous trouverons Tangun, le fondateur, né de Hwanung et de l’ourse Ungnyeo. Puis des milliers d’années plus tard, un nouvel épisode nous fera partager la naissance de l’alphabet coréen, à l’initiative du sage Sejong qui déclara :

    La langue coréenne étant différente de la langue chinoise, les caractères chinois ne la rendent pas suffisamment. C’est pourquoi, les gens du peuple désirent une chose et n’arrivent pas à exposer leurs sentiments: cela est fréquent. Ému de pitié, j’ai inventé vingt-huit caractères qui seront facilement appris de tous et serviront aux usages quotidiens. – (préface de l’Hunmin Chongum)

    By: Cyril Bèle

    5 – Les langues japoniques…

    Par un trait rapide sur la mer du Japon, et après nous être avisés de la richesse du peuple aïnu, nous traverserons l’archipel du Soleil Levant, d’une laque à un court poème, d’un pétale à une ombrelle… Au virage du premier millénaire, et dans la fraîche maîtrise des kanas, la dame Sei Shonagon nous emportera dans son fascinant registre des Choses, des « Choses qui font battre le cœur », des « Choses qui semblent vulgaires », des « Choses impatientantes », et combien d’autres :

    L’idée d’écrire ces notes me vint dans les circonstances suivantes : Un jour, le frère de l’Impératrice Sadako ayant offert une liasse de papier blanc à sa soeur, celle-ci me dit : « Que peut-on écrire là-dessus ? L’Empereur a déjà fait copier L’Histoire de Chine connue sous le nom de Shiki… » Je lui répondis que je voudrais faire un oreiller de cette jolie liasse de papier blanc. L’Impératrice me répondit : « Eh bien, prenez-le ! »

    Je l’utilisai alors à écrire toutes ces choses, toutes ces bagatelles qu’on trouvera, sans doute, bien frivoles : des histoires amusantes, des histoires édifiantes, mes impressions, des poésies, ce que je pense des arbres, des oiseaux, des insectes, et tout cela est, certes, moins intéressant que je ne l’imaginais.
    Ceux qui liront ces notes verront ce que je suis, mon degré de culture et d’éducation, et me critiqueront. Tant pis !
    J’ai écrit ces notes pour m’amuser, sans ordre ni prétention, comme elles me venaient à l’esprit.– (Makura no soshi)

    By: Nicolas Vollmer

    6 – Les langues chinoises…

    Revenus sur le continent, nous aborderons les côtes de la vaste Chine et de sa civilisation unique en tout point. Plus que jamais nous y comprendrons que la vie, qu’une vie ne saurait suffire à dévoiler ne serait-ce que la surface de ses richesses. Et c’est bien pourquoi nous nous laisserons guider par nos hôtes qui nous emmèneront en ce jour sur la montagne Huangshan, surplombant la longévité d’une histoire inégalée et de son exceptionnelle sédimentation. Au son tonal des langues chinoises, mandarin, wu, hakka, cantonais, min…, nous savourerons par le verbe et par le signe, des œuvres prestigieuses de la littérature universelle. Celles-ci nous tiendront éveillés tard dans la nuit, tandis que nous découvrirons les épisodes du « Rêve dans le Pavillon rouge », « Au bord de l’eau », « Le Pèlerinage vers l’Ouest », « l’Histoire des trois royaumes ». L’immensité de l’écriture chinoise nous entraînera ainsi dans une forêt sans limites où nous serons initiés à l’existence de dizaines de milliers de formes, en leur combinaison et leur évolution continue.

    By: Bernard Goldbach

    7 – Les langues des minorités nationales chinoises… et himalayennes…

    Sur ce même espace de Chine aux accents d’infini, nous nous émerveillerons des innombrables variations issues de 55 minorités nationales parsemées sur tout le territoire et clamant la vitalité de bien d’autres groupes linguistiques : Zhuang, Hui, Miao, Yi, Pumi, Bonan, Uygur, etc. Au cœur de la province du Yunnan, nous nous intéresserons chez les Naxi à l’incroyable écriture dite dongba, aux envolées pictographiques comparables à nulle autre. Bientôt au grand sud-ouest, nous accueilleront les vertigineuses étendues des chaînes himalayennes. Occasion de nous familiariser avec des représentants des langues tibéto-birmanes (tibétain, dzongkha, gurung, sherpa…), mais aussi de langues indo-européennes comme le népalais… Après l’évocation du Bardo Thödol, Livre des morts tibétain, nous ouvrirons le grand Livre de Gesar qui nous permettra de mieux comprendre le lien entre peuples tibétain et mongol…

    By: Juan Antonio F. Segal

    8 – Les langues indiennes…

    Puis nous dévalerons les pentes himalayennes, pour mettre le pied en Inde et dans les pays proches, Pakistan, Bangladesh, Sri Lanka, terres spirituelles par excellence… Nous y serons attentifs aux influences indo-européennes et aux langues qui les ont diffusées (sanskrit, hindi, bengali ou bangla, ourdou, panjābī , singhalais, romani, gujarātī , etc.)… Puis nous nous placerons à l’écoute des langues dravidiennes (tamoul, malayalam, telougou, kannada, brahui, gondî…). Un jour de Vijayadashami, jour de victoire célébrant les exploits de Rama, comme ceux de Durga, jour idéal pour commencer l’apprentissage des écritures, nous nous laisserons gagner par la puissance des textes anciens. Ainsi des vers du Rig Veda :

    Je chante Agni, le dieu prêtre et pontife, le magnifique héraut du sacrifice…
    Illustre Vâyou, viens, et prends ta part de ces liqueurs préparées avec soin ; écoute notre prière…
    Indra et Vâyou ! C’est pour vous que sont ces libations ; venez prendre les mets que nous vous offrons ; voici des boissons qui vous attendent…
    J’invoque Mitra, qui a la force de la pureté, et Varouna, qui est le fléau de l’ennemi : (ces dieux) accordent la pluie à la prière qui les implore…

    By: Juan Antonio F. Segal

    9 – Les langues d’Asie du sud-est…

    Cheminant à la croisée des cultures locales et des influences indiennes et chinoises, nous traverserons Birmanie, Thaïlande, Laos, Cambodge, Vietnam… et serons admiratifs des trésors culturels qui en témoignent. Outre la poursuite de notre approche des langues tibéto-birmanes, birman, akha, karen… diverses autres familles linguistiques nous y recevront dans les atours les plus colorés… Partagées avec la Chine ce seront ici les langues tai-kadai (thaï, lao, gelao…), là les langues miao-yao également dites hmong-mien, et là encore les langues austro-asiatiques dont certaines pointeront vers l’Inde (môn, khmer, vietnamien, nicobarais, munda…). Nous fêterons le Nouvel An khmer (Chaul Chnam Thmey) dans la citadelle d’Angkor Vat, et nous souviendrons au Vietnam de la fête du Trang-Nguyên et de ses élans poétiques. Nous partagerons les mystères du pays du million d’éléphants et lirons la Chronique du Palais de cristal au royaume de Pagan. Nous arpenterons les allées de Sukhothaï afin de rendre hommage au roi Rama Kamheng et à l’écriture qu’il mit au point…

    By: Benoit Mahe

    10 – Les langues austronésiennes…

    Puis nous nous dirigerons plus au sud à la découverte de la vaste famille des langues austronésiennes s’étendant de Madagascar (malgache) à l’Île de Pâques (pascuan), et ayant une branche dite formosane. C’est alors une immensité de nature et de cultures qui s’ouvrira devant nous en plusieurs étapes au gré des langues malayo-polynésiennes occidentales, centrales ou orientales. Dans la branche occidentale, indonésien, malais, javanais, batak, tagalog, makassar, balinais, et combien d’autres joueront ici du gamelan, et là du théâtre… Dans la branche orientale, les espaces des langues halmahera et des langues océaniennes s’entremêleront pour exprimer la vitalité des peuples et des eaux qui les ont disséminés : maba, fidjien, gilbertin, nauruan, langues kanak… Parmi eux, l’aventure polynésienne aux rythmes samoan, tonguien, tuvaluan… tracera l’épopée d’une lointaine migration et de ses épisodes successifs. Un vieux sage maori nous parlera de l’île originelle d’Hawaiki.

    By: Kiko Turteliny

    11 – Les langues papoues…

    Quel ne sera pas notre enchantement lorsque posant le pied sur le sol papou, nous y serons confrontés par-delà la créolité du tok pisin et le pidgin hiri motu, aux 800 langues qui s’y sont manifestées. Nous irons les trouver entre montagnes et vallées, à la rencontre des habitats sur pilotis, de la préparation du sagou ou encore de magnifiques ornements et parures. Langues angan, chimbu, dani, goilalan, ndu, sentani… y animeront un ballet d’une exceptionnelle diversité !

    By: Les Haines

    12 – Les langues aborigènes australiennes…

    Jadis, la terre était à portée de marche pour se rendre toujours plus au sud, et c’est bien ce chemin qu’auraient emprunté il y a 40000 ans les ancêtres des Aborigènes australiens. Nous y côtoierons les héritiers du Rêve du djugurba qui nous conteront le Serpent Arc-en-ciel, et les êtres premiers qui peuplèrent ces terres et en configurèrent le moindre aspect. À la découverte de groupes linguistiques australiens et de langues comptées par centaines, qu’elles soient pama-nyungan ou non, pitjantjara, mardu, warlpiri, yolngu, arrernte… nous nous interrogerons sur leur ascendance, leur patrimoine, leurs correspondances, comme leur fragilité. Pour conforter notre espérance et notre confiance dans la continuité du temps, un soir venu, proches du feu, un ancien nous dira le monde de Bur Buk Boon, et l’apparition du didgeridoo qui entonnera son chant…

    By: Maurizio Costanzo

    13 – Les langues d’Amérique du sud…

    Traversant le Pacifique vers les grands espaces d’Amérique du Sud, nous en aborderons bientôt les côtes. Et d’emblée, face à l’immensité de ces territoires, un questionnement nous assaillira. Par où entreprendre sa découverte ? Comment en dire l’extraordinaire richesse ? Si l’on renvoie aux milliers de langues amérindiennes présentes avant l’arrivée des Européens, et si l’on tient compte de l’évolution de la représentation linguistique depuis lors, y mêlant les langues espagnole, portugaise, française, néerlandaise, anglaise…, comment accéder à la conscience équitable de ces ensembles et du respect fondamental que nous leur devons ? En réponse à nos attentes, les voix de la Terre et du Ciel, celles de l’Eau et des Arbres, se feront entendre partout sur notre route. Qu’elles proviennent des Aymaras sur les pentes andines ou des Shuars, des Kayapos ou des Yanomamis, des Guaranis, des Mapuche ou des Yagans (Yámanas), ce seront partout traditions et récits qui nous prendront par la main pour nous mener au plus profond des mythes et des songes, en ces terres éternelles où la parole reprendra tout son sens.

    By: Rafael Saldaña

    14 – Les langues d’Amérique centrale…

    C’est dans un tel tourbillon que nous gagnerons l’Amérique centrale pleinement alertés de la grande diversité de ces langues amérindiennes qui après les familles tupi-guarani, macro-jê, quechua, pano-tacanane ou jivaroane… se feront à présent oto-mangue, avec les langues zapotèques, mixtèques ou popolocanes… uto-aztèque en pointant vers le nord, shoshone, hopi, huichol…  ou encore maya. Là sur les terres mayas et celle de leurs langues, cakchiquel, k’iche’, chol, tzotzil…, nous sera contée l’histoire du Popol Vuh et de l’insondable sagesse du maïs. Ici en nahuatl, des héritiers de la grande civilisation aztèque, nous parleront de l’Aztlan originelle comme hier leurs frères polynésiens nous contaient les sources d’Hawaiki. Et en ces mêmes latitudes, nous effectuerons une navigation dans les mers Caraïbes et leurs langues, notamment créoles,  pour notre plus grand bonheur…

    By: Museum of Photographic Arts

    15 – Les langues d’Amérique du nord…

    Filant vers le nord, ses étendues rocheuses et ses plaines, nous nous familiariserons  avec de nouveaux ensembles culturels qui enrichiront notre regard de leur sagesse et de leur sens de vivre, par-delà les soubresauts des temps. De grands ensembles de langues auront tôt fait de témoigner des trésors de ces espaces ouverts au vent, à la lune et au soleil : famille na-dené, avec les langues athapascanes, le tlingit…, famille algique, avec les langues algonquiennes, abénaqui, arapaho, cheyenne, micmac, shawnee, cri, ojibwé… ou encore le yurok, famille siouane, lakota, crow … ou encore famille iroquoienne, huron, cherokee, tuscarora…   Nous entrerons dans l’inipi, et là dans le bien-être de la sudation, nous partagerons la vision de ces espaces sans frontière tandis qu’un avertissement émanant de la sagesse amérindienne résonnera longtemps dans nos mémoires :

    Lorsque le dernier arbre aura été abattu, le dernier fleuve pollué, le dernier poisson capturé, vous vous rendrez compte que l’argent ne se mange pas… 

    By: Internet Archive Book Images

    16 – Les langues eskimo-aléoutes…

    Nous arriverons alors aux Pôles, à la rencontre des familles eskimo-aléoutes. En ces heures de bouleversement climatique qui affecte leur environnement, nous nous demanderons comment une meilleure connaissance de leurs cultures et de leurs langues (aléoute, inuktitut, yupik…) pourrait aider à préserver leurs valeurs et à ouvrir à l’idée d’un attachement plus large à la conscience de l’humanité. Deux femmes inuit se feront face pour nous offrir toute la beauté riante d’un kattajaq !

    By: Davide Santicola

    17 – – Les langues scandinaves…

    Glissant sur l’étendue du Groenland, nous y trouverons la trace des peuples scandinaves et nous nous laisserons aller à imaginer les populations qui les colportèrent jadis. Suédois, norvégien, danois, islandais… nous attireront dans leurs filets linguistiques indo-européens, sur le versant germanique. Avec la lecture des Eddas scandinaves, ce ne sera pas seulement l’éclairage d’une récente trilogie qui s’en trouvera facilitée, mais la continuité d’un patrimoine forgé par des peuples qui rayonnèrent bien loin de leur base. Qui mieux alors que les runes, et tout particulièrement cette pierre de Jelling, considérée comme l’acte de fondation du Danemark, pourra en témoigner !

    « Le roi Harald fit faire »
    « Ces stèles pour Gorm son père  »
    « et, ce pour Thyra sa mère »

    By: Jean-Pierre Dalbéra

    18 – Les langues finno-ougriennes…

    Après une escale sur les terres samis, en compagnie des élevages de rennes et du chant dit joik, nous ferons un crochet par l’ensemble finno-ougrien auquel est également rattaché le hongrois, lui-même inclus dans l’espace ouralien qui comprend en outre les langues samoyèdes. Occasion également de faire une petite différenciation balte entre l’estonien, membre de cette famille, et ses voisins lituanien et letton, appartenant quant à eux aux langues indo-européennes. Quant au finnois, nous nous rappellerons au travail acharné d’Elias Lönnrot, et de sa fascinante collecte du Kalevala.

    Voici que dans mon âme s’éveille un désir, que dans mon cerveau surgit une pensée : je veux chanter ; je veux moduler des paroles, entonner un chant national, un chant de famille (…) Ô frère bien aimé, compagnon de mon enfance, viens, maintenant, chanter avec moi, maintenant que nous voilà réunis… 

    By: OliBac

    19 – Les langues slaves…

    Empruntant le couloir carélien, nous entrerons dans les espaces slaves. Le terme Rus lui-même ne désignait-il pas les Vikings installés en Russie ? Moment rêvé pour faire le lien et nous éveiller, des Balkans à l’Oural, de Moscou à Sofia, entre écriture cyrillique et alphabet latin, à des cultures que les langues reflètent à merveille : russe, biélorusse, ukrainien, polonais, sorabe, tchèque, slovaque, serbe, croate, slovène, bosnien, bulgare… Là dans l’atmosphère d’une cabane sylvicole, on nous avisera des esprits de la forêt comme ceux de la maison. L’évocation d’un domovoï nous aidera à comprendre qu’il faut se les concilier…

    By: Blok 70

    20 – Les langues germaniques…

    La Russie ouvrira ainsi définitivement les portes de l’Europe où des groupes linguistiques successifs, continueront à nous conter l’extraordinaire famille que constituent les langues indo-européennes. Après la branche scandinave, nous élargirons notre regard sur le groupe germanique, non seulement avec l’allemand, l’anglais, le néerlandais, mais aussi le saxon, le frison, le flamand, ou encore l’afrikaans parlé bien loin de là. Des ensembles littéraires majestueux leur emboîteront le pas, dans lesquels il sera possible de puiser indéfiniment !

    Je me sens toujours heureux, savez vous pourquoi ? Parce que je n’attends rien de personne. Les attentes font toujours mal, la vie est courte. Aimez votre vie, soyez heureux, gardez le sourire et souvenez vous : Avant de parler, écoutez. Avant d’écrire, réfléchissez. Avant de prier, pardonnez. Avant de blesser, considérez l’autre.  Avant de détester, aimez et avant de mourir, Vivez !  – Shakespeare

    By: Alejandro

    21 – Les langues romanes…

    À leur tour les langues romanes se feront complices de notre voyage dans la grande diversité de leurs groupes, espagnol, portugais, catalan, occitan, italien, roumain, rhéto-roman, français … Bien des langues y appelleront notre observation : mirandais, frioulan, ladin, romanche, lombard, provençal, moldave, aroumain… histoire de nous rappeler à l’étendue d’une diffusion dont le latin populaire fut le héraut sans pareil. Occasion également de nous arrêter sur l’incroyable destin de l’écriture latine qui a gagné la planète se plaçant au service d’innombrables langues appartenant à toutes les familles linguistiques.

    By: Steve Snodgrass

    22 – Les langues celtiques…

    Et voici que les langues celtiques, breton, gallois, cornique, irlandais, écossais, mannois… sortiront du grand chaudron du Dagda, qui garantit à tous de ne pas vieillir, et de surmonter les épreuves.

    23 – Les langues albanaise et grecques…

    Mais la famille indo-européenne n’en sera pas elle-même épuisée pour autant, car bientôt se révèleront les branches albanaise et  grecque. Sur ces terres, bien de nouveaux élans nous porteront à comprendre combien la langue y a joué un rôle moteur. En Grèce, nous nous laisserons porter par une avalanche de repères livrés aux civilisations, alors qu’une écriture, une fois encore, donnera sa puissance en ce lieu où l’on commença à noter les voyelles.

    By: esyckr

    24 – Les langues basque et méditerranéennes…

    Après une escale au pays basque et en sa langue inclassable, euskara, diversement apparentée selon les uns aux Imazighen (Berbères), selon d’autres au Caucase, nous voguerons à présent sur la Méditerranée, bercés par le flot des langues maltaise, corse, sicilienne, sarde… Et voici l’instant où nous mettrons le pied sur le vaste continent africain, celui de nos origines communes, en ce berceau premier à l’aventure humaine. Juste retour aux sources, aux sources de nos migrations, fervent hommage à la diversité du genre humain renvoyant à la pluralité linguistique de ce continent et à l’oubli auquel sa négligence prolongée pourrait nous condamner.

    By: Guillaume Lecoquierre

    25 – Les langues berbères…

    Partageant la beauté des espaces linguistiques berbères, ouvrant notre vision à l’écriture tifinagh, nous serons tout particulièrement attentifs à la place que prennent ces langues dans le dispositif de territoires complexes où d’autres vecteurs se sont affirmés en interrogeant la pratique, la reconnaissance… Tamazight, kabyle, tachelhit, chaoui, tamacheq, tarifit et bien d’autres viendront dans une grande assemblée proclamer la force de peuples dignes et justement fiers de leur ascendance et de leur destin.

    By: hdptcar

    26 – Les langues nigéro-congolaises…

    L’Afrique n’aura donc pas tardé à nous avaler dans son tourbillon de rythmes et de couleurs, de danses et de saveurs. Un immense ensemble linguistique s’imposera alors, celui des langues nigéro-congolaises fortes de leurs groupes mandé, voltaïque, kwa, adamawa-oubanguien, ouest-atlantique… Explosion de cultures, et de rites, de musique, et de mythes… Multiplicité des grandes aventures civilisationnelles avec les Wolofs, les Peuls, les Bambaras, les Akan, les Mossi, les Igbos… Ici en langue ewe, nous apprendrons que les prénoms indiquent subtilement non seulement s’il s’agit d’une fille ou d’un garçon, mais quel est notre titre, ou encore quel jour de la semaine nous sommes nés. Et là chez les Sérères, des griots nous aideront à prendre conscience du prestigieux pouvoir des traditions orales ! Tout au long de nos chemins, un flot permanent des cultures les plus diverses nous inondera de sa modernité ! Aimé Césaire nous confiera au passage que « l’homme de culture doit être un inventeur d’âmes ».

    By: South African Tourism

    27 – Les langues bantoues…

    Les langues bantoues (parfois reliées aux langues nigéro-congolaises) se détacheront à leur tour alors que nous nous envolerons vers de nouveaux espaces enrichis d’une mosaïque d’identités et de savoirs. D’une zone à l’autre, entraînant notre  découverte, les mondes zoulou, xhosa, sotho, ndebele, tswana, umbundu, lingala, kikongo, chichewa, swahili, kikuyu, luganda… joueront de leurs apports respectifs.  On nous soufflera à l’oreille qu’à l’occasion d’une vaste enquête internationale, un mot tshiluba fut reconnu comme le plus difficile à traduire au monde : ilunga, ou comment accepter une offense, peut-être même deux, mais pas la troisième !

    Par-delà toutes ces évocations, un éclat de rire cristallin traversera l’immensité africaine,  renvoyant à tant et tant d’histoires, où les enfants de Nommo au pays dogon, et ceux de la sage parole d’Ifa au pays yoruba, où les pierres de Békora au pays bété de Frédéric Bruly Bouabré, et l’histoire bamoun des enfants de Njoya, s’associeront par la magie d’une constante vitalité et de son perpétuel renouveau. Une devise en langue sango nous confiera, zo kwe zo : « tout homme en vaut un autre. »

    By: Benjamin Hollis

    28 – Les langues khoïsanes…

    Sur les terres du Sud, une dernière halte nous aura introduits dans l’aire des langues khoïsanes, kūn, juǀʼhoan, sandawe… et de leurs étonnants clics… nous rappelant au passage que ces populations furent il y a longtemps les premières à occuper ce sol, clamant toute la justice et l’écoute qu’on leur doit. Les San ne sont-ils pas « ceux qui suivent l’éclair » !

    By: Mark Knobil

    29 – Les langues nilo-sahariennes, kordofaniennes, afro-asiatiques (africaines)…

    Cette traversée africaine se conclura par une remontée vers le nord, enchaînant quelques dernières familles linguistiques, nilo-sahariennes, qu’elles soient songhaï ou soudaniques, dinka, nuer… ou encore kordofaniennes (rattachées pour certains à la famille nigéro-congolaise), lafofa, koalib… Amorcé par les langues berbères, un grand ensemble dit afro-asiatique (ou encore chamito-sémitique) s’y nourrira – entre autres – de noms qui nous rappelleront à l’antique récit de Noé, et de sa descendance : Cham, Sem ou Koush. Ainsi des langues couchitiques, afar, somali, oromo… sémitiques, amharique, tigrigna (ou tigrinya), tigré… mais aussi omotiques, gimira, gamo… tchadiques, haoussa, mandara…, enfin égyptiennes, avec la présence du copte.

    By: Lazhar Neftien

    30 – Les langues sémitiques…

    Nous traverserons la Mer rouge au contact d’autres langues sémitiques, alors que des mondes anciens se réveilleront qu’ils soient de Babylone, de Phénicie, d’Ougarit, d’Akkad… Les stèles d’Hammourabi y surgiront dressées dans tout l’apparat de leurs lois, pendant que des fouilles seront entreprises à Ninive pour en extraire des milliers de tablettes. Bientôt s’y déploieront les langues araméenne et hébreu, ainsi que le berceau de la langue arabe et de ses variations dialectales…, mais aussi de fascinants mondes d’écriture et de calligraphie, peuplant notre regard de leur étonnante contribution à l’aventure des civilisations et de leur spiritualité.

    By: grego1402

    31 – Les langues caucasiennes et arménienne…

    Retrouvant la famille turque du début de notre voyage au sein de laquelle il faudra également compter azéri, gagaouze…, nous arpenterons le sol turc et son passé ottoman, au son du ney et du oud, et dans le fascinant tournoiement des derviches. Puis nous partirons vers l’est à la rencontre de la famille caucasienne où le géorgien se manifestera, entouré des langues abkhaze, ingouche, tchétchène, avar… En ces espaces partagés, sur les antiques terres ourartéennes devenues celles d’Arménie, et de sa langue indo-européenne, l’esprit de Mesrop Machtots planera sur nos pas, lui qui fut père de l’écriture.

    By: Hamed Saber

    32 – Les langues iraniennes…

    C’est alors non loin de là, dans les espaces iraniens, que s’achèvera notre voyage avec l’évocation finale de ce vaste groupe des langues indo-européennes. Outre la langue persane, riche de sa littérature et de son apport civilisationnel, nous rejoindrons les terres d’Asie centrale à la rencontre du kurde, du pashto (ou pachtoune), du dari, du tadjik, de l’hazara… Une poésie du grand Rumî y emplira le chemin de notre âme…

    Je ne suis pas moi-même, tu n’es pas toi, tu n’es pas moi ;
    Et cependant, je suis moi, tu es toi et tu es moi.
    L’état où tu m’as mis est tel, ô idole de Khotan,
    Que je ne sais si je suis toi, ou si tu es moi.

    33 – La génération aux 7000 langues…

    …Alors un ultime vertige nous surprendra à nous sentir désormais bien plus que des voyageurs, peut-être parce que nous aurons alors compris que nous sommes tout à la fois des sentinelles, mais aussi des acteurs engagés, enfants d’une génération dont la mission ne consistera plus seulement à sauvegarder nos 7000 langues, mais à les faire vivre, et à les partager par tous les moyens de cœur et d’esprit.


  • Ekeko et les miniatures

    Bien avant l’arrivée des Conquistadores, et même celle des Incas, existait sur l’Altiplano un homme de grande bonté qui se nommait Iqiqu. Petit et humble, il n’en dispensait pas moins une intarissable abondance de bienfaits à quiconque venait à le croiser. Il facilitait la rencontre des amoureux, donnait les conseils les plus avisés, et sa présence en un lieu suffisait à rendre chacun heureux. C’est pourquoi la grâce divine lui accorda des pouvoirs plus grands encore, comme celui de contrôler les rivières, les roches et les montagnes. Nul doute qu’il en disposerait avec modération et justice. Hélas, en cette même époque, le mauvais Awqa fit irruption dans la région, accompagné de son armée et de son lot de désolation. Il ne tarda pas à s’apercevoir qu’un vent de bonté soufflait en ces lieux et mit toute sa rage à le détruire. Il s’acharna sur ceux qui vouaient une estime à Iqiqu et celui-ci fut bientôt obligé de se cacher. Jusqu’au jour où il fut surpris auprès d’agriculteurs qui tentaient de constituer un système d’entraide. Au lieu de s’enfuir, Iqiqu décida de se rendre. Alors Awqa put libérer sa rancœur et sa haine et fit tout son possible pour effacer toute trace de ce protecteur. Après l’avoir écartelé et démembré, il fit enterrer les parties de son corps dans les endroits les plus reculés afin que jamais ils ne puissent à nouveau se réunir. Mais certains assurent que ce moment un jour viendra. Alors les peuples indigènes de l’Altiplano retrouveront leur liberté. Pour lui rendre hommage, un petit personnage nommé Ekeko symbolise depuis lors ce souvenir de l’abondance. Au Pérou, mais aussi en Bolivie, il se voit paré de toutes choses en miniature dans l’espoir que les demandes les plus sincères soient exaucées, en grandeur réelle. En Bolivie, le 24 janvier, des objets divers nommés alasitas (« achète-moi ») représentant tout ce que l’on peut souhaiter (véhicules, maisons, magasins, fortune…) sont mis en vente afin de perpétuer cette croyance, confiants dans le fait que leur possession en miniature est un sérieux préalable à leur prochaine obtention.


  • #tribunal

    Présentations et argumentations contradictoires / Systèmes juridiques ou moraux / Différends / Intention de rendre justice / #Tribunal.


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  • #onu

    En 1945 – Organisation des Nations unies (#ONU) / Siège à New-York / 6 lgs officielles / Conseil de Sécurité – Cour Intern. de justice…


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  • #maât

    #Maât symbolise la justice représentée par une plume d’autruche / Figure sur un plateau de la balance tandis qu’on pèse le cœur du défunt.


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  • violence 

    Comportement excessif faisant appel à une force physique ou psychologique dirigée à l’encontre d’autrui ou de soi-même et suivi d’effets provisoires ou durables (blessures, incapacités, maltraitance…) – Elle peut être préméditée et régulière ou au contraire soudaine, occasionnelle que ce soit dans un cadre politique, militaire, juridique… ou dans un contexte interpersonnel, affectif, passionnel… – Le recours à la violence est fréquemment marqué par une forme d’aveuglement, de brutalité et d’injustice qui masque mal son incapacité à emprunter d’autres voies plus responsables et respectueuses traduisant toute sa faiblesse et appelant à sa condamnation.

    Une indéfinition n'est jamais définitive - Vous pouvez la modifier ou la compléter selon vos propres pratiques, opinions, savoirs, cultures, histoire.


  • tribunal 

    Lieu dans lequel des personnes habilitées ou requises se rassemblent autour de présentations et d’argumentations contradictoires, en vertu de systèmes juridiques ou moraux donnés, en vue de trancher des différends entre individus et/ou entités physiques ou morales dans l’intention de rendre justice.

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  • mondialisation 

    Loin de se restreindre à sa dernière accélération à vocation principalement économique et financière, la mondialisation est avant tout un phénomène panhistorique amorcé il y a des dizaines de milliers d’années avec les mouvements de population ◊ À sa nature migratoire dont les peuplements sont issus, est venu se greffer un mouvement complexe, militaire, religieux, économique, qui en quelques milliers d’années et plus particulièrement durant les cinq cents dernières, a multiplié les contacts entre les groupes et les individus (plus ou moins heureux – souvent moins hélas) ◊ Le monde contemporain à travers ses techniques de communication, et ses motifs de déplacement, a apporté une dernière ampleur au phénomène ◊ L’économie de marché enfin a trouvé là un terreau idéal à ses désirs d’expansion et de conquête, source de développements certains et … de nouvelles injustices ◊ La mondialisation requiert aujourd’hui de toute urgence une évolution de nos visions du monde à travers l’ensemble de nos repères (culturels, sociaux, cognitifs, historiques, etc.) et leur valeur d’engagement.

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  • handiphobie 

    Manière de penser ou d’agir qui consiste – selon les cas – à avoir peur d’être soi-même handicapé/e, d’avoir des enfants présentant un handicap, à rejeter socialement ou professionnellement des personnes en situation de handicap, voire à leur nuire – Peut culturellement s’appuyer sur des croyances et superstitions fondées sur le caractère jugé négatif du handicap, donnant lieu à toutes sortes de violences psychologiques ou physiques – Diversement appréhendé par les systèmes (justice, morale…) en matière de prévention voire de répression eu égard à la nature et/ou la gravité des actes qui peuvent être commis.

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  • économie 

    Organisation des échanges (à dimension locale, nationale ou internationale) permettant d’assurer la production, la distribution et la consommation des biens et services, au regard des diverses obligations que cela engage, sociales, morales, politiques, tant dans ses formes de mise en œuvre que dans ses conséquences. La recherche et la défense de l’équité du système mis en place peuvent alors apparaître comme une simple hypothèse idéaliste, susceptible d’être contredite, par ex. par les appétits singuliers, ou comme un devoir de justice et de conduite, supposant un encadrement, une participation et une organisation appropriés.

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  • 28

    Sur les terres du Sud, une dernière halte nous aura introduits dans l’aire des langues khoïsanes, kūn, juǀʼhoan, sandawe… et de leurs étonnants clics… nous rappelant au passage que ces populations furent il y a longtemps les premières à occuper ce sol, clamant toute la justice et l’écoute qu’on leur doit. Les San ne sont-ils pas « ceux qui suivent l’éclair » !