Deux Corées, une écriture, la paix…

Deux enfants.
Deux enfants ayant grandi de part et d’autre du 38e parallèle.

Deux enfants dont le cadre politique,
économique, éducatif,
Diffère en bien des points.

Pourtant, alors qu’une feuille blanche est posée devant eux,
Et qu’ils ont plaisir à y tracer un mot,
C’est la même écriture qu’ils mobilisent
L’un et l’autre.

Ils viennent d’écrire le mot « paix » :
Pyeonghwa 평화 en coréen.

En vérité, aussi différents soient leurs univers,
Ils ont tous deux hérité d’un même patrimoine scriptural,
Celui d’une écriture mise au point au 15e siècle
Succédant à l’usage du chinois.
Et même si son nom diffère de part et d’autre,
Au sud hangeul (ou hangul) 한글
Au nord joseongeul (ou chosŏn’gŭl) 조선글,
Ce sont bien les mêmes signes qui s’y animent.

Voici soudain que leur rencontre,
S’élance dans toutes les directions.
Voici qu’elle invite les enfants du monde
À s’associer à leur geste,
À écrire le mot « paix » en coréen.

Chacun, chacune devenant ainsi ambassadeur des cultures coréennes
Qui ne sauraient se réduire
Et encore moins se conclure
Dans la déflagration la plus insensée qui puisse être.

Moment de rappeler qu’on fête cette écriture dans le sud en ce 9 octobre !
Moment de rappeler qu’on la fête dans le nord le 15 janvier !
Rendez-vous pris.
Deux dates donc pour découvrir
Comment un ancien roi nommé Sejong
Envoya aux générations futures
Un message de la plus haute importance qui soit,
Pointant l’effort que requièrent les plus grands défis sur terre,
À commencer par celui de la concorde et de la Paix…

평화,
和平,
ειρήνη,
שלום,
მშვიდობა,
سلام,
խաղաղություն,
शांति,
สันติภาพ,
hòa bình,
ᏙᎯᏱ,
ᓴᐃᒻᒪᓯᒪᓂᖅ…


Django parmi les Roms…

Génie de l’artiste
Qui mit en orbite
Le jazz manouche

Django Reinhardt
L’homme aux doigts de fée
Dont ceux de la main gauche
Furent pourtant brûlés dans son enfance…

Mais alors que son existence (1910-1953)
Nous emmène dans les heures ténébreuses
De la Seconde Guerre Mondiale
Un abîme parfois oublié
Refait surface

Qu’on le nomme
« Holocauste tsigane »
Porajmos, « dévoration »
Ou encore Samudaripen, « Tuez-les tous »
Il nous entraîne dans ces tourbillons infâmes
Où périrent des centaines de milliers de personnes

De Roumanie, de France,
De Croatie, de Hongrie, d’URSS
D’Autriche, d’Estonie…
Entendons-nous leurs cris ?

Alors quand au son de la guitare magique
La danse nous prend
Quand le rythme nous vient
Ne perdons pas pour autant la mémoire
Qui est le seul véritable rempart
Contre de tels renouvellements…

 

Etienne Comar réalise Django, un film sorti en 2017 avec Reda Kateb, Cécile de France, Bea Palya… s’articulant autour du départ de Django Reinhardt de Paris en 1943 et de sa présence ainsi que de ses proches à Thonon-les-Bains dans l’espoir de passer en Suisse…


Les Yezidis et l’ange-paon…

Yézidisme
Une religion des plus antiques
Forte de près de 7000 ans

Une communauté apparentée aux Kurdes
Parlant le kurmandji
Croyant en un dieu unique,
Servi par les sept anges
Dirigés par l’ange-paon, Malek Taous

Présents dans le Caucase, le Kurdistan…

Lalish, leur lieu saint,
Dans la plaine de l’antique Ninive
Sur les terres de l’Irak d’aujourd’hui

Les Yézidis
Qualifiés de diaboliques, de mécréants
En butte à l’incompréhension
À la haine et à la destruction

Les Yézidis, brisés, meurtris
Et renaissant perpétuellement de leurs cendres…

LE CAUCHEMAR DES YÉZIDIES

Elles ont été battues, violées. On les a privées de leurs parents, de leurs enfants. Leurs maris ont été exécutés sous leurs yeux. Même lorsqu’elles ont pu échapper à leurs bourreaux, le cauchemar des femmes yézidies, enlevées et réduites à l’esclavage sexuel par les combattants de Daesh, ne s’arrête pas à leur libération. Dans le camp de Chamisku, à la frontière turque, elles trouvent auprès des équipes de Médecins du Monde un soutien primordial. Une chance de tenter de se reconstruire alors que la douleur des persécutions, de la perte et de l’humiliation continue de les harceler.

Amener les femmes qui ont été victimes de Daesh à s’exprimer, à raconter leur calvaire est un véritable défi. Défi que relève quotidiennement Hairan, elle-même yézidie, psychologue pour Médecins du Monde à Chamisku. Avec sa famille, la jeune femme a fui le district de Sinjar en 2014 pour échapper aux massacres et aux enlèvements. Elle a choisi de rester dans le camp où, étant également déplacée dans son propre pays et forte d’une culture commune avec ses patientes, elle organise des séances de thérapie de groupe ou individuelles et des activités psychosociales. Ainsi les femmes qui portent en elles de profondes blessures psychologies trouvent-elles dans l’écoute attentive et des ateliers thérapeutiques une voie pour atténuer l’angoisse, les troubles du sommeil ou la dépression.

LE TEMPS NE POURRA RIEN Y FAIRE

Haifa a été enlevée en 2013. Elle a passé plus de deux ans aux mains de Daesh. « J’ai été détenue successivement par huit à dix combattants, tous Lybiens. Ce fut un véritable cauchemar. Pendant un an, j’ai passé mes journées seule, enfermée dans le noir. J’ai été maltraitée, battue et violée. La vie n’existait plus, tout était noir, mort, sans vie. Quand je me réveillais, j’avais envie de pleurer ; quand je me couchais, j’avais envie de pleurer. Je comptais les jours, les minutes me paraissaient des heures et les jours des années. Daesh nous isole et nous persécute. On n’est plus un être humain sous leur commandement, j’étais comme une esclave. »

Pendant une courte période, Haifa est enfermée avec une autre femme et son enfant. Pouvoir communiquer avec quelqu’un d’autre lui fait du bien. Mais le soulagement est de courte durée. « J’ai été déplacée de ville en ville. Les combattants de Daesh effectuent cette opération de déplacement la nuit, et je ne savais jamais où j’étais. Un jour j’ai supplié mon « propriétaire », celui qui me détenait, de me vendre et de contacter ma famille pour qu’elle me rachète. Il a diffusé des photos à mes proches pour me mettre en vente : ma famille les a reçues et a payé. »

Quand elle rejoint le camp de Chamisku, le cousin de Haifa qui a acheté sa libération lui conseille de se rendre au centre de Médecins du Monde. « J’ai été auscultée, reçue par un médecin lors d’une consultation. Ce dernier m’a dit d’aller voir Hairan, la psychologue. Elle m’a soulagée en me laissant parler, m’a donné des conseils pour mieux dormir, être moins angoissée. Cela m’a fait énormément de bien de me confier mais je ne lui ai pas tout dit, j’ai encore plein de choses à exprimer sur les traumatismes que j’ai vécus. Je n’oublierai jamais ce que qu’ils m’ont fait subir. C’est impossible à effacer de sa mémoire. Le temps ne pourra rien y faire. »

Impossible pour Haifa d’envisager l’avenir. Elle est trop fatiguée, tant physiquement que mentalement. « Ma tête et mon corps sont épuisés. Mon esprit est encore sous l’emprise de Daesh. La seule chose qui pourrait me redonner espoir est de retrouver ma mère et mes quatre frères. Seuls eux comptaient pour moi dans ma vie et maintenant je n’ai plus rien. »

ILS SONT DANS MA TÊTE

Ce cauchemar que raconte Haifa, Riyan, 33 ans, l’a vécu également. Pendant un an, sa famille et elle ont été prisonnières de véritables monstres, réduites à un quotidien de barbarie, d’humiliations, de faim et de peur. « J’ai été capturée à Sinjar il y a un an, avec mon mari et mes cinq enfants. 18 autres femmes ont été emmenées avec nous de force. Ils nous ont conduits à Baddush, un autre village, où nous sommes restés 15 jours. Certains des prisonniers y ont été exécutés sous nos yeux. »

Les survivants sont ensuite conduits à Tal-Afar, à l’ouest de Mossoul, où ils passeront 6 mois dans le  hall où l’on célèbre les mariages. Certaines des femmes sont alors mariées de force. « Ma fille de 9 ans, mon fils de 11 ans et mon mari ont été pris et emmenés en Syrie. Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus, s’ils sont encore en vie. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils ont pris mes enfants. Après ils nous ont déplacés à Mossoul, puis Raqqa et Der eizzor, en Syrie. Nous vivions comme des esclaves. On n‘avait ni à manger ni à boire : il m’arrivait d’avoir de l’eau seulement 3 à 4 fois pendant deux semaines. J’ai même dû nourrir au sein mon enfant de 4 ans pour qu’il survive. Nous étions battus avec des bouts de bois, sans aucune raison précise la plupart du temps. Nous avons vécu un véritable cauchemar et vu des choses terribles : des gens exécutés, des femmes violées et des enfants assassinés. On ne savait jamais ce qui allait se passer, si nous allions changer de ville ou si nous allions être tués. »

PUBLIÉ LE 8 MARS 2017 - Aurélie Defretin et Thomas Flamerion

Lien : http://bit.ly/2lER0UQ


Repensons le plastique…

Une aventure au fil des siècles
Clamant le génie de l’humanité
D’invention en invention
Les techniques s’y affinent
Histoire du plastique

Découverte du caoutchouc, de la vulcanisation
Apparition du mot polymère (1866)
Mise au point du celluloïd (1856/1870) puis de la cellophane (1908)
Après un siècle de perfectionnement, fabrication industrielle du polychlorure de vinyle – PVC (1931)
Apparition des polyamides en 1935 : le nylon !
Découverte du polycarbonate en 1953…

Depuis 1950
Production de 8,3 milliards de tonnes de plastiques
Et la belle aventure a viré au cauchemar
L’invention géniale s’est disséminée
9 % ont été recyclés,
12 % incinérés
Et 79 % ont été accumulés dans des décharges ou dans la nature

Surexploitation des combustibles fossiles
Additifs toxiques
Substances chimiques
Perturbateurs endocriniens
Matières non biodégradables
Menace majeure pour nos océans

– STOP –
Dans nos actes
Dans nos comportements
Dans nos pensées
Repensons le plastique…

Pour lutter contre la pollution, le Kenya bannit les sacs en plastique

Dans le but de lutter contre la pollution, le Kenya interdit, depuis lundi 28 août, l’utilisation, la fabrication et l’importation de sacs en plastique. L’interdiction, qui vise principalement les sacs distribués par les commerçants et ne concerne ni les biens emballés dans du plastique, ni les sacs spécifiques utilisés pour les ordures, est entrée en vigueur après le rejet par la Haute Cour, vendredi, d’une plainte des importateurs de sacs en plastique, qui arguaient d’une importante perte d’emplois.
Des dizaines d’autres pays ont déjà interdit ou limité l’usage des sacs en plastique, comme le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Côte d’Ivoire… Mais la loi kényane semble particulièrement dure pour les délits les plus graves, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 32 000 euros et des peines de prison de quatre ans maximum.
Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les supermarchés kényans distribuent jusqu’à 100 millions de sacs en plastique par an. Le directeur du PNUE, Erik Solheim, a dès lors qualifié l’interdiction d’« étape gigantesque » en vue de mettre un terme à la pollution provoquée par le plastique dans un pays où ces sacs jonchent souvent les bas-côtés, se retrouvent régulièrement bloqués dans les branches des arbres, obstruent certaines voies d’égout, sont parfois ingérés par le bétail et se retrouvent dans les cours d’eau et l’océan Indien.
Sacs écologiques
L’interdiction avait été annoncée six mois plus tôt afin de laisser aux consommateurs et commerçants le temps de s’adapter à la législation à venir. L’Agence kényane de gestion de l’environnement (NEMA) avait à cet effet publié des annonces dans les principaux journaux afin de l’expliciter.
Malgré cela, l’entrée en vigueur a perturbé les opérations de certains supermarchés. De longues files se sont formées aux caisses et de nombreux clients ont été obligés d’emporter leurs courses dans les bras ou dans des caisses en carton, en l’absence des sacs en plastique. L’Association des commerçants au détail du Kenya a indiqué que les supermarchés prévoient de commercialiser d’ici peu des sacs écologiques et réutilisables à prix modique.
Le Kenya avait déjà tenté deux fois pendant la décennie écoulée d’interdire les sacs en plastique, en vain. Mais la mesure semble cette fois bénéficier d’un large soutien, tant le problème de la pollution au plastique est devenu visible. Quelques Kényans se sont toutefois plaints sur les réseaux sociaux, affirmant que des policiers arrêtent certaines voitures dans le centre de Nairobi pour vérifier qu’aucun sac en plastique ne s’y trouve et, le cas échéant, demander un pot-de-vin.

Le Monde.fr avec AFP Le 28.08.2017 à 17h18

Lien : http://lemde.fr/2wW1F1K