Mongolie : le temps des nomades est-il révolu ?

Mongolie
Le temps des nomades
Qui vont et viennent dans la steppe

Le temps de monter le ger
Selon des règles et dispositions immuables

Le temps de partager les rites, les fêtes et les contes
Naadam, Tsagaan Sar…

Mongolie
Lorsque le nomadisme côtoie la sédentarité
Lorsque le dzud les y condamne
Lorsque la Cité d’Oulan Bator les y avale en sa périphérie
Lorsqu’on y rêve d’éducation et de mieux gagner sa vie
Sur les pas d’Olzod et Purevsuren…

Mongolie : le rêve brisé des nomades aux portes d'Oulan-Bator

Elle est née dans les steppes qui s’étendent à perte de vue sous le soleil mongol. Aujourd’hui, Olzod a pour vis-à-vis un bidonville embrumé par la pollution, où s’entassent des centaines de milliers de nomades venus comme elle chercher une vie meilleure à Oulan-Bator.

Dans les collines qui entourent la capitale mongole, les gratte-ciel cèdent la place à des quartiers de yourtes, les tentes circulaires traditionnelles, sans eau courante ni système d’évacuation.

Olzod, une couturière de 35 ans, vit là depuis une quinzaine d’années.

« C’est très dur, mais la vie à la campagne l’est encore plus », dit-elle, couchée dans la yourte qu’elle partage avec ses trois enfants.

La rigueur de l’hiver pousse chaque année de nouveaux nomades vers la ville. L’hiver dernier, une vague de froid particulièrement vif doublée d’un épisode de sécheresse, a tué plus de 40.000 têtes de bétail.

Avec le changement climatique, les experts estiment que la fréquence de ce phénomène, appelé « dzud », ne cessera d’augmenter.

Aujourd’hui, près de la moitié de la population de Mongolie, soit 1,5 million d’habitants, vit à Oulan-Bator, dont la majorité dans ces bidonvilles qui ont grossi en périphérie. Des quartiers reliés par des chemins boueux, sans électricité, où s’alignent tentes et bicoques misérables.

La croissance rapide de ces zones a conduit en début d’année le maire de la ville à limiter les arrivées de migrants et à bloquer l’expansion du réseau d’électricité.

Le nouveau président Khaltmaa Battulga, un homme d’affaires populiste qui a remporté les élections au début du mois, a promis d’éradiquer la pauvreté dans ces taudis, où lui-même a grandi. En héritant d’un prêt de 4,8 milliards d’euros sous l’égide du Fonds monétaire international (FMI), il a juré de faire redécoller l’économie.

Selon la Banque mondiale, au moins 60% des habitants des bidonvilles sont au chômage.

– Un repas par jour –

Chez Olzod, un four à charbon trône au milieu de la tente afin de résister à l’hiver, lorsque la température tombe sous les -40°C; la toile de tente est doublée de vêtements colorés, offrant une couche d’isolation dérisoire avec l’extérieur.

A Oulan-Bator, « on croyait obtenir une bonne éducation », raconte Olzod, qui est venue avec sa soeur dans la capitale. Mais leur activité de couturière était insuffisante pour payer les frais de scolarité.

Aujourd’hui, son revenu principal vient de la vente de robes traditionnelles qu’elle coud à la main. Des robes qui se portent durant les deux principales fêtes nationales: le Nouvel an lunaire en hiver et le Naadam en été.

Avec le Nouvel an, Olzod a gagné 4 millions de tugriks (environ 1.500 euros). En comptant l’allocation mensuelle du gouvernement pour les enfants, Olzod a tout juste assez pour tenir jusqu’au Naadam.

« Tout ce que je veux, c’est une nouvelle machine à coudre », dit-elle. Dans cette famille qui ne peut se permettre qu’un repas par jour, le bonheur d’Olzod est que ses deux filles adolescentes et son fils de 10 ans puissent aller à l’école — un trajet de trois kilomètres qu’ils parcourent à pied.

– Chassée par l’hiver –

Chassée de la steppe par le « dzud », Shagdur Purevsuren, une laitière de 57 ans, est arrivée à Oulan-Bator il y a 17 ans. Endettée par l’achat de trois vaches, elle utilise sa retraite pour rembourser son crédit. La vente de ses produits est tout juste suffisante pour joindre les deux bouts, mais elle s’inquiète surtout pour sa fille au chômage et ses petits-enfants.

« Ma fille a fait beaucoup de petits boulots en ville », explique-t-elle, en remuant une crème onctueuse. « Ses patrons ne lui donnaient jamais l’argent qu’ils lui devaient. Parfois les enfants n’ont rien à manger, ils tombent malades », dit-elle.

Bien souvent, les nomades ne savent pas ce qui les attend dans la capitale, observe la directrice d’une branche de la Croix-Rouge américaine à Oulan-Bator, Damdinsurengiin Gerelmaa. « Ils ne sont pas au courant des risques ».

Malgré tout, Purevsuren, elle, a appris à aimer cet environnement bizarre où la steppe se fond dans la ville. C’est là qu’elle a rencontré son mari et que grandiront ses petits-enfants.

« De toute façon », dit-elle, « je suis trop vieille pour élever des animaux à la campagne ».

yan/lth/str/bar/cls/ple

AFP, publié le jeudi 20 juillet 2017 à 15h23

Lien : https://oran.ge/2ww6c8h


Zealandia : un autre continent ?

Un nouveau continent peut-il faire l’objet de recherches « sérieuses » ?
Et rejoindre ainsi le club fermé
De ceux que nous avons déjà reconnus ?

C’est une réponse positive
Que souhaitent apporter les membres d’une expédition
Partis à la reconnaissance de Zealandia
dans le Pacifique.

De quoi nous interroger sur notre idée même
D’un continent
Et au passage de leur nombre exact…

« Un navire de recherche appareille vendredi d’Australie pour explorer Zealandia, une gigantesque masse terrestre essentiellement immergée, que des scientifiques défendent bec et ongles comme un « nouveau continent »…

Un navire de recherche appareille vendredi d’Australie pour explorer Zealandia, une gigantesque masse terrestre essentiellement immergée, que des scientifiques défendent bec et ongles comme un « nouveau continent ».

Cette affirmation est loin de faire consensus, comme d’ailleurs le nombre de continents, et ce qui les définit.

Zealandia, qui s’est désolidarisé du supercontinent Gondwana il y a 75 millions d’années, couvre une superficie de 4,9 millions de kilomètres carrés, soit la moitié du Canada.

Près de 95% de cette surface est immergée, et ses deux principales terres émergées sont la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie.

Des chercheurs australiens, néo-calédoniens et néo-zélandais ont publié en février dans GSA Today, le journal de la Société américaine de géologie un article détaillant les raisons pour lesquelles Zealandia, dont l’existence est évoquée depuis au moins 1995, devrait être considéré comme un continent. Pour eux, Zealandia répond à quatre critères fondamentaux de la définition d’un continent.

Ils citent l’élévation de cette masse par rapport aux alentours, en expliquant que ses limites sont le point où les plaines abyssales rencontrent le talus continental, entre 2.500 et 4.000 mètres de profondeur. Le point culminant du continent serait le Mont Cook en Nouvelle-Zélande (3.754 m) Ils évoquent ensuite sa géologie propre, sa forme bien délimitée et la structure et l’épaisseur de sa croûte.

– « Vider les océans » –

Seuls 25 kilomètres séparent cette masse du continent australien dans la partie la plus étroite mais, relèvent les scientifiques, la dépression océanique y plonge à 3.600 mètres de profondeur.

Le Joides Resolution, un bateau de recherche scientifique utilisé pour les forages en mer quitte vendredi le port australien de Townsville, dans l’Etat du Queensland (nord-est), pour aller faire des prélèvement afin de mieux comprendre l’évolution géologique de la zone depuis des dizaines de millions d’années.

 

Les roches et sédiments prélevés seront étudiés à bord. Ils doivent faire progresser la connaissance de l’histoire océanographique de la zone ou encore de ses phénomènes climatiques et tectoniques.

Jerry Dickens, un des responsables scientifiques de l’expédition, a notamment pointé l’importance de la zone pour les études climatiques.

« A mesure que l’Australie a dérivé vers le Nord et que la mer de Tasmanie s’est agrandie, les schémas de circulation ont fluctué, de même que les profondeurs de l’eau autour de la Nouvelle-Zélande », a expliqué ce chercheur de l’Université du Texas. « Cette zone a eu une influence importante dans les changements globaux. »

Neville Exon, de l’Université nationale australienne, relève que l’expédition de deux mois éclairera aussi les changements tectoniques à l’oeuvre depuis la formation de la « Ceinture de feu du Pacifique », zone d’intense activité volcanique, il y a 53 millions d’années.

L’un des principaux contributeurs de l’étude publiée en février, Nick Mortimer, avait expliqué que des chercheurs rassemblaient depuis 20 ans des éléments défendant l’existence d’un continent. Mais leurs efforts ont été compliqués par le fait que Zealandia soit noyée sous les eaux.

« Si on pouvait vider les océans, les chaînes de montagne et cette énorme masse continentale sauteraient aux yeux de tous », avait dit M. Mortimer, qui avait dit espérer que Zealandia figure un jour sur « les cartes et dans les écoles ».

Mais avant même de savoir si on est en présence d’un nouveau continent, les avis divergent sur le nombre actuel, qui peut fluctuer selon les points de vue de quatre à sept. Les auteurs de l’étude affirment, eux, que Zealandia serait le septième en terme de taille, après l’Afrique, l’Eurasie, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Antarctique et le continent australien.

« L’intérêt scientifique de classer Zealandia comme un continent va bien au-delà du simple fait d’ajouter un nom sur une liste », écrivaient-ils.

« Qu’un continent puisse être ainsi immergé mais pas fragmenté est (utile) … à la compréhension de la cohésion et la destruction de la croûte continentale », concluaient les scientifiques.

mp/ddc/jac/ia

AFP, publié le vendredi 28 juillet 2017 à 12h31

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Zealandia: What secrets does the world's hidden eighth continent hold?

A team of scientists will today set sail from Australia on a two-month expedition to discover the secrets of the mysterious, largely submerged continent of Zealandia.

With increasingly detailed seafloor maps available, scientists are now wondering what secrets the lost eighth continent, which is about half the size of Australia, holds. As the drilling expedition gets underway, here is The Telegraph’s guide to the mostly “hidden” landmass.

What and where is Zealandia?

Zealandia is the world’s eighth and smallest continent – and the newest to be discovered.

It is located in the southern Pacific Ocean, including New Zealand, New Caledonia and two Australian islands, Lord Howe Island and Norfolk Island. The continent spans 1.9 million square miles but the bulk of it – 94 per cent – is under the Pacific Ocean. It is about two-thirds the size of Australia.

Who discovered it?

The continent has been gradually discovered by scientists over the past two decad

In 1995, American geophysicist Bruce Luyendyk used the name to describe New Zealand, the Chatham Rise, Campbell Plateau and Lord Howe Rise.

At that stage, it was believed to possess three of four attributes needed to qualify as a continent, including rock types which are found on continents rather than on the ocean crust and « the high elevation relative to regions floored by oceanic crust”.

Earlier this year, a team of scientists used fresh satellite and mapping data to argue that Zealandia was not a collection of “submerged continental fragments” but was a unified landmass and therefore should be assigned continent status.

They published their findings in a study titled « Zealandia: Earth’s Hidden Continent » in the journal of the Geological Society of America. Their views have been widely accepted.

How did Zealandia form?

The underwater section of Zealandia is believed to have detached from the continent of Australia and sank 60 to 85 million years ago.

In places off the coast of the Australian state of Queensland, the two continents are only fifteen miles apart. Its crust is relatively thin and ranges in thickness from six to 24 miles.

What is happening on the expedition?

Thirty scientists from the International Ocean Discovery Program (IODP) are setting out from Australia aboard a large drilling ship to drill into the seafloor to try to understand the history and structure of Zealandia.

The team of international scientists will drill about 1,000 to 2,600 feet into the seafloor at six sites in the Tasman Sea to collect sediment samples – containing fossil evidence – deposited over millions of years.

The aim is to examine tectonic plate shifts which occurred around 50 million years ago, when Australia and New Zealand stopped spreading apart and instead the area between them began to compress.

“We’re really looking at the best place in the world to understand how plate subduction initiates,” according to expedition co-chief scientist Gerald Dickens, professor of Earth, environmental and planetary science at Rice University in Texas.

“This expedition will answer a lot of lingering questions about Zealandia.”

What does the expedition hope to learn?

The sediment samples will help scientists to understand the history of Zealandia and the cause of the tectonic plate shifts which led to New Zealand and a volcano chain being lifted above the waterline as the Pacific Plate dived downwards some 50 million years ago.

The scientists will also examine ocean and climate patterns to try to understand the relationship between climate change and tectonic shifts.

The initial expedition will run from July 27 to September 26.

The Telegraph News, Jonathan Pearlman & Myles Burke,27 july 2017 2h53 PM

Lien : http://bit.ly/2uJlAxG