reportage

« J’aime Hemingway. J’aime sa façon de regarder, de voir. Il y a des gens comme ça qui sentent les choses. Jacqueline Baudrier par exemple. J’avais fait un reportage sur la corrida en Espagne. Et je pense que ce reportage était bien : on entendait les clarines, on entendait les « ôlé ! » … Quand on a passé le reportage, je suis sorti et les types de la technique m’ont applaudi. Les techniciens n’applaudissent pas pour rien. J’étais fier. Je sors, et J. Baudrier était là. Elle m’arrête : – « C’est toi le reportage sur la corrida ? » – « Oui Madame » – « Bien, très bien. Beau reportage. Mais dis-moi, tu étais placé où ? » – « Près de la talenquère là, tout proche » – « Qu’est-ce que ça sentait ? » – « La sueur, le sang et la peur » – « Voilà ce que je n’ai pas senti dans ton reportage » J’ai mis 8 jours à comprendre qu’elle avait raison. Tant que par tes propos, par ta voix, ton écriture, le mec qui te lit ou qui t’écoute ne sent pas ça, c’est que tu n’as pas le talent nécessaire. Tu dois être sur place, les yeux, les oreilles, et le nez. Tu racontes, mais tu n’as pas la plume. »

Les mots de Jean S.

Les mots de Jean S.

Jean est basque. Jean est un homme du verbe. Ça tombe bien, ici on définit son identité par la langue. Occasion d’aller à la rencontre de ce qui a fait le journaliste plein de truculence qu’il est devenu, mais aussi le conteur, l’homme des amitiés non éphémères. Des vallées encastrées du pays basque, aux îlots du Pacifique, de l’interview du Général De Gaulle à l’éloge du rugby, la traversée d’une vie suit avec ses passions et ses valeurs…

Suggestions :