• chaussure

    « La ville de Kasongo m’a beaucoup marqué car j’y ai assisté à des cas de possession incroyables. C’est là que j’ai vu pour la première fois des tombes entourées de chaînes, pour contenir l’esprit. Tout simplement parce qu’il y a eu beaucoup de gens racontant voir quelqu’un de mort, assis sur sa tombe. Moi, je connaissais un garçon qui était l’adjoint du prêtre avec moi. Une fois, on lui a demandé d’aller travailler près du cimetière. Il a trouvé des chaussures à sa taille sur une tombe. Il n’était pas conscient de l’acte qu’il allait faire, et par curiosité, il a essayé ces chaussures, puis les a laissées. En rentrant à la maison, l’esprit était en lui. Ce camarade était bègue naturellement, mais quand cet esprit montait en lui, il parlait correctement, et des langues différentes … Lui qui ne parlait pas, lui qui n’avait jamais été à l’école ! Puis, il avait une force physique incroyable ! On l’attachait avec des chaînes, il les cassait, et partait en courant plus vite que le vent. Moi j’avais peur que cela m’arrive, et lorsque j’ai posé la question à mes parents, ils m’ont très bien répondu en me disant « les choses peuvent arriver, si nous, les parents, le permettons ». Aucun mal ne peut venir de l’extérieur, s’il n’y a pas de fenêtre ouverte de la part des parents. »


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  • Congo

    « Aux origines du Congo, il existe six différents royaumes (Kongo, Yaka, Luba, Lunda, royaume des grands lacs – Rwanda, Zande-Mangbetu non bantous), des entités qui ont existé dans le temps. Durant la colonisation, on va rassembler ces royaumes, auparavant indépendants. On va imposer à ces royaumes de coexister, de vivre ensemble, et on va délimiter leur espace de vie, ce qui fait que certains royaumes vont être coupés en deux, se retrouvant à cheval sur deux pays … Mais le génie vient d’où ? Il vient du fait que tous ces royaumes ont très bien coexisté et n’ont jamais eu de problèmes insurmontables entre eux, jusqu’à un certain moment, pour des raisons politiques et de gains attisés par les colonisateurs ! »


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  • conte

    « Les contes offrent chez nous une manière de transmettre la sagesse qui est la base d’une vie saine et pleine. Les parents pourront ainsi vivre tranquillement, confiants d’avoir transmis les bases solides à l’enfant, qui l’aideront à guider sa conscience toute la vie. Il faut donc prévoir l’heure des contes dans la famille, avant le coucher des enfants. Mais il existe aussi des programmes de contes inclus dans le cursus scolaire, comme dans les médias (tv, radio, bandes dessinées,…). »


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  • enfance

    « Moment magnifique de la vie, où l’on est objet de joie pour les parents, objet d’attention de la société, moment des cadeaux. »


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  • enfant-soldat

    « En RDC, on les voit apparaître en 1996 dans l’armée de Kabila pour combattre Mobutu et on les appelle « kadogo* ». Ils resteront et feront la fierté de l’armée régulière de Kabila désormais au pouvoir. Les guerres qui se succèdent voient les milices successives et l’armée régulière les recruter en grand nombre. Au plus fort de la guerre (1999-2000), on compte jusqu’à 30 000 enfants soldats. » « Pourquoi des enfants soldats ? Les raisons en sont nombreuses : les enfants sont impressionnables, disciplinés, sensibles à l’autorité , ils désertent et réclament moins , ils assurent les tâches auxiliaires : porteurs, messagers, cuisiniers… , ils sont de bons espions et des éclaireurs car moins repérables , ils ont une autre notion de la peur – Pour eux la mort ne veut rien dire, ils n’en ont pas conscience , ils peuvent éliminer de sang froid pour se faire respecter et assurer leur supériorité , ils ne négocient pas, savent faire respecter l’ordre et sont expéditifs ».


  • enfants de la rue

    « Le phénomène des enfants dans la rue, c’est récurrent chez moi, c’est une réalité. Ces enfants qui ne vont pas à l’école, ces enfants qui n’ont pas d’occupation, qui passent leur temps dans la rue, ces enfants qui ont leurs papas qui ne s’en occupent plus, et qui ne rentrent pas au foyer le soir parce qu’ils n’ont pas d’endroit où passer la nuit. Ce sont des enfants dont les parents n’ont plus la main mise sur eux. » « Ces enfants dans la rue ont l’âge inférieur à 18 ans qui est l’âge de la majorité. Ils sont très jeunes. Moi par exemple, j’ai vu des enfants qui ont 5 ans, 6 ans ! C’est difficile de voir des enfants à cet âge là qui se retrouvent dans la rue, qui n’ont plus de référence, certains ne connaissent plus leurs parents, certains ne veulent même pas en entendre parler. Ils n’ont rien à manger, ils n’ont pas d’habits, si ce n’est quelques haillons, ils se retrouvent dans la rue, sous la pluie … »


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  • famille

    « Structure de base et de réussite de l’éducation, élément naturel et fondamental de la société. »


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  • forêt

    « Si on exploite la forêt, il faut alors la remplacer. Comme on ne peut pas replanter les mêmes arbres, à la place, on choisit de reconstituer la forêt autrement, en plantant par exemple des arbres fruitiers. Quand on fait cela, la forêt nous le rend ! Actuellement, on nous réclame du bois de partout. Que faire ? Nous ne pouvons pas refuser parce qu’on nous fait miroiter beaucoup de choses. Du coup, nous concédons, et nous en pâtissons. S’ensuivent parfois des sécheresses dont nous n’expliquons pas la provenance…. » « Dans les sociétés congolaises, le chef du village se met à la lisière de la forêt, car il constitue le trait d’union entre la cité et la forêt. Quand il y avait des problèmes dans la cité, on venait le consulter, et quand il était très difficile de trouver une solution, il demandait du temps afin de rentrer dans la forêt, et quand il ressortait il avait la solution… Sinon, il demande du temps pour parler avec la rivière. On pense alors que des esprits habitent la rivière. « Les morts ne sont pas morts, ils sont parmi nous», ce vieil adage reflète bien la philosophie du pays. Les endroits où l’on peut parler avec les morts, sont soit dans l’eau, soit dans la forêt, soit sur la montagne. »


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  • hospitalité

    « Chez moi, il y a une ouverture qu’on retrouve presque partout en Afrique, c’est l’esprit d’hospitalité. Non pas simplement celle qui émane de ceux qui sont chez eux et reçoivent des gens qui arrivent, des étrangers , mais l’hospitalité qu’on peut voir aussi dans le regard de l’autre… Celui qui arrive, est-ce qu’il est disposé à partager la même hospitalité ? Est-ce qu’il est à même de l’accepter ou pas ? »


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  • kadogo

    « Vous savez, à la chute de Mobutu, avant qu’il ne tombe, on entendait beaucoup parler de l’armée d’enfants de Kabila qui avançait rapidement vers la capitale Kinshasa. Les médias occidentaux félicitaient ces enfants là, car ils avaient une telle force, qu’aucune armée du dictateur Mobutu ne leur résistait. Ces enfants étaient appelés les « Kadogo » qui signifie« encore petit » en swahili. On ne les qualifiait pas d’enfants soldats. À ce moment là, il n’y avait aucun problème. Ils ont fait leur marche jusqu’à Kinshasa, en faisant fuir le dictateur Mobutu au Maroc, où il est décédé. Kabila le père a pris le pouvoir, et, ironie de l’histoire, c’est que dans la version officielle, c’est un kadogo qui a tiré sur Kabila …


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  • Kasongo

    « Je me suis toujours demandé quand j’aurai les moyens de revoir cette ville, où j’ai finalement passé une partie de mon adolescence. Cette ville s’appelle Kasongo. Pour moi, c’est un souvenir énorme avec lequel je vivrai toute ma vie. Kasongo est une cité très importante dans la RDC, parce que le plus grand marché de la traite orientale s’est déroulé ici.  Il ne faut pas oublier que lors de la traite des noirs il y a eu deux formes de traites : la traite atlantique et la traite orientale. On oublie bien souvent la traite orientale… Kasongo s’est vu attacher un nom, kambélémbélé, issu du mot mbélé qui signifie « devant ». Cette population s’est dit : « Nous sommes les premiers à voir se côtoyer ici plusieurs civilisations, nous ne nous appartenons plus nous mêmes, nous sommes influencés par ces autres civilisations. Vis-à-vis d’autres personnes dans notre pays, nous n’avons pas à être le marchepied. » En disant kambélémbélé, c’est un appel à tous les natifs de cette région de se placer toujours devant… Ces gens sont d’un optimisme incroyable, d’une force incroyable, ils ne s’avouent jamais vaincus. »


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  • lanterne

    « Un autre exemple inexplicable que je n’oublierai jamais, c’est lorsque, tout près de la cité, nous voyions une lanterne qui arpentait les sentiers, toute seule ! Tout le monde la voyait, nous sortions de nos maisons et on la voyait qui passait à 100 mètres de chez nous, alors que personne ne la tenait.  C’est comme ça. »


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  • moto

    « Pendant que nous jouions au foot avec d’autres enfants, nous entendions une moto passer tout près… Mais il n’y avait rien ! On nous expliqua par la suite qu’il y avait eu autrefois un accident à cet endroit là : un Grec et un Français étaient à deux sur une moto, et ils ont été fauchés par un camion et sont morts. Depuis, leurs esprits hantent très souvent cet endroit. »


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  • nature

    « La forêt, la montagne et la rivière sont indissociables. Les trois font partie de la nature, et le Congolais a un lien fort avec elle. Ce lien remonte à nos ancêtres. Pour eux, la nature est quelque chose de très important avec lequel il faut s’accommoder. Leur logique est simple : lorsqu’on est en symbiose avec la nature, on n’a pas de difficulté sur Terre… Très souvent c’est nous qui la blessons, alors la nature se retourne contre nous. » «  La montagne constitue un rempart pour la cité qui est bâtie juste en dessous, mais lorsqu’on n’est pas en symbiose avec la montagne, elle peut cracher du feu un jour, et engloutir la cité. La forêt, lorsqu’on on n’est pas en symbiose avec elle, on la blesse tout le temps, tout le temps, comme c’est le cas aujourd’hui au Congo… »


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  • nom

    « On donne à l’enfant  un nom qui évoque un fait, une histoire, une référence, une redevance (à Dieu, à un membre de la famille, du clan, un voisin…), une mission, ce qui (a) marque(é). Le nom complet est généralement composé du nom lui-même, du surnom (ou post nom), et du prénom, et implique souvent la famille du père et de la mère. »


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  • oncle

    «  Au Congo, la famille ne s’arrête pas au papa, à la maman, et aux enfants. La famille est élargie. Alors on se pose vite la question suivante : qui suis-je par rapport à ceux qui sont autour de moi ? Frères et sœurs ? Parents ? Lorsqu’un enfant voit la relation qui le lie à son papa et à sa maman, il se pose aussi des questions sur la relation qui a lié ses parents à leurs parents. On a vite envie de voir ses grands-parents, vite envie de voir quelles personnes sont nées avec ses parents, que ce soit la maman ou le papa. Si je m’entends très bien avec mes frères et sœurs, j’en déduis que mes parents avaient la même relation avec leurs frères et sœurs, du coup, je cherche quels sont les frères et sœurs du papa, et les frères et sœurs de la maman, et je les considère comme mes propres parents. » « Au niveau des langues, l’Est est dominé par le swahili et l’Ouest par le lingala. Ainsi, je grandis une partie dans l’univers swahiliphone, et une autre partie dans l’univers lingalophone. Cependant, à l’Est, ou à l’Ouest, la considération de la famille reste la même, car tous sont des bantous, ils ont cette notion de la famille. Par exemple pour ce qui est de la culture swahili, l’oncle maternel on l’appelle « mjomba » : il a beaucoup d’importance. Pour la culture lingala, on l’appelle « noko » et l’importance du personnage est la même. Si j’ai des doléances à faire, je vais les faire à ma mère, mais aussi à mon oncle. D’ailleurs, les enfants des oncles, mes cousins, je les considère comme mes propres frères, et mes cousines comme mes propres sœurs. »


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  • parent

    « Nous ne sommes pas tombés du ciel et nous avons ainsi une dette morale envers nos parents. Si je suis ainsi autant lié à mon père/mère, c’est parce qu’ils l’ont été aussi aux leurs. »


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  • pays

    « Pour moi, d’après mon expérience, l’Afrique est un pays, parce que moi qui suis de l’Afrique centrale, lorsque j’ai quitté mon pays, et suis arrivé en Côte d’Ivoire, au Mali, ou encore au Sénégal … les réalités vécues et connues m’ont semblé être les mêmes que celles que j’avais laissées chez moi. Je sais qu’il y en a qui n’aiment pas cette expression, mais qu’on soit au Sud, ou au Nord, qu’on soit à l’Est ou à l’Ouest, on vit des réalités proches. Ceux qui refusent cette expression croient que c’est un cliché, ça n’a rien à voir, car la paisible population partage les mêmes valeurs africaines, les mêmes valeurs profondes. »


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  • recrutement

    « En fait, il existe deux possibilités de recrutement d’enfants soldats. Première possibilité : ils réquisitionnent toutes les écoles, et constituent un camp d’hébergement pour les gens en exode, les déplacés. À ce moment là, les enfants ne peuvent plus étudier, ils restent à la maison … Et l’occasion est belle de les récupérer. La deuxième forme est la suivante : ils font irruption dans l’école, et font des rapts. Ils prennent les enfants comme ça, sans consulter personne. Ils les kidnappent. » « Débute alors l’endoctrinement des enfants. Le mécanisme est simple : un enfant de 5 ans se fait kidnapper, il pleure, il est faible, influençable. Par la suite, on lui dit qu’on a assassiné ses parents, et qu’il est le seul à pouvoir se battre contre ce pouvoir qui les a tués … En plus, on lui demande de prendre exemple sur tous ces enfants autour de lui qui portent déjà les armes, et qui ont accepté. L’enfant est contraint d’accepter à son tour, il est manipulé. Je me rappelle qu’un jour, j’étais en mission dans l’Ouest du pays, et j’ai entendu des enfants soldats parler en swahili, qui est la langue de l’est. Ils n’arrivaient pas à apprendre le lingala, langue de la contrée où ils se battaient. Alors je me suis rapproché d’eux. Ils se plaignaient d’avoir faim, ils n’avaient rien à manger. Ils évoquaient leurs parents, cela faisait 6 ans qu’ils n’avaient aucune nouvelle de leur famille. Ils ont vécu des choses horribles, et il y en a dont le traumatisme était tellement avancé, qu’ils sont devenus fous. »


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  • scolarisation

    « Apprendre l’art de se questionner et trouver des solutions aux questions difficiles, l’esprit de recherche , aller à l’école. »


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  • sorcellerie

    « Au Congo, la sorcellerie s’explique par le fait que dans une famille, si une personne réussit, quelqu’un d’autre peut être jaloux de sa réussite. À ce moment là, cette personne constitue une porte d’entrée pour le malheur de la famille. La sorcellerie passe par cette personne. Mais, un membre de la famille, peut donner de sa vie, pour constituer un bouclier pour toute la famille. Par ex. il accepte de ne pas avoir d’enfants, de ne pas avoir de bonheur, il accepte de se sacrifier pour toute sa famille ! À un certain moment, il aura tellement résisté, qu’il va constituer un fusible qui va sauter pour que sa famille ne soit pas atteinte. La personne elle-même se déclare bouclier. »


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  • voisin

    « Le voisin fait partie intégrante de notre vie. Nous faisons nôtres ses joies et ses peines et le consultons en cas de souci. Le voisin est le premier recours avant la famille élargie. Il peut aussi nous faire du mal, mais comparé au bien qu’il peut nous procurer, il est toujours le bienvenu : « Même dans une armoire les verres se cognent » , nous sommes prompts à nous réconcilier. »


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