25 août 1967… Rohayhu che ñe’e ! (« j’aime ma langue » en guaraní)

25 août 1967… le guaraní (ou avañe’ẽ) est reconnu par la Constitution comme langue « nationale » au Paraguay. Puis en 1992 vient l’étape de sa désignation en tant que langue « officielle ». Il faudra dès lors attendre la « loi des langues » en 2010 pour que soit affirmée l’égalité complète entre les deux langues du pays : l’espagnol et le guaraní. Celui-ci est également pratiqué en Argentine, en Bolivie et au Brésil. Il appartient avec le tupi, aux langues dites tupi-guaraní dont le nom évoque la légende de deux frères, Tupi et Guaraní, qu’une dispute conduisit à deux implantations distinctes. Guaraní et les siens prospérèrent pour leur part sur les terres paraguayennes. La transcription du guaraní se fait dans un alphabet latin augmenté, comprenant aujourd’hui 33 lettres, validé au Congrès de Montevideo en 1950.  Cet alphabet se nomme achegety, formé du nom des trois premières lettres a-che-ge suivies de ty qui signifie «ensemble»… Certes l’avenir de cette langue n’en est pas pour autant totalement assuré dans la mesure où elle doit lutter contre tous les phénomènes d’érosion qui partout à travers le monde affectent les systèmes traditionnels. Qu’il s’agisse de formes diverses de modernisation ou encore de l’exode rural, on constate ces dernières décennies un certain affaiblissement même si des formes de résistance éclosent çà et là. De quoi rappeler avec insistance à l’héritage culturel qu’il véhicule et dont témoignent les mots empruntés à la famille tupi-guaraní comme jaguar, acajou, ara, ananas, tapioca ou encore tapir ! De quoi accueillir avec force ce cri d’amour : Rohayhu che ñe’e ! (« j’aime ma langue » en guaraní)

 

A

à Ch E G H I Ĩ J
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j

K

L M Mb N Nd Ng Nt Ñ O Õ
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28 janvier 2014 – Décès de Frédéric Bruly Bouabré

Nous sommes en Côte d’Ivoire le 28 janvier 2014. Ce jour-là décédait à Abidjan à l’âge de 91 ans, un grand témoin et acteur de l’histoire des écritures. Il emportait alors avec lui une extraordinaire aventure dont il fut sa vie durant le vecteur. Son nom : Frédéric Bruly Bouabré. Son mérite : avoir dédié son existence à valoriser, préserver, défendre la culture de son peuple, les Bété. Cheikh Nadro, c’est-à-dire « Celui qui n’oublie pas » ainsi qu’il se désignait, eut sa révélation en 1948. Il adressa en 1957 une lettre à Théodore Monod y mentionnant :

« … « Quand vous verrez les pierres de Bécloi, on dirait qu’elles sont sculptées »… Voilà le discours que nous enfants bété, entendions très souvent dans les conversations des grandes personnes. Et moi, à chaque fois que j’entendais ce discours, j’avais le désir d’aller à Bécloi, voir de mes propres yeux ces fameuses pierres. »

 

C’est ce qu’il fit pour finalement consacrer ses jours à la mise en œuvre, au développement et à l’enseignement de l’écriture dite bété comprenant 448 signes différents. Combien sont attachants ces petits cartons qu’il couvrit de couleurs variées et de légendes inscrites en marge. Leur agencement encyclopédique semble chanter le bonheur qui l’envahit toute sa vie à pouvoir ainsi en témoigner. Poète, peintre, c’est à partir de l’exposition des « Magiciens de la Terre » qui se tint en 1989 qu’il se fit plus largement connaître. Le monde lui ouvrit alors les bras, ou plutôt les portes de ses galeries. Puisse désormais son œuvre se préserver et puissent d’autres enfants bété la prolonger toujours plus loin…

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À la découverte du jedek…

Ils étaient venus de Suède
Dans le but de participer à un recensement des langues pratiquées en Malaisie

Leur objectif : s’intéresser de plus près au jahai
Une langue môn-khmer de la branche aslienne
Parlée dans l’État de Perak

Or quelle ne fut pas leur surprise
De constater qu’une partie de leurs interlocuteurs villageois
Utilisaient un autre idiome
Qui aurait jusqu’ici échappé à une reconnaissance extérieure :
Le jedek !

Ainsi le jedek rejoignait-il ses cousins de la branche aslienne
Au grand émerveillement de la communauté linguistique
Comme pour mieux nous rappeler à la fascinante diversité de notre espèce
Et au devoir de la préserver


Au Sepik oriental : vote et sorcellerie…

Province du Sepik oriental
Papouasie-Nouvelle-Guinée
Capitale Wewak

Des élections
Entachées d’irrégularités…

En cause ?
Des accusations de sorcellerie

De quoi rappeler que le Sorcery Act datant de 1971
N’a été abrogé qu’en 2013
Suite à des violences et crimes sans nom
Dont les victimes étaient en particulier des femmes
Accusées de pratiques occultes…

Ainsi de cette jeune femme de 20 ans
Brûlée vivante sur un marché villageois

Abrogation de 2013 qui s’est vue accompagner
D’un alourdissement des peines
À l’encontre des crimes commis
Dont un renforcement de la peine de mort…


Deux Corées, une écriture, la paix…

Deux enfants.
Deux enfants ayant grandi de part et d’autre du 38e parallèle.

Deux enfants dont le cadre politique,
économique, éducatif,
Diffère en bien des points.

Pourtant, alors qu’une feuille blanche est posée devant eux,
Et qu’ils ont plaisir à y tracer un mot,
C’est la même écriture qu’ils mobilisent
L’un et l’autre.

Ils viennent d’écrire le mot « paix » :
Pyeonghwa 평화 en coréen.

En vérité, aussi différents soient leurs univers,
Ils ont tous deux hérité d’un même patrimoine scriptural,
Celui d’une écriture mise au point au 15e siècle
Succédant à l’usage du chinois.
Et même si son nom diffère de part et d’autre,
Au sud hangeul (ou hangul) 한글
Au nord joseongeul (ou chosŏn’gŭl) 조선글,
Ce sont bien les mêmes signes qui s’y animent.

Voici soudain que leur rencontre,
S’élance dans toutes les directions.
Voici qu’elle invite les enfants du monde
À s’associer à leur geste,
À écrire le mot « paix » en coréen.

Chacun, chacune devenant ainsi ambassadeur des cultures coréennes
Qui ne sauraient se réduire
Et encore moins se conclure
Dans la déflagration la plus insensée qui puisse être.

Moment de rappeler qu’on fête cette écriture dans le sud en ce 9 octobre !
Moment de rappeler qu’on la fête dans le nord le 15 janvier !
Rendez-vous pris.
Deux dates donc pour découvrir
Comment un ancien roi nommé Sejong
Envoya aux générations futures
Un message de la plus haute importance qui soit,
Pointant l’effort que requièrent les plus grands défis sur terre,
À commencer par celui de la concorde et de la Paix…

평화,
和平,
ειρήνη,
שלום,
მშვიდობა,
سلام,
խաղաղություն,
शांति,
สันติภาพ,
hòa bình,
ᏙᎯᏱ,
ᓴᐃᒻᒪᓯᒪᓂᖅ…