Pergame… rivale d’Alexandrie

Pergame. En grec Pérgamon, littéralement « la citadelle ». Une brillante cité située au nord de Smyrne, aujourd’hui en Turquie (Bergama). Une cité constituée de la superposition de trois ensembles urbains reliés par un entrelacs d’escaliers, de belvédères, de terrasses. Pergame qui a donné le mot « parchemin », du grec pergamênế, « peau de Pergame ». L’histoire de cette industrie est attachée – une fois encore – à un interdit. On dit en effet qu’au IIe siècle avant notre ère, Ptolémée V, Pharaon d’Égypte, aurait mis un terme à l’exportation de papyrus tandis que les bibliothèques d’Alexandrie et de Pergame rivalisaient en ce temps de splendeur. Il faut ici rendre hommage à l’œuvre d’Eumène II Sôter (v. 221 – v. 159 av.J.-C.) souverain de Pergame dont les travaux d’embellissement de Pergame furent des plus décisifs. Pensant ainsi mettre un terme à la croissance de l’arrogante rivale, Ptolémée V va en fait encourager le remplacement du papyrus par un autre procédé dont Pergame devint experte : le parchemin ! Ou comment dégraisser, écharner, tremper, racler des peaux animales afin de favoriser non seulement leur usage, mais leur réutilisation à plusieurs reprises au moyen de « palimpsestes ». Notons au passage que le principe du palimpseste, ou de l’effacement d’un support pour y écrire un autre texte, est pareillement connu du papyrus.  Quant à Ptolémée V, nous le retrouverons dans deux… millénaires avec un certain Champollion. Le parchemin va amener une autre évolution avec l’apparition du codex, l’assemblage sous forme de livre révolutionnant l’histoire de l’écrit. Son expansion en Occident daterait du IVe siècle accompagnant celle des monastères et c’est bien sûr l’arrivée du papier, bien moins onéreux, qui la remettra en question…