Effets :

  • Effet Apocalypse

    À supposer que l’effet catastrophe n’ait pas amplement satisfait vos angoisses, que vous ayez une vision – s’il est possible – bien plus sombre de l’avenir de l’espèce, tablant sur ses incomparables facultés autodestructrices, à supposer que vous portiez sur l’arsenal nucléaire, sur les catastrophes climatiques ou sur l’avènement de Big Brother et de sa légion d’armes autonomes un regard plus qu’inquiet, l’effet Apocalypse vous est incontestablement destiné. Certains en usent, d’autres en abusent, les actualités ne manquent pas de circonstances ni de ténors pour lui donner de la voix, même si la plupart sont frappés d’un effet Cassandre*. Au fait, le terme apocalypse ne renvoie pas par son étymologie à la catastrophe comme les films à grand spectacle sembleraient y conduire, mais signifie plutôt « révélation », « retrait du voile »…


  • Effet Big Brother

    Variante extrêmement usitée de l’effet apocalypse auquel elle emprunte les perspectives les plus ténébreuses, l’effet Big Bother met l’accent sur l’ensemble des dérives que connaît et connaîtra de plus en plus l’univers numérique*. Fichage restrictif des libertés, développement des pratiques obscures facilitées par les profondeurs du dark web, mise en cause des formes les plus variées de sécurité, multiplication des cyberguerres… dépeignent un horizon particulièrement toxique dont certains semblent s’être fait une marque de fabrique. Étonnamment (?) ce sont quelquefois ceux-là même qui fabriquent le numérique tel qu’il est et devient…


  • Effet Numérique

    Certains en sont béats, frappés d’un effet d’émerveillement* quasi permanent. D’autres en sont effrayés, voyant monter une menace digne du puissant effet apocalypse*. La plupart se contentent de l’exploiter, entre engagement* et neutralité*, entre consommation farouche et ennui… Le numérique, puisque c’est de lui dont il s’agit, a mis en définitive fort peu de temps pour imposer sa marque en matière non seulement de communication, mais de langage, d’éthique, de culture, de communauté, de mouvement, de temps, d’espace, de commerce, de savoirs, de techniques, de mémoire ! Entre quelques autres… Tous les secteurs de l’activité humaine sont concernés, et il est peu vraisemblable que l’espèce humaine elle-même puisse échapper au rendez-vous que le numérique lui fixe quant à sa conduite et son destin même. L’effet numérique, cahin-caha, peut emprunter à tout cela et plus encore… Il a incontestablement les plus beaux jours devant lui, reste à savoir à qui cette beauté sera profitable…