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  • Les jeunes filles kreungs : à la recherche de l’âme sœur…

    Chez les Kreungs au Cambodge
    L’heure est à la recherche de l’âme sœur
    Ou du corps frère

    Pour y aider
    Les parents de la jeune fille de 13, 14 ans
    Ont construit une hutte en bois
    Qu’ils ont confiée à sa garde

    Désormais, chaque nuit
    Elle pourra y recevoir ses prétendants
    Et tester leur amour

    Forte de son choix
    Ayant pu juger, apprécier ou rejeter les demandeurs
    En toute liberté, et sans qu’ils puissent s’en offusquer
    Elle présentera bientôt l’élu de son cœur à ses parents

    On dit que chez les Kreungs
    Existe une égalité parfaite entre hommes et femmes…


  • Indéfinition :

  • hinamatsuri 

    Fête des filles qui a lieu le 3 Mars au Japon.

    Une indéfinition n'est jamais définitive - Vous pouvez la modifier ou la compléter selon vos propres pratiques, opinions, savoirs, cultures, histoire.


    Indéfinition


    Thème(s) :

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    Langue(s) :

  • Calendrier :

  • fille

    11 / octobre

    Journée internationale de la fille (A/RES/66/170)


    Calendrier


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  • Veillée :

  • Danaos et les Danaïdes…

    Danaos avait 50 filles, les Danaïdes.
    Egyptos, son frère, 50 fils.
    Il proposa donc leur mariage afin d’éviter les querelles de succession.
    Toutefois Danaos craignant que les fils d’Egyptos n’en profitent pour se débarrasser de leurs épouses
    Prit la fuite avec elles.
    Finalement rejoints, et sous la menace,
    Le mariage eut lieu.
    Mais Danaos ne s’était point avoué vaincu.
    Il ordonna à ses filles de placer une épingle dans leurs cheveux
    Et, au moment opportun,
    De s’en servir pour mettre à mort leurs époux.
    Toutes y consentirent
    Sauf Hypermnestre
    Laquelle épargna son époux, Lyncée.

    C’est lui qui quelque temps plus tard
    Devait mettre à mort Danaos et ses filles
    Puis régna sur Argos en compagnie d’Hypermnestre.

    En raison de leur crime
    On dit que les Danaïdes
    Furent condamnées aux Enfers
    À remplir une jarre percée.
    Une expression en est restée
    « Le tonneau des Danaïdes »
    Désignant un acte
    Condamné à se poursuivre sans fin…


  • Dans les effluves du khât…

    On raconte qu’une jeune fille prit époux et que dès qu’ils furent mariés les amoureux partirent s’installer loin de la demeure de ses parents. Or ceux-ci voyant les mois passer, se languirent bientôt de leur enfant tant aimée. C’est pourquoi ils décidèrent de lui rendre visite. Le père comme la mère désiraient ardemment entreprendre ce voyage, mais celui-ci était long et périlleux. Aussi fut-il finalement conclu que seul l’homme s’y rendrait en prenant soin d’être accompagné de ses meilleurs amis. Le voyage débuta, et on chargea une brebis des victuailles et de l’indispensable qât (ou khat), qui rend fort. Mais très vite, la fatigue se fit sentir et à la tombée de la nuit, les compagnons jugèrent plus sage de prendre des forces d’autant que le chemin était à présent plongé dans l’obscurité. Ils résolurent alors de s’arrêter à un jawal, petit refuge, le temps que la lune apparût et les éclaire de sa bienveillante lumière. Après s’être un peu restauré, ils constatèrent que leur projet de reprendre la route nocturne serait bientôt compromis car la fatigue aidant, le sommeil commençait à les gagner. « Et si on prenait un peu de khat, proposa l’un d’eux » Aussitôt la joyeuse équipe se mit à mâcher les feuilles euphorisantes et la force ne tarda pas à les rejoindre. Mais, tandis qu’ils retrouvaient de l’élan, une autre conséquence ne manqua pas de se manifester. Dans leur euphorie, les sept amis eurent bientôt des visions. Et une forme d’inquiétude les gagna. N’était-on pas au cœur de la nuit, au moment où les esprits rôdent ! Et si l’un d’entre eux avait été dévoré par une bête sauvage. D’ailleurs, étaient-ils toujours sept ? Il fallait absolument se compter pour en avoir le cœur net. L’un d’entre eux débuta le décompte et, comble d’horreur, n’en trouva que six. Un autre le bouscula un peu, et se mit à recompter. Hélas il parvint au même résultat. Il faut bien dire que le qât agissant à la faveur de leurs excès, les encourageait à effectuer un calcul sans se compter eux-mêmes dans le lot. Et tous parvenaient à la conclusion qu’un membre du groupe avait été avalé par une créature monstrueuse. À cet instant, la brebis passant sa tête dans l’embrasure de la porte les en persuada. N’avait-elle pas des yeux de hyène ! Pauvre compagnon ! Des pleurs et des cris s’échappèrent de toutes parts car, à n’en pas douter, c’était là le sort qu’elle leur réservait à tous. Or un voyageur passant par là ne tarda pas à les entendre. « Que vous arrive-t-il ? s’interrogea-t-il alarmé par tant de frayeur. Ils lui expliquèrent par le détail ce qui s’était passé et l’homme ne mit pas beaucoup de temps à s’apercevoir qu’ils étaient sous l’emprise du khat. D’autant qu’une odeur singulière inondait la pièce. Il leur proposa donc de vérifier leurs dires et se posta à l’entrée du jawal tout en demanda à chacun à son tour d’en sortir. Ils convinrent que c’était là une bonne idée et chacun franchit le seuil. À chaque passage, le voyageur asséna un grand coup de bâton dans le dos de l’infortuné en lui demandant de hurler le chiffre de son passage. « Un » hurla le premier tout en se tenant le dos tout endolori. « Deux » « Trois » … « Sept » Ainsi fut démontré à tous que la pauvre brebis n’y avait rien à voir et les sept compagnons se promirent de poursuivre leur voyage en modérant leur consommation de khat. D’après ‘Alî Muhammad ‘Abduh – Sanaa, 1985.


  • Jardin des Hespérides…

    Il était un jardin connu pour abriter un pommier quelque peu spécial puisqu’il portait de célèbres pommes d’or. Gaia (la terre) l’avait offert à Héra en cadeau de mariage. Ajoutons que ce jardin était férocement gardé par un dragon, dénommé Ladon, depuis qu’Héra avait observé que les filles d’Atlas, les Hespérides, n’hésitaient pas à chaparder ces fruits exceptionnels. De son côté Atlas avait été prévenu qu’un fils de Zeus tenterait un jour de s’en emparer. C’est pourquoi il avait érigé des murailles tout autour de son jardin, dont l’emplacement du reste était tenu en grand secret. Lors de ces douze travaux, Hercule fut chargé d’aller les chercher. Ne sachant dans quelle direction s’élancer, il recourut aux services de Nérée qui, tentant de s’y soustraire, finit tout de même par lui conseiller de faire intervenir Atlas lui-même. Or entre-temps le sort d’Atlas avait connu une sévère infortune. Dans une lutte l’opposant à Zeus, dont il était sorti vaincu, il avait été condamné à supporter pour l’éternité le poids de la voûte céleste. Aussi Hercule songea-t-il qu’il pourrait aisément marchander son concours. Il lui proposa de porter un temps la voûte à sa place pendant que lui-même irait chercher quelques pommes. Restait à réduire la farouche résistance de Ladon, le dragon, qui lui fut acquise avec l’aide d’Hercule. C’est ainsi qu’Atlas revint victorieux, non sans songer à présent qu’il était libéré de cette épouvantable contrainte et qu’il pourrait fort bien la laisser à Hercule. Il lui annonça qu’il se rendrait lui-même auprès d’Eurysthée avec les pommes. Ce dernier dut alors recourir à une ruse pour tromper Atlas prétextant qu’il voulait juste s’emparer d’un coussin. Son stratagème porta (doublement) ses fruits. Et Atlas de nouveau enchaîné à son destin le regarda s’éloigner sans espoir de se recouvrer sa liberté. On dit qu’il la dut à Persée qui, grâce à la tête de la gorgone, le pétrifia, le transformant ainsi en un majestueux massif qui aujourd’hui encore porte le nom de l’Atlas.


  • L’Eldorado… et le lac de Bacatá

    (légende chibcha) Il était une fois un roi follement amoureux. Il faut bien dire que son épouse, venant d’une autre tribu, ne manquait pas de rayonner sur tout son entourage. Et aux débuts, leur amour fut prospère, puisqu’une fille en naquit. Hélas, le roi manquait sérieusement à ses devoirs, et il ne tarda pas à délaisser son épouse pour se livrer à toutes sortes de divertissements ! Il passait son temps en compagnie d’autres jeunes femmes, et la reine en fut bouleversée. Elle finit elle-même par se détourner de lui, et porta son regard de braise sur un beau et fier guerrier qui à son tour en fut follement épris. Leur union secrète suivit. Jusqu’à ce qu’un jour, elle fut découverte par le roi. Celui-ci ordonna qu’on le torture… Puis fut annoncée la tenue d’un grand festin pour la reine. Aucun luxe n’avait été mis de côté. Les tables étaient somptueuses et les mets abondants. Plus encore, un plat spécial attendait la souveraine.

    Elle y porta ses lèvres avec appréhension, quand le roi lui apprit qu’il s’agissait du cœur d’un animal rare et sauvage. La reine n’eut alors aucun besoin d’explication pour comprendre qu’il s’agissait du cœur de son amant. Folle de douleur, elle se rua sur sa fille, et l’emmena en courant jusqu’à la lagune de Guatavita, dans les eaux de laquelle elles s’enfoncèrent profondément. C’est à cet instant que le souverain pris de remords comprit enfin sa propre faute et demanda qu’on lui restitue le corps de son épouse, se rappelant combien il l’avait aimée dès le premier regard, et pourtant délaissée sans raison. Les sorciers lui répondirent qu’elle n’était pas morte, mais qu’elle vivait dans un palais au fond du lac, en compagnie d’un dieu-serpent. Le roi se soucia ensuite de sa fille et pria qu’on la lui rende. C’est ce que l’on fit, mais celle-ci était aveugle désormais et on décida donc de la laisser repartir. La reine, à présent divinisée (et transformée en serpent), se vit régulièrement offrir des offrandes d’or lors de cérémonies rituelles. Ces rites furent bientôt conduits pour l’élection d’un nouveau zipa (« roi »). Dans une ambiance de jeûne et de préparation à la fête, des masques et vêtements particulièrement riches étaient produits. Puis le jour venu, le roi se plaçait dans une embarcation et se dirigeait au centre du lac circulaire. Alors au moment même où le soleil levant touchait la barque et son corps, il se débarrassait de sa cape, laissait voir son corps recouvert de poussière d’or. Il ne restait plus qu’à jeter or et émeraudes au fond du lac tandis que débutait la fête. Au fait, ce roi régnait sur Bacatá, qui n’est autre que la cité qui donna son nom à la capitale actuelle de la Colombie, Bogotá (4°36 N / 74°04 O). Quant à cette légende, reprise par les Conquistadores et notamment Benalcázar, elle alimenta sérieusement les rumeurs et donna naissance au mythe de l’Eldorado.


  • La fille du marabout…

    On dit qu’un marabout avait une fille et que celle-ci n’avait d’égale en beauté. Tout le monde s’accordait à déclarer qu’elle était le plus beau joyau de la Terre et bien sûr il n’était jeune homme qui ne rêvat de l’épouser. C’est ainsi que chaque peuple brûlait d’espoir de voir l’un des siens vivre à ses côtés. Les Peuls, qui sont éleveurs de renom, adressaient donc au marabout quantité de veaux et de lait. Les Bambaras, qui sont agriculteurs, l’aidaient à cultiver son champ et lui concédaient même partie de leur récolte. Les Maninkas, qui pratiquent le commerce des esclaves, lui apportaient maints captifs. Enfin les julas, qui savent le prix des coquillages, lui offraient des monceaux de cauris. Tous étaient impatients de connaître sa décision. Aussi accepta-t-il de recevoir leurs délégations. Recevant chacune d’elles, le marabout ne parvint à se décider. Il accueillit donc favorablement les quatre propositions, promettant à leurs délégués la main de sa fille. Mais comment cela pouvait-il être ! Le marabout en réponse fixa la date du mariage. Toutefois, tandis que celle-ci approchait, son indécision devenait de plus en plus insupportable. Devant une telle situation, Dieu lui adressa un ange, accompagné d’un âne, d’un chien et d’un chat. Le conseil divin était clair : la veille du mariage, la belle promise devait dormir dans la même case que ces trois animaux. Bien entendu le père indécis s’exécuta. Quand au matin, les prétendants vinrent connaître sa décision, le marabout ouvrit la porte de la case et, à l’effarement de tous, en sortirent quatre jeunes filles, toutes identiques et d’incomparable beauté. Le marabout pas plus que ses visiteurs ne trouvèrent une explication cohérente et, pire que tout, nul ne sut qui était la vraie jeune fille. Comme celle-ci n’en souffla mot, chaque délégation fut satisfaite et repartit au terme d’un mariage des plus miraculeux. Quant au marabout, son indécision avait multiplié son angoisse car à présent, il ignorait laquelle de ces quatre beautés était sa vraie fille. C’était là la punition que Dieu avait voulu lui infliger. Il mourut bientôt sans le savoir.


  • La petite fille aux allumettes

    (d’après Hans Christian Andersen) Une petite fille sortit de chez elle dans le froid glacial de l’hiver. Elle ne subsistait qu’en vendant aux passants compatissants, quelques allumettes. Ce soir là, elle avait enfilé une paire de pantoufles trop grandes pour elle. Et les avait aussitôt perdues en esquivant le flot de la circulation. Tout autour d’elle l’empressement du Nouvel An battait son plein. Et la neige tombait. La petite fille savait qu’elle ne pouvait rentrer chez elle sans devoir affronter la brutalité de son père. Elle n’avait encore vendu aucune boîte d’allumettes et vacillant sur ses pieds brûlés par le froid, la rue lui paraissait un univers sombre et vide. Bientôt elle décida de se protéger dans le recoin d’une demeure. Et là, elle s’abattit de tout son petit poids, tentant de se blottir contre les murailles glacées. La Cité tourbillonnait d’énergie autour d’elle mais elle n’en recevait que l’écho sourd et lointain. C’est alors qu’elle décida de frotter une allumette. À peine celle-ci fut-elle allumée qu’il lui sembla qu’elle dégageait un rayonnement infini. Elle vit un poêle se dresser devant elle contre lequel elle s’empressa de presser ses pieds. Hélas l’allumette s’éteignit et le charme disparut avec elle. Alors elle décida de frotter une seconde allumette et là la magie opéra de nouveau. Elle vit une oie rôtie et en sentit tout l’arôme. Puis une fois encore l’émerveillement fut interrompu. De nouveau elle alluma ce petit bois magique et ce fut à présent un magnifique sapin tout illuminé qui se manifesta dans sa splendeur. Puis comme précédemment, il s’éteignit et une petite lueur s’en échappa qui gagna le ciel. La petite fille savait que cela signifiait qu’une personne mourrait bientôt, ainsi le lui avait confié sa grand-mère, dernièrement disparue. Alors, tandis qu’elle frottait une nouvelle allumette, c’est précisément sa grand-mère qui lui apparut. Elle qui l’avait tant aimée, et qu’elle chérissait plus que tout. Non, le charme ne cesserait point cette fois-ci. Une allumette après l’autre, elle maintint la présence de sa grand-mère. Celle-ci la prit dans ses bras et la porta devant le trône du Seigneur là où elle ne connaîtrait ni froid, ni faim, ni misère… Le lendemain du Nouvel An, des passants découvrirent dans ce petit recoin de la Cité, le corps d’une petite fille dont le froid avait volé la vie. Et chacun y alla de son commentaire. On aperçut bien les allumettes consumées, et certains firent même observer qu’elle devait être bien sotte d’avoir pensé qu’elles eussent pu la réchauffer. Qui se doutait alors qu’elle avait gagné le lieu de ses rêves, et qu’elle était à présent dans les bras de sa grand-mère loin de l’indifférence cruelle de ce monde ? Aussi amis, n’oubliez pas le soir du Nouvel An, si quelqu’un vous tend la main. Oui, n’oubliez pas de la réchauffer de votre bienveillance…


  • La valeur du sel…

    Un roi avait trois filles qu’il adorait tendrement. Son affection était sincère et pleine d’autant que leur mère avait disparu prématurément et qu’il souhaitait sauvegarder le souvenir de sa douceur. C’est pourquoi il décida un jour de confier à l’une d’elles son pouvoir. Il faut dire que dans ce pays, les femmes pouvaient accéder au trône. Aussi s’y préparèrent-elles avec tout le sérieux qui convient à la tâche. Toutefois laquelle choisir ? Le roi, leur père, eut ici la plus étonnante des idées afin d’assurer cette succession. Alors que son anniversaire approchait, il leur demanda de lui offrir en présent ce qu’elles jugeraient chacune indispensable à la vie, ainsi qu’à l’exercice de la charge suprême. Lorsque l’anniversaire eut lieu, elles se mirent toutes trois en rang devant lui porteuses d’un présent qu’elles avaient sélectionné en réponse à l’attente de leur père. Celui-ci passa leurs cadeaux en revue, manifestant tantôt joie, tantôt curiosité, voire même un peu d’agacement, puis leur fit savoir sa décision. Il appela la fille aînée laquelle lui remit une tunique mauve brodée d’or et incrustée de joyaux. « Voilà père, dit-elle, un attribut indispensable à votre charge et je suis heureuse de vous le remettre. Dieu nous fit tous nus à l’origine et nous dûmes nous couvrir. Mais chacun le fait selon ses moyens et sa charge, et le roi se doit de manifester ici son rang. » Il ne manqua pas de la féliciter car, assurément, la fonction d’un roi ne saurait s’exercer sans les qualités de représentation qui lui sont attachées. Or, seul le roi, pouvait être ainsi vêtu et ainsi en serait-il aussi de celle qui lui succèderait. Après les compliments qu’il lui adressa, il l’embrassa doucement sur le front et convoqua sa seconde fille qui à son tour lui offrit un objet précieux, et qu’il remercia tout aussi chaleureusement. Mais quand vint le tour de la troisième, celle-ci lui tendit une salière… en bois. Telle était à ses yeux, l’une des choses au monde dont la valeur était indépassable. Le roi, son père, entra alors dans une impressionnante colère. Pensant que sa plus jeune fille se moquait de lui, il la chassa du palais sur-le-champ lui ordonnant de ne plus jamais se présenter devant lui. Abattue et croulant sous le poids de toute son incompréhension, la jeune fille prit le chemin et ne cessa sa marche, des semaines plus tard, qu’au terme de son total épuisement. Elle avait atteint les limites du royaume, et par chance, une auberge l’y attendait. La propriétaire ne lui demandant pas les raisons de son infortune ni qui elle était, la recueillit chaleureusement. Et les années passèrent. Années inattendues, car la jeune princesse y acquit un savoir-faire exceptionnel. S’appuyant sur les connaissances culinaires de sa protectrice, elle développa un réel talent et finit par être connue à des lieues à la ronde. Pendant ce temps, sa sœur aînée s’apprêtait à se marier et les préparatifs allaient bon train. Naturellement, on convoqua au palais tous ceux qui pourraient assurer le succès de cette fête. La réputation de cette lointaine cuisinière d’exception n’avait pas échappé à la cour, et on la fit prier de diriger la mise en place du festin. Ce qu’elle accepta. Le jour venu, tous les convives étaient attablés, et commençaient à se régaler des mets les plus délicieux qui fussent. À cette précision près, que la cuisinière avait préparé un plat particulier pour le roi, son préféré, et celui-ci se félicitait déjà de cette marque d’attention. Pourtant à peine y eut-il goûté, qu’un dégoût s’empara de lui. Ce plat était immangeable ! Il fit venir la responsable sans tarder et la somma de s’expliquer. Il ne lui fallut guère de temps pour s’apercevoir qu’il avait sa plus jeune fille en face de lui, laquelle lui tendit pour la deuxième fois une salière en bois. Et cette fois-ci il comprit la valeur qu’elle lui avait jadis assignée et qu’il était aujourd’hui en devoir de reconnaître. On dit que les rires qui fusèrent durant tout ce mariage ne valurent pas les larmes de réconciliation que ces deux là partagèrent en cet instant.


  • Le raga du feu

    Il était une fois un grand maître de veena dont la réputation avait franchi les limites des royaumes… Il était également un conseiller du roi, qui était son plus grand ennemi. Le conseiller avait déjà à plusieurs reprises tenté de lui nuire – sans succès. Mais il eut un jour une terrible idée. Tandis que l’anniversaire du roi approchait, il proposa que le maître joue à cette occasion « le raga du feu ». Le morceau était sublime, et tout le monde était réjoui à l’annonce de l’entendre. Un seul problème subsistait toutefois car quiconque interprétait ce raga à merveille, et sans nul doute cela serait le cas, était assuré d’une chose : se consumer et périr. Néanmoins, à la demande du roi, le maître accepta.Le jour venu, il s’installa devant la cour et entreprit de donner sa dernière représentation. Dès les premières notes, chacun fut ébloui. Son jeu n’était pas seulement exceptionnel, il atteignait la perfection. Le conseiller affichait plus que tous sa satisfaction puisque, très bientôt, son vil projet serait exaucé : le maître s’évanouirait dans les flammes. Or, contrairement à son attente, et à la crainte de quelques uns, il acheva son air sans que rien de tel ne se produisît. Tout au contraire, il se leva, salua respectueusement le roi et les membres de la cour, parmi lesquels le conseiller, puis quitta le palais. Il traversa alors la cité, et rejoignit sa fille bien loin du palais. Là, il lui prit les mains et lui sourit avec tout le respect et l’admiration qu’un père peut avoir pour son enfant. D’autant plus qu’en tant que sa meilleure disciple, celle-ci venait ce soir, parallèlement à la représentation de son père, d’exécuter à merveille le raga de l’eau, seul antidote connu pour apaiser celui du feu.


  • Pélias, et l’éternelle jeunesse…

    (histoire grecque)… Pelias et Aeson étaient deux frères jumeaux nés de la nymphe Tyro et de Poséidon. On dit que Pelias, avide de pouvoir, et désireux de l’exercer seul, se débarrassa de son frère Aeson. Ainsi débuta son règne à Iolcos. Il eut bientôt quatre enfants : Acaste, Alceste, Evadné et Pélopia. Toutefois il advint un jour où Jason, fils d’Aeson, élevé par le centaure Chiron, vint lui réclamer le trône. C’est à ce moment là que Pélias lui demanda d’aller quérir la Toison d’or, afin de s’en défaire. Jason en revint en compagnie de sa compagne Médée. Celle-ci élabora alors un stratagème pour en finir avec le vieux Pélias. Pour l’accomplir, elle se rapprocha de ses quatre enfants. Faisant bouillir les morceaux d’un vieux bélier dans un chaudron, elle en sortit, sous leurs yeux médusés, un jeune agneau plein de vigueur. Qu’il en fût ainsi : les enfants de Pélias, convaincus par sa magie (à l’exception d’Alceste), s’empressèrent de profiter du sommeil de leur père, le découpèrent en morceau et le livrèrent à Médée. Leur désenchantement fut grand car rien ne se produisit ! Jason et Médée devaient être bannis d’Iolcos, et aller à la rencontre de bien d’autres aventures, mais c’est là une autre histoire…


  • Sedna, déesse des océans

    (conte inuk) La mer est une source inépuisable dans l’histoire des Inuit. Elle leur apporte une grande partie de leur subsistance grâce à toute la vie qui l’anime, mais aussi grâce aux matières que les Inuit en extraient pour se vêtir, s’éclairer, chasser, etc. Sedna en est l’esprit, tout à la fois crainte et admirée… Les angakkuit, chamans inuit (sorciers), racontent différentes histoires à son sujet. L’une d’elles nous dit que refusant de se marier, son père la contraignit à épouser un chien, et qu’elle en eut des enfants ! Cependant après avoir constaté son erreur, celui-ci décida de noyer le chien. Des années plus tard, Sedna épousa enfin un homme. Mais celui-ci se révéla à nouveau être un chien déguisé en homme ! On dit aussi que s’enfuyant sur les eaux avec son père, le bateau chavira et Sedna passa par-dessus bord. Alors qu’elle s’agrippait désespérément, ses doigts se blessèrent aux rebords acérés de l’embarcation et elle finit par se couper les premières phalanges. Or, à peine tombés à l’eau, les fragments de doigts se transformèrent aussitôt en phoques. Puis les deuxièmes phalanges à leur tour cédèrent, et au contact de l’eau se métamorphosèrent en morses. Prête à lâcher, Sedna se coupa les troisièmes phalanges qui à leur tour devinrent baleines. Alors elle lâcha prise et s’enfonça dans les profondeurs de l’océan. C’est toujours là qu’elle demeure, mère de toutes les créatures qui y résident[1]. On prétend aujourd’hui que quand la mer est déchaînée, c’est parce que Sedna essaie de démêler ses cheveux mais, n’ayant plus de mains, en a le plus grand mal ! C’est alors aux chamans d’aller la peigner ! [1] Une autre histoire, encore plus triste, raconte que ce sont les parents qui décidèrent de se débarrasser de leur fille célibataire ne voulant plus subvenir à ses besoins. Ils partirent donc en bateau et au beau milieu d’une tempête décidèrent de la jeter par-dessus bord. Mais au lieu de disparaître dans les flots, la jeune fille s’accrocha aux rebords de l’embarcation tant et si bien que malgré tous leurs efforts ses occupants ne purent l’en faire tomber. Ils prirent alors un couteau et entreprirent, comble de l’horreur, de lui couper les doigts ! Le résultat serait le même. Une autre histoire encore prend la défense du père contre le méchant mari (l’homme-chien) ! etc.


  • Unideo :

  • 25 – famille – family – 家庭 – Familie – famiglia – familia – 家族 – семья́

    La famille
    family
    famille
    Un ensemble de relations diversement étendues, comprenant les parents
    parent
    parent
    Père et mère
    father mother
    père / mère
    Et les enfants
    child
    enfant
    Filles et fils
    daughter son
    fils / fille
    Et ainsi de suite selon le chemin des générations, avec les grands-parents
    grandparents
    grands-parents
    Et les petits-enfants
    grandchildren
    petits-enfants

    Relations pouvant renvoyer à la fratrie, aux frères
    brother
    frère
    Et sœurs
    sister
    sœur
    Qu’ils ou qu’elles soient ainé(e)s
    elderbrother eldersister
    frère ainé / sœur ainée
    Ou cadet(te)s
    youngerbrother youngersister
    frère cadet / sœur cadette

    Tout cela, occasionné ou non, par une alliance, un mariage
    marriage
    mariage
    Plus ou moins longue et accomplie, en compagnie de sa belle-famille
    inlaws
    belle-famille



  • 26 – être humain – human being – 人 – Mensch – uomo – hombre – 人 – челове́к

    L’être humain, une énigme permanente
    humanbeing
    être humain
    Capable d’humanité
    humanity
    humanité
    Et de la renier

    L’être humain, homme ou femme
    man woman
    homme / femme
    Garçon ou fille*
    boy girl
    garçon / fille
    Seul ou en groupe
    group
    groupe

    Qui renvoie à soi
    self
    soi
    Et donc à l’autre
    other2
    autre
    Le moi et le toi
    me you
    moi / toi
    Lui et elle
    he she
    lui / elle
    Nous et vous
    we youplur
    nous / vous
    L’espèce humaine
    humankind
    humanité