Citation :

  • fuir

    « En fuyant la pluie, on rencontre la grêle. » (Proverbe turc)


  • Veillée :

  • Danaos et les Danaïdes…

    Danaos avait 50 filles, les Danaïdes.
    Egyptos, son frère, 50 fils.
    Il proposa donc leur mariage afin d’éviter les querelles de succession.
    Toutefois Danaos craignant que les fils d’Egyptos n’en profitent pour se débarrasser de leurs épouses
    Prit la fuite avec elles.
    Finalement rejoints, et sous la menace,
    Le mariage eut lieu.
    Mais Danaos ne s’était point avoué vaincu.
    Il ordonna à ses filles de placer une épingle dans leurs cheveux
    Et, au moment opportun,
    De s’en servir pour mettre à mort leurs époux.
    Toutes y consentirent
    Sauf Hypermnestre
    Laquelle épargna son époux, Lyncée.

    C’est lui qui quelque temps plus tard
    Devait mettre à mort Danaos et ses filles
    Puis régna sur Argos en compagnie d’Hypermnestre.

    En raison de leur crime
    On dit que les Danaïdes
    Furent condamnées aux Enfers
    À remplir une jarre percée.
    Une expression en est restée
    « Le tonneau des Danaïdes »
    Désignant un acte
    Condamné à se poursuivre sans fin…


  • Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ?

    Un paysan possédait un exceptionnel cheval blanc. Tous en louaient la beauté et le mérite. Or, à cette même époque, l’Empereur fit diffuser son vœu de trouver une pareille créature. On ne tarda donc pas à demander au paysan de s’en dessaisir. Contre coquette fortune. Mais celui-ci s’y refusa. On augmenta le prix : il ne transigea pas davantage. Alors tout son entourage cria à la folie : comment avait-il pu laisser passer une telle aubaine ?! Ce à quoi notre bonhomme rétorqua placidement : Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ? Le temps passa. Et bientôt le cheval s’enfuit. Aussitôt les voisins accoururent chez lui et lui firent observer à quel point il avait été malavisé de rejeter l’offre de l’Empereur. Il n’avait désormais plus que ses yeux pour pleurer. Toutefois le paysan leur répondit : Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ? Quelques semaines plus tard, le fier cheval tout de blanc vêtu fit réapparition ! Mieux encore, il avait trouvé une splendide compagne et on devinait la promesse de magnifiques poulains et d’une écurie sans précédent ! L’entourage revint de plus belle et l’en félicita. Mais le brave homme répéta : Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ? Et le temps passa. Le fils du paysan souhaita monter le cheval. Mais à peine était-il en selle qu’il en chuta sévèrement et se brisa la jambe. Alors les voisins revinrent sur leur opinion et firent observer que décidément ce cheval était maudit. Mais le paysan continua sa ritournelle : Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ? Puis comme il en va de bien des pays, la guerre ne tarda pas et l’Empire leva une gigantesque armée. Tous les jeunes gens de la région furent enrôlés. Sauf le fils du paysan en raison de sa jambe cassée. Et comme on s’en doute, le concert de louanges recommença, auquel, sans varier, le paysan répondit : Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ?!…


  • La légende du koala

    On dit qu’une tribu recueillit un enfant à la mort de ses parents… Hélas, on ne fut pas très gentil avec lui et plus que tout, on l’assoiffait régulièrement ne lui donnant rien à boire, l’obligeant ainsi à mastiquer des feuilles d’eucalyptus. Un jour que les gens étaient partis à la chasse, l’enfant s’empara des récipients contenant l’eau et s’y abreuva abondamment puis il les emporta dans un eucalyptus. Tandis qu’il entonnait un chant magique, l’arbre grandit à perte de vue et l’enfant y grimpa pour se mettre à l’abri. À peine revenus de leur chasse, les gens s’aperçurent de ce qui s’était produit et prièrent l’enfant de leur rendre leurs récipients. S’il refusa tout d’abord, la promesse qu’ils lui firent de le traiter désormais plus gentiment finit par le convaincre. C’est pourquoi il descendit bientôt et les rejoignit. Mais lorsqu’il fut à leur portée, rompant leur promesse, les personnes le frappèrent de tous côtés. C’est alors qu’une chose extraordinaire se produisit car, sous leurs coups, l’enfant se transforma. Il se tassa, se couvrit de poils et tel un koala gagna en toute hâte l’eucalyptus dans lequel il prit la fuite pour ne plus jamais revenir.


  • La mort de Baldr

    (Légende nordique – à partir des Eddas) Baldr est fils d’Odin et de Frigg. Tandis qu’il était enfant, des rêves annoncèrent à sa maman sa mort prochaine. C’est pourquoi celle-ci fit promettre à toutes les créatures du monde qu’elles ne lui feraient jamais aucun mal. Pour bien le prouver à tous, les Ases, dieux nordiques, décidèrent de lancer toutes sortes de projectiles sur Baldr… Aucun ne parvint à l’atteindre, démontrant ainsi son invulnérabilité : Baldr était désormais à l’abri de tout danger. Pourtant le malin Loki vint trouver Frigg et celle-ci eut la mauvaise idée de lui signaler que seul le gui, jugé inoffensif, n’avait pas prêté serment. Alors Loki alla voir Hod, frère jumeau de Baldr, et lui conseilla d’envoyer une branche de gui avec son arc puissant (bien qu’il soit aveugle, Hod était bien connu pour être un formidable archer). C’est ainsi qu’il tua son frère sur le coup à son grand malheur et celui de tous les dieux. Ceux-ci n’abandonnèrent pas pour autant et Odin fit demander à Hel, maîtresse des enfers, à quelle condition elle acceptait de lui rendre son fils. Hel répondit qu’il fallait pour cela que toutes les créatures du monde expriment ce désir. Tous les êtres se mirent donc à se lamenter de la disparition du beau et sage Baldr. Tous, sauf Thokk, une géante qui s’y refusa. Ainsi donc, par ce seul refus, Baldr resta-t-il aux enfers et il n’en serait libéré qu’à la fin des temps, lors du Ragnarök. Mais au juste pourquoi Thokk avait-elle ainsi bloqué ce que tous désiraient ? La réponse était simple, puisque la géante n’était autre que Loki déguisé. L’ayant découvert, la colère des Dieux s’abattit sur lui. Et alors qu’il avait toujours échappé à leur jugement grâce à sa malice, Loki dut cette fois-ci s’enfuir à toutes jambes. C’est dans cette fuite qu’il se transforma en saumon, puis inventa le seul moyen susceptible de l’attraper : le filet de pêche. Ayant été repéré, il le détruisit aussitôt dans le feu, et plongea dans les eaux profondes. Hélas pour lui, il s’était fait observer, et grâce à un filet identique, les dieux finirent par le saisir. Ils l’attachèrent alors sur de grosses pierres et firent goutter un puissant venin au-dessus de lui. Sa femme veillait à ce qu’il ne l’atteigne pas en glissant une coupelle dans laquelle tombaient les gouttes. Mais à chaque fois qu’elle désirait la vider, le venin frappait son visage et ses tressaillements de douleur provoquaient les tremblements de terre. Lui-même ne serait libéré qu’à la fin des temps.


  • Œdipe …

    Laïos, roi de Thèbes, avait poussé le fils de Pélops à se suicider après l’avoir enlevé. Pélops le maudit alors, et lui prédit qu’il serait lui-même assassiné par son propre fils. C’est pourquoi il prit grand soin de ne pas se rapprocher de son épouse Jocaste. Mais une nuit d’ivresse, leur union ne put être évitée et en naquit un fils. Avisé de son funeste sort, Laïos décida de s’en séparer et l’abandonna les pieds attachés au sommet du Cithéron, une montagne proche de Corinthe. On l’y découvrit bientôt et on le nomma « aux pieds enflés », Œdipe, en raison des attaches qui l’avaient blessé. Puis il fut présenté à Polybe, roi de Corinthe, et son épouse lesquels en prirent grand soin. Il grandit à leur côté, entouré de leur amour. Mais parvenu à l’âge adulte, une personne l’informa qu’il n’était en aucune sorte leur fils, le poussant à consulter l’oracle de Delphes. C’est là que la plus énigmatique des réponses lui fut proposée : l’oracle lui annonça en effet qu’il tuerait son père, et épouserait sa mère. Frappé d’effroi, Œdipe décida de fuir loin de Corinthe, et de ses parents supposés et se rendit en Boétie. Sur le chemin, il se prit de querelle avec un cocher et son passager et la dispute s’envenimant, les tua. Puis il gagna Thèbes et alors qu’il s’en approchait, il apprit que la cité était terrorisée par la Sphinge. Se rendant auprès d’elle, sur un tapis d’ossements attestant sa cruauté, il dut répondre à une étrange question : « Quelle est la créature qui a quatre pattes le matin, deux à midi, et trois le soir ? » L’évidence le frappa et, répondant qu’il s’agissait de « l’homme », la Sphinge se précipita dans le vide, libérant la Cité ! Il y entra en héros, et gagna la main de la reine qui venait de perdre son époux. Leur union donna naissance à quatre enfants et vingt ans passèrent. C’est alors qu’une peste terrible frappa la Cité. Œdipe, son roi, mit tout en œuvre pour la combattre et accueillit les dires de l’oracle de Delphes avec soulagement, et colère. Ce dernier était formel : il fallait débarrasser la Cité du meurtrier de Laïos, cause de ce grand malheur qui s’abattait sur la ville. Œdipe convoqua le vieux Tirésias qui en savait bien plus qu’il ne le disait. Sous ses menaces, le vieil homme aveugle lui apprit qu’il n’était autre que le meurtrier et rappela la prédiction de Pelops selon laquelle le père serait tué par son fils. Se refusant à croire à de telles inepties, Œdipe s’emporta contre Tirésias ainsi que Créon, frère de Jocaste. Celle-ci attesta que cela ne pouvait être, car leur fils était mort sur la montagne du Cithéron ! C’est alors que tout devint clair et que le drame épouvantable éclata au grand jour. Le vieil homme qu’il avait tué sur le chemin de Thèbes n’était autre que son père, et la reine Jocaste sa mère. Celle-ci se pendit aussitôt. Quant à Œdipe, fou de douleur, il se perça les yeux avec la fibule de Jocaste. C’est aux bras de sa fille Antigone qu’il quitta la Cité. On dit qu’il trouva refuge grâce à Apollon dans les bois de Colone, près d’Athènes.