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  • Nolence Moses Mwangwego… un alphabet pour le Malawi

    Mlungu dalitsani Malaŵi / Mumsunge m’mtendere / Gonjetsani adani onse / Njala, nthenda, nsanje… « Ô Dieu, bénis notre terre du Malawi / Fais-en sorte qu’il demeure une terre de paix / Terrasse tous les ennemis / Faim, maladie, jalousie. » ! Ainsi débute l’hymne national du Malawi, en langue chichewa. Le chichewa (ou chewa), également dénommé nyanja, appartient aux langues bantoues. On le parle également en Zambie, au Zimbabwe et au Mozambique. D’autres langues sont pratiquées au Malawi comme le tumbuka, le yao ou encore le ngoni. Toutefois le chichewa est la langue nationale du Malawi aux côtés de l’anglais, langue officielle. On dit que le nom chichewa du pays, Maláŵi, viendrait du royaume du Maravi et désignerait des « flammes », en l’occurrence celles du soleil apparaissant à l’horizon du lac Malawi telles qu’on les trouve sur le drapeau. La standardisation de l’écriture eut lieu en 1973 sur base latine, avec la publication des nouvelles règles d’orthographe du chichewa actualisant celles de 1931. Néanmoins une autre possibilité est offerte aux langues du Malawi ainsi que s’y est magnifiquement attelé Nolence Moses Mwangwego (1951-). Celui-ci a effectivement développé à partir de 1979 un alphabet qui porte son nom, mwangwego, de nouveaux symboles ayant ajouté en 1993.

     

    A a

    B b C c ch

    D d

    E e F f

    G g

    H h I i J j

    K k

    kh

    L l M m

    N n

    ng

    ng’/ŋ O o

    P p

    ph

    R r S s

    T t

    tch

    th U u

    V v

    W w

    Ŵ ŵ

    Z z

     

  • Les Mots De :

  • jalousie

    « Dès que je côtoie l’Amour, c’est l’Art qui me rattrape par derrière. Il est jaloux. Il veut que je lui sois fidèle. Suis-je heureux ainsi ? Je n’en suis pas sûr. »


    Les Mots De


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  • Veillée :

  • L’Eldorado… et le lac de Bacatá

    (légende chibcha) Il était une fois un roi follement amoureux. Il faut bien dire que son épouse, venant d’une autre tribu, ne manquait pas de rayonner sur tout son entourage. Et aux débuts, leur amour fut prospère, puisqu’une fille en naquit. Hélas, le roi manquait sérieusement à ses devoirs, et il ne tarda pas à délaisser son épouse pour se livrer à toutes sortes de divertissements ! Il passait son temps en compagnie d’autres jeunes femmes, et la reine en fut bouleversée. Elle finit elle-même par se détourner de lui, et porta son regard de braise sur un beau et fier guerrier qui à son tour en fut follement épris. Leur union secrète suivit. Jusqu’à ce qu’un jour, elle fut découverte par le roi. Celui-ci ordonna qu’on le torture… Puis fut annoncée la tenue d’un grand festin pour la reine. Aucun luxe n’avait été mis de côté. Les tables étaient somptueuses et les mets abondants. Plus encore, un plat spécial attendait la souveraine.

    Elle y porta ses lèvres avec appréhension, quand le roi lui apprit qu’il s’agissait du cœur d’un animal rare et sauvage. La reine n’eut alors aucun besoin d’explication pour comprendre qu’il s’agissait du cœur de son amant. Folle de douleur, elle se rua sur sa fille, et l’emmena en courant jusqu’à la lagune de Guatavita, dans les eaux de laquelle elles s’enfoncèrent profondément. C’est à cet instant que le souverain pris de remords comprit enfin sa propre faute et demanda qu’on lui restitue le corps de son épouse, se rappelant combien il l’avait aimée dès le premier regard, et pourtant délaissée sans raison. Les sorciers lui répondirent qu’elle n’était pas morte, mais qu’elle vivait dans un palais au fond du lac, en compagnie d’un dieu-serpent. Le roi se soucia ensuite de sa fille et pria qu’on la lui rende. C’est ce que l’on fit, mais celle-ci était aveugle désormais et on décida donc de la laisser repartir. La reine, à présent divinisée (et transformée en serpent), se vit régulièrement offrir des offrandes d’or lors de cérémonies rituelles. Ces rites furent bientôt conduits pour l’élection d’un nouveau zipa (« roi »). Dans une ambiance de jeûne et de préparation à la fête, des masques et vêtements particulièrement riches étaient produits. Puis le jour venu, le roi se plaçait dans une embarcation et se dirigeait au centre du lac circulaire. Alors au moment même où le soleil levant touchait la barque et son corps, il se débarrassait de sa cape, laissait voir son corps recouvert de poussière d’or. Il ne restait plus qu’à jeter or et émeraudes au fond du lac tandis que débutait la fête. Au fait, ce roi régnait sur Bacatá, qui n’est autre que la cité qui donna son nom à la capitale actuelle de la Colombie, Bogotá (4°36 N / 74°04 O). Quant à cette légende, reprise par les Conquistadores et notamment Benalcázar, elle alimenta sérieusement les rumeurs et donna naissance au mythe de l’Eldorado.


  • Le raga du feu

    Il était une fois un grand maître de veena dont la réputation avait franchi les limites des royaumes… Il était également un conseiller du roi, qui était son plus grand ennemi. Le conseiller avait déjà à plusieurs reprises tenté de lui nuire – sans succès. Mais il eut un jour une terrible idée. Tandis que l’anniversaire du roi approchait, il proposa que le maître joue à cette occasion « le raga du feu ». Le morceau était sublime, et tout le monde était réjoui à l’annonce de l’entendre. Un seul problème subsistait toutefois car quiconque interprétait ce raga à merveille, et sans nul doute cela serait le cas, était assuré d’une chose : se consumer et périr. Néanmoins, à la demande du roi, le maître accepta.Le jour venu, il s’installa devant la cour et entreprit de donner sa dernière représentation. Dès les premières notes, chacun fut ébloui. Son jeu n’était pas seulement exceptionnel, il atteignait la perfection. Le conseiller affichait plus que tous sa satisfaction puisque, très bientôt, son vil projet serait exaucé : le maître s’évanouirait dans les flammes. Or, contrairement à son attente, et à la crainte de quelques uns, il acheva son air sans que rien de tel ne se produisît. Tout au contraire, il se leva, salua respectueusement le roi et les membres de la cour, parmi lesquels le conseiller, puis quitta le palais. Il traversa alors la cité, et rejoignit sa fille bien loin du palais. Là, il lui prit les mains et lui sourit avec tout le respect et l’admiration qu’un père peut avoir pour son enfant. D’autant plus qu’en tant que sa meilleure disciple, celle-ci venait ce soir, parallèlement à la représentation de son père, d’exécuter à merveille le raga de l’eau, seul antidote connu pour apaiser celui du feu.