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  • ornithorynque

    « Ornithorynque : Mammifère improbable et néanmoins monotrème qui pond des œufs et vit le long des rivières de l’Australie orientale jusqu’à la Tasmanie. L’ornithorynque porte un bec de canard, une queue de castor et des pattes de loutre, ce qui en fait un excellent nageur. Lorsque les naturalistes européens le découvrirent à la fin du dix-huitième siècle, d’abord à travers des dessins et une fourrure, ils crurent à un canular et crièrent à la chimère. On pensait même qu’il était un montage cousu par un taxidermiste facétieux.
    En fait, l’ornithorynque, littéralement le mammifère « à bec d’oiseau comme un canard » a non seulement étonné les Européens, mais déjà les Aborigènes racontaient un mythe selon lequel l’animal résultait d’un accouplement, quelque peu forcé, entre une cane et un rat d’eau. Ailleurs, c’est Dieu lui-même qui commit cette créature en raclant les fonds de tiroir de la morphologie animale. Et ce que j’aime dans l’ornithorynque, c’est que le nom, si poétique qu’on résiste mal à la tentation de l’écrire avec deux « y » pour le rendre plus grec et donc plus étrange, ressemble à la chose ; ce qui, au fond, donne raison à Cratyle contre Platon, conséquence pour le moins inattendue, me direz-vous. Et pourtant il bouge : l’ornithorynque est bien dans notre monde, dans nos pensées, nos fantaisies ; un capriccio bien vivant et agissant, inclassable, qui passe de la loutre au canard (la réciproque est vraie), de l’eau à la terre et de la rive au fleuve, de la réalité au mythe, qui sort de la Préhistoire pour surgir, incongru, dans le temps présent. L’ornithorynque, si étrange pour nous, nous est pourtant bien proche ; il traverse notre imaginaire et il l’élargit à de nouvelles (ou à de très anciennes) dimensions. Il enrichit notre bestiaire fantastique. »


  • Veillée :

  • Rat musqué…

    Un mythe originel raconte que le monde était autrefois peuplé d’animaux et vivait en paix. Hélas ceux-ci se disputèrent et il fallut que le Grand Esprit y mette un terme. C’est ainsi que le déluge les raya tous, ou presque, de la surface de la terre. Puis il fallut repeupler, et Wisakedjak demanda alors aux quelques animaux ayant survécu de plonger au fond des océans pour en revenir avec une poignée de terre. Nombre s’y essayèrent, comme le castor, la loutre, le canard… sans succès ! C’est alors que le rat musqué plongea à son tour. Trois soleils passèrent sans qu’on le vit refaire surface. Aussi le crut-on mort. Puis enfin il réapparut, au soulagement de tous, un sourire au coin des lèvres. Il avait réussi ! Wisakedjak accueillit cette poignée de terre non sans émotion et la déposa sur le dos de la tortue. Ainsi put reprendre le cours du nouveau monde, flottant sur une carapace de tortue. (s. : anishinabenation.ca).