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  • Il pleut…

    Il pleut…
    Il pleut et Lu Ban, le magistral charpentier, ainsi que sa sœur rivalisent d’exploit pour s’en protéger…
    Il pleut et le Serpent arc-en-ciel joue avec la pluie, au fondement des mythes…
    Et là Enkutatash annonce en Éthiopie le Nouvel An et la fin des pluies,
    De même que le Guéréwol et ses danses le font à Cure-Salée au Niger…
    Ici Chaac, dieu de la pluie, domine l’espace d’Uxmal…
    Et là le delta de l’Okavango voit la synchronisation des rythmes biologiques

    « Paix, pluie, prospérité… » Serait-ce la devise du Lesotho ? Ou celle d’une grande part de l’humanité ?

    « Mitra, qui a la force de la pureté, et Varouna, qui est le fléau de l’ennemi, accordez la pluie à la prière qui vous implore »

    Partout la pluie a fait l’objet d’attentions et de rituels
    N’est-elle pas source de vie ?
    Ne vient-elle pas mettre un terme à la douleur de la terre ?
    Toutefois qu’on y prenne garde, car il est également des pluies qui dévastent
    Des pluies qui déferlent
    Et dont l’illustre déluge compte en bien des lieux la suprême sanction…
    Épopée de Gilgamesh avec Uta-Napishtim
    Pyrrha et Deukalion chez les Grecs
    Yao et Fa Li en Chine
    Inuit, Sioux, Mayas…
    Tandis que le Mont Ararat se dresse comme une rédemption…

    Phénomène météorologique étudié avec soin
    Jouant un rôle prépondérant dans le cycle de l’eau
    Naturellement acide, parfois toxique,
    Fréquente, surabondante ou au contraire rare, voire inexistante
    Ainsi vient ou ne vient pas la pluie…
    Entre la lassitude qu’elle peut inspirer à celles et ceux qui en sont nantis,
    Et l’espérance de vivre que nombre placent en elle…


  • Veillée :

  • Un parapluie de soie

    (Histoire de Chine) Lu Ban, le grand maître charpentier, et sa sœur se promenaient dans la si belle ville de Hangzhou… Le printemps était en fleurs et le spectacle proche du lac les saisit de beauté. Mais alors qu’ils arrivaient dans un lieu enchanteur, une pluie soudaine s’abattit sur eux et il ne fallut guère de temps pour qu’ils soient entièrement trempés. C’est alors que la sœur de Lu lui fit observer une chose étrange : « Comment, lui dit-elle, tu es un si grand maître qui peut tout réaliser, or une simple pluie suffit à nous mettre dans un tel état ! Je te propose donc que nous fassions un concours. Voyons lequel de nous deux pourrait inventer la meilleure solution à cette situation ! » Lu Ban sourit tout d’abord, pensant que c’était une blague. Pourtant devant l’air sérieux de sa sœur, il finit par comprendre qu’elle avait réellement envie de se lancer dans cette épreuve ! Alors tous deux se mirent d’accord pour y consacrer la nuit suivante. « Nous arrêterons au chant du coq, dit la sœur, et nous verrons alors qui a gagné ! ». Ainsi fut fait. Chacun de son côté commença à travailler et la nuit ne fut pas de peu pour les aider à accomplir une telle tâche. De son côté, Lu Ban, ne tarda pas à construire un premier pavillon à quatre piliers. Ce serait un abri parfait pour venir s’y protéger en cas de pluie. Il était assez heureux de son travail quand il pensa qu’il serait sage d’épier ce que faisait sa sœur. Il se rapprocha de sa chambre : aucun bruit ! Il trouva cela étrange, et repartit donc de plus belle envisageant d’édifier un second pavillon, à six piliers celui-là. Il ne savait pas alors que sa sœur l’observait secrètement et celle-ci s’amusa même à imiter le cri du coq. Aussitôt Lu Ban posa ses outils, bien que le pavillon ne fût pas achevé. Mais bien sûr, il ne tarda pas à constater qu’on lui avait fait une farce, et il reprit son travail un peu irrité. Emporté par son élan, ce ne sont pas moins de neuf pavillons qu’il parvint ainsi à élever en une seule nuit. Un véritable exploit. Et le vrai coq chanta pendant que Lu Ban construisait un dernier pavillon, et qu’il n’en avait achevé que trois côtés. Lu Ban pouvait être satisfait : le spectacle de tous ces pavillons bordant le lac était magnifique. C’est alors que sa sœur sortit de sa chambre. Il l’aperçut de loin tandis qu’elle tenait au-dessus de sa tête un curieux toit mobile. Elle avançait en s’agrippant à un fin pilier et Lu Ban ne comprenait pas vraiment de quoi il pouvait bien s’agir. Quand il l’examina de plus près, Lu Ban fut stupéfait : cet instrument était d’une grande beauté, composé de trente-deux arêtes, recouvertes de soie, décoré du thème du phénix et de la pivoine, capable de s’ouvrir et de se fermer. Ainsi venait d’être inventé le parapluie. Le grand charpentier n’était pas homme à nier le succès d’autrui, et il rendit un vif hommage à sa sœur qui avait réalisé le plus magnifique moyen de se protéger de la pluie. Celle-ci eut beau louer à son tour le prodige de son frère, capable de construire ce qu’aucun autre homme n’aurait pu réaliser en une seule nuit, il n’en démordit pas : ce parapluie mobile était à ses yeux la réponse même au défi qu’ils s’étaient posé la veille. Et c’est ainsi que Lu Ban ne manqua plus jamais de demander conseil à sa sœur dans ses futurs travaux.