• Indéfinition principale :

    mariage 

    Union de deux personnes, parfois plus, contractant une alliance au regard de la loi ou/et de la religion, dans le but de fonder une famille (se reproduire, adopter) ou/et de consolider un attachement et une affection mutuelle, ou/et d’acquérir un statut social, ou/et de bénéficier d’avantages spécifiques (fiscalité par ex.), etc. – L’engagement qui en résulte confère aux protagonistes de l’union des droits et devoirs variables selon la culture, le sexe, le rang dans la société, etc. – Du mariage d’amour au mariage arrangé, voire forcé (pouvant procéder du kidnapping par ex.), les conditions qui accompagnent les débuts de cette union, augurent ou non du bien-être que chacun y trouvera – Enfin, selon les codes civiques ou spirituels en vigueur, le mariage peut être considéré inaliénable (ou non).

  • Articles :

  • Les jeunes filles kreungs : à la recherche de l’âme sœur…

    Chez les Kreungs au Cambodge
    L’heure est à la recherche de l’âme sœur
    Ou du corps frère

    Pour y aider
    Les parents de la jeune fille de 13, 14 ans
    Ont construit une hutte en bois
    Qu’ils ont confiée à sa garde

    Désormais, chaque nuit
    Elle pourra y recevoir ses prétendants
    Et tester leur amour

    Forte de son choix
    Ayant pu juger, apprécier ou rejeter les demandeurs
    En toute liberté, et sans qu’ils puissent s’en offusquer
    Elle présentera bientôt l’élu de son cœur à ses parents

    On dit que chez les Kreungs
    Existe une égalité parfaite entre hommes et femmes…


  • Une union, une unité : Ruth et Seretse…

    Un regard a suffi
    Et la flamme a fait le reste
    Seretse Khama
    Et Ruth Williams
    Se sont promis fidélité, amour et justice
    Et leur vie en témoigne

    Témoignage contre l’adversité
    Témoignage contre la ségrégation raciale
    Témoignage contre la tentative de le déstabiliser
    Ainsi que son pays

    Au fait, Seretse Khama
    Est Roi de Bangwato
    Et son nom, Seretse,
    Signifie : « l’argile qui lie »

    Malgré les oppositions de toutes sortes
    Malgré les dénis de justice
    Malgré l’exil,
    Ces deux-là tiendront bon
    Et en 1966
    Seretse Khama deviendra
    Après l’indépendance
    Le premier président
    du Botswana…

    Leur fils
    Seretse Khama Ian Khama
    Devient à son tour président en 2008
    Réélu en 2014…

    We are convinced that there is justification for all the races that have been brought together in this part of Africa, by the circumstances of history, to live together in peace and harmony, for they have no other home but Southern Africa. Here we will have to learn how to share aspirations and hopes as one people, united by a common belief in the unity of the human race. Here rests our past, our present, and, most importantly of all, our future. » – Seretse Khama – speech at the national stadium on the 10th anniversary of independence in 1976. As quoted in Thomas Tlou, Neil Parsons and Willie Henderson’s Seretse Khama 1921-80, Macmillan 1995. (thoughtco.com)

     

    Un film « A United kingdom » paru en 2017 rend hommage à leur couple et à leur combat…


  • Indéfinition :

  • Khama Seretse

    Premier Président du Botswana à partir de l’indépendance en 1966, Seretse Khama (1921-1980) est le témoin d’une transformation d’ampleur de son pays à laquelle lui-même a largement contribué. Transformation qui s’appuya entre autres sur la découverte de ressources diamantaires qui devait faire de ce pays extrêmement pauvre, un champion de la croissance. Il est également connu pour son mariage avec une femme anglaise Ruth Williams qui déclencha le courroux et la tentative d’obstruction de la part de tous les partisans de la ségrégation raciale. Le courage et la détermination de leur couple eurent raison de l’adversité, et malgré leur exil (ou peut-être en partie en raison de celui-ci), son retour au pays devait lui valoir le respect des défenseurs de l’indépendance.

    Une indéfinition n'est jamais définitive - Vous pouvez la modifier ou la compléter selon vos propres pratiques, opinions, savoirs, cultures, histoire.


  • mari

    Personne de sexe masculin au sein d’une union maritale.

    Une indéfinition n'est jamais définitive - Vous pouvez la modifier ou la compléter selon vos propres pratiques, opinions, savoirs, cultures, histoire.


    Indéfinition


    Thème(s) :

    Tags :

  • marier (se)

    Contracter un mariage*.

    Une indéfinition n'est jamais définitive - Vous pouvez la modifier ou la compléter selon vos propres pratiques, opinions, savoirs, cultures, histoire.


    Indéfinition


    Thème(s) :

    Tags :

  • mizuhiki 

    Corde qui fixe les cadeaux offerts au Japon dans de grandes occasions (naissance, réussite, mariage, mais aussi décès).

    Une indéfinition n'est jamais définitive - Vous pouvez la modifier ou la compléter selon vos propres pratiques, opinions, savoirs, cultures, histoire.


  • Les Mots De :

  • mariage

    « Chez nous, un mariage dure une semaine (aujourd’hui plutôt 2, 3 jours). Le soir toutes les femmes viennent, avec leurs tambours. Ce sont de petites associations exclusivement composées de femmes… qui vont dans les mariages.  Elles s’occupent de l’animation, et de tout ce qui va autour… Elles contribuent entre elles pour acheter les grands récipients. On ménage un espace dehors… pour installer les feux. On amène le bois. On trie le riz. On pile les épices dans les mortiers. On pile le massala. Puis on prépare les repas : des milliers parfois ! On lave la vaisselle, peu puisque les feuilles de bananiers servent d’assiettes et on mange avec les doigts. C’est un repas végétarien essentiellement, sept plats différents avec du riz, des puris (galettes frites à l’huile), des légumes de saison… Miam… Un mariage est réussi en fonction du nombre d’invités. Les gens se vexent si on n’est pas venu les inviter chez eux. Avec la carte d’invitation… Mais on se vexe encore plus, si quelqu’un nous dit qu’il n’a pas pu venir car il avait du monde à la maison… Il faut que tous viennent ! On réalise aussi des quantités de gâteaux qu’on met dans des sachets pour les invités. Il n’y a pas d’endettement car il y a une entraide très importante. D’ailleurs on prépare le mariage deux ans à l’avance. On économise pour cela. Aussi quand je vais à Maurice, je demande toujours : il n’y a pas un mariage ? »


    Les Mots De


    Thème(s) :

    Tags :

  • Citation :

  • histoire 

    « L’image que nous avons des autres peuples, ou de nous-mêmes, est associée à l’Histoire qu’on nous a racontée quand nous étions enfants… Sur cette représentation qui est aussi pour chacun une découverte du monde, du passé des sociétés, se greffent ensuite des opinions, des idées fugitives ou durables, comme un amour… alors que demeurent indélébiles les traces de nos premières curiosités, de nos premières émotions. » Marc Ferro – Comment on raconte l’histoire aux enfants


  • Veillée :

  • Aller à cheval et regarder les fleurs…

    … Il était une fois dans le vaste empire chinois, un jeune homme de bonne société qui se nommait Guiliang. Le pauvre garçon avait à déplorer une jambe défectueuse et ne parvenait pas à se marier. Il était également en ce même empire, et dans le voisinage du précédent, une jeune fille de bonne famille qui se nommait Ye Qing. La pauvre enfant avait à supporter un appendice nasal disproportionné, lequel lui causait quelque ennui dans sa recherche de l’âme-sœur. Guiliang profita un jour de la perspicacité de son ami Hua Han pour tenter de résoudre son problème. Les circonstances voulurent qu’à la même époque on fit également appel aux services de ce dernier afin de trouver époux à l’infortunée Ye Qing. Hua Han ayant évalué la difficulté de la tâche organisa son stratagème. Ce fut ainsi par une matinée souriante que le jeune et fringant Guiliang passa à cheval devant la demeure d’une délicieuse jeune fille. Alors que sa monture l’avait conduit au plus proche de la belle enfant, celle-ci plongea son joli minois dans un superbe arrangement floral d’où jaillirent ses yeux langoureux et complices. Le cœur de nos deux protagonistes vibra bien sûr d’un même élan, et le respectable ami Hua Han arrangea bientôt les détails de leur union. Un proverbe chinois en quatre caractères rappelle encore aujourd’hui la légèreté de tels jugements. On pourrait le transposer par « aller à cheval et regarder les fleurs ».


  • Baba Yaga…

    Il était une fois un homme qui se remaria. Il avait déjà une fille et malheureusement, sa belle-mère lui voulut aussitôt du mal. Un jour, elle lui demanda d’aller voir sa sœur qui habitait assez loin, pour lui demander une aiguille et du fil. La petite-fille mit un fichu rouge sur sa tête et partit pour accomplir sa mission. Mais en chemin, un doute lui vint. Aussi préféra-t-elle s’arrêter auparavant chez sa vraie tante, une brave dame qui l’accueillit avec plaisir. Alors qu’elle venait de lui raconter quelle était sa mission, sa tante s’écria : « Ô ma pauvre enfant, sais-tu que la sœur de ta marâtre n’est autre que Baba Yaga, la terrible ogresse ! » La petite-fille trembla de tout son corps, mais ne se découragea pas pour autant d’autant que sa brave tante lui conseilla d’apporter du jambon pour le chat, de l’huile pour la barrière, un ruban rouge pour le bouleau, enfin du pain tendre pour les chiens. Ainsi rassurée, la petite-fille arriva chez l’ogresse. « je suis venue t’emprunter du fil et une aiguille, lui dit-elle tentant de masquer sa terreur. » Baba Yaga s’en réjouit et tandis qu’elle passait dans la pièce d’à-côté, demanda à cette petite sotte de patienter en tissant. C’est alors que la petite-fille l’entendit exprimer sa joie à sa servante : « J’ai un beau repas pour le dîner, prépare-moi un bon feu ! » La servante vint avec du bois dans la pièce et la petite-fille lui sourit. Celle-ci lui offrit même son fichu rouge et la vieille domestique le mit aussitôt sur sa tête. Baba Yaga appela pour savoir si la petite-fille continuait à tisser : « Oui, ma tante, lui répondit-elle ». Mais elle s’apprêtait plutôt à s’enfuir. À ce moment-là, un chat effrayant bondit devant elle prêt à lui crever les yeux. Mais se souvenant des conseils de sa bonne tante, elle lui donna un morceau de jambon. Quand il l’eût fini, elle lui demanda : « Comment puis-je m’enfuir ? » « C’est simple, la conseilla le chat, prends cette serviette et ce peigne, et si Baba Yaga te rejoint, jette d’abord la serviette par terre ! Et si elle te rattrape de nouveau, jette le peigne ! » Alors la petite-fille sortit de la maison. Il ne fallut pas longtemps pour qu’elle se trouve devant la barrière qui voulut lui bloquer le passage. Toutefois, elle avait une petite burette d’huile pour l’amadouer et après l’avoir versé, la barrière fut si satisfaite qu’elle s’ouvrit complètement. À son tour le bouleau voulut l’arrêter, et tournoya violemment devant elle. Mais la petite-fille noua un ruban à une branche, et le bouleau se redressa calmement. Enfin deux chiens monstrueux voulurent à leur tour lui bloquer le passage. Elle se contenta de leur donner du pain tendre, et ils l’acceptèrent de bon cœur. Il ne lui restait désormais qu’à prendre ses jambes à son cou. Pendant ce temps BabaYaga avait fini par découvrir sa fuite et s’en prenait à tout le monde, frappant et vociférant. Mais chacun eût tôt fait de lui signaler que la petite-fille avait en une seule journée été plus gentille que Baba Yaga depuis des années ! Alors l’ogresse furieuse se mit à courir après son dîner. La petite-fille l’entendant gagner du terrain se souvint de ce que lui avait conseillé le chat et jeta la serviette par terre. Aussitôt celle-ci se transforma en une rivière si large que même l’ogresse ne put la franchir. Baba Yaga n’était pas à court d’idées : elle s’empressa d’aller chercher ses trois puissants bœufs et de leur soif immense, ils parvinrent à boire l’eau de la rivière jusqu’à sa dernière goutte. De nouveau Baba Yaga menaçait la petite-fille qui jeta alors le peigne. La plus luxuriante des forêts sortit de terre et cette fois-ci l’ogresse dut renoncer à la poursuivre. À bout de souffle, la petite-fille regagna enfin la maison où son père inquiet l’attendait. Elle lui fit le récit de tout ce qui s’était passé, et le brave homme décida sur-le-champ de sortir son fusil et de tuer la marâtre. Et le bonheur revint dans sa maison qui plus jamais ne désunit le père et sa fille.


  • Bellérophon…

    Bellérophon est le fils de Poséidon et de la reine d’Ephyre, elle-même épouse de Glaucos, fils de Sisyphe. Il doit son nom au meurtre du tyran de Corinthe Belléros, soit « meurtrier de Belléros ». C’est pour l’expier qu’il se rendit à la cour de Tyrinthe auprès du roi Proteos. S’il y fut bien accueilli, la femme de ce dernier tenta de gagner ses faveurs. L’ayant repoussée, elle l’accusa faussement de l’avoir séduite. Proteos ne voulant pas briser les lois de l’hospitalité, décida de l’envoyer auprès de son beau-frère, Iobatès, roi de Lycie tout en le mandant de lui remettre un message scellé qui le condamnait à mort. C’est dans ce but qu’il fut prié de combattre Chimère, assuré de son funeste sort. Mais Athéna vint à son secours en lui permettant d’apprivoiser Pégase, auprès de la fontaine de Pirène. Il affronta donc la monstrueuse Chimère en sa compagnie et grâce à un bloc de plomb qu’il plaça dans sa gueule, lui brûla les entrailles. Revenu auprès de Iobatès, celui-ci lui confia à présent d’autres épreuves qu’il surmonta pareillement. Il défit ainsi les terribles Solymes, vainquit les Amazones… Devant tant de bravoure, Iobatès reconnut son erreur, et lui offrit sa fille Philonoé en mariage dont il eut trois enfants, ainsi que la charge de sa succession. Hélas Bellérophon fut gagné par l’orgueil et c’est pourquoi il revint se venger de Sthénébée qu’il entraîna sous un faux prétexte sur le dos de Pégase avant de la précipiter dans les flots. Puis il voulut gagner l’Olympe et vola avec une telle obstination, que Zeus décida de le punir en le faisant chuter sur terre, où il demeura, pauvre et errant, jusqu’à sa mort.


  • Danaos et les Danaïdes…

    Danaos avait 50 filles, les Danaïdes.
    Egyptos, son frère, 50 fils.
    Il proposa donc leur mariage afin d’éviter les querelles de succession.
    Toutefois Danaos craignant que les fils d’Egyptos n’en profitent pour se débarrasser de leurs épouses
    Prit la fuite avec elles.
    Finalement rejoints, et sous la menace,
    Le mariage eut lieu.
    Mais Danaos ne s’était point avoué vaincu.
    Il ordonna à ses filles de placer une épingle dans leurs cheveux
    Et, au moment opportun,
    De s’en servir pour mettre à mort leurs époux.
    Toutes y consentirent
    Sauf Hypermnestre
    Laquelle épargna son époux, Lyncée.

    C’est lui qui quelque temps plus tard
    Devait mettre à mort Danaos et ses filles
    Puis régna sur Argos en compagnie d’Hypermnestre.

    En raison de leur crime
    On dit que les Danaïdes
    Furent condamnées aux Enfers
    À remplir une jarre percée.
    Une expression en est restée
    « Le tonneau des Danaïdes »
    Désignant un acte
    Condamné à se poursuivre sans fin…


  • Dans les effluves du khât…

    On raconte qu’une jeune fille prit époux et que dès qu’ils furent mariés les amoureux partirent s’installer loin de la demeure de ses parents. Or ceux-ci voyant les mois passer, se languirent bientôt de leur enfant tant aimée. C’est pourquoi ils décidèrent de lui rendre visite. Le père comme la mère désiraient ardemment entreprendre ce voyage, mais celui-ci était long et périlleux. Aussi fut-il finalement conclu que seul l’homme s’y rendrait en prenant soin d’être accompagné de ses meilleurs amis. Le voyage débuta, et on chargea une brebis des victuailles et de l’indispensable qât (ou khat), qui rend fort. Mais très vite, la fatigue se fit sentir et à la tombée de la nuit, les compagnons jugèrent plus sage de prendre des forces d’autant que le chemin était à présent plongé dans l’obscurité. Ils résolurent alors de s’arrêter à un jawal, petit refuge, le temps que la lune apparût et les éclaire de sa bienveillante lumière. Après s’être un peu restauré, ils constatèrent que leur projet de reprendre la route nocturne serait bientôt compromis car la fatigue aidant, le sommeil commençait à les gagner. « Et si on prenait un peu de khat, proposa l’un d’eux » Aussitôt la joyeuse équipe se mit à mâcher les feuilles euphorisantes et la force ne tarda pas à les rejoindre. Mais, tandis qu’ils retrouvaient de l’élan, une autre conséquence ne manqua pas de se manifester. Dans leur euphorie, les sept amis eurent bientôt des visions. Et une forme d’inquiétude les gagna. N’était-on pas au cœur de la nuit, au moment où les esprits rôdent ! Et si l’un d’entre eux avait été dévoré par une bête sauvage. D’ailleurs, étaient-ils toujours sept ? Il fallait absolument se compter pour en avoir le cœur net. L’un d’entre eux débuta le décompte et, comble d’horreur, n’en trouva que six. Un autre le bouscula un peu, et se mit à recompter. Hélas il parvint au même résultat. Il faut bien dire que le qât agissant à la faveur de leurs excès, les encourageait à effectuer un calcul sans se compter eux-mêmes dans le lot. Et tous parvenaient à la conclusion qu’un membre du groupe avait été avalé par une créature monstrueuse. À cet instant, la brebis passant sa tête dans l’embrasure de la porte les en persuada. N’avait-elle pas des yeux de hyène ! Pauvre compagnon ! Des pleurs et des cris s’échappèrent de toutes parts car, à n’en pas douter, c’était là le sort qu’elle leur réservait à tous. Or un voyageur passant par là ne tarda pas à les entendre. « Que vous arrive-t-il ? s’interrogea-t-il alarmé par tant de frayeur. Ils lui expliquèrent par le détail ce qui s’était passé et l’homme ne mit pas beaucoup de temps à s’apercevoir qu’ils étaient sous l’emprise du khat. D’autant qu’une odeur singulière inondait la pièce. Il leur proposa donc de vérifier leurs dires et se posta à l’entrée du jawal tout en demanda à chacun à son tour d’en sortir. Ils convinrent que c’était là une bonne idée et chacun franchit le seuil. À chaque passage, le voyageur asséna un grand coup de bâton dans le dos de l’infortuné en lui demandant de hurler le chiffre de son passage. « Un » hurla le premier tout en se tenant le dos tout endolori. « Deux » « Trois » … « Sept » Ainsi fut démontré à tous que la pauvre brebis n’y avait rien à voir et les sept compagnons se promirent de poursuivre leur voyage en modérant leur consommation de khat. D’après ‘Alî Muhammad ‘Abduh – Sanaa, 1985.


  • Draupadi et les Pandavas

    Arjuna, l’un des cinq fils de Pandu, était sorti vainqueur de l’épreuve que Drupada avait imposée aux prétendants à la main de sa fille, Draupadi. Ayant en effet bandé l’arc et transpercé la cible (selon une légende connue d’une autre civilisation), Arjuna, le guerrier aux bras puissants, repartit donc avec ses frères annoncer l’heureuse nouvelle à Kunti, leur mère et belle-mère. À peine arrivé au palais, il se précipita auprès d’elle et lui annonça être porteur du plus grand des bonheurs ! Cependant dans l’empressement et la joie de retrouver ses enfants, Kunti devança ses explications et prononça le vœu d’un « partage de l’aumône entre eux tous ». Il était dit. Nul n’y pouvait plus rien. Afin de demeurer conforme au dharma, il fut convenu que la merveilleuse Draupadi deviendrait ainsi l’épouse des cinq frères.


  • Ganga…

    En ces heures germinales, en une époque où s’affrontaient dieux et démons, ces derniers avaient coutume de se réfugier dans les océans. C’est pourquoi les dieux demandèrent au yogi Agastya de leur rendre un petit service : celui d’avaler les eaux océaniques. Ce qu’il fit bien entendu sans hésiter. Et l’aide fut hautement appréciée car les démons ne pouvaient plus désormais se cacher. Ils furent réduits à néant. C’est alors qu’on pria Agastya de libérer l’océan qu’il avait englouti. Hélas, il l’avait digéré ! Débutèrent des temps de désolation. La sécheresse s’abattit, le désert gagna, et bien des activités essentielles et vitales, jusqu’aux rites de purification, furent contraintes d’être abandonnées. Pendant ce temps le roi Saagar qui avait de grands desseins s’apprêtait à sacrifier le cheval annuel qu’il laissait de coutume en liberté. Mais lorsqu’il voulut y procéder, ô comble de malheur, le cheval avait disparu. Il chargea ses soixante mille fils de le retrouver. Ceux-ci ne le déçurent point, car ils réussirent à le localiser chez le sage Kapila où l’animal avait effectivement choisi de faire halte. Ils ne tardèrent pas à l’accuser de vol ! Or, irrité par leurs accusations infantiles alors qu’il était en méditation, celui-ci ouvrit les yeux et les réduisit en cendres ! Le malheur frappa le cœur de Saagar qui pria Kapila de lui dire comment réparer cette erreur. Aussi le sage précisa-t-il que seul le Gange pourrait apaiser leur souffrance en baignant leurs âmes errantes. Il fallut alors implorer Brahmâ. Mais la mort vint trouver Saagar. Ainsi passèrent sept générations jusqu’à ce qu’un descendant, Bhagirath, reprît à son tour la prière pour le repos de ses ancêtres. Brahmâ en fut touché mais avertit que le déferlement du Gange serait terrifiant. C’est pourquoi il conseilla d’invoquer Shiva afin que celui-ci puisse retenir le Gange dans ses cheveux. C’est bien ce qui se produisit et grâce à ces sages conseils, les âmes des défunts purent s’y tremper et se libérer. Et la Terre regagna ses couleurs loin de la sécheresse qui s’était abattue sur elle…Le Gange devint ainsi le centre d’une sacralisation qui fait que les mariés accrochent des guirlandes d’une rive à l’autre, que les paysans du Bihar enterrent des pots remplis d’eau du Gange dans leurs champs ensemencés, et que s’y baigner, et mourir sa proximité, constituent l’aboutissement de toute vie chez les Hindous. Du reste, pour en revenir aux critiques hygiénistes soulevées plus haut, certains soutiennent que ses capacités d’auto-dépollution sont inégalées. Mais bien sûr, on nous dira qu’il faut y croire…


  • La fille du marabout…

    On dit qu’un marabout avait une fille et que celle-ci n’avait d’égale en beauté. Tout le monde s’accordait à déclarer qu’elle était le plus beau joyau de la Terre et bien sûr il n’était jeune homme qui ne rêvat de l’épouser. C’est ainsi que chaque peuple brûlait d’espoir de voir l’un des siens vivre à ses côtés. Les Peuls, qui sont éleveurs de renom, adressaient donc au marabout quantité de veaux et de lait. Les Bambaras, qui sont agriculteurs, l’aidaient à cultiver son champ et lui concédaient même partie de leur récolte. Les Maninkas, qui pratiquent le commerce des esclaves, lui apportaient maints captifs. Enfin les julas, qui savent le prix des coquillages, lui offraient des monceaux de cauris. Tous étaient impatients de connaître sa décision. Aussi accepta-t-il de recevoir leurs délégations. Recevant chacune d’elles, le marabout ne parvint à se décider. Il accueillit donc favorablement les quatre propositions, promettant à leurs délégués la main de sa fille. Mais comment cela pouvait-il être ! Le marabout en réponse fixa la date du mariage. Toutefois, tandis que celle-ci approchait, son indécision devenait de plus en plus insupportable. Devant une telle situation, Dieu lui adressa un ange, accompagné d’un âne, d’un chien et d’un chat. Le conseil divin était clair : la veille du mariage, la belle promise devait dormir dans la même case que ces trois animaux. Bien entendu le père indécis s’exécuta. Quand au matin, les prétendants vinrent connaître sa décision, le marabout ouvrit la porte de la case et, à l’effarement de tous, en sortirent quatre jeunes filles, toutes identiques et d’incomparable beauté. Le marabout pas plus que ses visiteurs ne trouvèrent une explication cohérente et, pire que tout, nul ne sut qui était la vraie jeune fille. Comme celle-ci n’en souffla mot, chaque délégation fut satisfaite et repartit au terme d’un mariage des plus miraculeux. Quant au marabout, son indécision avait multiplié son angoisse car à présent, il ignorait laquelle de ces quatre beautés était sa vraie fille. C’était là la punition que Dieu avait voulu lui infliger. Il mourut bientôt sans le savoir.


  • La valeur du sel…

    Un roi avait trois filles qu’il adorait tendrement. Son affection était sincère et pleine d’autant que leur mère avait disparu prématurément et qu’il souhaitait sauvegarder le souvenir de sa douceur. C’est pourquoi il décida un jour de confier à l’une d’elles son pouvoir. Il faut dire que dans ce pays, les femmes pouvaient accéder au trône. Aussi s’y préparèrent-elles avec tout le sérieux qui convient à la tâche. Toutefois laquelle choisir ? Le roi, leur père, eut ici la plus étonnante des idées afin d’assurer cette succession. Alors que son anniversaire approchait, il leur demanda de lui offrir en présent ce qu’elles jugeraient chacune indispensable à la vie, ainsi qu’à l’exercice de la charge suprême. Lorsque l’anniversaire eut lieu, elles se mirent toutes trois en rang devant lui porteuses d’un présent qu’elles avaient sélectionné en réponse à l’attente de leur père. Celui-ci passa leurs cadeaux en revue, manifestant tantôt joie, tantôt curiosité, voire même un peu d’agacement, puis leur fit savoir sa décision. Il appela la fille aînée laquelle lui remit une tunique mauve brodée d’or et incrustée de joyaux. « Voilà père, dit-elle, un attribut indispensable à votre charge et je suis heureuse de vous le remettre. Dieu nous fit tous nus à l’origine et nous dûmes nous couvrir. Mais chacun le fait selon ses moyens et sa charge, et le roi se doit de manifester ici son rang. » Il ne manqua pas de la féliciter car, assurément, la fonction d’un roi ne saurait s’exercer sans les qualités de représentation qui lui sont attachées. Or, seul le roi, pouvait être ainsi vêtu et ainsi en serait-il aussi de celle qui lui succèderait. Après les compliments qu’il lui adressa, il l’embrassa doucement sur le front et convoqua sa seconde fille qui à son tour lui offrit un objet précieux, et qu’il remercia tout aussi chaleureusement. Mais quand vint le tour de la troisième, celle-ci lui tendit une salière… en bois. Telle était à ses yeux, l’une des choses au monde dont la valeur était indépassable. Le roi, son père, entra alors dans une impressionnante colère. Pensant que sa plus jeune fille se moquait de lui, il la chassa du palais sur-le-champ lui ordonnant de ne plus jamais se présenter devant lui. Abattue et croulant sous le poids de toute son incompréhension, la jeune fille prit le chemin et ne cessa sa marche, des semaines plus tard, qu’au terme de son total épuisement. Elle avait atteint les limites du royaume, et par chance, une auberge l’y attendait. La propriétaire ne lui demandant pas les raisons de son infortune ni qui elle était, la recueillit chaleureusement. Et les années passèrent. Années inattendues, car la jeune princesse y acquit un savoir-faire exceptionnel. S’appuyant sur les connaissances culinaires de sa protectrice, elle développa un réel talent et finit par être connue à des lieues à la ronde. Pendant ce temps, sa sœur aînée s’apprêtait à se marier et les préparatifs allaient bon train. Naturellement, on convoqua au palais tous ceux qui pourraient assurer le succès de cette fête. La réputation de cette lointaine cuisinière d’exception n’avait pas échappé à la cour, et on la fit prier de diriger la mise en place du festin. Ce qu’elle accepta. Le jour venu, tous les convives étaient attablés, et commençaient à se régaler des mets les plus délicieux qui fussent. À cette précision près, que la cuisinière avait préparé un plat particulier pour le roi, son préféré, et celui-ci se félicitait déjà de cette marque d’attention. Pourtant à peine y eut-il goûté, qu’un dégoût s’empara de lui. Ce plat était immangeable ! Il fit venir la responsable sans tarder et la somma de s’expliquer. Il ne lui fallut guère de temps pour s’apercevoir qu’il avait sa plus jeune fille en face de lui, laquelle lui tendit pour la deuxième fois une salière en bois. Et cette fois-ci il comprit la valeur qu’elle lui avait jadis assignée et qu’il était aujourd’hui en devoir de reconnaître. On dit que les rires qui fusèrent durant tout ce mariage ne valurent pas les larmes de réconciliation que ces deux là partagèrent en cet instant.


  • Le ghoul à sept têtes…

    (conte berbère marocain) Dans le haut Atlas, vivait la princesse Tinarouz, belle comme un ange. Celle-ci n’avait qu’un rêve, se marier le jour où elle le déciderait. Or, elle jugea que ce jour devait coïncider avec le début du printemps et désirait qu’on lui offrît un splendide coffre en argent qui lui venait de son arrière-grand-mère. Son père, le sultan, y consentit. Hélas, le jour venu, nul prétendant ne se présenta, et la princesse en fut terriblement chagrinée. Heureusement, sa servante, Myriam, qui connaissait bien des choses, lui apporta une pierre en lui confiant que si elle la plaçait contre son cœur en exprimant un vœu sincère, il serait exaucé. Et c’est bien ce que fit Tinarouz, demandant à être mariée le jour de son prochain anniversaire. Ce jour-là, on fit venir le coffre et à peine l’eut-on ouvert qu’une stupéfaction gagna tout le monde : il contenait un magnifique jeune homme aux yeux si bleus et à l’allure si magnifique ! Tinarouz l’interrogea sur sa provenance, mais le bel inconnu resta mystérieux et se contenta de demander sa main au sultan si tous deux en avaient le désir. Certes, tel était le bien cas, mais comment s’assurer de sa bravoure, de son honnêteté ? Il fut décidé qu’il devrait combattre le « Ghoul à sept têtes » pour le mettre à l’épreuve. Le jeune homme trouva la proposition fort juste et partit aussitôt dans la forêt où vivait le monstre. Quand il l’eut atteinte, il ne lui fallut guère attendre pour que le Ghoul apparaisse, terrifiant et menaçant. Jetant des flammes, il aurait tôt fait de le réduire en cendres. C’est à cet instant que la rivière gonfla en leur proximité, tant et si bien qu’elle déferla sur la forêt. Le monstre en fut si décontenancé qu’il perdit un temps son équilibre et le jeune homme en profita pour trancher ses sept têtes. Revenant au palais, il eut tôt fait de présenter les têtes du Ghoul et obtint ainsi la main de la princesse. Ainsi débutèrent des temps de bonheur que nulle ombre ne vint ternir. Jusqu’à ce jour où… la princesse, de plus en plus curieuse, exigea que son bel amoureux lui confie sa provenance. Il refusa pour les mêmes raisons qui l’avaient encouragé au silence. Un malheur s’abattrait sur eux s’il lui indiquait. Mais elle insista avec tant de force qu’il commença à céder… C’est alors que la rivière qui l’avait hier sauvé, se déchaîna de nouveau et l’emporta avec elle : son bel époux venait de disparaître. Les semaines passèrent. Or un soir, Myriam se promenant près de la rivière, vit d’étranges lueurs s’animer à sa surface. Puis la rivière elle-même sembla bouillonner, et un vieil homme en sortit. Il s’assit sur un trône, et un jeune homme se plaça à ses côtés. Bien sûr, c’était le jeune époux de la princesse. Myriam se précipita auprès d’elle pour lui annoncer cette effarante nouvelle. Tinarouz se mit à danser devant eux et devant ce spectacle, le prince confia à son père que telle était celle qu’il avait épousée. Celui-ci comprit quel amour unissait ces deux êtres, et accepta de les laisser se retrouver. Il demanda toutefois qu’ils se rappellent toujours combien la curiosité pouvait être mauvaise conseillère. Puis il se retira avec les eaux, et les deux amoureux purent vivre dans le bonheur.


  • Le Grand Rama…

    Le Ramayana conte l’histoire du grand Rama, septième avatar de Vishnu, qui partit combattre le démon Ravana retranché à Sri Lanka… Son père était le roi d’Ayodhya, Dasaratha, lequel à cette époque n’avait pas de descendance mâle et en était affligé. En ce même temps, les dieux se désolaient du pouvoir du roi des démons Ravana qui empêchait les rites sacrés et contre lesquels ils étaient impuissants. C’est pourquoi Vishnu décida de redescendre sur Terre, sous forme humaine, car si les dieux ne pouvaient le contraindre, un homme lui pouvait vaincre Ravana. Les épouses de Dasaratha furent conviées à boire un philtre magique, et tombèrent simultanément enceintes : quatre fils en naquirent, Rama, Lakshamana, Bharata, Satrughna. Rama et Lakshamana furent très tôt complices, et fort jeunes, ils ne manquèrent pas de prouver leurs exploits. C’est ainsi qu’ils mirent à mal une démone et des cascades de fleurs de lotus se déversèrent sur eux. De même le roi Janaka avait promis que quiconque parviendrait à domestiquer l’arc de Shiva (que 500 hommes ne parvenaient à soulever) emporterait la main de sa fille Sita. Or à peine Rama le prit-il entre ses mains qu’il se brisa. Dasaratha sentait venir sa fin et naturellement il voyait en Rama le plus digne des successeurs. Hélas, l’une de ses épouses lui rappela qu’il avait promis le trône à son fils. Fidèle à sa parole, il dut se résoudre à le lui accorder et exila Rama. Lakshamana et Sita décidèrent de le suivre. 10 années d’errance les menèrent à Panchavati où ils prirent résidence. Quelque temps plus tard une démone, métamorphosée en belle servante, tenta de se rapprocher de Sita. Mais Lakshamana lui coupa le nez et les oreilles. Ravana avertit de l’affaire, conçut dès lors un stratégème pour les perdre. Il envoya tout d’abord un magnifique cerf blanc qui appata Rama. Celui-ci décidé à le chasser traça un cercle magique autour de la demeure pour protéger son épouse. Mais Ravana, dans toute sa ruse, s’en approcha sous les traits d’un vieux mendiant et pria hors du cercle Sita de le nourrir. Ne se méfiant pas, celle-ci tomba dans le piège et il l’enleva sans difficulté. Rama et Lakshamana durent alors mener d’intenses recherches pour la retrouver. Au cours de ces tentatives, ils s’associèrent les mérites de Sugriva, le chef de l’armée des singes. Ceux-ci partirent dans toutes les directions et seule l’armée conduite par Hanuman tarda à rentrer. Pour cause, ils avaient trouvé où Ravana détenait Sita : sur l’île de Sri Lanka. Il parvint à franchir les mers et fit savoir à Sita que Rama n’avait pas abandonné. Puis il revint avec l’un de ses anneaux et en informa Rama qui prit aussitôt la route. Grâce à la construction d’un pont magique, une impressionnante armée s’abttit sur Ravana. Mais celui-ci ne manquait pas de ressources, et les pertes furent terribles. Lakshmana fut ainsi gravement blessé, et Rama lui-même sentit les forces lui manquer. Heureusement les herbes médicinales du Mont Kailash, Surya le dieu-soleil, et in fine l’arme de Brahmâ, parvinrent à vaincre les démons et à tuer Ravana. Rentrés victorieux à Ayodhya, on ne tarda pas toutefois à douter de la vertu de Sita. N’aurait-elle pas été séduite par le démon Ravana ? C’est pourquoi elle se retira en forêt avec l’aide de Lakshamana auprès du sage Vâlmîki. Et c’est là qu’elle enfanta des jumeaux Kusa et Lava, auquels elle apprit l’épopée du Ramayana. Ils devaient quelques années plus tard le conter devant Rama à Ayodhya et tous purent aisément reconnaître en eux, ses fils légitimes. Sita ne manqua pas d’être alors rappelée auprès de lui.


  • Œdipe …

    Laïos, roi de Thèbes, avait poussé le fils de Pélops à se suicider après l’avoir enlevé. Pélops le maudit alors, et lui prédit qu’il serait lui-même assassiné par son propre fils. C’est pourquoi il prit grand soin de ne pas se rapprocher de son épouse Jocaste. Mais une nuit d’ivresse, leur union ne put être évitée et en naquit un fils. Avisé de son funeste sort, Laïos décida de s’en séparer et l’abandonna les pieds attachés au sommet du Cithéron, une montagne proche de Corinthe. On l’y découvrit bientôt et on le nomma « aux pieds enflés », Œdipe, en raison des attaches qui l’avaient blessé. Puis il fut présenté à Polybe, roi de Corinthe, et son épouse lesquels en prirent grand soin. Il grandit à leur côté, entouré de leur amour. Mais parvenu à l’âge adulte, une personne l’informa qu’il n’était en aucune sorte leur fils, le poussant à consulter l’oracle de Delphes. C’est là que la plus énigmatique des réponses lui fut proposée : l’oracle lui annonça en effet qu’il tuerait son père, et épouserait sa mère. Frappé d’effroi, Œdipe décida de fuir loin de Corinthe, et de ses parents supposés et se rendit en Boétie. Sur le chemin, il se prit de querelle avec un cocher et son passager et la dispute s’envenimant, les tua. Puis il gagna Thèbes et alors qu’il s’en approchait, il apprit que la cité était terrorisée par la Sphinge. Se rendant auprès d’elle, sur un tapis d’ossements attestant sa cruauté, il dut répondre à une étrange question : « Quelle est la créature qui a quatre pattes le matin, deux à midi, et trois le soir ? » L’évidence le frappa et, répondant qu’il s’agissait de « l’homme », la Sphinge se précipita dans le vide, libérant la Cité ! Il y entra en héros, et gagna la main de la reine qui venait de perdre son époux. Leur union donna naissance à quatre enfants et vingt ans passèrent. C’est alors qu’une peste terrible frappa la Cité. Œdipe, son roi, mit tout en œuvre pour la combattre et accueillit les dires de l’oracle de Delphes avec soulagement, et colère. Ce dernier était formel : il fallait débarrasser la Cité du meurtrier de Laïos, cause de ce grand malheur qui s’abattait sur la ville. Œdipe convoqua le vieux Tirésias qui en savait bien plus qu’il ne le disait. Sous ses menaces, le vieil homme aveugle lui apprit qu’il n’était autre que le meurtrier et rappela la prédiction de Pelops selon laquelle le père serait tué par son fils. Se refusant à croire à de telles inepties, Œdipe s’emporta contre Tirésias ainsi que Créon, frère de Jocaste. Celle-ci attesta que cela ne pouvait être, car leur fils était mort sur la montagne du Cithéron ! C’est alors que tout devint clair et que le drame épouvantable éclata au grand jour. Le vieil homme qu’il avait tué sur le chemin de Thèbes n’était autre que son père, et la reine Jocaste sa mère. Celle-ci se pendit aussitôt. Quant à Œdipe, fou de douleur, il se perça les yeux avec la fibule de Jocaste. C’est aux bras de sa fille Antigone qu’il quitta la Cité. On dit qu’il trouva refuge grâce à Apollon dans les bois de Colone, près d’Athènes.


  • Sedna, déesse des océans

    (conte inuk) La mer est une source inépuisable dans l’histoire des Inuit. Elle leur apporte une grande partie de leur subsistance grâce à toute la vie qui l’anime, mais aussi grâce aux matières que les Inuit en extraient pour se vêtir, s’éclairer, chasser, etc. Sedna en est l’esprit, tout à la fois crainte et admirée… Les angakkuit, chamans inuit (sorciers), racontent différentes histoires à son sujet. L’une d’elles nous dit que refusant de se marier, son père la contraignit à épouser un chien, et qu’elle en eut des enfants ! Cependant après avoir constaté son erreur, celui-ci décida de noyer le chien. Des années plus tard, Sedna épousa enfin un homme. Mais celui-ci se révéla à nouveau être un chien déguisé en homme ! On dit aussi que s’enfuyant sur les eaux avec son père, le bateau chavira et Sedna passa par-dessus bord. Alors qu’elle s’agrippait désespérément, ses doigts se blessèrent aux rebords acérés de l’embarcation et elle finit par se couper les premières phalanges. Or, à peine tombés à l’eau, les fragments de doigts se transformèrent aussitôt en phoques. Puis les deuxièmes phalanges à leur tour cédèrent, et au contact de l’eau se métamorphosèrent en morses. Prête à lâcher, Sedna se coupa les troisièmes phalanges qui à leur tour devinrent baleines. Alors elle lâcha prise et s’enfonça dans les profondeurs de l’océan. C’est toujours là qu’elle demeure, mère de toutes les créatures qui y résident[1]. On prétend aujourd’hui que quand la mer est déchaînée, c’est parce que Sedna essaie de démêler ses cheveux mais, n’ayant plus de mains, en a le plus grand mal ! C’est alors aux chamans d’aller la peigner ! [1] Une autre histoire, encore plus triste, raconte que ce sont les parents qui décidèrent de se débarrasser de leur fille célibataire ne voulant plus subvenir à ses besoins. Ils partirent donc en bateau et au beau milieu d’une tempête décidèrent de la jeter par-dessus bord. Mais au lieu de disparaître dans les flots, la jeune fille s’accrocha aux rebords de l’embarcation tant et si bien que malgré tous leurs efforts ses occupants ne purent l’en faire tomber. Ils prirent alors un couteau et entreprirent, comble de l’horreur, de lui couper les doigts ! Le résultat serait le même. Une autre histoire encore prend la défense du père contre le méchant mari (l’homme-chien) ! etc.


  • Sois gentil…

    (Histoire universelle) Il y avait dans un petit village, un brave garçon qu’on disait constamment « gentil ». On pouvait lui demander n’importe quel service, il se mettait en quatre pour le satisfaire. Aussi certains n’hésitaient-ils pas à en abuser, par seule moquerie. Leur plus grande blague était de lui faire accomplir les tâches les plus inutiles et fatigantes sous prétexte de réclamer une aide qu’il accordait toujours si aisément. Par exemple, un jour ils lui firent déplacer un énorme tas de bûches, sans raison, juste pour s’amuser. Bien entendu, il le fit. Puis ils firent mine de s’excuser et lui demandèrent s’il voudrait bien tout remettre à sa place car ils n’en avaient plus besoin finalement, ce qu’il fit également. Ils ne manquèrent pas bien entendu de s’en amuser à grands éclats ! Sauf que ce jour-là, à les voir assis oisivement, et lui se démener comme un brave, notre gentil séduisit sa future, celle que tous les jeunes du village voulaient épouser. À force de l’observer, elle fut convaincue qu’il serait le plus vaillant des époux. Depuis lors, elle veille amoureusement sur sa gentillesse, qui ne sert qu’à ceux qui en ont vraiment besoin…


  • Twitopique :

  • #âge (inca)

    9 classes d’#âge chez les Incas / H. : 1 à 5 ans, 9 à 16 / F. : 1 à 5,12 à 20 / Tâches dévolues / 25 à 50, pour les H, mariage, guerre…


    Twitopique


    Thème(s) :

    Tags :

    Zone(s) :

  • #draupadi

    J’ai conquis un merveilleux trésor, ô mère / Partage-le avec tes frères ! / #Draupadi épouse les 5 frères Pandavas.


  • #mariage

    Union de 2 pers. ou plus / D’amour, arrangé, forcé / Selon la loi ou/et la religion / Pour une famille, un statut, la fiscalité… / #Mariage.


    Twitopique


    Thème(s) :

    Tags :

  • Unideo :

  • 25 – famille – family – 家庭 – Familie – famiglia – familia – 家族 – семья́

    La famille
    family
    famille
    Un ensemble de relations diversement étendues, comprenant les parents
    parent
    parent
    Père et mère
    father mother
    père / mère
    Et les enfants
    child
    enfant
    Filles et fils
    daughter son
    fils / fille
    Et ainsi de suite selon le chemin des générations, avec les grands-parents
    grandparents
    grands-parents
    Et les petits-enfants
    grandchildren
    petits-enfants

    Relations pouvant renvoyer à la fratrie, aux frères
    brother
    frère
    Et sœurs
    sister
    sœur
    Qu’ils ou qu’elles soient ainé(e)s
    elderbrother eldersister
    frère ainé / sœur ainée
    Ou cadet(te)s
    youngerbrother youngersister
    frère cadet / sœur cadette

    Tout cela, occasionné ou non, par une alliance, un mariage
    marriage
    mariage
    Plus ou moins longue et accomplie, en compagnie de sa belle-famille
    inlaws
    belle-famille