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  • Bienveillance : un état d’esprit, un savoir être au monde…

    “La paix n’est pas l’absence de guerre,
    C’est une vertu, un état d’esprit,
    Une volonté de bienveillance, de confiance, de justice.”
    Spinoza

     

    Comment donc faire preuve de bienveillance ?
    Comment déterminer que ce que l’on dit, ce que l’on fait,
    Et peut-être ce que l’on pense,
    Peut être réellement mesuré à sa bonté ?
    Quelle est la mesure de la bonté ?

    Dans un monde si facilement enclin au déni, à la méfiance, à l’injustice,
    Où tant de relations humaines semblent promptes à l’invective, à la mesquinerie ou à la querelle,
    Comment adopter une attitude qui puisse ne pas les alimenter
    Ni sur le fait, ni après coup ?

    Bene volens, « vouloir du bien », « être favorable »…

    Oui, un « état d’esprit » assurément
    Mais aussi une discipline à acquérir, un savoir être au monde…

     

    « Un mot prononcé avec bienveillance engendre la confiance
    Une pensée exprimée avec bienveillance engendre la profondeur
    Un bienfait accordé avec bienveillance engendre l’amour… »
    Laozi


  • Effets :

  • Effet Indéfinition

    S’il est bien un concours permanent à notre relation aux actualités, c’est celui de la signification des mots, objets et idées qu’elle véhicule. Le chancelier Francis Bacon, parmi beaucoup d’autres, avait eu beau prévenir : « Tandis qu’il vaudrait mieux, suivant la prudente habitude des mathématiciens, commencer par couper court à toute discussion en définissant rigoureusement les termes », il semblerait que nous ayons fait l’école buissonnière ce jour-là… Le résultat est aussi patent que parfois affligeant débouchant sur une cohorte de disputes, de malentendus, de débats mal aiguillés, de querelles*, comme si la précaution précitée avait échappé aux protagonistes ! La réintroduire tout en admettant que nous puissions ne pas avoir la même idée de la « santé », de la « justice », de « l’amour »… ne serait sans doute pas inutile au grand Débat contemporain. Ainsi en va-t-il de l’effet indéfinition, assuré de la différence de nos pratiques, cultures, savoirs, opinions ainsi que de notre histoire. Bien entendu, la prudence élémentaire voudra qu’aucune indéfinition ne soit close ni universelle, de quoi inquiéter quelques-uns et encourager tous les autres…


  • Effet Limitation

    On dit qu’un seigneur avait convoqué tous les aveugles et mal-voyants de sa cité afin de leur présenter un éléphant. C’est ainsi que l’un entra en contact avec le flanc de l’animal, l’autre avec la défense, et cet autre encore avec la queue. Puis tous furent invités à exprimer ce qu’était à présent un éléphant pour chacun. Celui qui avait examiné le flanc en conclut que l’animal ressemblait à une paroi. Et celui qui avait saisi la défense parla d’un soc de charrue, pendant que celui en contact avec la queue évoqua plutôt une liane. Le seigneur en conclut que nous étions tous, voyants et non-voyants, à l’image de cette observation, à savoir limités dans sa portée, ne jugeant d’une chose qu’à la mesure de ce qui était tombé sous notre main ou nos yeux. L’effet limitation s’il peut conduire à un effet humilité*, ou suggérer un effet miroir des vérités*, se caractérise plus souvent par l’incapacité à nous rendre compte des conséquences de cette restriction, engendrant entre autres d’inutiles querelles*, ou des commentaires* empressés… Invitation peut-être à prendre le temps de multiplier les points de vue et à les confronter avant de nous faire notre propre opinion.


  • Effet Mémoire

    L’oubli est chose naturelle et la mémoire est fluctuante, variant au gré des individus et des âges. Rien de bien étonnant en somme si l’effet mémoire en pointe les possibles désaccords, les zones de flottement ou de frottement. À moins que l’intention ne soit plus marquée, que la mémoire ait été volontairement altérée, en raison d’un besoin idéologique, d’une vérité* déformée, d’une forme ou d’une autre de négationnisme. Alors l’effet historique* peut être aussitôt convoqué de manière contradictoire et l’effet querelles* n’est plus très loin…


  • Effet Querelles

    Il n’y aurait pas de querelles si l’un des deux avait tort… nous dit l’adage. De quoi méditer sur l’une des activités préférées de l’espèce humaine : prouver à l’autre que l’on a raison – De bonne comme de mauvaise foi. Postuler qu’un désaccord est possible sur la base d’idées dissemblables, d’approches opposées ou pouvant l’être, est-il donc à ce point insupportable ? Faut-il forcément qu’il y ait gagnant/es et perdant/es ? Croit-on que la culture du conflit soit à ce point profitable aux générations qui viennent, héritières de contentieux mal réglés ?… Les actualités sont le lieu privilégié de ces affrontements : entre conservatisme et progressisme, croyants et athées, féministes et machistes, gens de science et ésotéristes… l’on en passe. Pour quel résultat à l’arrivée ? Celui d’une dispute permanente dont nous ne pouvons guère douter des bénéfices qu’elle promet à ceux qui en font commerce mais rarement, ou presque jamais, à celles et ceux qui croient en leur raison d’être… L’effet querelles connaîtra-t-il un jour une réelle décroissance ?