Veillée :

  • Guillaume Tell…

    Tout aurait commencé par la volonté du bailli Hermann Gessler (représentant de l’Empereur romain germanique) d’imposer son autorité sur le Canton d’Uri. Afin de la confirmer aux yeux de tous, il fit fixer son chapeau sur une hampe dressée au milieu de la place publique d’Altdorf, demandant à chacun de lui prêter allégeance en passant devant lui. Or si tout le monde baissait la tête humblement, en guise de soumission, un certain Guillaume Tell n’y consentit point. Pour punition il se vit convoquer à tirer un carreau d’arbalète afin de décocher une pomme posée sur la tête de son fils. Ce qu’il fit avec succès ! Ayant néanmoins dissimulé un second carreau sous sa veste, il fut contraint d’avouer qu’il la réservait à Gessler s’il avait été amené à blesser son propre fils. Il fut aussitôt conduit sur une embarcation à destination du château de Gessler. Or à peine avaient-ils embarqué, qu’une tempête de foehn se leva. On confia vite à Guillaume Tell le gouvernail car il était le plus expérimenté pour y faire face. C’est ainsi qu’il en profita pour se libérer. Les récits divergent ici à savoir s’il tua Gessler à peine mis le pied à terre, ou s’il profita d’une autre aubaine. Dans tous les cas, il fut longtemps colporté que cet acte fondateur déclencha la révolte qui devait conduire à l’indépendance de la Suisse, tandis qu’une Ligue devait se former qui est à l’origine de la Confédération helvétique. Un Serment dit de Grütli conclu entre les représentants des trois cantons (ou plutôt un pacte signé en 1291 ) en marquerait ainsi les débuts. Friedrich von Schiller, ajouta une couche de publicité importante avec la publication en 1804 de son illustre Guillaume Tell, un des classiques du théâtre allemand, suivi de l’opéra de Rossini en 1829. Certes, les historiens devaient mettre un peu d’ordre là-dedans et, bien que l’histoire fût belle, en nier toute authenticité, la reléguant dans la gamme, non moins passionnante, des mythes fondateurs ! On décida le 1er août 1891, pour le 600ème anniversaire du pacte, que cette journée serait la fête nationale suisse. (d’après Livre blanc de Sarnen – 1470)


  • Jonas dans le ventre de la baleine…

    Il est dit dans le Livre de Jonas (inclus dans le Tanakh, la Bible hébraïque) que : « 1. La parole du Seigneur s’adressa à Jonas fils d’Amittaï : 2 Lève-toi ! Vas à Ninive la grande ville et profère contre elle un oracle parce que la méchanceté de ses habitants est montée jusqu’à moi. » Or devant la Cité impie, Jonas fut pris de panique et au lieu d’accomplir la parole de son Dieu, le voilà qui s’enfuit à bord d’un bateau en partance pour Tarsis. Se réfugiant dans ses cales, il s’y endormit. Mais la colère de Dieu s’abattit sur le navire et une épouvantable tempête se déchaîna contre ses occupants. Tandis que Jonas poursuivait son sommeil, chacun se mit à prier son Dieu, sans qu’aucune de ces prières ne fût suivie d’effet. Le capitaine songea alors qu’un dernier passager pourrait lui aussi s’y associer et s’en alla trouver Jonas. Leur ayant révélé sa mission et sa fuite, il s’avèra bientôt que c’était à cause de lui qu’un tel danger mortel les menaçait tous. Jonas leur proposa donc de les libérer de sa présence. « Alors le Seigneur dépêcha un grand poisson pour engloutir Jonas. Et Jonas demeura dans les entrailles du poisson, trois jours et trois nuits. » Au terme de ces trois jours, Jonas accomplit enfin sa mission se rendant à Ninive afin de l’informer du châtiment divin. Tous les habitants furent saisis d’effroi jusqu’au roi lui-même lequel proclama un jeûne général et demanda à tous de se couvrir de sacs pour implorer le pardon de Dieu. Peut-être celui-ci, dans sa clémence, accepterait-il de suspendre sa condamnation. Et c’est bien ce qu’il fit ! Il est dit que Jonas en éprouva un grand ressentiment, et qu’à l’étape suivante Dieu lui fit entendre qu’il avait bien tort de se fâcher ainsi, car comment n’aurait-il « pas pitié de Ninive la grande ville où il y a plus de cent-vingt mille êtres humains qui ne savent distinguer leur droite de leur gauche, et des bêtes sans nombre ! »


  • Sedna, déesse des océans

    (conte inuk) La mer est une source inépuisable dans l’histoire des Inuit. Elle leur apporte une grande partie de leur subsistance grâce à toute la vie qui l’anime, mais aussi grâce aux matières que les Inuit en extraient pour se vêtir, s’éclairer, chasser, etc. Sedna en est l’esprit, tout à la fois crainte et admirée… Les angakkuit, chamans inuit (sorciers), racontent différentes histoires à son sujet. L’une d’elles nous dit que refusant de se marier, son père la contraignit à épouser un chien, et qu’elle en eut des enfants ! Cependant après avoir constaté son erreur, celui-ci décida de noyer le chien. Des années plus tard, Sedna épousa enfin un homme. Mais celui-ci se révéla à nouveau être un chien déguisé en homme ! On dit aussi que s’enfuyant sur les eaux avec son père, le bateau chavira et Sedna passa par-dessus bord. Alors qu’elle s’agrippait désespérément, ses doigts se blessèrent aux rebords acérés de l’embarcation et elle finit par se couper les premières phalanges. Or, à peine tombés à l’eau, les fragments de doigts se transformèrent aussitôt en phoques. Puis les deuxièmes phalanges à leur tour cédèrent, et au contact de l’eau se métamorphosèrent en morses. Prête à lâcher, Sedna se coupa les troisièmes phalanges qui à leur tour devinrent baleines. Alors elle lâcha prise et s’enfonça dans les profondeurs de l’océan. C’est toujours là qu’elle demeure, mère de toutes les créatures qui y résident[1]. On prétend aujourd’hui que quand la mer est déchaînée, c’est parce que Sedna essaie de démêler ses cheveux mais, n’ayant plus de mains, en a le plus grand mal ! C’est alors aux chamans d’aller la peigner ! [1] Une autre histoire, encore plus triste, raconte que ce sont les parents qui décidèrent de se débarrasser de leur fille célibataire ne voulant plus subvenir à ses besoins. Ils partirent donc en bateau et au beau milieu d’une tempête décidèrent de la jeter par-dessus bord. Mais au lieu de disparaître dans les flots, la jeune fille s’accrocha aux rebords de l’embarcation tant et si bien que malgré tous leurs efforts ses occupants ne purent l’en faire tomber. Ils prirent alors un couteau et entreprirent, comble de l’horreur, de lui couper les doigts ! Le résultat serait le même. Une autre histoire encore prend la défense du père contre le méchant mari (l’homme-chien) ! etc.


  • Twitopique :

  • #colère

    → Agir dans la #colère, c’est s’embarquer dans la tempête – Proverbe danois