Ibis ou babouin… le dieu Thot

Thot ! Incontournable figure du panthéon égyptien ! N’est-il pas le maître des savoirs, des sciences et des arts ? N’accompagne-t-il pas le jugement des morts, dont il enregistre les sentences ?  N’est-il pas également Dieu de la Lune, initiateur du calendrier ? Et pour ce qui nous concerne encore plus ici, n’a-t-il pas inventé les hiéroglyphes, « Seigneur des paroles divines » ! Les Grecs reconnaîtront en lui Hermès Trismégiste, « trois fois très grand », messager des dieux. En vérité si puissant que ses « formules commandent à toutes les forces de la nature et asservissent les dieux eux-mêmes ». Selon les situations, le dieu égyptien Thot peut avoir un corps d’homme surmonté d’une tête d’ibis, ou être incarné par un babouin. L’ibis n’est pas de moindre concours à l’antique Égypte et plus particulièrement au Dieu Thot. Son bec ne rappelle-t-il pas les instruments d’écriture ? Et n’est-ce pas de ce même bec que meurent les serpents, à l’image d’Apophis voulant mettre fin au cycle solaire ! On a retrouvé dans la cité même d’Hermopolis (c’est-à-dire « la ville d’Hermès ») où on vouait un fervent culte à Thot, des ibis momifiés. Quant au babouin, on dit que ses cris accompagnent le lever du soleil, l’assurant ainsi d’être associé au culte de succession des astres. Ne voit-on pas un croissant de lune au sommet de son crâne ?  Il y aurait donc toute raison de saluer les immenses services que le dieu Thot est susceptible de rendre à l’humanité. Pourtant, ne voilà-t-il pas que Platon met en scène dans le Phèdre, une rencontre bien étrange entre le roi Thamous et le dieu Theuth (Thot). Ce dernier l’assure que l’écriture « rendra les Égyptiens plus savants et facilitera l’art de se souvenir », car avance-t-il « j’ai trouvé un remède (pharmakon) pour soulager la science (sophia) et la mémoire. » À quoi le roi répond que, bien au contraire, l’écriture « ne peut produire dans les âmes que l’oubli de ce qu’elles savent en leur faisant négliger la mémoire. Parce qu’ils auront foi dans l’écriture, c’est par le dehors, par des empreintes étrangères, et non plus du dedans et du fond d’eux-mêmes, que les hommes chercheront à se ressouvenir… » Voilà un débat qui rebondira dans bien des civilisations… Quant aux origines des premières écritures égyptiennes, certains renvoient à l’architecte Imhotep, inventeur des constructions en pyramide. On sait en effet que les scribes versaient toujours quelques gouttes d’eau en son honneur.


Nolence Moses Mwangwego… un alphabet pour le Malawi

Mlungu dalitsani Malaŵi / Mumsunge m’mtendere / Gonjetsani adani onse / Njala, nthenda, nsanje… « Ô Dieu, bénis notre terre du Malawi / Fais-en sorte qu’il demeure une terre de paix / Terrasse tous les ennemis / Faim, maladie, jalousie. » ! Ainsi débute l’hymne national du Malawi, en langue chichewa. Le chichewa (ou chewa), également dénommé nyanja, appartient aux langues bantoues. On le parle également en Zambie, au Zimbabwe et au Mozambique. D’autres langues sont pratiquées au Malawi comme le tumbuka, le yao ou encore le ngoni. Toutefois le chichewa est la langue nationale du Malawi aux côtés de l’anglais, langue officielle. On dit que le nom chichewa du pays, Maláŵi, viendrait du royaume du Maravi et désignerait des « flammes », en l’occurrence celles du soleil apparaissant à l’horizon du lac Malawi telles qu’on les trouve sur le drapeau. La standardisation de l’écriture eut lieu en 1973 sur base latine, avec la publication des nouvelles règles d’orthographe du chichewa actualisant celles de 1931. Néanmoins une autre possibilité est offerte aux langues du Malawi ainsi que s’y est magnifiquement attelé Nolence Moses Mwangwego (1951-). Celui-ci a effectivement développé à partir de 1979 un alphabet qui porte son nom, mwangwego, de nouveaux symboles ayant ajouté en 1993.

 

A a

B b C c ch

D d

E e F f

G g

H h I i J j

K k

kh

L l M m

N n

ng

ng’/ŋ O o

P p

ph

R r S s

T t

tch

th U u

V v

W w

Ŵ ŵ

Z z

 

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