Boadicée, Reine des Icéniens…

C’était le temps où Londres brûlait. Non pas à cause du Blitz et de la campagne de bombardement entreprise par l’aviation allemande entre 1940 et 1941, mais en raison d’une vengeance terrible perpétrée par Boadicée (en gallois Buddug) et les siens au nom de la liberté et de la dignité de son peuple celte. C’était le temps où les Romains avaient souillé la Terre de ses ancêtres, le corps de ses deux filles, Isolda et Sorya, et le sien même par une série de coups de fouets, le tout visant à humilier la reine des Icéniens et à prouver l’autorité que tout dominateur – aussi provisoire soit-il – croit pouvoir exercer impunément. C’était en 61 ap. J.-C. et Boadicée prit la tête de la révolte. On disait qu’elle était rousse flamboyante, vêtue d’une tunique multicolore, et portant lance, et qu’elle inspirait la terreur sur son passage. Unissant les siens dans le Norfolk et ceux du Suffolk, les Trinobantes (ou Trinovantes), elle profita de l’orgueil de ses ennemis, qui se croyaient à l’abri et avaient mal jugé la fierté de ceux qu’ils avaient dépouillés et spoliés. Tardivement associé au cri de « Y gwir erbyn y Byd ! » (La Vérité contre le Monde), la colère des prétendus vaincus s’abattit sans distinction. Ainsi furent massacrés les habitants de Camulodunum (Colchester ?) tandis que la ville fut brûlée. Puis vint le tour de Londinium (Londres) qui connut le même sort. Pris à la gorge, le loup romain sentit combien il avait méjugé son adversaire. C’est alors que Paulinius à la tête de la Légion, et pourtant face au surnombre de l’armée bretonne, porta un coup décisif dans les Midlands. On assure que refusant de se laisser prendre, Boadicée se serait suicidée. Et d’aucuns disent que ses deux filles, qui avaient combattu à ses côtés sur son char même, l’accompagnèrent dans ce destin. Mais d’autres racontent plutôt que l’une des deux filles, changeant de nom se serait mariée des années plus tard… La légende n’en demandait pas tant pour se colporter !


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