Veillées :

  • Comme les papillons…

    Autrefois il n’existait aucun papillon. Les couleurs de l’arc-en-ciel ne brillaient pas encore sur leurs ailes. Mais elles recouvraient la peau des serpents. Hélas personne ne leur prêtait attention. Une femme nommée Fleur de printemps faisait exception. Elle était dotée de grands pouvoirs et savait qu’elle les devait à ces créatures que tous dédaignaient. En effet à chaque guérison qu’elle effectuait, elle ne manquait pas de constater que les serpents arc-en-ciel l’assistaient dans son œuvre. Plus encore, l’arc-en-ciel occupait également ses rêves car d’étranges créatures volantes parées de toutes couleurs venaient l’y visiter. Elles lui apprirent le pouvoir de chaque couleur et lui indiquèrent qu’à sa mort, elle continuerait à dispenser son savoir aux hommes. C’est ainsi qu’elle changea de nom et devint « celle qui tisse dans l’air des arcs-en-ciel »… Puis le temps passa. Elle se maria à un voyant, continuant à faire le bien autour d’elle. Deux enfants naquirent de leur union, beaux et forts, et eux aussi furent doués des mêmes pouvoirs. Mais bientôt vint le terme de son existence et, à l’approche de la mort, un serpent arc-en-ciel s’approcha d’elle. Ils avaient été ses plus fidèles compagnons et ils se désolaient de ne plus pouvoir répandre leurs pouvoirs à travers elle. Ils convinrent ensemble de tout faire pour ne pas interrompre cet art de la guérison. Au matin, le mari de « celle qui tisse dans l’air des arcs-en-ciel » fut triste de son départ. Mais dans son rêve, les esprits lui avaient communiqué ce qu’il devait faire à présent. C’est pourquoi le jour de l’enterrement, lorsque tout le monde fut parti, il fit ce que le serpent lui demanda. Il le plaça auprès de son aimée dans la tombe et les recouvrit de terre. Peu de temps après, une créature surgit de cette même terre aux ailes parées de l’arc-en-ciel. Elle voleta jusqu’à son épaule et lui parla. C’était l’esprit de son aimée qui le priait de ne pas être triste et lui apprit que lui aussi se transformerait ainsi à sa mort et qu’ils continueraient tous deux à dispenser leur savoir de guérisseur aux hommes. C’est ainsi que les papillons embellissent depuis cette époque le ciel et le cœur des gens, leur apportant tous leurs bienfaits.


  • L’araignée et la lumière

    Chez les Cherokees,
    La terre était jadis dans l’obscurité.
    La lumière se trouvait
    De l’autre côté du monde.

    earth * past * without light

    La terre * dans le passé * sans / lumière

    Ceux qui la possédaient
    Ainsi qu’il est de coutume
    Refusaient de la partager.

    Alors, on décida de s’en emparer.

    L’opossum fut envoyé le premier,
    Qui hélas se brûla les yeux et la queue.
    Puis vint le tour du busard.
    Qui, pour sa part,
    Se brûla le crâne.

    En définitive c’est la petite araignée qui,
    Après avoir fabriqué un pot,
    Se rendit de l’autre côté du monde.

    Elle était si minuscule,
    si insignifiante
    Qu’elle passa inaperçue.

    C’est ainsi qu’elle put accueillir
    Un rayon de lumière
    Dans le pot qu’elle avait apporté.
    Et s’en revint triomphante.

    Depuis lors les araignées tissent leur toile
    En forme de disque solaire,
    Et les femmes cherokees fabriquent des pots…

    spider pluralS * produce * cobweb * with shape ofS sun circle

    Les araignées * produisent * leur toile * avec / une forme / de disque solaire (soleil / cercle)


  • La plume d’aigle et le déluge…

    (conte crow) On dit que Unktehi, le monstre des eaux, décida un jour d’inonder la Terre. Il est difficile de savoir pourquoi, mais toujours est-il que le Grand Esprit le laissa faire. Aussi les eaux ne tardèrent-elles pas à monter et à tout submerger. Tout, sauf une petite montagne où les hommes se réfugièrent, juste à côté du village où l’on fabrique les pipes sacrées. Hélas la mort ne tarda pas à les y rejoindre et tous périrent. Tous, sauf une jeune fille que l’aigle Wanblee Galeshka vint agripper au dernier moment. Elle s’accrocha de toutes ses forces à ses pattes et c’est ainsi qu’elle fut sauvée. Puis ils se marièrent, car ces choses qui nous paraissent extraordinaires étaient autrefois possibles, et des jumeaux naquirent de leur union. Et c’est bien pourquoi, les Sioux continuent de porter une plume d’aigle en souvenir de ce sauveur. Au fait, le Grand Esprit finit par châtier Unktehi et le transforma en pierre !