Une crise démographique en Arménie ?

Tandis que l’Arménie peine à développer
une activité économique suffisante,
Sa population serait-elle en train de décroître inexorablement ?

Exode de la population active,
principalement masculine,
vers la Russie voisine,
Baisse du nombre des enfants en âge scolaire,
De quoi attirer l’attention sur un mouvement
Qui fait l’objet de vives discussions.

D’un côté le discours officiel
Qui reste positif
Et encourage à penser
Que le mouvement est aujourd’hui interrompu
Que la population va se stabiliser
Et même croître de nouveau.

D’un autre, des observateurs
Inquiets de voir le vieillissement d’une grande part du territoire
Tout particulièrement des villages reculés.

Un enjeu à la hauteur d’une survie…


Veillées :

  • Notre trésor…

    (Histoire arménienne) Deux couples vivaient dans des appartements contigus. Le premier couple était d’une infinie richesse : son mobilier, ses murs, ses sols, ses lustres, les mets qui se succédaient à sa table, brillaient de mille acquisitions. Le second était au contraire d’une grande pauvreté, et il n’était pas rare qu’un bouillon maigre soit le seul aliment pour toute une journée. Pourtant le couple qui vivait dans l’opulence et le confort, était affligé d’un grand accablement. À longueur de journée, mari et femme se regardaient tristement, ou plus exactement ne se regardaient plus. Le temps passait dans un indicible ennui. Leur désarroi était d’ailleurs aggravé par une chose bien surprenante : les cris de joie et d’amusement qui venaient de l’appartement voisin. Du matin au soir, des éclats de rire traversaient les cloisons que d’épaisses tentures parvenaient mal à contenir. Et cela ne faisait qu’accroître l’état d’affliction dans lequel eux-mêmes se trouvaient. N’y tenant plus, l’épouse du couple riche alla bientôt frapper à la porte de sa voisine. Celle-ci lui ouvrant s’entendit alors demander avec quelque embarras : « Voisine, pourquoi riez-vous donc à longueur de journée ? » L’autre répondit d’évidence : « C’est simple voisine, avec mon mari, on se passe notre trésor, et cela nous fait beaucoup rire ! » Ayant trouvé là une explication étrange à bien des égards, mais dont l’application ne souffrirait chez eux d’aucun délai, notre couple fortuné après avoir ouvert son coffre, commença à chasser sa tristesse – enfin, s’y essaya. Mari et femme s’envoyèrent donc mutuellement un lingot d’or avec une volonté et un entrain qu’ils n’avaient guère connus depuis longtemps. Hélas le résultat fut décevant. Seuls coups et ecchymoses se multiplièrent sur leurs bras, leurs cuisses et leur torse. Une grande incompréhension les gagna, alors que les rires ne cessaient venant de l’autre appartement. Se saisissant du lingot, l’épouse alla sur-le-champ frapper à la porte de la voisine pour demander éclaircissement : « Je ne comprends pas, lui dit-elle. (Lui montrant le lingot d’or) Voilà des heures que nous nous l’envoyons avec notre mari, mais nous n’obtenons aucun résultat. – Mais, notre trésor [1. Le terme arménien voski top signifie tout à la fois « trésor » et « bébé »], c’est lui, dit alors tristement la voisine en désignant leur enfant de quelques mois. »