25 août 1967… Rohayhu che ñe’e ! (« j’aime ma langue » en guaraní)

25 août 1967… le guaraní (ou avañe’ẽ) est reconnu par la Constitution comme langue « nationale » au Paraguay. Puis en 1992 vient l’étape de sa désignation en tant que langue « officielle ». Il faudra dès lors attendre la « loi des langues » en 2010 pour que soit affirmée l’égalité complète entre les deux langues du pays : l’espagnol et le guaraní. Celui-ci est également pratiqué en Argentine, en Bolivie et au Brésil. Il appartient avec le tupi, aux langues dites tupi-guaraní dont le nom évoque la légende de deux frères, Tupi et Guaraní, qu’une dispute conduisit à deux implantations distinctes. Guaraní et les siens prospérèrent pour leur part sur les terres paraguayennes. La transcription du guaraní se fait dans un alphabet latin augmenté, comprenant aujourd’hui 33 lettres, validé au Congrès de Montevideo en 1950.  Cet alphabet se nomme achegety, formé du nom des trois premières lettres a-che-ge suivies de ty qui signifie «ensemble»… Certes l’avenir de cette langue n’en est pas pour autant totalement assuré dans la mesure où elle doit lutter contre tous les phénomènes d’érosion qui partout à travers le monde affectent les systèmes traditionnels. Qu’il s’agisse de formes diverses de modernisation ou encore de l’exode rural, on constate ces dernières décennies un certain affaiblissement même si des formes de résistance éclosent çà et là. De quoi rappeler avec insistance à l’héritage culturel qu’il véhicule et dont témoignent les mots empruntés à la famille tupi-guaraní comme jaguar, acajou, ara, ananas, tapioca ou encore tapir ! De quoi accueillir avec force ce cri d’amour : Rohayhu che ñe’e ! (« j’aime ma langue » en guaraní)

 

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Récits


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Tante Zélia : fourneaux et monde politique…

Tia Zélia, « Tante Zélia »
La reine de l’Arroz com Feijão

À la tête de sa brigade féminine
Toute investie dans les fourneaux
Prête à faire humer les senteurs les plus exquises
À la clientèle huppée qui se presse à sa table

Et pourtant, 40 ans plus tôt,
La mère et ses deux enfants
Débarquaient à Brasilia sans grande fortune

Les temps changent
Et si l’ancien Président Lula en fut l’hôte le plus remarqué
Et si Dilma Rousseff lui emboîta le pas
Aujourd’hui l’heure est à leur mise en cause

Entraînant celle de Zélia ?

Un moment,
Mais sa cuisine est heureusement apolitique
Et celle qui naquit dans l’Etat de Pernambouc
Garde la tête sur les épaules
Se rappelant son combat de la vie
Et la fierté d’avoir ouvert son restaurant en 1997…

Photo by Vi Neves