« Il était une fois la girafe, le guépard et le rhinocéros noir… »

Il était une fois la girafe, le guépard et le rhinocéros noir.
Et tout semblait débuter comme un conte d’enfant.
Nos trois protagonistes prêts à l’aventure
Afin d’émerveiller petits et grands.

La girafe s’y serait rappelée
Qu’elle fut nommée « chameau-léopard »,
Toujours présent en langue grecque :
καμηλοπάρδαλη
(kamilopárdhali)

De son exceptionnelle prestance,
Elle nous aurait emmenés
Sur les terres orientales,
À la rencontre du fabuleux qílín
(suite…)


Veillées :

  • 12 signes, 5 éléments : le zodiaque chinois…

    Il y a longtemps de cela
    L’Empereur de Jade
    Fut interpellé par le tigre, le phénix et le dragon.
    La raison ?
    La maltraitance que l’homme leur faisait subir.

    L’Empereur en fut courroucé
    Et jugea qu’il fallait rappeler ce dernier à l’ordre.
    Il lança donc un vaste concours
    À l’ensemble des animaux de la création.
    Objectif : venir le trouver.

    Bien loin de là
    Le chat qui en avait été informé
    En renseigna le rat
    Lui indiquant qu’il prendrait la route dès demain.
    Celui-ci jugea que l’affaire valait d’être partagée.
    Aimant toutefois la grasse matinée
    Le chat fit promettre au rat
    De le réveiller dès l’aube.

    Le lendemain, ce dernier
    Craignant que le chat ne soit plus rapide que lui
    Profita d’un lever matinal,
    Et, sans réveiller son comparse,
    Se hâta sur le chemin.
    De cette tromperie
    Devait naître l’inimitié entre ces deux-là !

    En route le rat rencontra le buffle
    Qui semblait bien engagé
    Et déterminé à arriver le premier.
    Tandis qu’ils s’approchaient d’une rivière tumultueuse,
    Prétextant une constitution plus faible,
    Le rat lui demanda de grimper sur son dos.
    Ce que le buffle accepta de bonne grâce.

    Peu de temps après,
    Il fut le premier à se présenter.
    Mais alors qu’il s’apprêtait
    À saluer le sérénissime,
    Le rat le devança d’un saut vif et malin.

    Il fut donc accueilli en vainqueur.
    Puis le buffle
    Et tour à tour, chacun des douze animaux
    Qui avaient répondu à l’appel…

    Ainsi se succédèrent
    Le Rat rusé,
    L’énergique Buffle,
    Le Tigre souriant,
    Le Lapin prudent,
    L’étincelant Dragon,
    Le sage Serpent,
    Le Cheval talentueux,
    La Chèvre sensible,
    Le malin Singe,
    Le Coq fier,
    Le Chien fidèle
    Et pour finir le Cochon scrupuleux.

    Chacun d’eux se vit attribuer une année
    Qui lui serait désormais consacrée
    Tous les douze ans.
    En observant au passage
    Qu’un des cinq éléments naturels chinois
    Lui serait systématiquement adjoint :
    Terre, métal, eau, feu ou bois.


    Veillée


    Thème(s) :

    Zone(s) :

  • Aller à cheval et regarder les fleurs…

    … Il était une fois dans le vaste empire chinois, un jeune homme de bonne société qui se nommait Guiliang. Le pauvre garçon avait à déplorer une jambe défectueuse et ne parvenait pas à se marier. Il était également en ce même empire, et dans le voisinage du précédent, une jeune fille de bonne famille qui se nommait Ye Qing. La pauvre enfant avait à supporter un appendice nasal disproportionné, lequel lui causait quelque ennui dans sa recherche de l’âme-sœur. Guiliang profita un jour de la perspicacité de son ami Hua Han pour tenter de résoudre son problème. Les circonstances voulurent qu’à la même époque on fit également appel aux services de ce dernier afin de trouver époux à l’infortunée Ye Qing. Hua Han ayant évalué la difficulté de la tâche organisa son stratagème. Ce fut ainsi par une matinée souriante que le jeune et fringant Guiliang passa à cheval devant la demeure d’une délicieuse jeune fille. Alors que sa monture l’avait conduit au plus proche de la belle enfant, celle-ci plongea son joli minois dans un superbe arrangement floral d’où jaillirent ses yeux langoureux et complices. Le cœur de nos deux protagonistes vibra bien sûr d’un même élan, et le respectable ami Hua Han arrangea bientôt les détails de leur union. Un proverbe chinois en quatre caractères rappelle encore aujourd’hui la légèreté de tels jugements. On pourrait le transposer par « aller à cheval et regarder les fleurs ».


  • Bateaux-dragons…

    Chaque année en Chine, le 5° jour du 5° mois (lunaire) a lieu la fête des bateaux-dragons. À cette occasion de grands bateaux ornés des motifs les plus colorés et représentant des dragons s’élancent sur les fleuves tandis que les familles se préparent à de belles réjouissances. Cette fête commémore le sacrifice de Qu Yuan屈原 (v. 340 / v. 278), grand poète et ministre du royaume de Chu. Inquiet devant la puissance grandissante de Qin, il mit tout en œuvre pour encourager à la résistance. Hélas, la cour le désavoua, le condamna à l’exil et seule la poésie put le consoler. Mais cela n’empêcha pas le pire d’arriver et, comme il l’avait prédit, la capitale de Chu tomba sous les assauts de Qin. Qu Yuan décida alors de composer un dernier poème, et se suicida dans le fleuve Miluo. Estimé au plus haut point par les gens du peuple, ceux-ci se précipitèrent pour retrouver son corps et les bateaux en grand nombre sillonnèrent tous les recoins de la rivière. Pour éviter que son corps ne soit attaqué par les poissons, certains jetèrent dans l’eau des boulettes de riz. Et on dit même que quelqu’un eut l’idée de les enivrer. La coutume demeure plus de 2000 ans plus tard à grands renforts de courses de bateaux, de riz gluant emballé dans des feuilles de bambou, et de vin de riz soufré.


  • Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ?

    Un paysan possédait un exceptionnel cheval blanc. Tous en louaient la beauté et le mérite. Or, à cette même époque, l’Empereur fit diffuser son vœu de trouver une pareille créature. On ne tarda donc pas à demander au paysan de s’en dessaisir. Contre coquette fortune. Mais celui-ci s’y refusa. On augmenta le prix : il ne transigea pas davantage. Alors tout son entourage cria à la folie : comment avait-il pu laisser passer une telle aubaine ?! Ce à quoi notre bonhomme rétorqua placidement : Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ? Le temps passa. Et bientôt le cheval s’enfuit. Aussitôt les voisins accoururent chez lui et lui firent observer à quel point il avait été malavisé de rejeter l’offre de l’Empereur. Il n’avait désormais plus que ses yeux pour pleurer. Toutefois le paysan leur répondit : Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ? Quelques semaines plus tard, le fier cheval tout de blanc vêtu fit réapparition ! Mieux encore, il avait trouvé une splendide compagne et on devinait la promesse de magnifiques poulains et d’une écurie sans précédent ! L’entourage revint de plus belle et l’en félicita. Mais le brave homme répéta : Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ? Et le temps passa. Le fils du paysan souhaita monter le cheval. Mais à peine était-il en selle qu’il en chuta sévèrement et se brisa la jambe. Alors les voisins revinrent sur leur opinion et firent observer que décidément ce cheval était maudit. Mais le paysan continua sa ritournelle : Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ? Puis comme il en va de bien des pays, la guerre ne tarda pas et l’Empire leva une gigantesque armée. Tous les jeunes gens de la région furent enrôlés. Sauf le fils du paysan en raison de sa jambe cassée. Et comme on s’en doute, le concert de louanges recommença, auquel, sans varier, le paysan répondit : Est-ce bien, est-ce mal, qui le sait ?!…


  • Fête de la mi-automne…

    Il existe en Chine une fête dite de la Mi-automne, ou « 15 août chinois » qui correspond au 15ème jour de la huitième lune. Une illustre légende raconte que jadis existaient dix soleils qui brillaient chacun à leur tour. Or un jour, tous apparurent dans le ciel en même temps et les conséquences en furent désastreuses. Car, soumise à une chaleur trop intense, la terre fut bientôt consumée, ses eaux se mirent à bouillir, ses sols furent desséchés, la vie était en grand danger. Ce fut alors que le courageux Hou Yin prit la décision de combattre les soleils. Armé de son arc, il décocha ses flèches et abattit ainsi neuf soleils, n’en gardant qu’un. Porté par son exploit, il devint bientôt roi. Mais loin de toute sagesse, il se transforma en un tyran et parvint même à voler l’élixir d’immortalité à la Reine du Ciel. Pourtant avant qu’il ne le boive, son épouse Chang’e décida de le faire à sa place évitant qu’il impose sa tyrannie éternellement. Chang’e monta bientôt dans le ciel où la Lune l’accueillit en son palais. Et on dit que Hou Yin l’y laissa en paix car il l’adorait vraiment. Pour commémorer ce don de Chang’e fait aux hommes, à la fête de la Mi-automne les familles se réunissent et rendent hommage à la lune de diverses manières. Par exemple ils mangent des gâteaux de Lune 月饼 qui eux-mêmes renvoient au souvenir de la victoire des Ming sur la dynastie Yuan (car ils avaient caché leur message secret à l’intérieur des gâteaux).


  • L’exemple du lieu

    Lorsque le père de Mengzi mourut alors que celui-ci était encore jeune, sa mère décida de s’installer dans une autre demeure. C’est ainsi qu’ils aménagèrent près d’un cimetière. Le petit garçon eut tout le temps d’observer les rites funèbres, et c’est donc tout naturellement qu’il commença à les imiter. Toutefois sa mère considéra bientôt que ce n’était pas là une activité appropriée à un enfant, aussi changèrent-ils une fois encore de lieu. Ils s’installèrent cette fois-ci dans une rue marchande, au-dessus d’une boucherie. Et bien entendu, le petit Mengzi fut très attentif à ces pratiques qui ne manquaient pas de l’intriguer. Il ne tarda pas à user du couteau avec zèle. Bien sûr, sa mère dut une fois de plus constater que cet environnement n’était pas conforme à l’idée qu’elle s’en faisait. Alors ils déménagèrent une ultime fois et c’est ainsi qu’ils vécurent en proximité d’une école où Mengzi devait trouver le modèle qui le conduirait à devenir l’un des plus grands lettrés et philosophes de son temps.


  • Lances et boucliers…

    Cela se passait dans l’État de Chu il y a 2000 ans. Un vendeur ambulant s’était spécialisé dans les lances et les boucliers. Mais comment en vanter les mérites et inciter les passants à les acheter ! C’est alors que notre homme eut l’idée de prétendre que ses boucliers étaient réalisés dans un tel alliage, que rien au monde ne pouvait les transpercer. Un client hésita et vit bientôt une lance qui lui plaisait fort. Alors notre vendeur adapta immédiatement son discours. Il prétendit soudain que ses lances étaient d’une telle qualité, qu’elles avaient le pouvoir de transpercer n’importe quelle matière. Ce à quoi son interlocuteur s’interrogea. Comment pouvait-on simultanément vanter les mérites de boucliers impossibles à transpercer, et de lances pouvant tout transpercer ! Il encouragea donc le vendeur à les tester lui-même sans tarder !


  • Le bonheur renversé…

    Peut-être serez-vous surpris à voir un caractère du bonheur 福 qui se dit fu en chinois, écrit à l’envers et placardé lors du Nouvel An. En vérité comment expliquer une telle chose ? Pour le comprendre il faut savoir que les Chinois aiment jouer sur les homonymies et que倒 dào : « renverser » se prononce comme 到 dào : « arriver ». Soit en quelque sorte, si vous renversez le « bonheur », il ne tarde pas à arriver ! // Mais l’histoire est encore plus jolie, et plus ancienne. Elle raconte que durant la dynastie Ming, un massacre avait été ordonné à l’exception des maisons comportant le caractère « bonheur » affiché sur leur porte. La bienveillante impératrice Ma en ayant été informée, demanda à tous les foyers de procéder à ce placardage. Or certains illettrés l’affichèrent à l’envers. Aussi le lendemain, lorsque les inspecteurs de l’Empereur constatèrent ce spectacle, ils reçurent l’ordre d’arrêter l’une de ces familles afin d’en décapiter les membres. C’est alors que l’impératrice Ma fit observer que la raison devait en être que ces gens attendaient la visite de l’Empereur qui leur apporterait le vrai bonheur. Ce dernier se laissa séduire par cette raison des plus flatteuses et la coutume en fut conservée.


  • Persévérance…

    On dit que Li Bo (701 / 762) était un enfant fort paresseux. Il passait son temps à déserter la classe. Lors d’une de ses escapades, Li Po rencontra une vieille dame près d’un cours d’eau. L’y voyant tremper une barre de fer, il lui demanda ce qu’elle en attendait. À quoi la vieille dame lui répondit, qu’elle espérait à la longue en faire une aiguille. Li Po trouva dans cette anecdote la réponse à son errance. C’est en poursuivant ce qu’on a entrepris, à condition de commencer à l’entreprendre, qu’on a une chance d’y aboutir. Li Bo (ou Li Bai) devint ainsi un des plus grands représentants de la poésie chinoise.


  • Tanabata…

    Le festival de Tanabata (ou fête des étoiles) symbolise l’union de l’étoile Vega (la tisserande, fille du Dieu du Ciel, nommée Zhīnǚ en Chine et Orihime, ou encore au Japon) et Altair (le bouvier, fils des hommes, nommé Niúláng en Chine et Hikoboshi au Japon). Celle-ci s’accomplit une fois l’an, le 7ème jour du 7ème mois lunaire, ramené usuellement au 7 juillet avec des variantes pouvant amener au 7 août, lors de grandes festivités colorées. L’origine du conte est chinoise, elle provient de la fête dite de Qīxī – elle aurait été introduite au Japon à l’ère Nara (710-794). Une parmi les nombreuses histoires que l’on raconte à ce sujet, nous apprend qu’Orihime confectionnait de magnifiques tissus pour son père, le Dieu du Ciel lequel en était fort heureux. Or un jour elle rencontra le bouvier céleste Hikoboshi qui faisait paître ses troupeaux, et en tomba immédiatement amoureuse. Le mariage ne tarda pas et leur union fut des plus heureuses. Enfin pas pour tous, car voilà qu’Orihime délaissa soudain le tissage, tandis que le bétail d’Hikoboshi gambadait en tous sens. L’ordre galactique était en danger. Le Dieu du Ciel jugea qu’il lui fallait y mettre bon ordre et il ne le fit pas à moitié, puisqu’il sépara les deux amoureux par l’infranchissable Voie lactée. Orihime en éprouva un immense chagrin et son père en fut sincèrement affecté. C’est pourquoi il consentit à ce qu’ils puissent se voir une fois l’an. Hélas force fut de constater qu’il n’y avait nul pont pour leur permettre de se rejoindre. C’est alors qu’un vol de pies permit de constituer un pont grâce à leurs ailes assemblées. Ainsi les deux amoureux purent-ils enfin se rejoindre. Chaque année, leur rencontre se renouvelle à une condition : qu’il fasse beau, sans quoi il faut attendre l’année suivante !


  • Un parapluie de soie

    (Histoire de Chine) Lu Ban, le grand maître charpentier, et sa sœur se promenaient dans la si belle ville de Hangzhou… Le printemps était en fleurs et le spectacle proche du lac les saisit de beauté. Mais alors qu’ils arrivaient dans un lieu enchanteur, une pluie soudaine s’abattit sur eux et il ne fallut guère de temps pour qu’ils soient entièrement trempés. C’est alors que la sœur de Lu lui fit observer une chose étrange : « Comment, lui dit-elle, tu es un si grand maître qui peut tout réaliser, or une simple pluie suffit à nous mettre dans un tel état ! Je te propose donc que nous fassions un concours. Voyons lequel de nous deux pourrait inventer la meilleure solution à cette situation ! » Lu Ban sourit tout d’abord, pensant que c’était une blague. Pourtant devant l’air sérieux de sa sœur, il finit par comprendre qu’elle avait réellement envie de se lancer dans cette épreuve ! Alors tous deux se mirent d’accord pour y consacrer la nuit suivante. « Nous arrêterons au chant du coq, dit la sœur, et nous verrons alors qui a gagné ! ». Ainsi fut fait. Chacun de son côté commença à travailler et la nuit ne fut pas de peu pour les aider à accomplir une telle tâche. De son côté, Lu Ban, ne tarda pas à construire un premier pavillon à quatre piliers. Ce serait un abri parfait pour venir s’y protéger en cas de pluie. Il était assez heureux de son travail quand il pensa qu’il serait sage d’épier ce que faisait sa sœur. Il se rapprocha de sa chambre : aucun bruit ! Il trouva cela étrange, et repartit donc de plus belle envisageant d’édifier un second pavillon, à six piliers celui-là. Il ne savait pas alors que sa sœur l’observait secrètement et celle-ci s’amusa même à imiter le cri du coq. Aussitôt Lu Ban posa ses outils, bien que le pavillon ne fût pas achevé. Mais bien sûr, il ne tarda pas à constater qu’on lui avait fait une farce, et il reprit son travail un peu irrité. Emporté par son élan, ce ne sont pas moins de neuf pavillons qu’il parvint ainsi à élever en une seule nuit. Un véritable exploit. Et le vrai coq chanta pendant que Lu Ban construisait un dernier pavillon, et qu’il n’en avait achevé que trois côtés. Lu Ban pouvait être satisfait : le spectacle de tous ces pavillons bordant le lac était magnifique. C’est alors que sa sœur sortit de sa chambre. Il l’aperçut de loin tandis qu’elle tenait au-dessus de sa tête un curieux toit mobile. Elle avançait en s’agrippant à un fin pilier et Lu Ban ne comprenait pas vraiment de quoi il pouvait bien s’agir. Quand il l’examina de plus près, Lu Ban fut stupéfait : cet instrument était d’une grande beauté, composé de trente-deux arêtes, recouvertes de soie, décoré du thème du phénix et de la pivoine, capable de s’ouvrir et de se fermer. Ainsi venait d’être inventé le parapluie. Le grand charpentier n’était pas homme à nier le succès d’autrui, et il rendit un vif hommage à sa sœur qui avait réalisé le plus magnifique moyen de se protéger de la pluie. Celle-ci eut beau louer à son tour le prodige de son frère, capable de construire ce qu’aucun autre homme n’aurait pu réaliser en une seule nuit, il n’en démordit pas : ce parapluie mobile était à ses yeux la réponse même au défi qu’ils s’étaient posé la veille. Et c’est ainsi que Lu Ban ne manqua plus jamais de demander conseil à sa sœur dans ses futurs travaux.


  • Yu Gong déplace la montagne

    Yu Gong dont le nom signifie « vieux sot » était un paysan qui pouvait être fier de sa progéniture. Sa famille était prospère, même si cela demandait bien des efforts pour l’alimenter. Efforts d’autant plus importants que deux montagnes entravaient la route qui séparait les champs de la maison. Alors qu’il avait déjà 90 ans, Yu Gong prit la décision de les déplacer. Son épouse tenta de l’en dissuader, mais rien n’y fit d’autant que la piété filiale ne pouvait se permettre une remise en cause de son autorité. C’est ainsi que toute la famille s’employa à attaquer les montagnes à coups de pioche tout en enlevant les remblais loin de là. Leur projet ne manqua pas d’attirer l’attention du village et c’est pourquoi les voisins vinrent de toutes parts pour s’associer au vieil homme et aux siens. Au bout de quelque temps L’Empereur Céleste lui-même en fut averti. Ce dernier, ému par l’audace et la valeur de cette œuvre collective, choisit d’envoyer deux immortels qui achevèrent de porter les montagnes loin de là. Et c’est ainsi que Yu Gong parvint à déplacer la montagne.


  • Zhuangzi et le papillon

    On dit que le sage Zhuangzi 莊子 avait rêvé d’un papillon. Cependant en se réveillant, celui-ci se demanda : Est-ce Zhuangzi qui a rêvé qu’il était un papillon ? Ou bien est-ce le papillon en train de rêver qu’il est Zhuangzi ?