14 avril 1949 – Solomana Kanté et le n’ko

« Je dis », soit n’ko en langues mandingues. N’ko : une écriture mise au point ou perfectionnée par Solomana Kanté (1922-1987) qui l’aurait introduite en 1949. Le travail admirable de Solomana Kanté a permis d’en dynamiser l’usage en Guinée, au Mali, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, principalement dans le sillon des langues mandingues. Celles-ci constituent un groupe important de la famille des langues mandées (nigéro-congolaises) et incluent entre autres le bambara parlé au Mali, le dioula en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, le mandinka au Sénégal, en Gambie, en Guinée… ou encore le maninka en Guinée. Certes nombre de ces langues bénéficient ou ont bénéficié de transcriptions autres que le n’ko. Par exemple le masaba* ou le latin pour le bambara, ou encore les alphabets latin ou arabe pour le mandinka, etc.  Quant à Solomana Kanté, celui-ci est d’origine guinéenne. C’est toutefois en Côte d’Ivoire, et plus précisément à Bingerville, un 14 avril 1949, qu’il fit l’annonce introductive du n’ko donnant le départ à la publication de 183 ouvrages. Le 3 décembre 2006, année d’introduction du n’ko dans la table UNICODE*, était instituée en Guinée l’Organisation Académique de l’Alphabet n’ko avec pour objectifs : « 1. Créer un Système permettant de partager les informations sur les syntaxes et morphologies grammaticales en vue d’harmoniser les écrits dans les œuvres produites ; 2. Contribuer à l’amendement des travaux de recherche de l’inventeur de l’alphabet n’ko, notamment l’enrichissement du dictionnaire, l’élaboration des outils pédagogiques, les traductions, les corrections…; 3. Œuvrer pour la recherche, l’édition, la publication, la vulgarisation et la validation en n’ko. » (source : trainemergenceguineenne.com) …


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28 janvier 2014 – Décès de Frédéric Bruly Bouabré

Nous sommes en Côte d’Ivoire le 28 janvier 2014. Ce jour-là décédait à Abidjan à l’âge de 91 ans, un grand témoin et acteur de l’histoire des écritures. Il emportait alors avec lui une extraordinaire aventure dont il fut sa vie durant le vecteur. Son nom : Frédéric Bruly Bouabré. Son mérite : avoir dédié son existence à valoriser, préserver, défendre la culture de son peuple, les Bété. Cheikh Nadro, c’est-à-dire « Celui qui n’oublie pas » ainsi qu’il se désignait, eut sa révélation en 1948. Il adressa en 1957 une lettre à Théodore Monod y mentionnant :

« … « Quand vous verrez les pierres de Bécloi, on dirait qu’elles sont sculptées »… Voilà le discours que nous enfants bété, entendions très souvent dans les conversations des grandes personnes. Et moi, à chaque fois que j’entendais ce discours, j’avais le désir d’aller à Bécloi, voir de mes propres yeux ces fameuses pierres. »

 

C’est ce qu’il fit pour finalement consacrer ses jours à la mise en œuvre, au développement et à l’enseignement de l’écriture dite bété comprenant 448 signes différents. Combien sont attachants ces petits cartons qu’il couvrit de couleurs variées et de légendes inscrites en marge. Leur agencement encyclopédique semble chanter le bonheur qui l’envahit toute sa vie à pouvoir ainsi en témoigner. Poète, peintre, c’est à partir de l’exposition des « Magiciens de la Terre » qui se tint en 1989 qu’il se fit plus largement connaître. Le monde lui ouvrit alors les bras, ou plutôt les portes de ses galeries. Puisse désormais son œuvre se préserver et puissent d’autres enfants bété la prolonger toujours plus loin…

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Les oubliés des oubliés…

Ils sont : « Les oubliés »…
Oubliés parce que différents
Oubliés car ils présentent des troubles mentaux
Souvent enchaînés, mis à l’écart,
Irrécupérables…

Mais sur leur chemin,
Il y avait Grégoire Ahongbonon
Psychiatre ? Non
Médecin ? Pas davantage…
De son métier : réparateur de pneus

Après le succès de son garage, puis une faillite
Il connaît la dépression et la tentation du suicide
C’est alors qu’il ouvre les yeux sur une misère particulière
Celle de gens errants, ou de personnes entravées
Condamnées à vivre en marge de la société
Pour leur différence mentale…

« Cette chaîne, c’est la honte de l’humanité.
Lorsque quelqu’un est enchaîné,
C’est l’humanité tout entière qui est entravée. »
dira-t-il…

Un combat naît de cette rencontre
Celui de venir en aide aux « oubliés des oubliés »

S’ensuit la création d’un puis de plusieurs centres d’accueil
En Côte d’Ivoire, au Bénin, au Togo…
Souvent portés par d’anciens malades

Regagner confiance
Retrouver le sens de l’autre et de soi
« Monsieur Grégoire » : l’histoire d’un engagement…