AokigaharaFujisanTokyo

« Il était une fois la girafe, le guépard et le rhinocéros noir… »

Il était une fois la girafe, le guépard et le rhinocéros noir.
Et tout semblait débuter comme un conte d’enfant.
Nos trois protagonistes prêts à l’aventure
Afin d’émerveiller petits et grands.

La girafe s’y serait rappelée
Qu’elle fut nommée « chameau-léopard »,
Toujours présent en langue grecque :
καμηλοπάρδαλη
(kamilopárdhali)

De son exceptionnelle prestance,
Elle nous aurait emmenés
Sur les terres orientales,
À la rencontre du fabuleux qílín

Porteur de bons présages,
Celui-ci inspirerait la girafe japonaise, dite kirin

Le guépard aurait lancé un clin d’œil,
À la succession des âges.
De Sumer à la cour de Kubilai,
Des San aux Egyptiens,
Jusqu’à camper un personnage de Visconti,
Tandis qu’un monde disparaîtraît…

Le rhinocéros noir quant à lui,
Aurait fait trembler le sol de la savane.
De toute sa puissance,
Et d’une soudaine accélération,
Il aurait dans sa lancée écarté toute opposition.

Hélas, si tous trois aujourd’hui
Se voient conviés en ces lignes.
Ce n’est point pour les conter,
mais les compter…
Tous trois font à des titres divers
Partie des espèces menacées.

Que raconterons-nous donc à nos enfants ?
Les désignerons-nous sur les parois rupestres
De nos coupables abandons ?

Leur dirons-nous qu’il était jadis
Une dame au long cou,
Un chevalier bondissant,
Un combattant au nez de force,
Et que nous avons négligé de les défendre
Prétendument occupés à de plus urgentes affaires ?


« Une vie tranquille et modeste »… selon Einstein

« Une vie tranquille et modeste
Apporte plus de joie
Que la recherche du succès
Qui implique une agitation permanente… »

Telle serait la note laissée par Albert Einstein
À un coursier de l’Imperial Hôtel de Tôkyô
En remerciement de la course effectuée
Dans un pays qui ne pratique pas le pourboire…

La scène se serait produite en 1922
Et ferait partie de deux notes
Refaisant surface 95 ans plus tard…

Alors, une idée à ce sujet ?
Que choisir entre les rêves de gloire, de notoriété,
L’avalanche d’avantages et de privilèges
Qu’ils entraînent,
Et une vie moins exposée,
N’ayant pas accès aux mêmes tables
Ni aux mêmes tribunes
Mais prenant le temps d’apprécier
Les bonheurs simples de la vie ?

Eternel dilemme
Souveraine décision
Mais qui ne dépendent de nous
Qu’en partie…

Quant aux deux notes
Les voici mises aux enchères
Ainsi que la gloire y porte…


Aokigahara : la forêt du suicide…

Elle porte le doux nom de Mer des Arbres
樹海 Jukai
La forêt d’Aokigahara
S’étend magnifiquement au pied du Fujisan

Mais si sa réputation a dépassé
Les frontières de la région
C’est en raison de l’attrait qu’elle exerce
Sur les candidat/es au suicide

De quoi rappeler au talent
De Seichō Matsumoto (1909-1992)
Auteur de plus de 450 ouvrages
Dont Nami no tô, « pagode de vagues »
Qui en propulsa l’invitation
Y faisant périr son couple héroïque

Puis vint le Kanzen Jisatsu Manyuaru
« Mode d’emploi complet du suicide »
Que l’on doit à Wataru Tsurumi
Que l’on trouve quelquefois
Sur le sol jonché de souvenirs
De la Mer des Arbres

Le lieu jouissait déjà d’une certaine aura
Au 19e siècle
Même si le mouvement prit de l’ampleur
Dans la seconde moitié du 20e
Jusqu’à compter au moins une centaine de passages à l’acte en 2010…

10 septembre
Journée mondiale de la prévention du suicide
De quoi tous nous interroger sur notre relation à soi, à l’autre
Et sur la fragilité de toute existence
Au regard de la variété des contextes,
Des décisions, des jugements,
Des causes et conséquences,
Quand toutes les 40 secondes, une personne sur Terre se donne la mort…

Le réalisateur Gus van Sant réalise The Sea of Trees (« Nos souvenirs ») en 2016 mettant en scène Matthew McConaughey, Ken Watanabe et Naomi Watts…


Dans la Mer des Arbres…

Elle porte le doux nom de Mer des Arbres
樹海 Jukai
La forêt d’Aokigahara
S’étend magnifiquement au pied du Fujisan

Mais si sa réputation a dépassé
Les frontières de la région
C’est en raison de l’attrait qu’elle exerce
Sur les candidat/es au suicide

De quoi rappeler au talent
De Seichō Matsumoto (1909-1992)
Auteur de plus de 450 ouvrages
Dont Nami no tô, « pagode de vagues »
Qui en propulsa l’invitation
Y faisant périr son couple héroïque

Puis vint le Kanzen Jisatsu Manyuaru
Que l’on doit à Wataru Tsurumi
Une référence du suicide
Que l’on trouve quelquefois
Sur le sol jonché de souvenirs
De la Mer des Arbres

Le lieu jouissait déjà d’une certaine aura
Au 19e siècle
Même si le mouvement prit de l’ampleur
Dans la seconde moitié du 20e
Jusqu’à compter au moins une centaine de passages à l’acte en 2010…

10 septembre
Journée mondiale de la prévention du suicide
De quoi tous nous interroger sur notre relation à soi, à l’autre
Et sur la fragilité de toute existence
Au regard de la variété des contextes,
Des décisions, des jugements,
Des causes et conséquences,
Quand toutes les 40 secondes, une personne sur Terre se donne la mort…

Le réalisateur Gus van Sant réalise The Sea of Trees (« Nos souvenirs ») en 2016 mettant en scène Matthew McConaughey, Ken Watanabe et Naomi Watts…


Récits


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Les anciennes chroniques du Japon… Kojiki 古事記 & Nihon Shoki 日本書紀

Le Kojiki 古事記 est considéré comme le plus vieux texte japonais, contant les origines mythiques du pays. L’empereur Tenmu 天武天皇 (7e siècle) aurait initialement ordonné à Hieda no Are de le compiler, tandis qu’à la demande de l’Impératrice Genmei, Ô no Yasumaro en aurait poursuivi la rédaction sans que l’on sache précisément ce qui fut alors ajouté. L’objectif du Kojiki était de régler les contradictions qui existaient en son temps sur les origines du pays. Il fut achevé en 712. Son nom désigne une « chronique記 des temps anciens 古事 »… Le Nihon Shoki 日本書紀 est un autre texte qui fait suite au Kojiki, qu’il complète et précise notamment en traitant de faits plus contemporains de sa rédaction. Il serait l’œuvre du prince Toneri et également de Ô no Yasumaro. Il évoque les relations du Japon avec la Chine et la Corée. Il fut achevé en 720… Observons que si le Kojiki fut écrit en japonais (et caractères chinois), le Nihon Shoki pour sa part le fut en langue chinoise. Ces deux textes sont une source incomparable sur la connaissance du Japon ancien, de ses légendes et mythes, ainsi que de ses débuts historiques.

 

Récits


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Mottainai

Mottainai : un terme japonais.
Idée d’un malaise dû au gaspillage.

dissatisfaction * imply3 waste toomuch
insatisfaction / causée / par / un gaspillage (déchets) / excessif(s)

Tradition shintoïste
Selon laquelle tous les objets ont une âme.
De ce fait, il faut les respecter,
Et le gaspillage s’oppose à cette idée de respect.
Tradition bouddhiste
Où l’état d’esprit doit être empreint d’humilité
Et de respect à l’égard du monde,
Ce qui explique le sentiment de regret face au gaspillage.

Peut se traduire dans des actions concrètes au sein d’une société
Ici japonaise.
Organiser les comportements de consommation…
Optimiser la consommation des ressources…
Valoriser le tri, l’économie circulaire…

Wangari Maathai, scientifique et femme politique kenyane,
Lauréate du prix Nobel de la paix en 2004,
Découvre le mot « mottainai » en 2005.
Elle l’utilise pour baptiser une campagne de protection environnementale.


Sur un T-shirt de coton à Ginza…

Nous voici à Ginza, l’un des quartiers marchands les plus réputés de Tôkyô où les publicités animées et chatoyantes mettent à l’honneur l’extrême beauté de l’écriture japonaise. Pourtant, tandis que nous marchons, un T-shirt peu banal attire notre attention. Un graphisme y figure, dont on se doutera aisément qu’il n’a pas vraiment de rapport avec les enseignes environnantes.  S’agirait-il donc d’une calligraphie arabe ? D’un signe maya ?  D’un alphabet ouest-africain ? Pas vraiment. En fait ce signe appartient plutôt à une écriture dite siddham, un antique système indien issu de la brahmi* et tombé en désuétude il y a plus de 800 ans. Mais alors, que peut bien faire ce signe, imprimé sur un T-shirt en coton, se baladant dans les rues tokyoïtes ?  La réponse tient aux incroyables chemins d’écriture. Pour en découvrir le truchement, il nous faudra nous rendre en Chine lors de la visite d’un illustre moine japonais, un certain Kūkai (774 – 835) dont le nom空海 signifie « Océan de vacuité », également connu sous le nom de Kōbō-Daishi. S’y rendant pour y recevoir l’enseignement des maîtres bouddhistes, Kūkai fut mis au contact d’un moine indien. Or celui-ci pratiquait une ancienne écriture. Vous l’aurez deviné, il s’agissait de l’écriture siddham qui pourtant allait bientôt disparaître en Inde même. Kūkai la colporta dans son retour au Japon et c’est ainsi que plusieurs écoles bouddhistes en firent usage et en préservèrent la tradition. Ici on appelle ces caractères bonji 梵字 (ou shittan 悉曇). Leur fortune voulut que les designers modernes lui reconnaissent un réel et indéniable intérêt graphique !


Une fois cassé…

Cassé.
Cassé et jeté.
Cassé et réparé.

Cassé, par mégarde.
Cassé avec l’intention de briser, de détruire.

Le fils du paysan s’est cassé la jambe… et ne partira donc pas à la guerre.
Le grand-père casse les assiettes et a droit à une écuelle de bois.
« Break-a-leg », pour conjurer le sort et appeler la fortune.

Grégoire répare les pneus et secourt les âmes,
Le fihavanana malgache tisse et répare les liens sociaux…

Longue histoire des objets, des êtres, des phénomènes
Rappelant à la fragilité de toute condition.

Au Japon l’art du kintsugi 金継ぎ porte l’éthique du wabi-sabi
Objets brisés dont la cicatrice visible dorée à l’or fin
Témoignera pour quelque temps encore…

« La vie brise tout le monde et, par la suite,
Quelques-uns deviennent plus forts aux endroits où ils ont été brisés. »
Ernest Hemingway


Veillées :

    AokigaharaFujisanTokyo
  • Izanami et Izanagi

    (légende japonaise) Il était une fois Izanami et Izanagi, la femelle et le mâle, kamis à l’origine de toute chose… Ils décidèrent de créer une terre ferme et plongèrent la Lance céleste dans les océans. Bientôt du mouvement créé et des gouttes retombées naquirent les îles japonaises. Puis les deux héros primitifs s’unirent et mirent au monde les enfants des eaux. Hélas ceux-ci étaient malformés car le couple n’avait pas respecté les codes du mariage. Ils recommencèrent donc et cette fois-ci leur union fut couronnée de succès. Kamis et divinités en naquirent. Hélas en enfantant Kagutsuchi, le kami du feu, Izanami fut gravement brûlée et mourut. Profondément épris d’elle, et fou de douleur, Izanagi la rejoignit dans le séjour des morts. Pendant qu’elle était entourée de ténèbres, Izanami lui fit promettre de ne surtout pas tenter de la regarder. Elle devait demander l’autorisation de le suivre aux kamis des enfers. Toutefois, une nuit, rongé d’impatience, Izanagi leva le voile qui cachait son visage et l’éclairant fut saisi d’un immense effroi : la chair était en putréfaction et son visage grouillait d’une infinité de petites créatures. Izanami fut réveillée en sursaut et hurla aux démons de l’attraper. Mais Izanagi fut plus rapide qu’eux et parvint à regagner l’entrée des séjours des morts qu’il obstrua d’une lourde pierre. Il eut le temps d’entendre Izanami lui criait que désormais elle tuerait chaque jour mille de ses créatures, à quoi il lui répondit qu’il en créerait lui-même mille cinq cents ! Ce fut ainsi que commença le grand cycle de la vie et de la mort.


  • Le garçon de la pêche

    Il était une fois un couple de personnes âgées qui vivaient tranquillement une existence modeste mais heureuse… Un seul élément manquait à leur bonheur : ils n’avaient pu hélas avoir d’enfants mais qu’importe, telle était la décision du ciel et il fallait s’y conformer. Chaque jour ils vaquaient à leurs tâches usuelles dans ce district de Okayama. Le vieil homme partait dans la forêt couper du bois tandis que la vieille dame se rendait à la rivière pour laver son linge. Mais, un jour, une chose étrange se produisit. Là, à la surface de l’eau devant elle flottait une énorme pêche qui descendait la rivière. Il faut dire que la région est bien connue pour la qualité de ses pêches. La vieille dame se dit donc qu’elle ferait un magnifique dessert et s’en empara. L’ayant ramenée à la maison, elle attendit impatiemment le retour de son époux et, dès que celui-ci fut rentré, ils commencèrent à découper le fruit. Or, à peine l’avaient-ils ouvert qu’un choc les laissa tous deux sans voix : à l’intérieur figurait un enfant magnifique ! Stupéfaits, mais en même temps comblés, ils décidèrent de l’appeler Momotarô (桃太郎) ce qui signifie « le garçon de la pêche ». Ainsi passèrent des années merveilleuses. Enfin, la jeunesse de la vie résonnait de toutes parts dans l’humble demeure. Mais une ombre planait sur cette sérénité, celle d’un démon qui pillait la région et causait les plus grands malheurs. Momotarô avait grandi et se révélait être un jeune homme très particulier : il était à la fois grand et fort, nanti d’un haut sens moral et de la sagesse de ces deux personnes qui l’avaient élevé. Qui aurait pu imaginer qu’il provenait d’une pêche ! C’est pourquoi il décida d’aller affronter le démon sur son île. Ainsi commença son voyage. Il partit avec une provision de kibidango, de délicieux gâteaux de millet (comparables au mochi) et une grande assurance face à l’adversité. En chemin, il eut la chance de rencontrer trois compagnons, un chien, un singe et un faisan. Ceux-ci choisirent de l’accompagner dans son combat contre le démon en échange d’un de ces délicieux kibidango. Se retrouvant sur l’île des démons, un premier obstacle leur fit face : un portail infranchissable ! C’est alors que le faisan passa au-dessus et réussit à en voler la clé. Les assaillants, armés de courage, purent ainsi se ruer sur leurs ennemis. Le démon n’était pas sans être entouré de nombreuses créatures aussi malveillantes que lui et un combat indécis s’engagea. Mais heureusement, Momotarô avait eu l’intelligence de ne pas venir seul et chacun de ses amis se révéla des plus précieux. Le faisan piqua leurs yeux de son bec acéré. Le chien s’en prit violemment à leurs jambes qu’il mordit de toutes ses forces. Quant au singe, il sauta sur leur dos les griffant sans relâche. Finalement les démons demandèrent pitié. Momotarô et ses compagnons avaient gagné la partie. Il récupéra l’ensemble des richesses qui avaient été volées afin de les redistribuer puis regagna la demeure de ses parents où tous trois vécurent des jours heureux.


  • Le partage des trois ryōs… plus un

    Une personne marchait lorsque par mégarde une bourse tomba de sa ceinture. Vint une seconde personne qui la trouva sur son chemin. Selon les codes d’honnêteté en usage, cette dernière s’empressa de rejoindre l’infortunée qui l’avait perdue et l’enjoignit de reprendre son bien. Ce à quoi l’autre, selon les mêmes codes, assura qu’elle n’en ferait rien car un bien perdu doit appartenir à celui qui le trouve. Ne pouvant trancher, les deux compères décidèrent de se rendre devant le juge. Celui-ci écouta attentivement leur requête et décida la chose suivante. Il compta tout d’abord les ryōs contenus dans la bourse : il y en avait trois ! Puis il ajouta une quatrième pièce de sa poche, et en donna deux à chacun. Après cela, il encouragea à observer que le possesseur de la bourse aurait dû avoir trois pièces, or il n’en avait désormais plus que deux. Le second aurait pu en gagner trois, mais il n’en avait également que deux. Quant à lui, juge, il en avait perdu une. Ainsi donc tous trois étaient-ils à présent au même point. Chacun avait perdu une pièce, ce qui était en soi équitable.


    Veillée


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  • Les 47 Ronins…

    On raconte que deux daimyô, seigneurs japonais, s’étaient rendus à la cour du shogun à sa demande. On était au début de l’ère d’Edo et ils se nommaient Kamei Korechika et Asano Naganori. Leur mission était de préparer la cérémonie d’accueil de l’Empereur. Ils rencontrèrent à cette fin, le maître des cérémonies, un certain Kira. Or celui-ci était un personnage corrompu, peu enclin à leur faciliter la tâche. Tout au contraire, il y mit bien de la mauvaise foi et finit par irriter sérieusement les deux daimyôs, qui ne savaient que faire. Si Kamei Korechika finit par le soudoyer, ainsi que Kira les y invitait, Asano Naganori du fief d’Akô resta pour sa part inflexible, ce qui lui valut les sarcasmes croissants de leur hôte. Finalement, un affrontement eut lieu et Asano dégaina une dague de son fourreau, blessant Kira et endommageant une porte dorée. Il n’en fallait pas plus, dans la maison du shogun, pour réclamer son suicide immédiat, par seppuku. Asano y consentit et toute sa maison et son clan en furent profondément affectés. Parmi eux étaient 47 samurais, devenus à présent des rônins, des chevaliers sans maître. Ceux-ci jurèrent vengeance. C’est ainsi que débuta un plan mené par leur chef Ōishi Kuranosuke. Il fallut de la patience et de l’organisation pour le mettre en œuvre, et tout d’abord se faire oublier de l’entourage de Kira qui s’attendait bien à des représailles. Deux années passèrent ainsi, à simuler une vie de débauche et de désarroi. Tout le monde finit par penser que les rônins avaient perdu tout sens de l’honneur, se soûlant et s’adonnant à toutes sortes d’activités peu dignes de leur rang. Mais le plan avançait bel et bien. Ils finirent, sous de fausses identités, à se rapprocher du palais de Kira. Ainsi vint le jour, tandis qu’un tapis de neige recouvrait la cité d’Edo, où les rônin purent porter leur attaque contre la maison de Kira. Finalement, celui-ci fut acculé et, alors qu’il essayait de s’enfuir, fut invité à son tour au seppuku. Il s’y refusa, et un rônin lui trancha donc la tête. Celle-ci fut portée sur la tombe d’Asano. Puis les rônin furent à leur tour condamnés à se suicider sur ordre du shogun, ce à quoi il s’étaient préparés. 46 d’entre eux s’exécutèrent, le 47ème, le plus jeune, qui avait reçu mission d’aller porter la nouvelle à Akô, y échappant. La légende ne tarda pas à se répandre et leur exemple de loyauté devint un modèle pour les générations japonaises à venir, de valeur et de courage.


  • Tanabata…

    Le festival de Tanabata (ou fête des étoiles) symbolise l’union de l’étoile Vega (la tisserande, fille du Dieu du Ciel, nommée Zhīnǚ en Chine et Orihime, ou encore au Japon) et Altair (le bouvier, fils des hommes, nommé Niúláng en Chine et Hikoboshi au Japon). Celle-ci s’accomplit une fois l’an, le 7ème jour du 7ème mois lunaire, ramené usuellement au 7 juillet avec des variantes pouvant amener au 7 août, lors de grandes festivités colorées. L’origine du conte est chinoise, elle provient de la fête dite de Qīxī – elle aurait été introduite au Japon à l’ère Nara (710-794). Une parmi les nombreuses histoires que l’on raconte à ce sujet, nous apprend qu’Orihime confectionnait de magnifiques tissus pour son père, le Dieu du Ciel lequel en était fort heureux. Or un jour elle rencontra le bouvier céleste Hikoboshi qui faisait paître ses troupeaux, et en tomba immédiatement amoureuse. Le mariage ne tarda pas et leur union fut des plus heureuses. Enfin pas pour tous, car voilà qu’Orihime délaissa soudain le tissage, tandis que le bétail d’Hikoboshi gambadait en tous sens. L’ordre galactique était en danger. Le Dieu du Ciel jugea qu’il lui fallait y mettre bon ordre et il ne le fit pas à moitié, puisqu’il sépara les deux amoureux par l’infranchissable Voie lactée. Orihime en éprouva un immense chagrin et son père en fut sincèrement affecté. C’est pourquoi il consentit à ce qu’ils puissent se voir une fois l’an. Hélas force fut de constater qu’il n’y avait nul pont pour leur permettre de se rejoindre. C’est alors qu’un vol de pies permit de constituer un pont grâce à leurs ailes assemblées. Ainsi les deux amoureux purent-ils enfin se rejoindre. Chaque année, leur rencontre se renouvelle à une condition : qu’il fasse beau, sans quoi il faut attendre l’année suivante !