Effet Zapping

Peut-être sommes-nous de ceux qui s’en plaignent. Peut-être sommes-nous de ceux qui s’en félicitent. En tout cas, rien de moins évident que l’adéquation de notre temps à la culture et à la cadence d’un zapping effréné qui semblerait répondre au rythme attendu par un grand nombre. Les raisons en paraissent nombreuses : envie de ne rien rater, impossibilité de se concentrer durablement, flux ininterrompu du monde… Vive l’effet zapping et tout ce qu’il permet de saisir dans son filet… à très grosses mailles.

Effet Vulgarisation

Fréquent corollaire de l’effet scientifique*, l’effet vulgarisation prend deux faces qui ne sont pas forcément opposées. La première vient du monde scientifique lui-même. Conscient de son écart sinon de faculté, assurément de connaissances, avec son audience, la science peut occasionnellement se livrer à rendre son propos plus accessible. En le tronquant d’une partie de sa raison d’être ? Oui et non, disons que cela dépend de qui s’y livre. L’autre versant de l’effet vulgarisation relève davantage du monde non scientifique tentant avec un succès méritoire, même s’il est souvent relatif, d’accéder par lui-même à la dite science. Ce second volet peut occasionnellement (fréquemment ?) faire l’objet d’un éloignement plus ou moins ostentatoire de la part de certains scientifiques qui ne s’y reconnaissent absolument pas – erreurs ou approximations obligent… ou qui le prétendent.

Effet Zoom et Effet Grand Angle

Une voiture brûle et le monde bascule dans le chaos. Un forcené tue au nom d’un principe qu’il a dévoyé à ses fins morbides, et voici que nous sommes au bord d’un affrontement dogmatique sans retour. L’effet zoom a cette tendance à nous entraîner dans une extrapolation qui ne saurait remettre en question le talent de celui ou celle qui l’a laissée entendre ou entrevoir. Il aurait certes pu convier à un utile éclairage. Mais en matière de lumière, c’est plutôt de l’obscurité (obscurantisme ?) dont il ressort, celui de masquer la complexité dans laquelle chaque situation se forge, amenant in fine à ne pas considérer le tout ni la partie. L’effet grand angle n’est pas, quoiqu’il puisse paraître, son opposé. Celui-ci procède plutôt d’un élargissement après (ou avant) la prise en compte du zoom, dont on peut attendre les fameuses mises en corrélation ou en perspective, le tout dépendant encore et toujours du talent de celle ou celui qui y invite…

Effet Zen

Sentez-vous cette brise légère qui souffle de l’est ? Sentez-vous ce détachement soudain ou progressif qui vous gagne plus vous avancez dans ce propos ? Éprouvez-vous cet étrange soulagement qui détone quelque peu dans le trouble environnant ? Ne cherchez pas, vous y êtes… l’effet zen est en train de se réaliser.

Effet Utopique, Pantopique et Dystopique

On reconnaîtra aisément l’effet utopique, très usité, dans sa prédisposition à inventer un monde qui n’est pas, ou ne peut être. Il renvoie de prime abord à l’ouvrage de Thomas More paru au 16e siècle sous le titre d’Utopia décrivant un « pays imaginaire où tout est réglé au mieux », île du bonheur pour tous sur laquelle on continue néanmoins de trouver quelques esclaves, et autres accommodements d’époque. Selon l’étymologie la plus courante, on y ferait allusion à un « nulle part » (gr. ou, « non », et topos, « lieu »). Toutefois la propension à nourrir ces mondes utopiques s’est vue plus récemment aiguiller vers une tendance dystopique, reflétant la noirceur des horizons, la promesse d’univers plus sinistres. De quoi nous interroger peut-être sur une troisième voie, celle d’une pantopie (gr. pan-, pantos, « tout », tous les lieux plutôt qu’aucun)… Laissant aux créateurs comme aux commentateurs inspirés la vision de bonheurs ou de malheurs pour tous, de lendemains chimériques ou d’écroulement généralisé, le monde actuel n’encourage-t-il pas davantage à prendre en considération sa réalité plurielle par l’ampleur, la complexité* et l’enchevêtrement de son questionnement contemporain ?

Effet Obsolescence et Effet Vintage

À une époque d’accélération constante doublée d’un culte de l’immédiateté, l’obsolescence et l’effet qui l’accompagne ne sont plus une possibilité mais une assurance. Assurance qu’à peine formulée, le fragment d’actualité gagnera son statut d’antiquité. Aujourd’hui est déjà hier et même avant-hier. Dommage, quand on a les yeux rivés sur après-demain ! Un petit bémol néanmoins à cette obsolescence, programmée ou pas : de très nombreux courants se manifestent çà et là qui accordent précisément de l’intérêt à ce qui présente un écart avec toute modernité rutilante et éphémère. Un autre effet, vintage celui-là, jouera donc au contraire de ces facteurs d’antiquité pour redonner goût aux choses anciennes, sans toujours s’encombrer d’authenticité…

VIP effect

Would its front page be sufficient? Who doubts it? The truth is that putting a VIP (Very Important Person) in the spotlight will in many cases produce the desired effect: projecting us into a universe, if not a dream world, in any case where all the usual criteria and the trivialization of the world seem unlikely. Enough to make some people dream (and create an effect of wonder*) and horrify others! By the way, the term VIP comes from the Russian viesima imenitaïa persona.


Effet VIP

Son affichage à la une, ou chemin faisant, suffirait-il ? Qui en doute ? En vérité la mise en avant d’un VIP (Very Important Person) produira dans bien des cas, l’effet escompté : nous projeter dans un univers sinon de rêve, en tout cas où tous les critères usuels et la banalisation du monde semblent peu probables. De quoi faire rêver les uns (et susciter un effet d’émerveillement*) et en horrifier d’autres ! Au fait le terme VIP vient du russe viesima imenitaïa persona.

Effet Oxymore ou Oxymoron

Un silence assourdissant, une obscure clarté… figurent au premier chef des illustres oxymores (oxymorons). Les fins connaisseurs sauront y voir une nouvelle fois la trace de l’enseignement rhétorique et en feront usage avec délicatesse. D’autres, un peu plus mal à l’aise, tenteront vaguement de se l’approprier. Le tout donnera de temps à autre un effet oxymore, comme celui par exemple de certaines actualités que nous voudrions ici plus pérennes ,-)

Effet VS

Chaud/froid, jour/nuit, bien/mal, etc., ce ne sont pas les paires (prétendument) opposées qui manquent à notre vocabulaire ni à l’idée que l’on se fait du monde et des variables qui y interagissent. Dès notre prime enfance, l’on nous apprend à penser binaire et quelque empressement peu respectueux du prophète Mani et de ses nuances, dira alors que nous sommes souvent manichéens ! En vérité l’effet vs est quasi inscrit dans nos gènes, ou tout au moins s’en laissera-t-on aisément convaincre. Que le rappel de la complémentarité (et non de l’opposition) entre yin et yang soit ou non au rendez-vous, importe peu. L’envie d’opposer (effet querelle*), le besoin de simplification, l’effet appartenance*… sont autant d’invitations à y souscrire.

Effet Photoshop©

Les amoureux des logiciels de retouche d’image ont-ils toujours en tête le matériau exceptionnel dont ils bénéficient ? L’image dont il s’agit ici provient d’une riche histoire dont la communication a eu à s’enrichir de bien des manières. Peut-être « vaut-elle 1000 mots », peut-être est-ce plutôt le contraire. En tout cas, entre nouvelles idôlatries et nouveaux iconoclasmes, elle occupe une place centrale dans le traitement des actualités. Quant à son authenticité, sa validité, pas plus qu’aucun autre vecteur, mais certainement pas moins, la voici livrée à tous les jeux de transformation et d’usage dont les techniques de fabrication et la transmission à distance ont le redoutable secret. L’effet photoshop© est une manière de faire clignoter une petite lumière non seulement pour nous indiquer que la chambre noire est occupée mais que des individus s’y trouvent avec toute la variété des intentions qui animent le genre humain…

Effet Pluie-soudaine-un-soir-d’été

Pourquoi un effet au titre aussi tarabiscoté ? Tout bonnement parce que chaque mot nous porte à sa rencontre. Le soir d’été donne le ton, celui d’une atmosphère, d’un climat, plutôt chaud et langoureux imaginera-t-on. C’est alors que la pluie propose une source de rafraîchissement ou de surprise. La soudaineté vient confirmer ce facteur, supposant que l’on ne s’y attendait guère… Le tout avancera cet effet pluie-soudaine-un-soir-d’été qui ne manque pas d’apporter quelque réconfort par le ton ou le contenu…

Effet Pouvoir

Qui peut échapper à la prédominance du pouvoir et à la place de choix qu’il occupe dans le fil des actualités ? Inspirant une bonne partie d’entre elles, en embuscade dans de nombreuses autres, il détient les clés des systèmes et si certains s’en félicitent, ou s’en contentent, beaucoup s’en désolent plus ou moins bruyamment et ouvertement. L’effet pouvoir suscite alors suspicion, doute, mise en cause quant à sa manière de s’acquérir et/ou s’exercer. Fraudes, abus, escroqueries, délits de corruptions en tous genres, remises en cause des droits, etc., sont alors de la partie, dans une échelle de gravité variable. Quant au pouvoir qui ne s’y prête pas, au pouvoir qui prend cap de de la défense de l’intérêt général, qui combat les prévarications et les dénis de justice, étrangement il ne figure guère à la une des actualités. Serait-il donc une autre voire la principale victime de cet effet ?

Effet Propagande

Dans le sillon de l’effet pouvoir*, et mobilisant toute l’intentionnalité du monde, à commencer par la plus manipulatrice qui puisse être, l’effet propagande emprunte un registre varié. Il peut se faire discret et se glisser subrepticement là où on ne l’attend pas forcément (les grands ténors du placement produit y excellent). Il peut aussi débouler en vagues successives et rapprochées, assumant pleinement sa volonté d’imposer ses idées, de détourner une réalité à son profit, de conduire une audience là où l’on pense qu’elle pourrait effectivement aller.

Effet Proximité

Elle est bien connue du monde journalistique : la loi du mort-kilomètre assure qu’un mort dans notre rue nous touchera plus qu’un millier à l’autre bout du monde. Outre qu’il relève de la capacité de compassion propre à l’espèce, de l’évidence de ses attachements ou encore de l’étendue de son regard, outre qu’il est propice à susciter un effet d’appartenance*, mais aussi de responsabilité* ou occasionnellement de culpabilisation*, l’effet proximité joue à coup sûr sur du velours. Chacun/e lui accordera donc le crédit qu’il mérite, ou non…

Effet Querelles

Il n’y aurait pas de querelles si l’un des deux avait tort… nous dit l’adage. De quoi méditer sur l’une des activités préférées de l’espèce humaine : prouver à l’autre que l’on a raison – De bonne comme de mauvaise foi. Postuler qu’un désaccord est possible sur la base d’idées dissemblables, d’approches opposées ou pouvant l’être, est-il donc à ce point insupportable ? Faut-il forcément qu’il y ait gagnant/es et perdant/es ? Croit-on que la culture du conflit soit à ce point profitable aux générations qui viennent, héritières de contentieux mal réglés ?… Les actualités sont le lieu privilégié de ces affrontements : entre conservatisme et progressisme, croyants et athées, féministes et machistes, gens de science et ésotéristes… l’on en passe. Pour quel résultat à l’arrivée ? Celui d’une dispute permanente dont nous ne pouvons guère douter des bénéfices qu’elle promet à ceux qui en font commerce mais rarement, ou presque jamais, à celles et ceux qui croient en leur raison d’être… L’effet querelles connaîtra-t-il un jour une réelle décroissance ?

Effet Question

Quelle est la place du questionnement dans les raisonnements que nous tenons ? À quel moment viennent les questions ? Et de quelle manière ? Quel rôle jouent-elles dans le rapport au savoir, à sa quête, à sa remise en cause ? Se souvient-on toujours que « la réponse est un moyen que la question a inventé pour se reproduire » (Daniel Beresniak) ? S’est-on penché avec les adeptes du zen (le vrai) sur ces questions apparemment idiotes qui unissent maîtres et élèves dans le même désir de progrès : « Quel bruit fait le claquement d’une seule main ? » « Vois-tu la jeune fille sur le trottoir d’en face ? est-elle l’aînée ou la cadette ? » (koâns japonais) A-t-on partagé avec Socrate les joies de l’accouchement des esprits, favorisé par le questionnement ? Assurément, ne devrait-on pas rappeler constamment ce que les questions nous permettent d’éclairer ou au contraire de laisser filer ? L’effet question gagnerait-il alors à se généraliser ?

Effet Répétition ou Effet Hume

L’on peut croire que la répétition d’une chose, d’une action, à l’identique ou au quasi identique, soit de nature à susciter automatiquement un effet banalisation*. Ce serait toutefois sans compter avec l’avertissement du cher David Hume, philosophe empirique ! Celui-ci raconta qu’une fermière nourrissait amoureusement sa volaille. Un jour après l’autre, elle prenait tout le soin du monde à la cajoler et à satisfaire ses moindres besoins… jusqu’au 30ème jour où elle lui coupa le cou. De quoi se méfier – peut-être – des (fausses) répétitions… et de l’effet sur lequel elles peuvent nous mettre en garde ?

Effet Responsabilité

Tentant d’échapper au côté pervers de l’effet culpabilisation*, son corollaire l’effet responsabilité offre l’occasion de susciter un attachement réel à une cause ! Certes il est passible de clicktivisme et autres facilités propres à l’engagement à distance, mais rien n’interdit qu’il ne se traduise par de réelles suites, matérielles ou immatérielles…

Effet Scientifique

Pas de doute ! Ajoutons à notre propos une étude « sérieuse », appuyée par une publication dans une revue non moins sérieuse, agrémentons le tout de quelques noms de professeurs s’il le faut émérites, et nous aurons notre effet scientifique. Garantie d’une crédibilité qui, sans être forcément à toute épreuve, permet toutefois de lever quelques inquiétudes et scepticismes quant au bien-fondé de ce qui est avancé. De là à enquêter sur des études contradictoires, évaluer la valeur du protocole mis en place par celle-ci ou encore des effectifs ou cohortes sur lesquels elle porte, n’en demandons pas trop…

Effet Scoop

C’est là la recherche d’une part importante des quêteurs de nouvelles : le scoop ! Imaginez donc être au cœur d’un événement inédit, être le témoin privilégié d’une naissance, d’une mort, d’un moment qui marquera les consciences par son imprévisibilité, son incongruité, ses conséquences… tout cela soit-il à très court terme (effet zapping*). L’effet scoop a en effet le pouvoir de mettre en mouvement la mécanique de l’instantanéité et de susciter une forme de reconnaissance, sujettes à l’éphémère ou à la durabilité…

Effet Signature

Attardons-nous sur ce propos, sur cette image, cette vidéo, ce croquis… Où en est la signature ? Figure-t-elle au premier rang avec celui, celle qui vient de la poster ? Ou celui-ci, celle-ci, y ont-ils substitué leur empreinte, sans forcément s’en rendre compte ou désirer s’en prévaloir ? Et que dire alors de tous ceux qui le font à dessein ? L’effet signature ou plutôt la confusion qui l’environne seraient-ils une marque des temps ? Durable ? Provisoire ?

Effet Vert et Effet Verdissement (ou Écoblanchiment)

L’environnement est aujourd’hui l’une des principales cibles de certains aveuglements, de l’incapacité à comprendre qu’il ne saurait simplement nous « environner » car il nous constitue pleinement… Ce n’est pas faute de relais effectués dans l’actualité, ni de leur constance. Bien sûr, ceux-ci peuvent y emprunter divers effets : catastrophe* voire apocalypse*, pouvoir*, responsabilité* sinon culpabilisation*, défi*, etc. Mais l’effet vert porte ici sur une autre dimension. Il amène ou devrait amener à la conscientisation du problème posé, stade préalable et indispensable à son éventuelle résolution. Notons que d’aucuns verront ici le risque bien réel d’un effet verdissement (ou écoblanchiment). Tout ceci n'apparaissant alors que comme une manipulation très grossière ou comment prétendre à un effet vert en se contentant de repeindre la façade !

Smile Effect

We're a long way from the humor effect*, because here there's no invitation to laugh loudly and pat ourselves on the back. No, just a smile, a smile effect, because as the Tibetan saying goes "if the first half of the smile is for the other, the second half is for you".


Effet Sourire

Nous sommes à bonne distance de l’effet humour*, car ici point d’invitation à s’esclaffer bruyamment et à se taper dans le dos. Non, juste un sourire, un effet sourire, car ainsi que le dit l’adage tibétain « si la première moitié du sourire est pour l’autre, la seconde est pour toi ».

Urgency Effect

No denying, there's en emergency. It is a little harder to know what it is about, as the urgency of some is rarely the same as that of others. But this is undoubtedly what makes the urgency effect so charming and interesting, since it takes on the responsibility of defining precisely what deserves to go ahead. One could extend the phenomenon to all decisions of "putting forward", prioritization, even privilege, that are likely to illustrate the daily life of the humanities. But here, in the field of communication, urgency can be: salutary, misleading, harmful, etc.


Effet Urgence

Il y a urgence, c’est indéniable. Il est un peu plus difficile de savoir sur quoi elle porte précisément, l’urgence des uns étant rarement celle des autres. Mais c’est sans doute ce qui fait tout le charme et l’intérêt de l’effet d’urgence puisque celui-ci prend la responsabilité de définir précisément ce qui mérite de passer devant. On pourrait étendre le phénomène à toutes les décisions de « mise en avant », de priorisation, voire de privilège, susceptibles d’illustrer le quotidien des humanités. Mais ici, dans le champ de la communication, l’urgence peut être : salutaire, trompeuse, nocive, etc.

Effet Numérique

Certains en sont béats, frappés d’un effet d’émerveillement* quasi permanent. D’autres en sont effrayés, voyant monter une menace digne du plus puissant effet apocalypse* dit Big Brother*. La plupart se contentent de l’exploiter, entre engagement* et neutralité*, entre consommation farouche et ennui… Le numérique, puisque c’est de lui dont il s’agit, a mis en définitive fort peu de temps pour imposer sa marque en matière non seulement de communication, mais de langage, d’éthique, de culture, de communauté, de mouvement, de temps, d’espace, de commerce, de savoirs, de techniques, de mémoire ! Entre quelques autres… Tous les secteurs de l’activité humaine sont concernés, et il est peu vraisemblable que l’espèce humaine puisse échapper au rendez-vous que le numérique lui fixe quant à sa conduite et son destin même. L’effet numérique, cahin-caha, peut emprunter à tout cela et plus encore… Il a incontestablement les plus beaux jours devant lui, reste à savoir à qui cette beauté sera profitable…

Effet Mondialisation

Ah quelle époque détestable ! Ah, quel monde merveilleux ! Allez savoir pourquoi, le terme mondialisation a, aussitôt énoncé, le mérite – le défaut ? – d’attiser les convictions les plus déclarées, les « pour et les contre » (effet vs*), dans une atmosphère rarement apaisée ! Comme si la longue histoire de la migration humaine n’avait pas, de haute antiquité, tranché la question. Comme si les flux de personnes, d’idées, de marchandises, ne l’avaient pas largement installée. Mais bien entendu, c’est d’un autre aspect de la mondialisation dont on parle ici, aspect hégémonique qui a vu en quelques décennies les flux de capitaux et de pouvoir, plus ou moins opaque, s’approprier la planète en pensant que celle-ci s’y prêtait magnifiquement, pour le bonheur de chacun et chacune bien entendu. L’effet mondialisation désigne donc la résurgence (de plus en plus) fréquente de cette situation polémique touchant à la financiarisation* du monde, à la globalisation des marchés, à l’exploitation des ressources, au brevetage du vivant, à la lutte des petits producteurs, à la défense des cultures traditionnelles… autant de combats dont certains pensent qu’ils sont joués d’avance alors que d’autres rétorquent que rien ne se fera sans leur aval…

Effet Impermanence

Héraclite nous en avait prévenus : l’on ne se baigne pas deux fois dans un même fleuve. Pourquoi l’oublie-t-on si souvent ? Pourquoi demeure-t-on à ce point attaché à ce que certaines choses ne varient pas ? Les Bouddhistes parlent ici d’impermanence, de l’inéluctable renouvellement du monde et de soi-même. De quoi susciter un effet impermanence, afin de lâcher prise ou de constater que ce n’est pas le cas…

Effet Humilité ou Modération

Dans le cirque de l’arrogance et de la vanité, dans le jeu du cynisme* contemporain, quelle place pour une position humble ? L’effet humilité y répond à sa manière en prenant le parti d’une moindre prétention, en se souvenant de la fragilité* des choses. « Le révolutionnaire qui réussira au 21e siècle, ce n’est pas un extrémiste Dans un monde modéré, mais un modéré dans un monde devenu extrême. » - Jean-François Kahn

Effet Historique

L’histoire est un socle permanent sur lequel une grande part de notre propos se bâtit, même lorsqu’il n’en a pas conscience. Prendre l’histoire à témoins ne doit alors jamais faire défaut à quiconque prétend éclairer le présent ou préparer le futur. Ce témoignage peut s’appréhender tant en diachronie, dans la succession des faits qu’en synchronie, dans la contemporanéité et l’environnement plus ou moins large qu’il connaît à une époque donnée. Certes, nous savons principalement de l’histoire ce qu’on nous en a raconté, dans les formes, les analyses, les justifications qu’on y a placées. Et quand bien même, nous aurions à un moment mené notre propre enquête contradictoire, ce n’est là qu’une étape supplémentaire dans l’élaboration de nos certitudes. Plus rarement nous demandons à l’histoire de se questionner, de nous questionner. Or, n’est-ce pas là le service qu’elle pourrait rendre plus communément à la pensée ? Celui de participer à une discussion dont les esprits les plus éclairés peuvent émerger ? Combien de situations intra- et inter- nationales mériteraient de s’y prêter ! L’effet historique, dans ses forces et faiblesses, dans son brio et ses limites, n’a pas fini de nourrir nos appétits de compréhension…

Effet Il n’ y a pas de fumée

C’est dit et redit : « Il n’y pas de fumée sans feu ». Celui-ci a-t-il été traîné dans la boue à tort, celle-ci s’est-elle vue reprocher une action qu’elle n’aurait apparemment jamais commise ? Qu’importe, on vient de le dire Il n’y pas de fumée… De là à faire de l’effet Il n’y a pas de fumée, un élément stratégique décisif à grands coup de fake news* et de buzz*, gageons à l’heure d’un enregistrement continu des paroles et faits du monde qu’on s’en souviendra longtemps et beaucoup moins d’un éventuel démenti…

Effet Micro-trottoir

Ils s’enchaînent à vive cadence et se ressemblent grandement y compris dans leurs contradictions éventuelles. Les commentaires glanés à chaud au gré du jour et du propos concerné peuvent vous sembler ne pas mériter d’être mis en exergues plus que le vôtre. Mais voilà, la différence est qu’eux y figurent bel et bien, prenant une forme d’autorité a minima qui ne manquera pas, pour peu qu’elle prenne forme provocatrice ou iconoclaste, de connaître ses quelques secondes de gloire. Jadis « on passait à la télé ». Aujourd’hui, on est en live et la démultiplication des supports ainsi que leur enregistrement pérenne non dénué de poursuite posthume, garantissent de beaux lendemains à l’effet micro-trottoir…

Effet Humour

L’humour n’est pas la chose la mieux partagée au monde. Et il n’est pas rare qu’un trait d’humour prétendu soit ici perçu comme une moquerie, et là comme une offense. Nous voici prévenus, ce qui n’empêche pas d’user de son effet abondamment ainsi que le permettent les bêtisiers permanents et la captation en live du monde…

Effet Heuristique

Rien de tel qu’un bon schéma heuristique pour nous propulser vers une compréhension que des éléments dissociés, ou mal connectés, rendaient difficile à appréhender. Telle est la vertu de l’effet heuristique, et autres cartes mentales qu’il peut nous proposer dont on peut s’étonner que nous n’acquérions pas plus usuellement la maîtrise.

Effet Humpty-Dumpty

On se souviendra qu’Humpty Dumpty avait déclaré à Alice : « C'est de la gloire pour toi ! » À quoi celle-ci lui répondit : « Je ne comprends pas ce que tu veux dire par gloire ». Alors Humpty Dumpty sourit d'un air dédaigneux : « Naturellement que tu ne le sais pas tant que je ne te le dis pas. Je voulais dire : c'est un argument décisif pour toi ! » « Mais gloire ne signifie pas argument décisif », objecta Alice. « Lorsque j'utilise un mot », déclara Humpty Dumpty avec gravité, « il signifie exactement ce que j'ai décidé qu'il signifierait - ni plus ni moins ». « Mais le problème » dit Alice, « c'est de savoir si tu peux faire en sorte que les mots signifient des choses différentes ». « Le problème », dit Humpty Dumpty, « est de savoir qui commande, c'est tout !». Nous qualifierons d’effet Humpty-Dumpty tout propos fondé sur une déclaration autoritaire supposée mettre un terme au débat tandis qu’il paraît à une analyse extérieure pour le moins erronée voire fautive…

Effet Implicature

Toute communication est pleine de sous-entendus, ouvrant à des suppositions sur ce qui n’y a pas été dit ou fait. Mais ces sous-entendus sont en eux-mêmes une forme de communication. Leur absence est une présence en creux et parfois elle en prend encore plus de résonnance. L’effet implicature nous le rappelle qui nous encourage à prendre en considération l’au-delà du propos, tout en étant conscient de la possibilité d’en être mieux éclairé, ou de se tromper…

Effet Indéfinition

S’il est bien un concours permanent à notre relation aux actualités, c’est celui de la signification des mots, objets et idées qu’elle véhicule. Le chancelier Francis Bacon, parmi beaucoup d’autres, avait eu beau prévenir : « Tandis qu’il vaudrait mieux, suivant la prudente habitude des mathématiciens, commencer par couper court à toute discussion en définissant rigoureusement les termes », il semblerait que nous ayons fait l’école buissonnière ce jour-là… Le résultat est aussi patent que parfois affligeant débouchant sur une cohorte de disputes, de malentendus, de débats mal aiguillés, comme si la précaution précitée avait échappé aux protagonistes ! La réintroduire tout en admettant que nous puissions ne pas avoir la même idée de la « santé », de la « justice », de « l’amour »… ne serait sans doute pas inutile au grand Débat contemporain. Ainsi en va-t-il de l’effet indéfinition, assuré de la différence de nos pratiques, cultures, savoirs, opinions ainsi que de notre histoire. Bien entendu, la prudence élémentaire voudra qu’aucune indéfinition ne soit close ni universelle, de quoi inquiéter quelques-uns et encourager tous les autres…

Effet Logorrhée

En diversifiant les flots de paroles, en les reproduisant plus ou moins à l’identique (souvent amputées de leur signature*), l’ère de l’information nous a inondés des énoncés de toutes natures. Certains y ont dénoncé de longue date une forme d’opulence communicationnelle (A. Moles). D’autres parlent d’infobésité. Et beaucoup s’y noient avec une relative insouciance. Cet effet logorrhée serait-il plutôt une invitation à apprendre à y reconnaître l’essentiel et l’accessoire ? De nouvelles aptitudes langagières y auraient-elles par exemple toute leur place ?

Limitation Effect

It is said that a lord had summoned all the blind people and visually impaired in his city to present them with an elephant. Thus one came into contact with the flank of the animal, another with the tusk, and yet another with the tail. Then everyone was invited to express what an elephant was now for each one. The one who had examined the flank concluded that the animal resembled a wall. And the one who had grabbed the tusk spoke of a ploughshare, while the one in contact with the tail spoke of a liana. The lord concluded that we were all in the image of this observation, that is to say limited in its scope, judging a thing only by the measure of what had fallen under our hand or our eyes. The limitation effect, if it can lead to a humility* effect, or suggest a truth mirror effect*, is more often characterized by the inability to realize the consequences of this restriction, giving rise, among other things, to unnecessary quarrels*, or hasty comments*. Invitation perhaps to take the time to multiply points of view and to confront them before forming our own opinion.


Effet Limitation

On dit qu’un seigneur avait convoqué tous les non et mal-voyants de sa cité afin de leur présenter un éléphant. C’est ainsi que l’un entra en contact avec le flanc de l’animal, l’autre avec la défense, et cet autre encore avec la queue. Puis tous furent invités à exprimer ce qu’était à présent un éléphant pour chacun. Celui qui avait examiné le flanc en conclut que l’animal ressemblait à une paroi. Et celui qui avait saisi la défense parla d’un soc de charrue, pendant que celui en contact avec la queue évoqua plutôt une liane. Le seigneur en conclut que nous étions tous à l’image de cette observation, à savoir limités dans sa portée, ne jugeant d’une chose qu’à la mesure de ce qui était tombé sous notre main ou nos yeux. L’effet limitation s’il peut conduire à un effet humilité*, ou suggérer un effet miroir des vérités*, se caractérise plus souvent par l’incapacité à nous rendre compte des conséquences de cette restriction, engendrant entre autres d’inutiles querelles*, ou des commentaires* empressés… Invitation peut-être à prendre le temps de multiplier les points de vue et à les confronter avant de nous faire notre propre opinion.

Effet Insolite

Bon, à y penser, vous n’auriez jamais imaginé une minute auparavant porter votre attention sur l’incongruité de ce sujet ! Mais c’est précisément là que l’effet insolite trouve son bonheur, celui de vous prendre au dépourvu, tout en le faisant généralement sans conséquence pour votre rythme cardiaque ou vos nerfs ! Quant aux sujets susceptibles de le nourrir, ils empruntent la variété des normes et usages et donc de tout ce qui, à un endroit et une époque donnés, semble s’en écarter, ne garantissant donc en rien son universalité.

Effet Mektoub (ou Force du destin)

Les cinéphiles se souviendront peut-être de ce moment durant lequel Laurence d’Arabie pense pouvoir défier la force du destin alors qu’il se prend de sympathie pour un jeune garçon qu’il sauve – ou croit sauver – de la mort en le récupérant dans le désert. Hélas peu de temps après, impliqué dans une mauvaise affaire, celui-ci est mis à mort. « C’était écrit ! » lui répète-t-on de part et d’autre. L’effet mektoub (ou force du destin) est ainsi constitué qu’il semble – à raison ou à tort – attribuer un sort inéluctable à une situation, une entreprise, une personne dont on aurait alors déraison de croire qu’elle est maître d’elle-même ! D’ailleurs l’enchaînement des actualités ne le prouve-t-il pas !

Effet Honte

Très souvent amorcé dès le titrage, l’effet honte s’expose dans l’étendue de l’horreur, de l’infamie, de la cruauté ou encore de la bêtise, qu’il met en lumière. Certains prennent-ils un doux plaisir à s’y comparer, se trouvant d’emblée des qualités insoupçonnées ? D’autres y raccrochent-ils rapidement les wagons d’autres effets : catastrophe*, culpabilisation*, appartenance* (par rejet)… ? Les allées de la honte enfantent souvent bien plus que la seule dénonciation qu’ils portent…

Effet Mémoire

L’oubli est chose naturelle et la mémoire est fluctuante, variant au gré des individus et des âges. Rien de bien étonnant en somme si l’effet mémoire en pointe les possibles désaccords, les zones de flottement ou de frottement. À moins que l’intention ne soit plus marquée, que la mémoire ait été volontairement altérée, en raison d’un besoin idéologique, d’une vérité* déformée, d’une forme ou d’une autre de négationnisme. Alors l’effet historique* peut être aussitôt convoqué de manière contradictoire et l’effet querelles* n’est plus très loin...

Effet Mini-Drudge

On se souviendra peut-être de cette nuit du 17 janvier 1998 durant laquelle un relatif inconnu, un certain Matt Drudge, posta sur la toile ceci : Web Posted: 01/17/98 21:32:02 PST — NEWSWEEK KILLS STORY ON WHITE HOUSE INTERN X X X X X BLOCKBUSTER REPORT: 23-YEAR OLD, FORMER WHITE HOUSE INTERN, SEX RELATIONSHIP WITH PRESIDENT… L’affaire Monica Lewinsky éclatait alors au grand jour. Depuis lors, son célèbre site enchaîne les milliards de visiteurs, et des milliards de « mini-drudge » espèrent récidiver. De quoi faire des émules et un effet au souffre sinon garanti en tout cas espéré…

Effet Miroir des vérités

Le grand-père d’Abd-el Kader lui enseigna dans son enfance des principes soufis qui ne devaient jamais le quitter. C’est incontestablement et pour grande part dans cette sagesse que ce personnage, opposant à l’occupation française de l’Algérie, brilla tout au long de sa vie par l’ampleur de sa vision de tolérance et de justice pour chacun, chacune. Parmi ces histoires de l’enfance qui nous construisent tous, son aïeul lui raconta qu’il y avait jadis un miroir de la vérité dans le ciel. Mais un jour celui-ci tomba sur Terre et se brisa en d’innombrables morceaux. Ce fut à partir de ce moment que les humains commencèrent à en récupérer les fragments. Or se miroitant dans l’un ou l’autre d’entre eux, ils prétendirent y voir TOUTE la vérité. Combien serait différente une espèce humaine qui se souviendrait que ces morceaux sont les témoins d’une unité passée… ou qui sait à venir ! L’effet miroir des vérités est une invitation à repenser toute vérité dans un plus large contexte, sans l’amoindrir pour autant, car elle renvoie tout à la fois à l’ensemble de la Vérité et à la nécessité de respecter les autres…

Effet Désillusion

Ils ne sont pas rares ces moments de la vie où d’antiques illusions se rappellent à nous, sans crier gare. On avait un temps pensé que le monde allait enfin dans le bon sens, que des actions honnêtes, authentiques et sincères, ou tout simplement réjouissantes par leur incongruité faisaient pencher la balance du bon côté. Et nous nous en étions réjouis, un moment, avant de reprendre nos activités. Vive les effets héroïque*, VIP*, émerveillement*, et autre insolite* ! Or voici qu’une annonce, une analyse, un regard se prétendant plus poussé, vient porter ombrage à ce rayon de soleil intérieur et fait valser nos illusions passées. Bienvenue à l’effet désillusion et à la gueule de bois, plus ou moins passagère, qu’il peut entraîner !

Effet Grenouille au fond du puits

Une histoire raconte qu’une grenouille vivait tranquillement au fond de son puits. Jusqu’au jour où une comparse y chuta malencontreusement. En l’y rejoignant, elle prit peu à peu conscience que son hôtesse avait passé sa vie, toute sa folle de vie, au fond de ce puits. Elle lui demanda donc si elle ne désirait pas « découvrir le monde ». Ce à quoi l’autre lui rétorqua un peu circonspecte : « Mais de quel monde parles-tu donc ? » « De celui au-delà du puits ! » s’exclama son interlocutrice vivement étonnée de sa question. Alors l’autre reprit : « Et ce monde est-il grand ? » (silence) « Il est immense en vérité ! » « Veux-tu dire plus grand que ce puits ? » « Mais bien entendu ! Cela n’a rien à voir… » « Est-il par exemple, plus étendu que la distance de là où nous sommes jusqu’à cette paroi ? » « … (hum) oui… » « Ah bon, et par exemple plus que jusqu’à cette pierre en hauteur ?! » « Vrai-sem-bla-ble-ment… » L’invitée surprise comprit soudain qu’il n’était pas sage de sa part de prétendre mieux connaître le monde que son hôtesse, et que chacun a une expérience dont les limites sont relatives, et peuvent occasionnellement être repoussées. La grenouille au fond du puits croit peut-être que le ciel se limite à la margelle et vous, vous savez que ce n’est pas le cas… Est-elle pour autant dans l’erreur ? L’effet Grenouille au fond du puits nous en rappelle le dilemme…

Effet Cynisme

On connaissait les Cyniques dans la version grecque. Ils apportèrent avec Diogène de Sinope une contribution d’importance à la philosophie antique. S’y comporter comme des « chiens » (gr. kuôn) relevait d’un engagement* et d’une position à l’égard de la société sans appel. Peut-être quelque part se serait-elle retrouvée dans cette boutade d’Oscar Wilde : « Le cynisme consiste à voir les choses telles qu'elles sont et non telles qu'elles devraient être ». Toutefois une autre forme de cynisme, contemporaine quant à elle, a fait des émules. Prétendrait-elle un instant en être l’héritière ? Le confort qui l’environne souvent, la caisse de résonnance que lui offrent les outils de communication, a-t-elle quelque rapport avec son auguste homonyme ? L’effet cynique souhaiterait-il nous le laisser entendre ?

Effet Fragilité

La vie est fragile. le monde est fragile. Ils semblent parfois tenir à un fil, si ténu, si soumis à l’avalanche des oppositions qu’ils peuvent rencontrer. L’effet fragilité met l’accent sur cette constante. Il rappelle – opportunément ou pas – que nous sommes parfois victimes d’illusion lorsque nous tablons sur certaines forces, ou certaines certitudes. Il peut aussi encourager à faire de cette fragilité la base de toute action, de tout projet, pour mieux l’assumer et, au cas échéant, la dépasser.

Effet Euphémisme

Dans la série des emprunts aux figures de style, l’effet euphémisme n’est pas le moins usité. Il faut dire que par sa prétention, plus ou moins honorée, à atténuer les coups et blessures du monde, il a du pain sur la planche. Particulièrement prisé en matière de vocabulaire où les « disparus » prennent la place des « morts », et les « technicien/nes de surface » celle des femmes (/hommes) de ménage, il ne s’y cantonne pourtant pas. L’univers de l’image fixe ou animée lui a fourni un champ inespéré et infini d’expression !

Effet Défi ou effet Tant-qu’il-y-a-de-la-vie

Il y a dans le sens même du mot défi, l’idée de se « fier à », d’accorder sa confiance. Or bien entendu, s’il est une chose difficile dans le monde turbulent où nous vivons, monde dans lequel les cartes, les interrelations, les acteurs changent constamment, c’est bien d’y faire émerger une forme de confiance. Néanmoins, c’est bien là le défi de l’effet défi, pointer une ambition dont on puisse – ou non – partager l’énoncé. Quitte, diront certains, à risquer un effet désillusion*… Certes ! Mais qui a dit que la confiance était aveugle ? Une autre manière, plus légère, de le signaler, sera de le nommer effet tant-qu’il-y-a-de-la-vie car, c’est bien connu : tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ? Et qui dit que l’espoir était aveugle ?!


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