The Legend of the Returned Sword

“Of the many legends and stories told about Le Loi, the most famous concerns his magical sword. Similar to King Arthur and his sword Excalibur, Le Loi was said to have a sword of great power. The legend tells that the blade of the sword, inscribed with the words ‘The Will of Heaven’ (Thuan Thien), came from the Dragon King in his underwater palace. A fisherman, who later joined Le Loi’s army, caught the blade of the sword in his net. The hilt was found by Le Loi himself in a banyan tree. The stories claim Le Loi grew very tall when he used the sword and that it gave him the strength of many men.
The story relates how one day, not long after the Chinese had accepted Vietnam as an independent country, Le Loi was out boating on the Green Water Lake (Luc Thuy). Suddenly a large turtle surfaced, took the sword from Le Loi’s belt, and dived back into the depths, carrying the glowing sword in his mouth. Efforts were made to find both the sword and the turtle but without success. Le Loi then acknowledged that the sword had gone back to the Dragon King with the Golden Turtle (Kim Quy), and he renamed the lake ‘The Lake of the Returned Sword’ (Hoan Kiem Lake).” (source: en.hanoi.vietnamplus.vn)

 

Once upon a time there were two enemy brothers, Osiris and Seth …

 


Il était une fois deux frères ennemis, Osiris et Seth…

Osiris était fils de Geb, dieu de la terre, et de Nout, déesse du ciel. Il était aussi le frère de Seth. Or à sa mort, Geb décida de partager son royaume en deux. Partage bien inégal puisqu’il confia à Osiris les terres fertiles, et à Seth les terres rouges du désert. De quoi, on le comprendra, nourrir beaucoup de rancune chez l’infortuné Seth. Puis Osiris épousa Isis et on dit que leur union fut heureuse. Ils dispensèrent leurs bienfaits aux hommes, Osiris leur apportant la culture du blé, la pêche, et Isis la médecine, le tissage. Mais Seth ne s’avoua pas vaincu, et il attendit patiemment son heure. Lors d’un banquet auquel il avait convié 72 de ses amis, il proposa à chacun des convives de s’allonger dans un coffre promettant de l’offrir à celui qui y tiendrait parfaitement. Les complices de Seth s’y essayèrent mais aucun d’eux n’avait la taille voulue. C’est lorsque le tour d’Osiris arriva que tous purent constater qu’il y tenait à merveille, le coffre semblait fait pour lui. En vérité il l’était. Tant et si bien que les auteurs du complot, Seth en tête, fermèrent le coffre sur lui puis le jetèrent dans les eaux du Nil non loin de Byblos. Osiris s’y noya. Mais Isis, épouse fidèle, n’avait pas dit son dernier mot. Elle partit en quête de son corps et, finit par le trouver. Elle le ramena en Egypte. Toutefois Seth profita d’un moment de relâchement pour découper le corps et en éparpiller les morceaux. Isis partit une nouvelle fois à leur recherche et à chaque fois qu’elle en trouva une partie, l’ensevelit sur place. C’est ainsi qu’elle enterra la tête à Abydos, le cou à Héliopolis, et ainsi de suite. Seul son sexe avait été avalé par un crocodile. Puis elle reconstitua son corps, et grâce à l’aide d’Anubis, se fit féconder. Horus devait naître de leur union. Elle embauma le corps, initiant la première momie, et c’est ainsi qu’Osiris devint le seigneur de l’Au-Delà, présidant à la pesée des âmes, assisté de Thot et Anubis. Quant à Horus, dieu à tête de faucon, dont le nom signifie « vengeur de son père », il s’opposa bientôt à Seth, dans une lutte sans merci. Il devait y perdre un œil* mais y gagner l’admiration de tous, devenant ainsi le symbole de la piété filiale.

Yu Gong moves the mountains…

 


愚公移山 - Yu Gong déplace les montagnes... Yu Gong dont le nom signifie « vieux sot » était un paysan qui pouvait être fier de sa progéniture. Sa famille était prospère, même si cela demandait bien des efforts pour l’alimenter. Efforts d’autant plus importants que deux montagnes entravaient la route qui séparait les champs de la maison. Alors qu’il était déjà bien âgé, Yu Gong prit la décision de les déplacer. Son épouse, ses enfants tentèrent de l’en dissuader, mais rien n’y fit d’autant que la piété filiale ne pouvait se permettre une remise en cause de son autorité... C’est ainsi que toute la famille s’employa à attaquer les montagnes à coups de pioche tout en enlevant les remblais loin de là. Leur projet ne manqua pas d’attirer l’attention du village et les voisins vinrent de toutes parts pour s’associer au vieil homme et aux siens. Au bout de quelque temps l’Empereur Céleste lui-même en fut averti. Ce dernier, ému par l’audace et la valeur de cette œuvre collective, choisit d’envoyer deux immortels qui achevèrent de porter les montagnes loin de là. Et voilà pourquoi Yu Gong parvint à déplacer la montagne.

Pelias, and eternal youth …

 


Pélias, et l’éternelle jeunesse…

Pelias et Aeson étaient deux frères jumeaux nés de la nymphe Tyro et de Poséidon. On dit que Pelias, avide de pouvoir, et désireux de l’exercer seul, se débarrassa de son frère Aeson. Ainsi débuta son règne à Iolcos. Il eut bientôt quatre enfants : Acaste, Alceste, Evadné et Pélopia. Toutefois il advint un jour où Jason, fils d’Aeson, élevé par le centaure Chiron, vint lui réclamer le trône. C’est à ce moment là que Pélias lui demanda d’aller quérir la Toison d’or, histoire de s’en défaire. Jason en revint en compagnie de sa compagne Médée. Celle-ci élabore alors un stratagème pour en finir avec le vieux Pélias. Pour l’accomplir, elle se rapproche de ses quatre enfants. Faisant bouillir les morceaux d’un vieux bélier dans un chaudron, elle en sort, sous leurs yeux médusés, un jeune agneau plein de vigueur. Qu’il en soit ainsi : les enfants de Pélias, convaincus par sa magie (à l’exception d’Alceste), s’empressent de profiter du sommeil de leur père, le découpent en morceau et le livrent à Médée. Leur désenchantement fut grand car rien ne se produisit ! Jason et Médée devaient être bannis d’Iolcos, et aller à la rencontre de bien d’autres aventures, mais c’est là une autre histoire…

Hailibu, the noble hunter

 


(d’après un conte mongol)… On raconte qu’Hailibu était un grand chasseur, mais qu’il était aussi et avant tout un homme noble qui distribuait abondamment au village les proies qu’il attrapait...
Un jour Hailibu sauva une petite créature des serres d’un vautour qui s’apprêtait à la manger. Aussitôt libéré, le petit être se tourna vers lui et, à sa grande surprise, le remercia. Elle était la fille du roi dragon et lui promit que s’il l’accompagnait chez elle, son père, le roi, lui offrirait certainement le plus magnifique des trésors. Hailibu y consentit et chemin faisant apprit que le souverain possédait une pierre magique qu’il gardait dans sa bouche. Quiconque la détenait pouvait aisément comprendre le langage de tous les animaux. Dédaignant palais et splendeurs, c’est exactement ce qu’Hailibu demanda au roi et celui-ci lui accorda. Il émit cependant une réserve : Hailibu ne devait confier à personne son secret car sinon il se transformerait en pierre. Lorsqu’il revint au village, Hailibu accrut encore ses aptitudes de chasseur et chacun lui en fut très reconnaissant. Et les années passèrent, heureuses et prospères. Pourtant un jour, tandis qu’il chassait, Hailibu entendit les oiseaux parler entre eux. Bien sûr, désormais, il comprenait le sens de leurs paroles. Or ce jour là, les oiseaux étaient affolés. Hailibu tendit l’oreille et apprit la raison de leur terreur : la montagne entière allait s’effondrer, et c’est pourquoi il s’apprêtait tous à partir. Hailibu fut épouvanté à cette nouvelle car cette montagne surplombait le village. Il descendit précipitamment et alla informer chacun de cette nouvelle. Il pria tout le monde de fuir au plus vite. Mais bien sûr on eut du mal à le croire. Comment pouvait-il connaître de telles choses ?! C’est alors qu’Hailibu n’eut pas le choix : pour convaincre les villageois, il dut tout leur raconter. Et pendant qu’il faisait le récit de son bonheur et de sa longue histoire, ses membres commencèrent à se transformer en pierre. A la fin, tout le monde sut qu’il disait la vérité, et l’ensemble du village partit en hâte se mettre à l’abri. La montagne s’écroula et tout le monde garda le souvenir de celui grâce auquel ils devaient d’avoir eu la vie sauve.

Sharing the three ryōs …

 


Le partage des trois ryōs…

Une personne marchait lorsque par mégarde une bourse tomba de sa ceinture. Vint une seconde personne qui la trouva sur son chemin. Selon les codes d’honnêteté en usage, cette dernière s’empressa de rejoindre l’infortunée qui l’avait perdue et l’enjoignit de reprendre son bien. Ce à quoi l’autre, selon les mêmes codes, assura qu’elle n’en ferait rien car un bien perdu doit appartenir à celui qui le trouve. Ne pouvant trancher, les deux compères décidèrent de se rendre devant le juge. Celui-ci écouta attentivement leur requête et décida la chose suivante. Il compta tout d’abord les ryōs contenus dans la bourse : il y en avait trois ! Puis il ajouta une quatrième pièce de sa poche, et en donna deux à chacun. Après cela, il encouragea à observer que le possesseur de la bourse aurait dû avoir trois pièces, or il n’en avait désormais plus que deux. Le second aurait pu en gagner trois, mais il n’en avait également que deux. Quant à lui, juge, il en avait perdu une. Ainsi donc tous trois étaient-ils à présent au même point. Chacun avait perdu une pièce, ce qui était en soi équitable.

A bowl for your old age

 


(conte universel…)… Un père de famille s’affairait sur son établi. Son fils lui demanda ce qu’il faisait. À quoi le père lui répondit : « Vois-tu, ton grand-père casse toutes les assiettes que nous lui donnons, parce qu’il est bien vieux. Aussi je lui fabrique une écuelle de bois, qui ne risquera rien en tombant. » Quelques jours plus tard, le père aperçut son fils œuvrant sur l’établi. Lui demandant à son tour quel en était l’objet, le fils répondit : « Tu le vois bien, je te fais une écuelle en bois pour ta vieillesse.

The legend of Momotarô…

 


Il était une fois un couple de personnes âgées qui vivaient tranquillement une existence modeste mais heureuse... Un seul élément manquait à leur bonheur : ils n’avaient pu hélas avoir d’enfants mais qu’importe, telle était la décision du ciel et il fallait s’y conformer. Chaque jour ils vaquaient à leurs tâches usuelles dans ce district de Okayama. Le vieil homme partait dans la forêt couper du bois tandis que la vieille dame se rendait à la rivière pour laver son linge. Mais, un jour, une chose étrange se produisit. Là, à la surface de l’eau devant elle flottait une énorme pêche qui descendait la rivière. Il faut dire que la région est bien connue pour la qualité de ses pêches. La vieille dame se dit donc qu’elle ferait un magnifique dessert et s’en empara. L’ayant ramenée à la maison, elle attendit impatiemment le retour de son époux et, dès que celui-ci fut rentré, ils commencèrent à découper le fruit. Or, à peine l’avaient-ils ouvert qu’un choc les laissa tous deux sans voix : à l’intérieur figurait un enfant magnifique ! Stupéfaits, mais en même temps comblés, ils décidèrent de l’appeler Momotarô (桃太郎) ce qui signifie « le garçon de la pêche ». Ainsi passèrent des années merveilleuses. Enfin, la jeunesse de la vie résonnait de toutes parts dans l’humble demeure. Mais une ombre planait sur cette sérénité, celle d’un démon qui pillait la région et causait les plus grands malheurs. Momotarô avait grandi et se révélait être un jeune homme très particulier : il était à la fois grand et fort, nanti d’un haut sens moral et de la sagesse de ces deux personnes qui l’avaient élevé. Qui aurait pu imaginer qu’il provenait d’une pêche ! C’est pourquoi il décida d’aller affronter le démon sur son île. Ainsi commença son voyage. Il partit avec une provision de kibidango, de délicieux gâteaux de millet (comparables au mochi) et une grande assurance face à l’adversité. En chemin, il eut la chance de rencontrer trois compagnons, un chien, un singe et un faisan. Ceux-ci choisirent de l’accompagner dans son combat contre le démon en échange d’un de ces délicieux kibidango. Se retrouvant sur l’île des démons, un premier obstacle leur fit face : un portail infranchissable ! C’est alors que le faisan passa au-dessus et réussit à en voler la clé. Les assaillants, armés de courage, purent ainsi se ruer sur leurs ennemis. Le démon n’était pas sans être entouré de nombreuses créatures aussi malveillantes que lui et un combat indécis s’engagea. Mais heureusement, Momotarô avait eu l’intelligence de ne pas venir seul et chacun de ses amis se révéla des plus précieux. Le faisan piqua leurs yeux de son bec acéré. Le chien s’en prit violemment à leurs jambes qu’il mordit de toutes ses forces. Quant au singe, il sauta sur leur dos les griffant sans relâche. Finalement les démons demandèrent pitié. Momotarô et ses compagnons avaient gagné la partie. Il récupéra l’ensemble des richesses qui avaient été volées afin de les redistribuer puis regagna la demeure de ses parents où tous trois vécurent des jours heureux.

Anansi and the wisdom pot

 


Anansi et les sagesses
Le fier Anansi, araignée de son état, manquait de sagesse. Par chance il s’en rendit compte lui-même. Il parcourut donc la forêt et demanda à chaque animal de lui céder une petite part de sa sagesse. Le singe, l’éléphant, la panthère, tous les animaux y consentirent volontiers, et c’est ainsi qu’Anansi remplit une grande calebasse de toutes les sagesses de la terre. Toutefois, lorsque sa calebasse fut pleine, Anansi commença à s’inquiéter. Et si on venait à lui voler ce trésor ? Il décida donc de le hisser tout en haut d’un arbre. Restait à résoudre un problème : comment s’y prendre ? La calebasse était si lourde et l’arbre si haut. À cet instant passa son fils, qui ne manqua pas de s’informer de ce qui le troublait ainsi. Après lui avoir expliqué la situation, Anansi vit que son fils souriait avec une pointe de moquerie. Il lui suffisait, dit en effet ce dernier, d’accrocher la calebasse dans son dos, et le tour serait joué. C’est bien ce que fit Anansi, et il parvint ainsi à porter sa précieuse calebasse tout en haut de l’arbre. Cependant, parvenu au sommet, Anansi se mit à songer à une chose bien étrange. Malgré toutes les sagesses collectées dans la forêt, c’était celle de son fils qui lui avait permis de résoudre son problème. C’est pourquoi Anansi décida de déverser la calebasse et d’éparpiller ses sagesses à travers le monde.

Alasitas… and the ‘god of bounty’

- Festival for the indigenous 'god of bounty'...

 


Bien avant l’arrivée des Conquistadores, et même celle des Incas, existait sur l’Altiplano un homme de grande bonté qui se nommait Iqiqu. Petit et humble, il n’en dispensait pas moins une intarissable abondance de bienfaits à quiconque venait à le croiser. Il facilitait la rencontre des amoureux, donnait les conseils les plus avisés, et sa présence en un lieu suffisait à rendre chacun heureux. C’est pourquoi la grâce divine lui accorda des pouvoirs plus grands encore, comme celui de contrôler les rivières, les roches et les montagnes. Nul doute qu’il en disposerait avec modération et justice. Hélas, en cette même époque, le mauvais Awqa fit irruption dans la région, accompagné de son armée et de son lot de désolation. Il ne tarda pas à s’apercevoir qu’un vent de bonté soufflait en ces lieux et mit toute sa rage à le détruire. Il s’acharna sur ceux qui vouaient une estime à Iqiqu et celui-ci fut bientôt obligé de se cacher. Jusqu’au jour où il fut surpris auprès d’agriculteurs qui tentaient de constituer un système d’entraide. Au lieu de s’enfuir, Iqiqu décida de se rendre. Alors Awqa put libérer sa rancœur et sa haine et fit tout son possible pour effacer toute trace de ce protecteur. Après l’avoir écartelé et démembré, il fit enterrer les parties de son corps dans les endroits les plus reculés afin que jamais ils ne puissent à nouveau se réunir. Mais certains assurent que ce moment un jour viendra. Alors les peuples indigènes de l’Altiplano retrouveront leur liberté. Pour lui rendre hommage, un petit personnage nommé Ekeko symbolise depuis lors ce souvenir de l’abondance. Au Pérou, mais aussi en Bolivie, il se voit paré de toutes choses en miniature dans l’espoir que les demandes les plus sincères soient exaucées, en grandeur réelle. En Bolivie, le 24 janvier, des objets divers nommés alasitas (« achète-moi ») représentant tout ce que l’on peut souhaiter (véhicules, maisons, magasins, fortune…) sont mis en vente afin de perpétuer cette croyance, confiants dans le fait que leur possession en miniature est un sérieux préalable à leur prochaine obtention.

Clélia GUYON / Julie HELDERLE / Justine LE BERVET / Lottie ROCUET

Clélia GUYON / Julie HELDERLE / Justine LE BERVET / Lottie ROCUET

Pied Piper of Hamelin: the story…

 


On raconte que la ville d’Hamelin connut une bien étrange affaire en 1284. À cette époque, la ville était infestée par les rats. Leur multiplication était telle que les habitants de la cité médiévale en étaient épouvantés. Ils avaient bien tenté de s’en débarrasser de diverses manières, mais rien n’y faisait. Il semblait que la ville fût condamnée à tomber entre les mains, ou plutôt entre les pattes de ces nouveaux propriétaires particulièrement encombrants. C’est alors que le Conseil de la cité eut une idée de génie. On disait qu’il existait une méthode infaillible pour chasser les rats : celle du « meneur de rats », un personnage quelque peu mystérieux qui avait, assurait-on, pareil pouvoir. On ne tarda plus à faire appel à lui et ce fut ainsi qu’un beau matin, un individu à la tunique rayée et au chapeau pointu, fit son apparition à Hamelin. On le pria de remplir sans tarder la mission qu’on lui avait confiée. Toutefois, celui-ci s’assura d’abord qu’il serait gratifié en retour de la fortune qu’on lui avait promise. Bien entendu, les notables d’Hamelin s’empressèrent de le lui confirmer : mais, qu’il ne tarde point à prouver son talent ! L’affaire pressait et la situation devenait insupportable. Le meneur de rats sortit alors une flûte de sa besace devant l’effarement de la population. Etait-ce donc de cette manière qu’il comptait venir à bout de ce fléau ?! Ne prêtant attention à quiconque, il commença à jouer. Et soudain, le miracle s’accomplit. Les rats cachés dans leurs recoins se mirent à écouter cette mélodie. Plus étonnant encore, tandis que le joueur se mettait en marche, des cohortes impressionnantes de rats lui emboîtèrent le pas. Ils venaient de toute la cité et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, l’ensemble de ces créatures furent comme hypnotisées par cette étrange mélodie surgie de nulle part. Le joueur de flûte se dirigea ensuite vers les portes de la ville, suivi par un nombre de rats si élevé que tous les habitants ressentirent un frisson d’effroi, mais aussi de soulagement. Car, assurément, le meneur de rats était bien en train de les en débarrasser ainsi qu’il s’y était engagé. Il n’eut plus qu’à les conduire jusqu’à la rivière Weser, où tous, sans exception, se noyèrent. Ainsi fut mis fin à la tragédie qui hantait la Cité. Hélas, c’était pour qu’une autre s’abatte, bien plus impitoyable ! En effet lorsqu’il revint chercher son dû, les habitants bien heureux de leur sort, et oublieux de celui à qui ils le devaient, décidèrent de ne pas respecter leur engagement. Pire encore, ils ramassèrent des pierres et commencèrent à se déchaîner sur le joueur de flûte qui n’eut d’autre salut que de s’enfuir. Grand mal leur en prit. Car quelque temps plus tard, alors que la ville connaissait enfin la quiétude, le son de la flûte de nouveau fut entendu dans les murs de la cité. Mais cette fois-ci, ce n’était plus de rats dont il était question, mais des enfants mêmes de ceux qui n’avaient pas honoré leur parole. On dit que cette nuit-là, cent-trente enfants, garçons et filles, sortirent de leur lit et suivirent le son ensorcelé de la flûte. Les histoires divergent en ce point. Certaines racontent qu’ils furent menés jusqu’à la rivière. D’autres prétendent qu’ils disparurent dans le fond d’une grotte. En tout cas, une chose est certaine : on ne les revit plus. De quoi laisser méditer les habitants d’Hamelin, comme tout un chacun, sur la valeur de l’engagement et de la parole donnée.

Danaë – Mythology

This story begins with Acrisius, King of Argos. Having no male heirs, the king visited the oracle of Delphi who said that his daughter, Danaë, would have a male child which would kill him. Acrisius decided to jail her in a bronze chamber (or in a tall brass tower) without doors nor windows, except a tiny sky-light. Sentenced to never see the light again, Zeus, who desired her, foiled the King’s plans. He came to visit her in the form of golden rain, streaming in through the roof down into her womb. And that’s in these circumstances that their child Perseus was born.
Very irritated by this situation, Acrisius who didn’t dare provoking the wrath of the gods by killing them, casted them into the sea in a wooden chest. Nevertheless, his plan again failed as Poseidon calmed the sea and finally, Dictys, the brother of King Polydectes, gave them his protection and raised Perseus to manhood. The King wishing to marry Danaë although she was not interested in him, Perseus was asked to bring him the head of the Gorgon Medusa. What he did thanks to Athena's shield, Hermes's winged sandals and Hades' helmet of invisibility.
Later, Perseus started for Argos, but as he learned of the prophecy, he changed his mind and went to Larissa. At this time athletic games were being held and an aging Acrisius was there. Accidentally Perseus struck him on the head with his javelin, and the prophecy was definitely fulfilled…

 


Cette histoire commence avec Acrisios, roi d'Argos. N'ayant pas d'héritier mâle, le roi se rendit à l'oracle de Delphes qui déclara que sa fille, Danaë, aurait un enfant mâle qui le tuerait. Acrisios décida alors de l’emprisonner dans une chambre de bronze (ou dans une haute tour de cuivre) sans portes ni fenêtres, à l'exception d'une minuscule lucarne. Condamné à ne plus jamais voir la lumière, Zeus, qui la désirait, déjoua cependant les plans du roi. Il vint lui rendre visite sous la forme d'une pluie dorée, coulant à travers le toit jusqu’à son ventre. Et ce fut dans ces circonstances que naquit leur fils Persée.
Très irrité par cette situation mais n’osant pas provoquer la colère des dieux en les tuant, Acrisios les jeta à la mer dans un coffre en bois. Néanmoins, son plan échoua une nouvelle fois car Poséidon calma la mer à la demande de Zeus. Puis Dictys, le frère du roi Polydectes, finit par leur offrir sa protection et éleva Persée jusqu’à l'âge adulte. Ce dernier souhaitant épouser Danaë, bien que cela ne l'intéressât pas, demanda à Persée de lui apporter la tête de la méduse Gorgone. Ce qu'il fit grâce au bouclier d'Athéna, aux sandales ailées d'Hermès et au casque d'invisibilité d'Hadès.
Plus tard, Persée désira gagner Argos, mais lorsqu'il apprit la prophétie, il changea d'avis et se rendit à Larissa. À cette époque, des jeux athlétiques s’y tenaient et Acrisios vieillissant y séjournait. Accidentellement, Persée le frappa à la tête avec son javelot, et c’est ainsi que la prophétie s’accomplit définitivement…

The legend of koala…

 


On dit qu’une tribu recueillit un enfant à la mort de ses parents... Hélas, on ne fut pas très gentil avec lui et plus que tout, on l’assoiffait régulièrement ne lui donnant rien à boire, l’obligeant ainsi à mastiquer des feuilles d’eucalyptus. Un jour que les gens étaient partis à la chasse, l’enfant s’empara des récipients contenant l’eau et s’y abreuva abondamment puis il les emporta dans un eucalyptus. Tandis qu’il entonnait un chant magique, l’arbre grandit à perte de vue et l’enfant y grimpa pour se mettre à l’abri. À peine revenus de leur chasse, les gens s’aperçurent de ce qui s’était produit et prièrent l’enfant de leur rendre leurs récipients. S’il refusa tout d’abord, la promesse qu’ils lui firent de le traiter désormais plus gentiment finit par le convaincre. C’est pourquoi il descendit bientôt et les rejoignit. Mais lorsqu’il fut à leur portée, rompant leur promesse, les personnes le frappèrent de tous côtés. C’est alors qu’une chose extraordinaire se produisit car, sous leurs coups, l’enfant se transforma. Il se tassa, se couvrit de poils et tel un koala gagna en toute hâte l’eucalyptus dans lequel il prit la fuite pour ne plus jamais revenir.

Korea was born…

 


Hwanin 환인, Maître du ciel, s’était aperçu que son fils Hwanung 환웅 désirait plus que tout descendre sur Terre.
C’est pourquoi il observa le monde des mortels et décida de l’envoyer sur le mont Taebak
Lequel, comme on le sait, est le meilleur endroit qui puisse être.

Hwanung s’y installa avec trois mille subordonnés,
Éleva un autel près d’un arbre de santal,
Et nomma ce lieu Shin-Si 신시, qui signifie « cité divine ».
Puis il enseigna aux humains l’ensemble des arts, la médecine, l’agriculture, etc.

Or à cette époque, un tigre et une ourse vivaient ensemble dans une grotte,
Et partageaient un rêve : devenir des êtres humains.
Hwanung ému par leur souhait, voulut d’abord les mettre à l’épreuve.
C’est ainsi qu’il leur confia quelques gousses d’ail et un bouquet d’armoise
Et leur annonça que s’ils réussissaient à s’en contenter durant 100 jours dans la grotte,
Leur vœu serait exaucé.

Le tigre abandonna bien vite,
Mais l’ourse parvint à résister bien plus longtemps.
En récompense, elle se métamorphosa et devint Ungnyeo 웅녀, « l’ours-femme ».

Pourtant celle-ci n’était pas entièrement satisfaite,
Car elle se sentait désormais bien seule.
Aussi Hwanung la prit-il pour épouse
Et de leur union naquit Dangun (Tan’gun) 단군,
Fondateur en 2333 av. J.-C. du royaume de Gojoseon 고조선
Qui allait devenir la Corée.

Le 3 octobre commémore cet acte de fondation de la Corée.

Asibikaashi

Asibikaashi

“Once upon a time Asibikaashi,
The spider woman who brought the sun back to the Ojibwe people

A long time ago,
The people united under one nation
Dut scattered throughout the four courses of North America

Asibikaashi promised to continue to care of the children
So she asked the women of the tribe
To weave magic webs in the shape of circles
And to hang them above the cradles
As the spider woman traps insects in her web,
Bad dreams are trapped in the web above the cradles
And perish as the sun hits them every morning.”

 


« Il était une fois Asibikaashi,
La femme araignée qui ramena le soleil au peuple Ojibwé

Il y a fort longtemps,
Un peuple assemblé en une seule nation
Dut se disperser aux quatre coins de l'Amérique du Nord

Asibikaashi promit de continuer de s'occuper des enfants
Et pour ça elle demanda aux femmes de la tribu
De tisser des toiles magiques en forme de cercles
Et de les accrocher au-dessus des berceaux

Comme la femme araignée piège les insectes dans sa toile,
Les mauvais rêves sont piégés dans la toile du capteur de rêves
Et périssent au fur et à mesure que le soleil les frappe chaque matin. »

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Baba Yaga: a Russian classic tale…

 


Il était une fois un homme qui se remaria. Il avait déjà une fille et malheureusement, sa belle-mère lui voulut aussitôt du mal. Un jour, elle lui demanda d’aller voir sa sœur qui habitait assez loin, pour lui demander une aiguille et du fil. La petite-fille mit un fichu rouge sur sa tête et partit pour accomplir sa mission. Mais en chemin, un doute lui vint. Aussi préféra-t-elle s’arrêter auparavant chez sa vraie tante, une brave dame qui l’accueillit avec plaisir. Alors qu’elle venait de lui raconter quelle était sa mission, sa tante s’écria : « Ô ma pauvre enfant, sais-tu que la sœur de ta marâtre n’est autre que Baba Yaga, la terrible ogresse ! » La petite-fille trembla de tout son corps, mais ne se découragea pas pour autant d’autant que sa brave tante lui conseilla d’apporter du jambon pour le chat, de l’huile pour la barrière, un ruban rouge pour le bouleau, enfin du pain tendre pour les chiens. Ainsi rassurée, la petite-fille arriva chez l’ogresse. « je suis venue t’emprunter du fil et une aiguille, lui dit-elle tentant de masquer sa terreur. » Baba Yaga s’en réjouit et tandis qu’elle passait dans la pièce d’à-côté, demanda à cette petite sotte de patienter en tissant. C’est alors que la petite-fille l’entendit exprimer sa joie à sa servante : « J’ai un beau repas pour le dîner, prépare-moi un bon feu ! » La servante vint avec du bois dans la pièce et la petite-fille lui sourit. Celle-ci lui offrit même son fichu rouge et la vieille domestique le mit aussitôt sur sa tête. Baba Yaga appela pour savoir si la petite-fille continuait à tisser : « Oui, ma tante, lui répondit-elle ». Mais elle s’apprêtait plutôt à s’enfuir. À ce moment-là, un chat effrayant bondit devant elle prêt à lui crever les yeux. Mais se souvenant des conseils de sa bonne tante, elle lui donna un morceau de jambon. Quand il l’eût fini, elle lui demanda : « Comment puis-je m’enfuir ? » « C’est simple, la conseilla le chat, prends cette serviette et ce peigne, et si Baba Yaga te rejoint, jette d’abord la serviette par terre ! Et si elle te rattrape de nouveau, jette le peigne ! » Alors la petite-fille sortit de la maison. Il ne fallut pas longtemps pour qu’elle se trouve devant la barrière qui voulut lui bloquer le passage. Toutefois, elle avait une petite burette d’huile pour l’amadouer et après l’avoir versé, la barrière fut si satisfaite qu’elle s’ouvrit complètement. À son tour le bouleau voulut l’arrêter, et tournoya violemment devant elle. Mais la petite-fille noua un ruban à une branche, et le bouleau se redressa calmement. Enfin deux chiens monstrueux voulurent à leur tour lui bloquer le passage. Elle se contenta de leur donner du pain tendre, et ils l’acceptèrent de bon cœur. Il ne lui restait désormais qu’à prendre ses jambes à son cou. Pendant ce temps BabaYaga avait fini par découvrir sa fuite et s’en prenait à tout le monde, frappant et vociférant. Mais chacun eût tôt fait de lui signaler que la petite-fille avait en une seule journée été plus gentille que Baba Yaga depuis des années ! Alors l’ogresse furieuse se mit à courir après son dîner. La petite-fille l’entendant gagner du terrain se souvint de ce que lui avait conseillé le chat et jeta la serviette par terre. Aussitôt celle-ci se transforma en une rivière si large que même l’ogresse ne put la franchir. Baba Yaga n’était pas à court d’idées : elle s’empressa d’aller chercher ses trois puissants bœufs et de leur soif immense, ils parvinrent à boire l’eau de la rivière jusqu’à sa dernière goutte. De nouveau Baba Yaga menaçait la petite-fille qui jeta alors le peigne. La plus luxuriante des forêts sortit de terre et cette fois-ci l’ogresse dut renoncer à la poursuivre. À bout de souffle, la petite-fille regagna enfin la maison où son père inquiet l’attendait. Elle lui fit le récit de tout ce qui s’était passé, et le brave homme décida sur-le-champ de sortir son fusil et de tuer la marâtre. Et le bonheur revint dans sa maison qui plus jamais ne désunit le père et sa fille.

The child of the dike …

 


L’enfant de la digue...
(D’après Mary Mapes Dodge. 1865. Les Patins d’Argent)
Hans Brinker était un petit garçon des belles étendues de Hollande, habitant dans la commune de Spaarndam. Amoureux de ce « pays » que l’on a qualifié de « bas » en raison de son souci constant du niveau des eaux, il vivait comme beaucoup de ses camarades et compatriotes proche d’une digue. Et c’est naturellement qu’il empruntait chaque soir le chemin qui la longeait afin de rentrer chez lui. Rien de bien particulier ne s’y passait. Pourtant un soir, alors qu’il revenait à la maison à vélo, fredonnant un air avec insouciance, un bruit inattendu attira son attention. De quoi pouvait-il bien s’agir ? Hans jeta un œil en bas de la digue et un frisson le gagna. Une toute petite brèche laissait passer un filet d’eau. Ô quiconque ne connaît pas la puissance de l’eau, et sa capacité à renverser tous les obstacles placés sur sa route, n’y aurait sans doute pas prêté attention. Mais Hans, comme tout un chacun ici, était un vrai connaisseur des dégâts qu’elle peut occasionner et il se précipita donc au bas de la digue. Que faire ? Personne aux environs… Aucune possibilité de colmater cette petite brèche. Il n’hésita pas plus longtemps et glissa son doigt dans l’interstice d’où s’échappait l’eau. Le « bouchon » fonctionna à merveille. Jusqu’à quand ? Il était soudain prisonnier de la digue mais il savait que c’était son devoir de se comporter ainsi. Alors Hans patienta, et nul ne vint davantage durant l’heure qui s’écoula qui lui parut désespérément longue. Son doigt était enflé à présent, et une douleur communiquée à travers le bras gagnait tout son corps. Le regard perdu au loin à la recherche d’une aide providentielle, Hans savait que la nuit bientôt viendrait. Ce qu’elle fit, inéluctablement. Et de longues et interminables heures, à moins que ce ne soit des siècles, se succédèrent. Au petit matin, le premier passant, un pasteur dit-on le retrouva, transi de douleur, grelottant de froid. Hans avait sauvé le village. Et il devint naturellement un héros. Si vous passez par Haarlem, ne manquez pas de faire un détour par sa statue qui se dresse sur l'une des écluses entrecoupant la digue de Spaarndam.

Grandmother Spider Brings the Sun…

- FNX Animation: "Grandmother Spider Brings the Sun"

 


Chez les Cherokees, la terre était jadis dans l’obscurité. La lumière se trouvait en effet de l’autre côté du monde. Bien sûr il n’était pas question pour ceux qui la possédaient de la partager. Alors, il fallut décider de la voler. Furent ainsi envoyés l’oppossum qui hélas se brûla les yeux et la queue, puis le busard. Qui pour sa part se brûla le crâne. En définitive c’est la petite araignée qui, fabriquant un pot, se rendit de l’autre côté. Elle était si minuscule qu’elle passa inaperçue, et n’eut aucun mal à voler au soleil un peu de lumière qu’elle mit dans son pot. Elle s’en revint triomphante, et depuis lors les araignées tissent leur toile en forme de disque solaire, et les femmes cherokees fabriquent des pots.

The goat and the khat

 


Conte yéménite d’après 'Alî Muhammad 'Abduh, hikâyât wa-asâîr yamaniyya, Dâr al-kalima, Sanaa, 1985

... On raconte qu’une jeune fille prit époux et que dès qu’ils furent mariés les amoureux partirent s’installer loin de la demeure de ses parents. Or ceux-ci voyant les mois passer, se languirent bientôt de leur enfant tant aimée. C’est pourquoi ils décidèrent de lui rendre visite. Le père comme la mère désiraient ardemment entreprendre ce voyage, mais celui-ci était long et périlleux. Aussi fut-il finalement conclu que seul l’homme s’y rendrait en prenant soin d’être accompagné de ses meilleurs amis. Le voyage débuta, et on chargea une brebis des victuailles et de l’indispensable khat, qui rend fort. Mais très vite, la fatigue se fit sentir et à la tombée de la nuit, les compagnons jugèrent plus sage de prendre des forces d’autant que le chemin était à présent plongé dans l’obscurité. Ils résolurent alors de s’arrêter à un jawal, petit refuge, le temps que la lune apparaisse et les éclaire de sa bienveillante lumière. Après s’être un peu restaurés, ils constatèrent que leur projet de reprendre la route nocturne serait bientôt compromis car la fatigue aidant, le sommeil commençait à les gagner. « Et si on prenait un peu de khat, proposa l’un d’eux » Aussitôt la joyeuse équipe se mit à mâcher les feuilles euphorisantes et la force ne tarda pas à les rejoindre. Mais, tandis qu’ils retrouvaient de l’élan, une autre conséquence ne manqua pas de se manifester. Dans leur euphorie, les sept amis eurent bientôt des visions. Et une forme d’inquiétude les gagna. N’était-on pas au cœur de la nuit, au moment où les esprit rôdent ! Et si l’un d’entre eux avait été dévoré par une bête sauvage. D’ailleurs, étaient-ils toujours sept ? Il fallait absolument se compter pour en avoir le cœur net. L’un d’entre eux débuta le décompte et, comble d’horreur, n’en trouva que six. Un autre le bouscula un peu, et se mit à recompter. Hélas il parvint au même résultat. Il faut bien dire que le khat agissant à la faveur de leurs excès, les encourageait à effectuer un calcul sans se compter eux-mêmes dans le lot. Et tous parvenaient à la conclusion qu’un membre du groupe avait été avalé par une créature monstrueuse. À cet instant, la brebis passant sa tête dans l’embrasure de la porte les en persuada. N’avait-elle pas des yeux de hyène ! Pauvre compagnon ! Des pleurs et des cris s’échappèrent de toutes parts car, à n’en pas douter, c’était là le sort qu’elle leur réservait à tous. Or un voyageur passant par-là ne tarda pas à les entendre. « Que vous arrive-t-il ? s’interrogea-t-il alarmé par tant de frayeur. Ils lui expliquèrent par le détail ce qui s’était passé et l’homme ne mit pas beaucoup de temps à s’apercevoir qu’ils étaient sous l’emprise du khat. D’autant qu’une odeur singulière inondait la pièce. Il leur proposa donc de vérifier leurs dires et se posta à l’entrée du jawal tout en demanda à chacun à son tour d’en sortir. Ils convinrent que c’était là une bonne idée et chacun franchit le seuil. À chaque passage, le voyageur asséna un grand coup de bâton dans le dos de l’infortuné en lui demandant de hurler le chiffre de son passage. « Un » hurla le premier tout en se tenant le dos tout endolori. « Deux » « Trois » … « Sept » Ainsi fut démontré à tous que la pauvre brebis n’avait rien à y voir et les sept compagnons se promirent de poursuivre leur voyage en modérant leur consommation de khat.

The death of Baldr…

- DEATH OF BALDER - Norse Mythology

 


(Légende nordique – à partir des Eddas) Baldr est fils d’Odin et de Frigg. Tandis qu’il était enfant, des rêves annoncèrent à sa maman sa mort prochaine. C’est pourquoi celle-ci fit promettre à toutes les créatures du monde qu’elles ne lui feraient jamais aucun mal. Pour bien le prouver à tous, les Ases, dieux nordiques, décidèrent de lancer toutes sortes de projectiles sur Baldr... Aucun ne parvint à l’atteindre, démontrant ainsi son invulnérabilité : Baldr était désormais à l’abri de tout danger. Pourtant le malin Loki vint trouver Frigg et celle-ci eut la mauvaise idée de lui signaler que seul le gui, jugé inoffensif, n’avait pas prêté serment. Alors Loki alla voir Hod, frère jumeau de Baldr, et lui conseilla d’envoyer une branche de gui avec son arc puissant (bien qu’il soit aveugle, Hod était bien connu pour être un formidable archer). C’est ainsi qu’il tua son frère sur le coup à son grand malheur et celui de tous les dieux. Ceux-ci n’abandonnèrent pas pour autant et Odin fit demander à Hel, maîtresse des enfers, à quelle condition elle acceptait de lui rendre son fils. Hel répondit qu’il fallait pour cela que toutes les créatures du monde expriment ce désir. Tous les êtres se mirent donc à se lamenter de la disparition du beau et sage Baldr. Tous, sauf Thokk, une géante qui s’y refusa. Ainsi donc, par ce seul refus, Baldr resta-t-il aux enfers et il n’en serait libéré qu’à la fin des temps, lors du Ragnarök. Mais au juste pourquoi Thokk avait-elle ainsi bloqué ce que tous désiraient ? La réponse était simple, puisque la géante n’était autre que Loki déguisé. L’ayant découvert, la colère des Dieux s’abattit sur lui. Et alors qu’il avait toujours échappé à leur jugement grâce à sa malice, Loki dut cette fois-ci s’enfuir à toutes jambes. C’est dans cette fuite qu’il se transforma en saumon, puis inventa le seul moyen susceptible de l’attraper : le filet de pêche. Ayant été repéré, il le détruisit aussitôt dans le feu, et plongea dans les eaux profondes. Hélas pour lui, il s’était fait observer, et grâce à un filet identique, les dieux finirent par le saisir. Ils l’attachèrent alors sur de grosses pierres et firent goutter un puissant venin au-dessus de lui. Sa femme veillait à ce qu’il ne l’atteigne pas en glissant une coupelle dans laquelle tombaient les gouttes. Mais à chaque fois qu’elle désirait la vider, le venin frappait son visage et ses tressaillements de douleur provoquaient les tremblements de terre. Lui-même ne serait libéré qu’à la fin des temps.

How the didgeridoo comes to life…

"EXTRA MINUTES: Larry and his father, Djalu Gurruwiwi, are Yolngu men from East Arnhem Land, the birthplace of the renowned didgeridoo or 'Yidaki' as the locals call it. The father and son duo are carry on a tradition thousands of years old by carving the incredible instruments from termite hollowed trees." (60 Minutes Australia)

 


On dit qu’au début des temps, l’obscurité régnait. Tout y était froid et les créatures vivaient dans la peur. C’est pourquoi un dénommé Bur Buk Boon se mit en tête de faire une grande flambée pour réchauffer les siens. Il ramassa quantité de bois et les déposa un à un dans le foyer. Pourtant, il s’arrêta soudain car un bois avait attiré sa curiosité. En vérité, il était habité de termites. Bur Buk Boon se refusant à leur causer le moindre mal, plaça un embout près de sa bouche et souffla dedans. Alors qu’un son grandiose se faisait entendre, les termites s’envolèrent au-dessus du feu et, toutes illuminées, allèrent se fixer dans le ciel. C’est ainsi que furent créées les étoiles. C’est ainsi également que naquit le didgeridoo dont le son harmonieux et puissant allait désormais baigner la Terre de ses bienfaits...

The master of veena…

 


Le maître de veena...
Il était un grand maître de veena dont la réputation avait franchi les limites des royaumes... Il était également un conseiller du roi, qui était son plus grand ennemi. Le conseiller avait déjà à plusieurs reprises tentait de lui nuire – sans succès. Mais il eut un jour une terrible idée. Tandis que l’anniversaire du roi approchait, il proposa que le maître jouât à cette occasion « le raga du feu ». Le morceau était sublime, et tout le monde était réjoui à l’annonce de l’entendre. Un seul problème subsistait toutefois car quiconque interprétait ce raga à merveille, et sans nul doute cela serait le cas, était assuré d’une chose : se consumer et périr. Néanmoins, à la demande du roi, le maître accepta. Le jour venu, il s’installa devant la cour et entreprit de donner sa dernière représentation. Dès les premières notes, chacun fut ébloui. Son jeu n’était pas seulement exceptionnel, il atteignait la perfection. Le conseiller affichait plus que tous sa satisfaction puisque, très bientôt, son vil projet serait exaucé : le maître s’évanouirait dans les flammes. Or, contrairement à son attente, et à la crainte de quelques uns, il acheva son air sans que rien de tel ne se produisît. Tout au contraire, il se leva, salua respectueusement le roi et les membres de la cour, parmi lesquels le conseiller, puis quitta le palais. Il traversa alors la cité, et rejoignit sa fille bien loin du palais. Là, il lui prit les mains et lui sourit avec tout le respect et l’admiration qu’un père peut avoir pour son enfant. D’autant plus qu’en tant que sa meilleure disciple, celle-ci venait ce soir, parallèlement à la représentation de son père, d’exécuter à merveille le raga de l’eau, seul antidote connu pour apaiser celui du feu.

Fire stop!

Fire stop!

The Buryats Буряад are a Mongolic people,
The largest indigenous group in Siberia
Also present in Mongolia

Lake Baikal is for them a sacred place
And a legend tells us how it appeared

A long time ago occurred a massive earthquake
A huge crack opened in the land
Flame was raging, lava began to spout

The Buryat people begged gods to stop it
And began to scream:
Bay gal! Bay gal!
(which means “Fire, stop!”)
… and the fire stopped
While the rift was soon filled by clear water…

 


Les Bouriates Буряад sont un peuple mongol,
Le plus grand groupe indigène de Sibérie
Également présent en Mongolie

Le lac Baïkal est pour eux un lieu sacré
Et une légende nous raconte comment il est apparu

Il y a s'est produit un énorme tremblement de terre massif
Une impressionnante fissure s'est ouverte dans le sol
Et la lave commença à en jaillir

Le peuple Bouriate supplia les dieux de l'arrêter
Et commença à crier :
Bay gal ! Bay gal !
(ce qui signifie « Feu, arrête ! »)
… Et le feu s'arrêta
Tandis que la faille fut bientôt remplie d'eau claire…

The Great Epics of Ramayana…

 


Le Ramayana conte l’histoire du grand Rama, septième avatar de Vishnu, qui partit combattre le démon Ravana retranché à Sri Lanka… Son père était le roi d’Ayodhya, Dasaratha, lequel à cette époque n’avait pas de descendance mâle et en était affligé. En ce même temps, les dieux se désolaient du pouvoir du roi des démons Ravana qui empêchait les rites sacrés et contre lesquels ils étaient impuissants. C’est pourquoi Vishnu décida de redescendre sur Terre, sous forme humaine, car si les dieux ne pouvaient le contraindre, un homme lui pouvait vaincre Ravana. Les épouses de Dasaratha furent conviées à boire un philtre magique, et tombèrent simultanément enceintes : quatre fils en naquirent, Rama, Lakshamana, Bharata, Satrughna. Rama et Lakshamana furent très tôt complices, et fort jeunes, ils ne manquèrent pas de prouver leurs exploits. C’est ainsi qu’ils mirent à mal une démone et des cascades de fleurs de lotus se déversèrent sur eux. De même le roi Janaka avait promis que quiconque parviendrait à domestiquer l’arc de Shiva (que 500 hommes ne parvenaient à soulever) emporterait la main de sa fille Sita. Or à peine Rama le prit-il entre ses mains qu’il se brisa. Dasaratha sentait venir sa fin et naturellement il voyait en Rama le plus digne des successeurs. Hélas, l’une de ses épouses lui rappela qu’il avait promis le trône à son fils. Fidèle à sa parole, il dut se résoudre à le lui accorder et exila Rama. Lakshamana et Sita décidèrent de le suivre. 10 années d’errance les menèrent à Panchavati où ils prirent résidence. Quelque temps plus tard une démone, métamorphosée en belle servante, tenta de se rapprocher de Sita. Mais Lakshamana lui coupa le nez et les oreilles. Ravana averti de l’affaire, conçut dès lors un stratégème pour les perdre. Il envoya tout d’abord un magnifique cerf blanc qui appâta Rama. Celui-ci décidé à le chasser traça un cercle magique autour de la demeure pour protéger son épouse. Mais Ravana, dans toute sa ruse, s’en approcha sous les traits d’un vieux mendiant et hors du cercle, pria Sita de le nourrir. Ne se méfiant pas, celle-ci tomba dans le piège et il l’enleva sans difficulté. Rama et Lakshamana durent alors mener d’intenses recherches pour la retrouver. Au cours de ces tentatives, ils s’associèrent les mérites de Sugriva, le chef de l’armée des singes. Ceux-ci partirent dans toutes les directions et seule l’armée conduite par Hanuman tarda à rentrer. Pour cause, ils avaient trouvé où Ravana détenait Sita : sur l’île de Sri Lanka. Il parvint à franchir les mers et fit savoir à Sita que Rama n’avait pas abandonné. Puis il revint avec l’un de ses anneaux et en informa Rama qui prit aussitôt la route. Grâce à la construction d’un pont magique, une impressionnante armée s’abattit sur Ravana. Mais celui-ci ne manquait pas de ressources, et les pertes furent terribles. Lakshmana fut ainsi gravement blessé, et Rama lui-même sentit les forces lui manquer. Heureusement les herbes médicinales du Mont Kailash, Surya le dieu-soleil, et in fine l’arme de Brahmâ, parvinrent à vaincre les démons et à tuer Ravana. Rentrés victorieux à Ayodhya, on ne tarda pas toutefois à douter de la vertu de Sita. N’aurait-elle pas été séduite par le démon Ravana ? C’est pourquoi elle se retira en forêt avec l’aide de Lakshamana auprès du sage Vâlmîki. Et c’est là qu’elle enfanta des jumeaux Kusa et Lava, auquels elle apprit l’épopée du Ramayana. Ils devaient quelques années plus tard le conter devant Rama à Ayodhya et tous purent aisément reconnaître en eux, ses fils légitimes. Sita ne manqua pas d’être alors rappelée auprès de lui...


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