Power - Pascal Medan

Ce qu’on appelle les budôs, j’y intègre l’ikebana, l’art de faire les bouquets, l’art du thé, la calligraphie … Une fois j’ai fait un stage avec un maître de calligraphie, c’est fabuleux ! Je l’ai vu faire un cercle, il était à genou, il faisait un cercle : je suis sur que si on prend un compas, le cercle est impeccable ! Un jour je regardais une japonaise faire un ikebana, la façon dont elle coupait ses fleurs, dont elle utilisait son centre … C’est impressionnant de puissance ! Deux ou trois fois j’ai assisté à des cérémonies du thé, la personne qui fait ça, a une telle puissance !

Pascal Medan

Tea - Pascal Medan

La cérémonie du thé, ce n’est pas un truc simple. C’est quelque chose de compliqué, qui permet aussi de se dire qu’il ne suffit pas de prendre un bol et de verser de l’eau. Il y a une symbolique importante. Par exemple quand on rentre dans la pièce où se déroule la cérémonie, il y a un torii, une porte, et cette porte est très basse, c’est-à-dire que quelque soit le niveau social de la personne qui rentre, elle est obligée de se baisser. Il y a plein de petites choses symboliques comme ça !

Pascal Medan

Robot - Serge Soudoplatoff

J’apprécie le travail du professeur Ishiguro, grand spécialiste des robots humanoïdes. Il met les robots en face de gens et il observe ce qui se passe. Particulièrement les zones actives dans le cerveau. Les gens face à un être humain et un robot mécanique fonctionnent à peu près de la même manière. Par contre avec un robot humanoïde, c’est extrêmement dérangeant. Un monstre doit être monstrueux. Si le monstre ressemble à un personnage ordinaire, c’est beaucoup plus effrayant.

Serge Soudoplatoff

Progress - Serge Soudoplatoff

Le champ de la science et de la technologie construit des corpus de connaissances les uns sur les autres, ce qui fait qu’on sait plus de choses qu’il y a 2000 ans. Il y a 2000 ans, on disait IL pleut… Aujourd’hui on a modélisé le couplage océan atmosphère… Toutefois je prends le champ de l’humain, celui-ci passe son temps à explorer des formes identiques et à recommencer les mêmes erreurs que voici 2000 ans… Pourquoi ?

Serge Soudoplatoff

Wikipedia - Serge Soudoplatoff

C’est sans doute une des inventions majeures de notre temps. Le modèle wikipédia représente la quintessence de ce que le monde internet peut produire de nouveau, d’innovant, de disruptif. (Le monde avec internet - Ed. FYP 2012)… Sa beauté vient de l’engagement des gens. De son message simple : Faites-le. Réalisez vos projets… C’est en outre la première fois dans l’histoire de l’humanité que les Comanches, les Catalans, les Peuls… ont leur propre encyclopédie dans leur propre langue, qui n’est pas une traduction d’une encyclopédie occidentale…

Serge Soudoplatoff

Game - Serge Soudoplatoff

J’ai une passion pour l’univers du jeu… mais dans une approche particulière que je partage avec Idriss Aberkane, un spécialiste des sciences cognitives. Bettelheim différenciait le game (structuré) et le play (libre)… De même Il y a d’un côté les serious game … et d’un autre côté il y a des jeux où on a l’impression de perdre son temps… Notre idée est différente, celle de s’instruire en jouant. Par ex. d’apprendre l’univers de l’infiniment petit à l’infiniment grand en jouant au flipper… L’idée est de commencer avec des quarks… Et on les balance… Et il ne se passe rien jusqu’à ce qu’on trouve le bon geste… Et là on fait des atomes… Et de même on fait de la matière… Puis de la matière complexe… Puis on arrive aux étoiles… enfin aux galaxies… (Proud to play).

Serge Soudoplatoff

Fight - Pascal Medan

Quand je donne des cours d’aïkidô, je ne veux pas créer des guerriers ! … ou alors des guerriers pour la paix … Moi j’ai des élèves qui sont venus dans le dojo en me disant : Je veux apprendre à me battre. Et moi je leur ai dit qu’il ne fallait pas venir me voir … Il n’y aucun art-martial qui ne soit valable dans la rue parce qu’on a des règles précises.

Pascal Medan

Humor - Serge Soudoplatoff

Lors d’une conférence que je faisais pour l’IGN à l’Unesco, avec traduction simultanée, je me suis mis à raconter une blague. Et celle-ci fut traduite. Alors les gens se sont mis à rire par paquets. Les Français, les Anglais… en fonction de la traduction. Les Japonais ont ri vingt secondes plus tard. J’avais un ami qui parlait bien le japonais et il s’était mis sur le canal japonais. Je lui ai donc demandé pourquoi nos amis Japonais avaient ri avec un tel décalage. Il m’a alors expliqué que le traducteur avait dit : l’orateur a raconté une histoire drôle intraduisible en japonais, veuillez rire par politesse…

Serge Soudoplatoff

Risk - Serge Soudoplatoff

J’ai travaillé sur la gestion des risques majeurs. Et il y a une théorie qui m’a marqué et que j’ai essayé à mon tour d’inculquer. Dans la vie on commet pleins d’erreurs, on roule trop vite, on dit une connerie… sauf que le contexte est permissif : il n’y a personne en face, les gens rigolent, etc. Mais de temps en temps le contexte n’est plus permissif, il est accidentogène, et c’est là que l’erreur devient catastrophe… Au sein d’une équipe, nous avions réfléchi à un système expert non pas pour indiquer les erreurs mais pour dire : attention, le contexte est plutôt dans le vert ou dans le rouge… Par ex. dans l’aviation civile, il y a un contexte qui est très connu comme accidentogène, c’est l’ordre de changement de piste au dernier moment… Cela demande un effort de géométrie dans l’espace. Sauf que comme le cerveau est occupé … cela devient un risque majeur.

Serge Soudoplatoff

Pantun - Patricia Grange

Ma dernière découverte et mon dernier coup de cœur poétiques. Le pantoun (pantun en malaisien) est un quatrain originaire de l’archipel malais, constitué de deux distiques à rimes croisées, construit en miroir l’un par rapport à l’autre. Le premier distique énonce une idée générale, quelque chose de concret. Le deuxième distique en développe le sens. J’ai tout de suite eu un coup de cœur pour cette forme poétique, écrite pour être dite à voix haute (voire même faire l’objet de joutes) et qui peut avoir aussi bien une dimension strictement poétique que proverbiale. J’en écris de plus en plus souvent. Et plus j’en apprends sur le pantoun, plus j’en sais aussi sur la culture du monde qui lui a donné naissance et plus j’ai envie de me rendre sur ces terres …

Patricia Grange

Discover - Serge Soudoplatoff

L’informatique doit aider non pas à résoudre un problème mais à poser la bonne question. Pour l’illustrer, je vous raconte la redécouverte du Phare d’Alexandrie. Cette histoire me passionne, d’autant plus qu’un de mes étudiants y est impliqué. Imaginez tout d’abord le tremblement de terre qui l’a vu s’effondrer. On récupère bien sûr les petits cailloux et on les réutilise pour construire. Puis un second tremblement de terre, quelques dizaines d’années plus tard. Phénomène de subsidence, le sol s’effondre, la mer recouvre… Plusieurs siècles passent : invasion de la flotte mamelouk. Là on fait l’inverse, on prend des cailloux de la ville qu’on jette dans la rade pour empêcher les bateaux mamelouks d’entrer. Un patatoïde de 3000 blocs se forme ainsi de provenance et de formes diverses, des grands, des gros, des petits…Le génial archéologue et égyptologue, Jean Yves Empereur les cartographie avec des hommes-grenouilles. Alors au 1800° bloc cartographié, un de mes étudiants et un archéologue se mettent devant le système d’information géographique et cherchent la question à poser. Ils cherchent des alignements, ça ne marche pas. Ils cherchent des formes, ça ne marche pas… des volumes, non plus… Et au bout de quelques heures, ils se disent : on a le volume, on a le matériau, donc on a le poids… Et ils se demandent : où sont les blocs de plus de vingt tonnes ? En fait, parfaitement alignés… Et ils trouvent ainsi dans ce patatoïde monstrueux, les éléments clairs issus du phare d’Alexandrie… Ce que je trouve donc très beau dans cette histoire, c’est que l’informatique a aidé à poser la bonne question, et non à résoudre un problème….

Serge Soudoplatoff

Travel - Patricia Grange

Presque synonyme de rêve. Car, pour moi, le voyage commence dès que je l’envisage, dès que je le prépare. Que je me déplace de quelques kilomètres ou que j’aille à l’autre bout du monde. Voyager, c’est repousser les frontières géographiques, certes, mais aussi culturelles, linguistiques, gastronomiques, humaines. C’est tester à chaque fois ses propres limites. Sortir de sa zone de confort pour se frotter à l’inconnu. Lâcher prise pour découvrir et se redécouvrir. Une infinité d’Autres qui vous tendent la main. Oser pourrait également être un autre synonyme. Voyager, c’est une ivresse à chaque départ, un blues à chaque retour, avec la furieuse envie de repartir alors qu’on n’a même pas encore fini de défaire ses valises.

Patricia Grange

Education - Serge Soudoplatoff

J’aime beaucoup le projet skoolaborate* initialement fondé sur une coopération éducative dans Second Life… Par exemple, des étudiants d’une école japonaise avaient décidé de reproduire intégralement une fête médiévale. S’inspirant du Kinkaku-ji, ils en avaient pris les mesures exactes… Puis refait des kimonos de l’époque s’attardant sur les motifs authentiques… Et le jour de la cérémonie elle-même, ils ont rejoué cette cérémonie médiévale et tous les étudiants du monde entier ont pu y participer… Un ex. de cross-culturel…

Serge Soudoplatoff

Hazard - Serge Soudoplatoff

Heureusement qu’il y a du hasard… Un monde sans hasard ne serait pas vivable. Toutefois il y a deux formes de hasard. Le premier concept de hasard est mathématisable : le dé à jouer par ex. Le second est celui de la vie… soit tout sauf mathématique. Condorcet a appliqué les théories du premier pour les problèmes du second, ce qui suppose ce qu’on appelle l’ergodicité… Par ex. les médecins passent leur temps à faire des hypothèses d’ergodicité. Ils regardent les gens de 50 ans, qui ont fumé, ont telle pathologie, etc. Et si vous avez donc 50 ans on vous applique la moyenne : tel % de risque de cancer. Ce pourquoi je préfère quant à moi des approches différentes, celles de l’acupuncture par ex., qui s’intéresse aux trajectoires. C’est en l’occurrence ce que je vois de plus en plus émerger sur internet : comparer les trajectoires…

Serge Soudoplatoff

Poetry - Patricia Grange

Monde merveilleux et sans limite qui m’a ouvert ses portes et ses bras à l’adolescence, qui m’a protégée des chaos du mal-être de cet âge bête et ingrat, qui m’a bercée et consolée, où j’ai trouvé des échos et des béquilles pour rester debout et avancer. Monde qui continue de me porter, haut et fort, chaque jour de ma vie, qui insuffle à ma verve le verbe de la création.

Patricia Grange

Exaptation - Serge Soudoplatoff

J’affectionne le mot exaptation… Soit le fait que la nature puisse créer des formes qui servent à tout à fait autre chose que ce pourquoi elles avaient été créées. Par ex. les plumes des oiseaux créées pour faire de la régulation thermique, et qui leur sert à voler… C’est le contraire de La fonction crée l’organe… Je trouve que cette idée est l’une des plus puissantes qui soient.

Serge Soudoplatoff

Entropy - Serge Soudoplatoff

Léon Brillouin a montré les liens entre l’entropie au sens thermodynamique et au sens de l’information. La seconde consiste à dire qu’un message qui contient des mots peu probables est un message qui est porteur de sens. L’exemple typique c’est quand on ouvre son journal à la télé et qu’on a la même annonce, cela n’apporte aucune information ni de sens. Si on dit en revanche : La France a peur… On est forcément attiré… Il y a donc tout un travail qui m’intéresse beaucoup : quel est le lien entre la quantité de désordre de la soupe ou de la création de formes, et la quantité de désordre au sens d’un système qui ne porte que très peu d’information parce que tout est équiprobable.

Serge Soudoplatoff

Desire - Serge Soudoplatoff

Je pensais que l’étymologie du mot désir c’était de : préfixe privatif, sidus, eris : .. étoile… Donc je croyais que désirer, c’était être privé de son étoile. Cela serait en fait lié aux cycles des saisons… Les étoiles d’été disparaissent en hiver et on désire donc retrouver tes étoiles…

Serge Soudoplatoff

Nappy - Patricia Grange

Depuis peu, j’ai abandonné le défrisage pour retrouver mes cheveux naturels, frisés, crépus. Par la même occasion, j’ai découvert le mot nappy, contraction de l’anglais natural and happy, à savoir naturel(le) et heureux(se). Ce mot qualifie les personnes qui, comme moi, font le choix du retour au cheveu naturel. Il suffit de le saisir dans Google pour obtenir une foule d’informations sur le retour au naturel, les soins à apporter aux cheveux, des idées de coiffure, etc. Mais pas que. Nappy désigne aussi un réel mouvement identitaire et de revendication, une réappropriation des racines noires, africaines. Au point d’être parfois extrémiste, nappex (nappy extrémiste), et de stigmatiser les femmes noires et métisses qui continuent à se défriser les cheveux et/ou à porter des extensions ! Je revendique mon retour au naturel, pour ma santé et mon bien-être personnel, mais je ne fais partie d’aucun mouvement, surtout s’il est extrémiste.

Patricia Grange

Earth - Patricia Grange

Ma planète, ma mère, ma nourrice, mon sang, mon cœur, la Pachamama de mon âme. Celle dont les sources, que l’on voudrait intarissables, abreuvent ma chair et mon esprit. Celle qui veille sur moi et sur laquelle j’essaye de veiller.

Patricia Grange

Weave - Patricia Grange

Ce mot est l'image même de l'idée que je me fais des relations interpersonnelles et du monde : une somme d'individualités interdépendantes les unes des autres qui forment un tout solidaire et uni. Chaque fil existe de façon singulière tout en étant intimement lié aux autres. De plus, le mot tissage s'entend en écho dans le mot métissage qui est un autre mot qui fonde mon histoire et ma personnalité. Enfin, la racine latine du verbe tisser, textere, a donné naissance au mot texte qui est un tissage de mots. Et en tant que poète, je vis de façon permanente au coeur des textes, au nœud des tissages de mots.

Patricia Grange

Nature - Patricia Grange

Depuis le passage du cap de la trentaine, mon corps fait petit à petit un rejet du chimique. Je ne m’en suis pas vraiment rendue compte au départ. Les choses se sont faites petit à petit, de façon inconsciente, avant que je ne m’en aperçoive vraiment et que je poursuive la tendance de façon tout à fait consciente désormais. Cela a commencé par ma contraception, puis est venu le tour de mes cheveux, des produits cosmétiques , je continue à présent avec l’alimentation, les produits ménagers, etc. etc. Il n’est pas simple de changer ses habitudes. J’ai encore beaucoup de progrès à faire et je ne suis pas certaine de parvenir au 100% naturel un jour. Mais la santé et le bien-être sont là en récompense. Ainsi qu’une complicité plus forte avec la Nature et mon propre corps.

Patricia Grange

Deaf - Patricia Grange

Depuis que j’ai des amis sourds, j’ai découvert que sourd n’était pas qu’un adjectif définissant une particularité/singularité physique. Sourd est une identité en soi, voire une revendication, et s’écrit souvent avec une majuscule. Les Sourds considèrent souvent qu’ils font partie d’une communauté. (On peut d’ailleurs faire de nombreux parallèles entre les Sourds et d’autres communautés minoritaires telles que celle des Afro-américains ou celle des homosexuels). Ils ont leur propre culture, avec leur histoire tourmentée, leurs luttes toujours en cours et leurs victoires, leur langue (la langue des signes) qu’ils veulent faire reconnaître, leurs jeux olympiques (Deaflympics), leurs festivals, leurs personnalités célèbres, etc. etc. Il y a encore énormément à faire pour les droits des Sourds. Encore plus pour une réelle cohabitation apaisée entre Sourds et Entendants.

Patricia Grange

Riddle - Serge Soudoplatoff

C’est quoi la plus grande énigme du phare d’Alexandrie ? On sait comment le feu se faisait. C’étaient des ânes qui amenaient du bois. On connaît la portée du feu. On connaît la quantité de bois. On sait aussi qu’il y avait un miroir. Sauf que quand on fait les équations, on ne comprend pas comment le miroir faisait pour supporter la chaleur. Vu la quantité de bois, la force du feu, et la technologie de l’époque, le miroir aurait dû se fendre et on ne sait pas comment ils faisaient pour le refroidir.

Serge Soudoplatoff

Work - Pascale Jacopit

Au départ, je n’ai pas eu de mal à trouver du travail car il existait une association (l’ASATAF) qui ne s’occupait que des personnes non voyantes ayant une formation de standardiste. Il y avait un représentant de l’association dans chaque région et cette personne là était chargée d’aller prospecter pour faire des placements. A l’époque, j’ai bénéficié de ça. - Pascale Jacopit

Pascale Jacopit

Feminism - Patricia Grange

Il paraît que c’est devenu un gros mot aujourd’hui. Il paraît qu’on n’en a plus besoin aujourd’hui parce que désormais, hommes et femmes seraient définitivement égaux. Je suis féministe. Je l’affirme et je le revendique. Et quand j’entends dire ce genre de choses, cela me révolte. Certes, de nombreuses luttes et combats ont été gagnés. Du moins en Occident. Parce qu’il suffit de retirer ses œillères pour se rendre compte qu’ailleurs, excision, mariage précoce et/ou forcé, interdiction d’école, réclusion dans la sphère du foyer, soumission au père/frère/mari, lapidation, violences et viol etc. sont encore le lot d’innombrables filles et femmes. Et en regardant les choses en face, on s’aperçoit que l’Occident n’est pas épargné, et que même sans aller jusqu’à ces extrémités, les femmes n’ont toujours pas le même salaire ni les mêmes opportunités financières que leurs homologues masculins. Etre féministe, pour moi, ce n’est pas faire partie d’un mouvement, mais tout simplement vouloir les mêmes droits et devoirs pour tout le monde, partout dans le monde. Et rester en veille et vigilant(e) car un droit obtenu n’est jamais définitivement acquis.

Patricia Grange

Hand - Patricia Grange

Celle qu’on tend, celle qu’on prend, celle qu’on prête, celle qu’on accepte. Souvent le premier contact physique avec un(e) autre. Prolongement du cœur car en son poignet vibre le pouls. Au cœur des paumes, le carrefour des lignes où bat la vie. Sur la peau fine des doigts, l’empreinte singulière de notre identité, le tatouage intime de l’eau du giron maternel. Terriblement intime, la main. Les mains ont aussi une voix. Une voix silencieuse qui s’élève dans la danse des mudra ou de la langue des signes.

Patricia Grange

Dance - Patricia Grange

Rien qu’à l’évocation du mot, un frisson parcourt mon corps ! J’adore danser ! Lâcher prise et laisser mon corps me mener où il veut. Cela peut m’emmener aux frontières de la transe ! Peu importe le rythme, l’essentiel est qu’il trouve des échos jusqu’au fond de mon âme, qu’il me donne envie de fermer les yeux, de me lever et de me laisser habiter. Danser, c’est un des meilleurs moyens d’entrer en contact avec les forces telluriques et de se sentir vivant(e) !

Patricia Grange

Africa - Patricia Grange

La terre qui a entendu mes premiers cris et battements de cœur , celle où est enterré mon cordon ombilical , celle qui a porté mes premiers pas, mon enfance et mon adolescence , celle où plongent toujours mes racines et dont le sang inonde en partie mes veines , celle vers laquelle mon âme se retourne comme vers une mère lorsqu’elle est en souffrance , celle où je voudrais qu’on disperse une partie mes cendres …

Patricia Grange

Music - Patricia Grange

"De la musique avant toute chose … - Paul Verlaine, extrait du poème Art poétique Lorsque j’écris un poème, la musique précède toujours les mots. Je suis souvent, et parfois longtemps, habitée par un souffle musical, par un rythme qui me hante, avant que les mots ne viennent s’y poser. Je ne suis pas musicienne, je ne sais pas lire une partition, mais la musique demeure en moi. Je parviens à composer des pièces éphémères simples et répétitives à l’intuition, avec de petits instruments sonores, pour accompagner la lecture d’un poème. Je peux écouter de la musique à tout moment, sauf lorsque j’écris de la poésie. Dans ces moments-là, je peux éventuellement écouter de la musique classique, mais la plupart du temps, j’écris en silence, accompagnée par mes rythmes intérieurs. Etrangement, j’ai des goûts musicaux très éclectiques. Pas de genre musical, ni d’artiste favori. J’écoute un peu de tout ce qui me touche, tout dépend de mon humeur du jour, du moment.

Patricia Grange

Bounce - Pascale Jacopit

J’ai créé une association avec d’autres parents, il y a 3 ans. Je vais une fois par mois, le samedi matin, partager un petit déjeuner avec des parents et des enfants qui sont confrontés au cancer. Dans la vie il faut toujours rebondir et continuer. - Pascale Jacopit

Pascale Jacopit

Sport - Pascale Jacopit

Quand j’étais jeune, j’ai fait deux ans de ski de fond. J’ai aussi fait un peu de ski alpin, mais là par contre je n’étais pas une championne ! En 1997, j’ai pratiqué l’aïkido pendant deux ans. Le père de ma fille et ma fille en faisaient et c’est le professeur qui lui-même m’a demandé si ça m’intéressait. Donc, comme il me faisait la proposition et que ça l’intéressait de pouvoir m’intégrer, j’ai dit oui. J’aimais ça mais je n’arrivais pas à retenir tous les gestes parce que je pense qu’il aurait peut être fallu plus les détailler. Mais bon, je me débrouillais quand même ! De toute façon, comme à l’aïkido il n’y avait pas de compétition, cela n’avait pas trop d’importance. J’avais quand même l’impression d’avoir plus de mal à apprendre que les autres. - Pascale Jacopit

Pascale Jacopit

Cook - Patricia Grange

Une autre façon de voyager, d’inventer, de composer, de créer. Assemblages de saveurs, de textures, d’herbes et d’épices , composition de couleurs , mélanges d’influences et de cultures. A la fois dépaysement et rattachement aux racines.

Patricia Grange

Project - Pascale Jacopit

Pour Emeline, il fallait toujours qu’il y ait un projet pour s’accrocher : une fête, un gala de danse, un voyage,… C’est ce qui lui permettait de tenir. Elle considérait qu’il fallait vivre à fond le temps présent, tout en mettant des projets en route. Quand elle était petite, elle se rendait compte elle-même de la gravité de sa maladie car elle me demandait toujours ce que l’on allait faire le lendemain. - Pascale Jacopit

Pascale Jacopit

Afropean - Patricia Grange

Je suis métisse, me situant au nœud d’une relation triangulaire entre la France, le Bénin et le Cap-vert. Au nœud de liens historiques et improbables entre Noirs et Blancs, entre maîtres et esclaves, entre colons et colonisés. C’est mon histoire, c’est mon héritage, c’est le socle de mon identité. Si j’ai longtemps chéri ce mot métissage en tant que synonyme de ce que je suis, je tends désormais à m’en détacher quelque peu pour lui préférer celui d’Afropéenne. Pourquoi ? Peut-être parce que métissage est aujourd’hui galvaudé, utilisé à tort et à travers. Peut-être en raison de l’histoire, des origines de ce mot, utilisé au départ pour désigner un hybride, un animal … Peut-être à cause de l’influence de personnalités comme les Nubians, Léonora Miano ou encore Souleymane Diamanka. Mais surtout parce que ce mot décrit davantage la réalité de ce que je suis. Je suis née et j’ai grandi en Afrique, j’ai des racines africaines. Je vis à présent en Europe et j’ai des racines européennes aussi. Mon identité, ma culture, mes valeurs puisent aussi bien aux sources africaines qu’européennes. Au-delà d’être franco-béninoise, je suis Afropéenne.

Patricia Grange

Sign language - Patricia Grange

Depuis toute petite, je suis fascinée par cette danse des mains qui produit du sens. Cette voix du corps (mains, expressions du visage, mouvements du corps tout entier), cette chorégraphie de mots silencieux. J’ai la chance d’avoir rencontré des sourds qui sont devenus mes amis et qui me font découvrir leur langue et leur culture, d’une richesse inattendue. Parler avec le corps, au-delà des mots, pouvoir dire lorsque ce qu’on ressent ne peut pas s’écrire. Découvrir un monde de possibilités et de création infini. Et puis, tout simplement, pouvoir communiquer au-delà du silence. La langue des signes devrait être enseignée à l’école, dans toutes les écoles, dès le plus jeune âge.

Patricia Grange

Look - Pascale Jacopit

Ce qui est le plus gênant dans la vie courante, quand tu as un handicap, c’est le regard de l’autre que tu sens persistant. Il faut que tu apprennes à faire abstraction du regard que l’on peut porter sur toi. Au début, j’avais beaucoup de mal avec ça. Même sans voir, on ressent ou on imagine le regard de l’autre sur nous. Et donc petit à petit, on en fait abstraction, jusqu’au moment où l’on s’en fiche complètement ! Aujourd’hui, c’est le cas mais c’est vrai que j’ai mis du temps. A l’école, tu es dans ton milieu, avec des gens qui te ressemblent. Mais une fois que tu sors de ce milieu protégé, tu es un peu paumé en sachant que la plupart des gens qui t’entourent ne sont pas comme toi. De toute façon, le regard de l’autre te dérange tout le temps à un moment ou à un autre. - Pascale Jacopit

Pascale Jacopit

Asia - Patricia Grange

Continent qui me fascine depuis ma petite enfance. Je parle bien du continent tout entier, avec une attirance particulière pour l’Asie du sud-est, mais toutes les terres, peuples et cultures asiatiques m’appellent. Et comme par hasard, je suis née avec les yeux légèrement bridés, ce qui m’a valu très tôt le surnom de Chinoise à l’école et dans les rues de Cotonou (quand ce n’était pas yovo-yovo (blanc en langue fon du Bénin) évidemment !). Je me rappellerai toujours de ce moment marquant vécu à la fin du primaire ou au début du collège. J’avais passé la journée avec une copine bénino-indienne. A la fin de la journée, elle m’a prêté un de ses saris et nous sommes sorties toutes les deux, ainsi vêtues. Nous avons croisé une vieille dame indienne qui a adressé un namasté à mon amie, les deux mains jointes sur la poitrine, puis elle s’est tournée vers moi et a fait de même. Je ne savais pas ce qu’était le namasté à l’époque. Mais comme j’ai vu ma copine lui répondre en lui rendant son salut, j’ai fait de même. Ma copine m’a dit ensuite que cette dame avait pensé que j’étais Indienne, comme elle ! Ça m’avait fait très plaisir ! Depuis, on me prend régulièrement pour une métisse asiatique ou pour une Malgache ! Je ne m’y suis encore jamais rendue en Asie, mais j’espère le faire bientôt …

Patricia Grange

Protect - Pascale Jacopit

On ne parlait jamais de mort avec Emeline car elle ne voulait surtout pas que je m’inquiète. On se protégeait mutuellement. Un jour où elle n’était pas bien du tout, elle me dit mon appartement, tu me le gardes hein ? C’est la première fois qu’elle m’a vu pleurer. Et pour me consoler, elle continua surtout n’écoute pas ce que dit le Dr N. !. - Pascale Jacopit

Pascale Jacopit

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