Semiovalley – Digital Chronicles  / 9: … Is the e-book a « book »?

Semiovalley – Digital Chronicles / 9: … Is the e-book a « book »?

Semiovalley - Chroniques numériques / 9 : ... Le livre numérique est-il un « livre » ?

Le livre numérique (e-book) est-il encore un « livre » ? Notre question paraîtra peut-être incongrue et quelque peu anachronique. Car voyons, depuis sa création avec « l’eText #1 » du Projet Gutenberg (1971), le livre numérique n’en reste pas moins un objet (électronique) favorisant la lecture et tout ce qu’elle porte en elle de sens, de possible émotion, de transmission... Certes, sauf qu’à vouloir jouer avec les mots, une confusion ne tarde pas à s’installer. Car par-delà sa fonction, l’objet livre renvoie à une certaine matérialité dont son étymologie atteste désignant la pellicule située entre le bois et l’écorce extérieure. Matérialité qui se caractérise également par un assemblage de feuilles de papier imprimées (ou manuscrites), le tout formant un objet que l’on consulte avec plus ou moins de respect, écornant les pages, y insérant un marque-page, l’annotant parfois... Bien entendu, autant de dispositions que l’ère numérique saura remplacer par une ingéniosité renouvelée, proposant s’il le faut d’établir des statistiques immédiates sur le temps passé à le consulter, les occurrences des mots, voire l’interaction avec d’autres textes. Toutes raisons de se féliciter d’une évolution manifeste de la lecture... Raisons qui énoncées ne changent pourtant rien à la chose, car le livre ne saurait s’y retrouver dans la mesure où nous évoquons ici un tout autre objet. Bien entendu on ne doutera nullement de notre capacité, futures aromathèques aidant, à reproduire pour de futur/es nostalgiques une odeur d’amende amère ou de vanilline, résultat d’oxydations et de dégradations successives. Et de savants acousticiens sauront nous aider à simuler le froissement des pages, ou le pliage des feuilles. Jean-Philippe Toussaint de nous confier : « C’était sans doute possible maintenant, c’était devenu techniquement possible de faire surgir de la musique d’un livre numérique, elle pourrait donc très bien partir de cet endroit, la musique – ici à quelques lignes de la fin… » (Made in China) En somme le livre dit numérique joue d’un autre registre, apporte une autre manière de concevoir la lecture (moyennant une certaine consommation énergétique), et il n’est pas de ce propos de les minimiser tant ceci peut apporter de nouvelles satisfactions et susciter des vocations. Il semble cependant qu’un autre vocable que celui de « livre » serait peut-être plus opportun, afin d’accorder à ce dernier la part non seulement d’histoire mais d’éternité qu’il est en droit de revendiquer et dont le toucher, l’olfaction, le dépôt ouvert sur un coin de table, le rangement sur une étagère en compagnie d’une assemblée de pairs... ne sauraient être remplacés par la seule et illusoire magie de « progrès » supposés. Où l’on se prend à imaginer un monde capable de concilier l’ancien et le moderne plutôt que de les opposer vainement... Idée d’indéfinition du livre (dit) numérique : « Document électronique contenant l’équivalent d’un (ou plusieurs) livre(s) accessible(s) sur un appareil mobile (liseuse, tablette, smartphone, etc.) – Souvent rapporté à son homologue papier, il inspire défenseurs et détracteurs mettant en avant sa commodité, sa portabilité (bibliothèque), son économie de papier, ses prouesses interactives, ou au contraire sa froideur (contact), sa dépense d’énergie, une certaine fatigue oculaire, etc. – La nature numérique du contenu ainsi diffusé questionne la diffusion qui peut en être faite (commodité, usages, droits...). »

Décryptage du pantopic (de G à D) : livre / main / intellect / sentiment / texte / numérique / énergie

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