Japanese calligraphy and mushin

“Calligraphy is commonly practiced by Zen buddhist monks. The Japanese philosopher Nishida Kitaro pointed out that the Zen calligraphy is not mastered by constant practice. To write Zen calligraphy the mind must be clear, and the characters flow out effortlessly. This state of mind is called mushin (無心), and means “consciousness without consciousness”. When practicing Japanese calligraphy, you should clear your mind and focus only on the meaning of the words you write.”

- gogonihon.com
To wonder (3) – About the interest of « small gestures »? …

À se demander (3) – De l’intérêt des « petits gestes » ?...

À la lumière de sa fragilité révélée et de son vœu de rétablissement, le monde peut-il être « meilleur », entendons plus éclairé, plus juste, plus attentif aux autres, à la nature, à nos interactions… ? Alors que certain.es tendent à le penser ou à l’espérer, les légions conjointes du réalisme revendiqué et du cynisme affiché s’ébranlent, porteuses de leur promesse de désillusion. Car voyons assurent-elles à quiconque pourrait y céder, pensons-nous sérieusement que l’humanité soit de nature à tirer les leçons de quelque crise ou catastrophe que ce soit ? N’a-t-elle pas constamment démontré qu’elle aimait à ne pas tirer leçon de ses erreurs afin de les répéter, sinon les amplifier ? L’argumentaire est tout trouvé, il sert à remplir les colonnes des gazettes, les livres du sens pratique et les dîners en ville. Pourquoi rater une occasion de ramener l’idéalisme dans la cage dont il n’est pas invité à sortir, même masqué ! Tout repartira, tout repart généralement comme « avant » et sans doute de plus belle – entendons en pire. Quant à celles et ceux qui en doutent, il suffira, d’un air entendu, de leur donner rendez-vous dans l’actualité du si prochain monde lequel sera, selon eux, en tout point identique à celui que nous aurons « quitté ». Outre une fois encore une magistrale confusion sur les notions d’« avant » et d’« après » [Sens dessus dessous (2)], outre la part de réalisme que tout vœu de lucidité se doit d’accueillir, une remarque de fond survient qui a sa place dans la balance. À quoi jugeons-nous du changement de monde ? Quels sont les repères que nous utilisons pour échapper au prisme des lunettes déformantes qui accompagnent toute perception de la dite réalité ?

Alors que des dommages considérables dont certains sont et seront durables, auront résulté d’une pareille catastrophe, comment ne pas relever qu’une autre diffusion s’est propagée en même temps que le virus en de nombreux foyers et esprits ? Une forme de (re)prise de conscience tout à la fois de la fragilité de nos existences et des manières plus appropriées de l’assumer, aussi différenciées soient-elles. Conscience de notre besoin de lien social, conscience de notre impact sur la nature, conscience de notre interdépendance avec des cohortes d’anonymes auxquels nous devons une grande part de nos présents équilibres… Ô assurément, ces prises de conscience ne couvriront pas les pages d’actualité de leur témoignage durable lequel, l’émotion dépassée, n’intéressera plus guère… Pourtant, une petite lueur semble nous dire que quelque chose de fort, de vrai, de juste, aura pu s’animer dans un nombre incalculable d’esprits et de cœurs. Une pensée plus aiguë pour la personne qui ce matin a collecté les déchets, un regard sur la machine à coudre longtemps remisée dans un recoin du placard, une manière différente de nous déplacer, un rappel au bonheur du faire ensemble, y compris une recette de cuisine maintes fois répétée… Autant de « petits gestes » incarnant une forme de Renaissance*, de réveil, de rééquilibrage ? Sera-ce suffisant pour affronter les défis colossaux de notre temps ? Sans doute pas, sans doute pas sans une transformation sensible de nos systèmes de gouvernance. Mais suffisamment je pense pour prédisposer celles et ceux qui en ont éprouvé voire en ont consolidé le ressenti à œuvrer sans trop tarder aux changements qui s’imposent de cadre de référence. Vauvenargues avançait que la « Nécessité nous délivre de l’embarras du choix ». Avons-nous, aurons-nous en vérité le choix ?

Quant au concours que ces (micro)prises de conscience prendront dans le jeu global des humanités, disons qu’il pourrait s’incarner dans la confiance que nous accordons aux « petits gestes » dont je vous proposerai l’indéfinition suivante…

« Petit geste : Ramené à des actions apparemment plus prestigieuses bénéficiant d’une meilleure publicité, à juste titre ou pas, un petit geste désigne une mise en œuvre beaucoup plus limitée dans le temps, l’espace ainsi que par la portée à laquelle il prétend, restant généralement anonyme. Un petit geste prend son essor dans un périmètre limité, une interaction réduite à de micro-instants et un espace proche… Mais précisément n’est-ce pas cela qui lui permet de revendiquer une efficience, une intelligence, une réponse adaptée à la taille de la réalisation qu’il conduit et souvent partage ? En cela les petits gestes en s’associant mystérieusement sans éclat, sans tapage, sédimentent la terre la plus fertile pour autoriser bien d’autres accomplissements, parfois conséquents. Les petits gestes constituent en cela le sel de l’existence et du rapport amoureux au monde. »
(Une indéfinition n’est jamais définitive – Vous pouvez la modifier, la prolonger...)

(illustration : L’interaction des petits gestes – cooking – helping – sewing – carrying – acting – playing… and more – UNIDEO)

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