Kanji: 問. Radical: 口. Number of strokes: 11. Meaning: “ question”. Pronunciation: モン、と-う、と-い、(とん)mon, to-u, to-i, (ton).

Effet Question

Quelle est la place du questionnement dans les raisonnements que nous tenons ? À quel moment viennent les questions ? Et de quelle manière ? Quel rôle jouent-elles dans le rapport au savoir, à sa quête, à sa remise en cause ? Se souvient-on toujours que « la réponse est un moyen que la question a inventé pour se reproduire » (Daniel Beresniak) ? S’est-on penché avec les adeptes du zen (le vrai) sur ces questions apparemment idiotes qui unissent maîtres et élèves dans le même désir de progrès : « Quel bruit fait le claquement d’une seule main ? » « Vois-tu la jeune fille sur le trottoir d’en face ? est-elle l’aînée ou la cadette ? » (koâns japonais) A-t-on partagé avec Socrate les joies de l’accouchement des esprits, favorisé par le questionnement ? Assurément, ne devrait-on pas rappeler constamment ce que les questions nous permettent d’éclairer ou au contraire de laisser filer ? L’effet question gagnerait-il alors à se généraliser ?

Effet Historique

L’histoire est un socle permanent sur lequel une grande part de notre propos se bâtit, même lorsqu’il n’en a pas conscience. Prendre l’histoire à témoins ne doit alors jamais faire défaut à quiconque prétend éclairer le présent ou préparer le futur. Ce témoignage peut s’appréhender tant en diachronie, dans la succession des faits qu’en synchronie, dans la contemporanéité et l’environnement plus ou moins large qu’il connaît à une époque donnée. Certes, nous savons principalement de l’histoire ce qu’on nous en a raconté, dans les formes, les analyses, les justifications qu’on y a placées. Et quand bien même, nous aurions à un moment mené notre propre enquête contradictoire, ce n’est là qu’une étape supplémentaire dans l’élaboration de nos certitudes. Plus rarement nous demandons à l’histoire de se questionner, de nous questionner. Or, n’est-ce pas là le service qu’elle pourrait rendre plus communément à la pensée ? Celui de participer à une discussion dont les esprits les plus éclairés peuvent émerger ? Combien de situations intra- et inter- nationales mériteraient de s’y prêter ! L’effet historique, dans ses forces et faiblesses, dans son brio et ses limites, n’a pas fini de nourrir nos appétits de compréhension…

To wonder (1) – A world in questions…

À se demander (1) – Un monde en questions...

J’ai toujours préféré les questions aux réponses... J’aime le cheminement qui conduit à savoir ce qu’il serait bon de (se) demander, et dans quelles formes le faire ou pourquoi s’en abstenir. Daniel Beresniak, dans l’un de nos entretiens, me confia un jour cette superbe formule qui me semble si bien résumer la chose : « La réponse est un moyen que la question a inventé pour se reproduire. » Combien de fois en vérité avons-nous pensé qu’une réponse mettrait un terme à notre quête alors que, bien au contraire, elle allait l’amplifier... Ainsi vont les choses de la vie, de sa quête perpétuelle et, bien entendu, les sociétés et philosophies humaines en ont configuré les attributs, chacune à leur manière. Par ex. de Socrate et de son ironie qui l’amène à interroger ses interlocuteurs, à les pousser toujours plus avant, selon son « art de faire accoucher les esprits (de la vérité) » (maïeutique). Par ex. de ces kôans 公案 pratiqués par les maîtres zen, visant à rompre avec la logique. Questions apparemment absurdes, énigmatiques ou paradoxales : « Quel bruit fait le claquement d’une seule main ? » Ou encore désignant une jeune inconnue qui passe : « S’agit-il de la fille aînée ou cadette ? » Alors le disciple de venir et revenir devant le maître jusqu’à ce que sa « réponse » soit à la hauteur du détachement requis...

Tout ce préambule pour partager une conviction, celle que l’humanité aurait fort à gagner à scruter préalablement les « bonnes » questions plutôt qu’à déclencher des avalanches de réponses aussi sophistiquées soient-elles. J’entends ici par « bonnes » celles qui pourraient aider le genre humain à s’accomplir, à se dépasser, à vaincre ses querelles, son indignité, à défendre la vie, à repousser ses propres démons... Oui, à l’instar de la pandémie et de ce qu’elle aura provoqué comme questionnement souvent profond, rompant çà et là avec l’empressement de l’existence, j’aimerais, avec votre indispensable concours, amorcer une série de questions, je dirai « en passant »... Des questions que nous n’avions peut-être pas nourries autant que nous l’aurions pu ou souhaité et qu’une période aussi invraisemblable aura peut-être fait éclore...

Petit essai de formulation provisoire... Fragments d’un « monde en questions », en questions très inégales, sans tentative de hiérarchisation, à compléter, amender par vos soins...

Quel est le « superflu » ? Quel est l’« essentiel » ?
À quoi tient l’« équilibre » d’une société ? et celui de chacun.e de nous ?
À quoi sommes-nous prêt.es à croire ou à ne pas croire ?
Qu’est-ce qui est « juste » ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ?
Comment assumons-nous nos actes ? Comment nous en masquons-nous, parfois, les conséquences ?
Qu’est-ce que « vivre », vivre pleinement ? Qu’est-ce qu’y manquer ?
Pourquoi l’environnement souffre-t-il tant ? Quelle responsabilité prenons-nous dans cette souffrance ? En quoi y sommes-nous lié.es ?
Qu’est-ce que l’éducation ? Quel est son but ultime ?
Quelle est la force d’un sourire ?
Que signifie « vivre ensemble » dans la proximité, dans l’éloignement ?
Qu’attendons-nous de l’autre, des autres ? Qu’attendent-ils de nous ?
Pourquoi cette personne doit-elle subir une telle violence ? Qu’y puis-je ?
Comment repenser la dignité individuelle au regard de tout ce qui pourrait d’ores et déjà la garantir, et ne la garantit pas encore, et de tout ce qu’il nous faudrait inventer pour aller plus loin ?
Au terme de quelle aventure du corps et de l’esprit, aimerais-je quitter ce monde ? Serai-je alors en paix avec moi-même ?
...

... Il nous vient ici une (autre) idée saugrenue : et si nous appelions à un « colloque des humanités » ayant mission d’accueillir ce questionnement, et le mettre en phase avec notre époque ? Ne serait-il pas d’un possible concours aux résolutions plus ou moins présentes ou futures que nous sommes supposé.es mettre en œuvre afin de faire face aux défis de notre temps ?...

(illustration - Kôan : question – bouddhiste – pour s’écarter – de la logique)

question

Forme de communication qui sollicite une précision, un avis, une décision, et qui oralement prend généralement une certaine intonation – Peut refléter dans son étendue et ses formes (autorisation, interdits) des codes sociaux spécifiques fonction du rang, de l’âge, etc.

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Effet Expertise

Si un expert l’avance, c’est assurément qu’il n’y a pas trop à nous y interroger nous-mêmes. « Selon un expert… » « D’après une expertise… » Très proche de l’effet scientifique*, sans pour autant relever d’études mises en avant ou de travaux de laboratoires longs et affinés, cet effet d’expertise possède la faculté de reléguer aux oubliettes de nombreuses questions que son absence d’évocation n’aurait pas manqué de soulever. Dès lors qu’un expert s’y est attardé apportant des conclusions parfois nuancées, souvent sans appel, en quoi le novice que je suis, oserait-il avancer de futiles réflexions introductives ?!

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