Taua – Tatou – Maua – Matou

Taua – Tatou – Maua – Matou

Tuvalu (or Tuvaluan), official language of Tuvalu
Polynesian archipelago made up of nine coral atolls
A language that pays special attention
To the distinction of personal pronouns like…

Taua, we (you and I) = inclusive we (dual)
Tatou, we (you all and I) = inclusive we (plural)
Maua, we (s/he and I) = exclusive we (dual)
Matou, we (they and I) = exclusive we (plural)

A perfect opportunity to ask:
Who are “we”?
Who are “we”, in terms of our alliances?
our responsibilities?
Who is this “we” in all its diversity?
To which humanity should it contribute to?


Tuvalu (ou tuvaluan), langue officielle des Tuvalu
Archipel polynésien constitué de neuf atolls coralliens

Une langue qui accorde une attention toute particulière
À la distinction des pronoms personnels comme…

Taua, nous (toi et moi) = nous inclusif (duel)
Tatou, nous (vous tous et moi) = nous inclusif (pluriel)
Maua, nous (il/elle et moi) = nous exclusif (duel)
Matou, nous (eux/elles et moi) = nous exclusif (pluriel)

Une occasion toute trouvée pour demander :
Qui sommes-nous ?
Qui sommes-nous au regard de nos alliances ?
De nos responsabilités ?
Quel est ce « nous » riche de toute sa diversité
Auquel l’humanité devrait nous élever ?

Proposed by

Upside down (1) – he, she, we, you … me

Sens dessus dessous (1) – Lui, elle, nous, toi... moi

Ils semblent si secondaires qu’on en vient parfois à les oublier. Les « pronoms personnels » auxquels je fais ici référence, sont de grands négligés de nos dictionnaires. Et leur définition en dit long sur cet oubli. « Je : forme atone du pronom personnel, sujet du verbe à la première personne du singulier, désignant le locuteur, la personne qui parle... » « Nous : pronom personnel de la première personne du pluriel, aux deux genres... » À n’en pas douter, il y a là un écho à la manière dont nous concevons, ou plus souvent dont nous ne concevons pas, le rapport au monde, à l’autre, aux autres. Car, voyons, n’y a-t-il pas un monde à raconter sur ces seuls vocables et ce qu’ils disent du plus profond de notre humanité intérieure !

Il n’aura d’ailleurs pas échappé aux locuteurs japonais que la crise du coronavirus n’y était pas totalement étrangère. Par un jeu d’écriture dont nos amis nippons ont le secret, ne voilà-t-il pas que les trois syllabes du « corona » コロナ rédigées en katakana (un syllabaire utilisé entre autres pour transcrire les mots de provenance étrangère) se sont recombinées. À savoir que コ /ko/, ロ /ro/ et ナ /na/ en s’assemblant peuvent produire un kanji (caractère chinois employé au Japon) : 君, lequel se prononce kimi et signifie « tu, toi » ! « Toi » !? ... Toi, le coronavirus ? ...Toi dont je suis séparé.e par le confinement et dont je me languis ? ... Toi que j’imagine en d’autres espaces, ou en d’autres temps ?... Libre à vous d’interpréter.

Bien entendu, cette observation en matière de pronoms personnels gagnera de multiples autres sphères. Citera-t-on le cas de l’haoussa (langue d’Afrique de l’ouest) et de ses pronoms qui se conjuguent, au présent, passé, futur... (Michel Malherbe) Ou encore partira-t-on à la rencontre du « usted » en espagnol, forme du vous de politesse français (mais à la troisième personne du singulier), renvoyant à vuestra merced signifiant « votre grâce »... Et que dire du « nous » chinois qui différencie le « 我们 wǒmen » qui n’inclut pas forcément l’interlocuteur auquel on s’adresse, et le « 咱们 zánmen » qui l’inclut quant à lui ! Et comment ne pas convier le « hen » neutre en suédois, pronom personnel de la troisième personne du singulier, désignant une personne de manière non sexuée, etc.

On pourrait alors dans le contexte actuel réactiver bien des définitions de « lui », de « elle », de « vous », de « je »... chacune d’elles méritant un plein registre de réflexions croisées. Pour l’illustrer, je conclurai cette chronique en m’arrêtant sur le « nous ».

« Ce que nous dit le coronavirus... » « Coronavirus : nous avons tous un rôle à jouer ! », « La nature nous envoie un message... » etc. Certes le « nous » est au cœur de nos débats actuels. Mais le plus étrange à mes yeux est qu’il ne l’ait point été préalablement, ou qu’il finisse de l’être demain. Car le « nous » est à l’humanité ce que la colonne vertébrale est au corps. C’est un axe essentiel qui renvoie à tous les autres, leur donne une assise, une raison d’être. Chacun.e pourra en témoigner dans son entourage, son rapport au monde, apaisé, conflictuel, indifférent... Le « nous » y est prépondérant, parfois plus qu’on ne le souhaitait, parfois moins. Voudrait-on en exclure les autres ? Impossible, leur solidarité – et la présente période le crie de toutes parts – est irrécusable. C’est pourquoi, dans toute l’imperfection de ce propos, je vous invite à réfléchir à trois formes de « nous » possibles :
- Un premier « nous » que l’on dira de « proximité » - celui des gens avec lesquels on vit (a fortiori dans la contiguïté des présents espaces), le « nous » des parents, amis proches, des relations, de celles et ceux avec lesquels on partage du sens, de la joie, de la peine...
- Puis un second « nous », que l’on qualifiera de « société » - un « nous » qui s’élargit à un espace géographique, politique, ethnique, social... Un « nous » qui inclut le « vous », entendons quantité d’autres « nous de proximité » et joue de tous les registres d’appartenance élargie à la lumière des droits et des devoirs, des attachements et des détachements qui y sont ou non autorisés,
- Enfin, un « nous d’humanité » - celui composé de l’ensemble des êtres, présents, voire passés ou à venir [L’interdépendance (5)] et qui relève de la plus haute perception que nous pouvons en avoir – Un « nous » qui contient tous les « elles » et « eux », tous les « nous de société » possibles, tout en les emportant dans une dimension à laquelle on a parfois du mal à accéder. Or, et c’est bien là une des plus grandes étrangetés du moment que nous vivons, ce « nous d’humanité » s’impose de lui-même, cadre d’une histoire collective au sein de laquelle « nous » avons été projeté.es, malgré « nous »...

Gardera-t-on la trace de cette projection sans pareille ? Prendrons-« nous » les dispositions minimes ou plus marquées participant aux changements auxquels cette situation peut inviter ? Chaque « je », chaque « tu », chaque « elle », « il » ou « hen », y répondra en conscience... et un « nous » d’humanité, plus ou moins renforcé, en résultera...

(Illustration : esquisse d’une schématisation pantopique autour du « nous »...)

Kanji: 俺. Radical: 人. Number of strokes: 10. Meaning: “ I, we”. Pronunciation: おれore - (new list: 2010).

nous

S’il semble renvoyer à la simple agrégation de quelques individus parmi lesquels JE se compte, le NOUS relève bien davantage des extensions successives et non obligées qui procèdent de la sphère des affiliations ouvertes ou non.

Any suggestion, improvement…? Many thanks and please, contact us…

All we care about

All we care about is ourselves. Even when we notice others, we still think of us ...


Tout ce dont nous nous préoccupons c'est nous-mêmes. Même quand nous remarquons les autres, c'est encore à nous que nous pensons…

Tag(s):

human

037/200human

Ubuntu is a Southern Africa concept involving "humanity" and “fraternity” and often translated as “I am because we are”.


Ubuntu est un concept d'Afrique australe impliquant «l'humanité» et la «fraternité» et souvent traduit par «je suis parce que nous sommes».

What is a human being? How to define it? What is a human being? How is a human being defined in relation to his species, or to other species? How has humanity been considered? In what way does this consideration, or its limits, play a major role in the balance of the world?... (to be completed)

Qu’est-ce qu’un être humain ? Comment le définir ? Qu’est–ce que l’être humain ? Comment définit–on l’être humain par rapport à son espèce, ou aux autres espèces ? Comment a–t–on considéré l’humanité ? En quoi cette considération, ou ses limites, jouent-elles un rôle majeur dans l’équilibre du monde ?... (à compléter)

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