Effet Historique

L’histoire est un socle permanent sur lequel une grande part de notre propos se bâtit, même lorsqu’il n’en a pas conscience. Prendre l’histoire à témoins ne doit alors jamais faire défaut à quiconque prétend éclairer le présent ou préparer le futur. Ce témoignage peut s’appréhender tant en diachronie, dans la succession des faits qu’en synchronie, dans la contemporanéité et l’environnement plus ou moins large qu’il connaît à une époque donnée. Certes, nous savons principalement de l’histoire ce qu’on nous en a raconté, dans les formes, les analyses, les justifications qu’on y a placées. Et quand bien même, nous aurions à un moment mené notre propre enquête contradictoire, ce n’est là qu’une étape supplémentaire dans l’élaboration de nos certitudes. Plus rarement nous demandons à l’histoire de se questionner, de nous questionner. Or, n’est-ce pas là le service qu’elle pourrait rendre plus communément à la pensée ? Celui de participer à une discussion dont les esprits les plus éclairés peuvent émerger ? Combien de situations intra- et inter- nationales mériteraient de s’y prêter ! L’effet historique, dans ses forces et faiblesses, dans son brio et ses limites, n’a pas fini de nourrir nos appétits de compréhension…

Effet Big data et Effet Un

OK, nous sommes à l’heure de l’effet big data. Entendons d’un tel déferlement de données que les chiffres censés les décrire sont frappés d’un étrange malaise, celui d’une perte relative ou plus avancée de signification. Les approcher sous une forme analytique fait le succès de quelques acteurs du système. Les autres, un peu dépassés, n’ont qu’à acquiescer ou prétendre se révolter si telle ou telle ligne chiffrée les a choqués. Pourtant comment ne pas mettre en pendant de cet effet, un autre effet qui viendra rappeler que tous les grands nombres, y compris ceux des génocides et de l’abime qu’ils contiennent, commence et recommence par le chiffre 1. L’effet Un en remettant la singularité de chaque être, de chaque chose, au centre du débat, serait-il alors un antidote à la déferlante du big data ?

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