Où est le problème ?

Une question pour commencer…

Tout commence par une question aussi simple que vertigineuse : « Où est le problème ? » Avant de chercher une solution, encore faut-il savoir ce que nous cherchons à résoudre. Or un problème n’existe jamais tout à fait indépendamment de celui qui le regarde : il peut être vécu comme une difficulté personnelle, apparaître dans une relation entre plusieurs personnes, concerner une communauté ou une société, ou encore engager le monde dans lequel nous vivons. Il peut être ancien ou nouveau, visible ou invisible, local ou planétaire, immédiat ou inscrit dans une histoire longue. Il peut même être quelque chose que nous ne savons pas encore nommer. Poser la question « Où est le problème ? », c’est donc commencer par déplacer notre regard avant de prétendre apporter une réponse…

Le panel de langues Introduction

Du moi au monde

Pour comprendre ce déplacement, trois pôles permettent d’abord de situer le problème humain : moi, l’autre ou les autres, le monde. Ce qui constitue un problème pour moi peut ne pas l’être pour quelqu’un d’autre. Ce qui semble évident depuis une position particulière peut apparaître tout autrement depuis une autre. Nous vivons cependant rarement seuls : familles, communautés, sociétés, institutions, cultures et générations organisent nos relations, nos possibilités et nos représentations. Et nous appartenons à un monde qui dépasse largement les seules relations humaines : autres espèces, environnement, ressources matérielles et transformations de la planète participent eux aussi aux conditions de notre existence. Le problème humain se révèle ainsi dans des échelles qui ne cessent de se croiser…

Moi, l’autre, le monde Notre temps

La roue du problème

Comment ne pas se perdre dans cette complexité ? La Roue du problème propose donc une première manière de la parcourir. Sept variables : Temps, Espace, Société, Savoir, Pouvoir, Économie, Communication, permettent d’éclairer différentes dimensions d’une même situation. Elles se prolongent en 52 repères, qui ouvrent autant de portes concrètes : vie, mort, âge, santé, alimentation, environnement, mouvement, famille, culture, connaissance, éducation, pensée, science, arts, croyances, vérité, justice, paix, métiers, argent, langues, écriture, médias, numérique, émotions, bonheur… La roue n’est pas une classification destinée à enfermer le réel. Elle est faite pour tourner : chaque nouvelle perspective peut modifier ce que nous pensions avoir compris et faire apparaître d’autres relations, d’autres questions, d’autres problèmes…

La Roue du problème

Les outils pantopiques

Mais multiplier les points de vue ne suffit pas. Encore faut-il apprendre à les mettre en relation. C’est le rôle des outils pantopiques : considérer simultanément ce qui est simple, compliqué et complexe, chercher une approche à la fois holistique, heuristique et humble, mobiliser une intelligence qui associe le corps, l’esprit, les émotions et désormais une capacité d’intelligence assistée. Mais aussi naviguer entre des histoires et des espaces pluriels, accueillir la diversité des récits et favoriser leur dialogue ou encore questionner les mots eux-mêmes grâce aux indéfinitions, parmi d’autres. Ces outils ne fournissent pas une méthode unique pour résoudre tous les problèmes. Ils cherchent plutôt à développer notre capacité à mieux les poser, à mieux les comprendre et à mieux nous comprendre dans la manière dont nous les posons…

Les outils pantopiques

Des questions aux rencontres

Cette démarche prend alors une dimension collective. Les Conférences pantopiques sont conçues comme des assemblées qui se constituent autour d’une ou plusieurs questions, en faisant entrer en dialogue des expériences, des disciplines, des cultures, des générations et des pratiques différentes. Chaque conférence devient ainsi un nouveau point d’entrée dans le problème humain. Elle produit également des objets, des récits, des créations, des recherches et des témoign’âges destinés à prolonger la réflexion au-delà du moment de la rencontre. Il ne s’agit plus seulement de parler du problème humain, mais de créer les conditions pour que différentes humanités puissent le porter ensemble…

Les Conférences pantopiques

Vers une Université pantopique des solutions ouvertes

C’est cette perspective qui conduit naturellement à l’Université pantopique des solutions ouvertes : un espace-temps d’apprentissage, de recherche, de rencontre et d’expérimentation consacré aux problèmes humains et aux multiples manières d’y répondre. Une université qui revendique une mise en relation des savoirs, s’appuyant concrètement sur une nouvelle propédeutique, apprenant d’abord à regarder, écouter, questionner, comparer et relier. Non par une encyclopédie fermée, mais une encyclopédagogie capable d’apprendre tout au long de la vie. Son horizon est celui des solutions ouvertes : ouvertes aux expériences du passé, aux réponses du présent et aux possibilités du futur, ouvertes aux différentes cultures, aux différents savoirs et aux différentes intelligences, ouvertes surtout à la possibilité qu’une solution trouvée quelque part puisse devenir, ailleurs, le point de départ d’une nouvelle question.

Vers une Université pantopique des solutions ouvertes

Ainsi ce chemin pantopique peut-il se résumer en quelques mouvements. Partir de « Où est le problème ? », apprendre à le regarder depuis plusieurs places, le faire tourner à travers sept variables et cinquante-deux repères, mobiliser des outils pour en élargir la compréhension, mettre les humanités en assemblée, transformer cette rencontre en croissance culturelle, tout cela pour inviter à apprendre, à rechercher et à partager des solutions... Et la question initiale « Où est le problème ? » nous y encourage à mieux poser les problèmes et mieux comprendre le monde pour mieux agir, et à mieux agir pour défendre partout la dignité, la justice & la paix…